SYâîÈMË
tage, et celai des anciennes dents diminuer; ce qui tient à ce que la sensibilité, affaiblie dans celles-ci,, n’appelle plus le sang, tandis que, exaltée dans l’autre, elle l’attire avec force. On remarque aussi que la cloison des alvéoles diminue en épaisseur, et que la racine des premières se détruit. Ce double phénomène ne paraît point tenir à la pression exercée par la nouvelle dent, puisque alors la racine s’élargirait, s’aplatirait seulement; ou, si elle éprouvait une destruction réelle, on en trouverait les débris; ce qui n’arrive point. Il est donc probable que c’est par l’absorption du phosphate calcaire que la cloison et la racine disparaissent , à peu près comme nous avons dit que les cavités internes des os cartilagineux se forment.
On voit, d’après cela, que l’ossification des racines des premières dents est d’assez courte durée: elle commence la dernière et finit la première. Lorsqu’elle n’a plus que peu d’étendue, les dents commencent à vaciller, faute d’insertion. La disparition de la cloison augmente leur mobilité. C’est à peu près à l’âge de six ou sept ans que commence leur chute : cette chute se fait suivant l’ordre de leur éruption, c’est-à-dire que les incisives, puis les canines, puis les molaires, se détachent. Remarquez cependant que la dernière, celle qui a paru à quatre ans, n’est point renouvelée.
Deuxieme Dentition considérée à T époque de V éruption.
Pendant Irruption des secondes dents, on les
OSSÉÜlL
voit sortir à mesure et dans le même ordre que celles qui leur correspondent se détachent. j°. Les huit incisives, 20 les quatre canines se manifestent. 3°. A la place de la première molaire, deux nouvelles se développent: ce sont celles qui, dans la suite, portent le nom de petites molaires. L\. La seconde molaire reste , comme nous venons de le dire: c’est la première des grosses (1). 5°. A huit ou neuf ans, deux secondes molaires paraissent à chaque mâchoire. 6°. Enfin à dix-huit, vingt, trente ans, quelquefois plus tard, il se développe encore une troiisème molaire : c’est ce qu’on appelle la dent de sagesse.
Alors il y a à chaque mâchoire seize dents , dont quatre incisives, deux canines, deux petites molaires , et trois grosses.
Quelquefois, pendant qu’elles se forment, les dents secondaires, au lieu de s’approprier la substance nutritive des racines des premières et de
(1) Il y a ici une contradiction manifeste, qui 11e 'fjeut être qu’une faute d’attëntion échappé à Fauteur, ou une erreur typographique. Il est dit plus haut (page 122 ) que la première dentition se compose de vingt-quatre dents , dont quatre molaires, à chaque mâchoire , sorties vers la fin de la seconde année , et deux autres molaires vers l’âge de quatre ans. Ce sont donc ces dernières , ou les troisièmes de la première dentition , qui forment dans la seconde les premières grosses. Les nouvelles petites molaires remplacent donc deux dents de la même nature , et non une seule. Toute la différence , c’est que ces nouvelles petites molaires sont beaucoup moins fortes que les dents auxquelles elles succèdent : celles-ci ressemblent beaucoup aux grosses molaires, ( Béclard. )
leur cloison, les laissent intactes; ni les unes ni les autres ne se détruisent, et F éruption des secondes dents se fait à côté des premières restées en place. Ce priénomème n’arrive ordinairement qu’à une dent isolée ; quelquefois cependant plusieurs et meme toutes le présentent , et alors il y a une double rangée. En général les dents secondaires n’ont de la tendance à sortir que du côté des gencives : lorsque, très-obliquement placée par un vice de conformation, leur couronne regarde en devant ou en arrière , au lieu de percer la mâchoire , elles restent ensevelies pour toujours dans leurs alvéoles (1).
Phénomènes suhsèquens à V éruption des secondes
Dents .
Après l’éruption, les dents croissent manifestement, i° suivant la longueur, 20 suivant l’épaisseur.
II n’y a que la racine qui s’allonge dans le premier sens : la couronne garde toujours ses mêmes dimensions; et si, dans les vieillards, elle paraît plus longue, c’est que les gencives se sont affaissées, phénomène que d’ailleurs on observe très-souvent dans les personnes qui maigrissent, dans celles qui ont fait usage de mercure , etc.
(p) Pendant toute la vie les dents sont plus ou moins encroûtées vers leur collet d’une matière calcaire jaunâtre que l’on appelle le tartre. Cette substance est sécrétée par une série de petits follicules au nombre de neuf environ , qui garnissent en forme de cercle le goulot du follicule , disposition tout-à-fait analogue à celle que présentent les poils et les plumes. (F. Blandin. )
OSSEUX
L’accroissement dans le second sens ne se fait point en dehors ; il n’a lieu qu’en dedans : le canal de la racine et la cavité du corps vont toujours en se rétrécissant; ils Unissent enfin par s’oblitérer. Alors , le sang ne pénétrant plus dans la dent, les nerfs n’y portant plus leur influence, elle meurt, et tombe. Mais cette mort paraît aussi déterminée par l’accumulation dans la substance osseuse d’une très-grande quantité de phosphate calcaire, qui y devient tellement prédominant sur la gélatine que le principe de vie est entièrement étouffé; en sorte que, sous ce rapport, le chute des dents présente un phénomène analogue à celui de la chute des cornes des herbivores, de l’enveloppe calcaire des crustacés , etc.
Pourquoi ia nature a-t-elle marqué à la vie des dents un terme plus court qu’à celle des autres os, qui ne finissent d’exister qu’avec tous les autres organes, tandis quelles meurent long-temps avant? Est-ce parce que , l’estomac s’affaiblissant avec l’âge, les animaux se trouvent forcés par là de ne se nourrir, dans leur vieillesse , que de substances molles, accommodées à l’état de langueur de leurs forces gastriques? Sans doute que chez l’homme mille causes , nées surtout de la nature des alimens , de leur degré de chaleur ou de froid , de leur coction , de leurs qualités infiniment variées , accélèrent l’époque naturelle de la mort et de la chute des dents, parce qu’en excitant sans cesse , en agaçant ces organes, elles les entretiennent dans un état d’activité habituelle qui épuise leur vie plus tôt qu’elle ne devrait finir. Ainsi mille causes, nées de la so- Anat. cé h, iqm. ni,
ciété, mettent-elles à la vie générale un terme bien antérieur à celui fixé par la nature. Mais, en général , dans tous les animaux , la mort des dents précède celle des autres organes , quoiqu’ils ne soient point sous l’influence sociale , que leur mastication ne s’exerce par conséquent que sur des alimens destinés par la nature à être en contact avec leurs dents.
Les mâchoires , dépourvues de dents chez le vieillard, se resserrent; les alvéoles s’effacent ; le tissu des gencives se raffermit, et la mastication continue, quoique avec plus de peine. Dans ce changement de conformation , le bord alvéolaire se rejette en arrière, de là la saillie du menton en devant; il diminue en hauteur, de là le rapprochement de cette partie? près du nez, phénomène qui tient aussi spécialement à l’absence des dents (i).
(i) On trouvera de nouvelles particularités sur le développement des dents , la disposition et la structure de leurs follicules membraneux, l’époque à laquelle ils se forment et s’ossifient pour les différentes classes de dents , les rapports des dents secondaires et des dents de lait, les phénomènes de l’éruption, etc., dans les ouvrages publiés sur ce sujet par MM. Serres et Delabarre , ainsi que dans les considérations qu’a présentées M. J. -F. Méckel sur le même objet. Presque tous ces détails appartiennent à l’anatomie descriptive ; c’est pourepoi ils ne seront pas exposés ici. (Béclard. )
OSSEUX
§ V. Phénomènes particuliers du développement
des Sésamoïdes .
Les sésamoïdes offrent une exception , moins marquée que celle des dents, mais aussi réelle cependant, aux lois générales de l’ossification.
Disposition générale des Sésamoïdes .
Ces petits os , ordinairement de forme arrondie, de grosseur variable, n’excèdent guère communément celle d’un pois , excepté la rotule cependant ; ils ne se trouvent, en général, que dans les membres ; le tronc n’en présente jamais.
Dans les membres supérieurs , on n’en voit guère qu’à la main, où l’articulation du pouce avec le premier os métacarpien en présente toujours deux, et où quelquefois l’articulation analogue du doigt indicateur, très-rarement celle du petit doigt, et l’articulation phalangienne du pouce en offrent aussi.
Dans les membres inférieurs , au contraire , ils sont nombreux et surtout beaucoup plus prononcés. Deux s’observent sur chaque condyle du fémur , dans les tendons des jumeaux, derrière le genou ; au-devant est la rotule. Dans le pied , le tendon du jambier postérieur près son insertion à la tubérosité du scaphoïde, celui du long péronier à son passage sous le cuboïde, offrent aussi des sésamoïdes. On en voit constamment deux sous l’articu» lation métatarso-phalangienne du gros orteil; sous
i32 système
la plupart des articulations analogues des autres doigts , il s’en trouve aussi, quoique ceux-ci soient plus variables. Dans les articulations phalangiennes , j’en ai vu aussi plusieurs fois. En général , les os sésamoïdes n’existent que dans le sens de la flexion, qui est celui où les plus grands efforts sont à supporter. Dans le sens de l’extension, je ne connais que la rotule.
Ces petits os n’ont point , comme les autres, une existence isolée ; ils se développent toujours dans un organe fibreux , soit dans un tendon , comme ceux des jumeaux, du péronier, du jambier postérieur, comme aussi la rotule; soit dans un ligament , comme tous ceux placés au-devant* des articulations métacarpo-phalangiennes , métatarsophalangiennes ou phalangiennes , lesquels ont pour base le faisceau fibreux considérable et transversal que nous avons appelé ligament antérieur de ces articulations.
Etat fibro-cartilagineux .
Les deux bases primitives des sésamoïdes restent long-temps sans en offrir les rudimens , et sont telles, à l’endroit où ces os doivent exister, qu’elles sont partout ailleurs. Leur organisation est généralement uniforme Quelque temps après la naissance , un peu plus de gélatine que n’en contiennent pour leur nutrition propre ces deux corps fibreux commence à s’y exhaler à l’endroit où , devenus un jour osseux, ils offriront les sésamoïdes ; alors naissent des cartilages essentiellement diffé-
OSSEUX
rens des cartilages d’ossification ordinaire , lesquels sont à peu près de même nature que ceux des extrémités des os longs des adultes, tandis que ceux-ci appartiennent vraiment à la classe des substances fibro -cartilagineuses. Us ressemblent par leur nature aux fibro-cartilages inter-articulaires , à ceux des coulisses tendineuses, etc. Ce ne sont pas des cartilages, mais des fibro-cartilages d’ossification, dont on distingue d’autant mieux la base fibreuse qu’on est plus près du temps de leur développement.
État osseux.
Peu à peu les vaisseaux de ces fibro-cartilages , qui ne charriaient que des sucs blancs , se mettent en rapport de sensibilité avec le sang; ce fluide les pénètre; en même temps le phosphate calcaire commence à s’y déposer : alors le tissu celluleux s’y forme à l’intérieur par un mécanisme analogue à celui des autres os ; une légère couche compacte se développe à l’extérieur. Mais , au milieu de cet os nouveau , la base fibreuse reste toujours ; les fibres du tendon supérieures au sésamoïde se continuent, pour ainsi dire, à travers sa substance, avec les inférieures : aussi les cicatrices de ces os, lorsqu’ils sont fracturés , prennent-elles un caractère particulier et distinctif; c’est leur base fibreuse qui, en s’étendant pour la réunion, établit cette différence. On sait quejecaldela rotule n’est pas le même que celui des autres os (i). Souvent, lorsque
(i) On sait aujourd’hui que la rotule peut présenter un cal
s 34 SYSTÈME
l’appareil n'a pas été exactement maintenu, il reste entre les deux fragmens un tissu fibro-cartilagineux pour moyen d’union : or , ce tissu, c’est le développement non-seulement de la portion cartiîagi- ; neuse de l’os , mais encore de la portion du tendon des extenseurs qui fait partie de l’organisation de cet os. La vie des sésamoïdes participe presque autant à celle du système fibreux qu’à celle du système osseux.
À mesure qu’on avance en âge , ces petits os croissent et deviennent plus caractérisés dans l’économie animale : souvent il s’en développe trèstard, à Fâge de vingt, trente et même quarante ans. Chez certains vieillards , ils ont au pied un volume très-marqué. J’ai vu, sur deux cadavres de personnes attaquées de la goutte, qu’ils s’étaient développés au point de gêner 'probablement la progression. Y aurait-il quelque rapport entre eux et cette cruelle affection? Je n’ai là-dessus que ces deux faits.
Les sésamoïdes éloignent leurs tendons du centre du mouvement , facilitent leur glissement sur les os, garantissent leurs articulations , concourent même à leurs mouvemens. Tous ceux développés dans les ligamens antérieurs des articulations métacarpo-phalangiennes et métatarso-phalangiennes,
analogue à celui des autres pièces du squelette , et que la cicatrice fibreuse /fui a souvent été observée à la suite des fractures de cet os, s’établit à la faveur du grand écartement des fragmens, écartement que favorise la disposition des puissances musculaires insérées sur le fragment supérieur, ( F. Blandin. )
et des phalangiennes elles-mêmes , concourent aussi au mouvement de ces articulations. Une portion de la synoviale se déploie sur leur face qui y correspond, et qui reste légèrement cartilagineuse.
La formation des sésamoïdes n’est point un effet mécanique de la pression des tendons ou des ligamens contre lés os, comme on l’a prétendu, mais bien un résultat des lois de l’ossification. En effet , dans la première supposition, pourquoi toutes les articulations de la main et du pied, autres que celles indiquées plus haut , étant exposées à peu près à un mouvement égal au mouvement de cellesci, ne seraient-elles pas pourvues de ces os (i)?
(l) ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU SYSTEME OSSEUX*
§ Ier. Aller ations dans les formes extérieures.
Le gonflement des os est de plusieurs espèces. i°. Il y a des tumeurs qui semblent déposées , pour ainsi dire , à la surface de l’os , en sorte que celui-ci est parfaitement au-dessous : telles sont la plupart des exostoses. Cette altération paraît dépendre, dans beaucoup de cas , d’une inflammation du périoste , à la suite de laquelle cette membrane se détache, et sécrète par sa face interne une matière qui se durcit et se confond avec le tissu de l’os ; une sorte de périostose précède la formation de la tumeur osseuse. Celle-ci est plus ou moins volumineuse suivant l’étendue de l’inflammation. Si l’inflammation est circonscrite , il en résulte ce qu’on appelle des nodus. Ces sortes de tumeurs sont très-distinctes de l’os dans leur principe; plus tard, la macération les en détache encore , et les fait voir tenant au périoste : ce n’est qu’à la longue qu’elles paraissent se continuer ayec le
iB6 SYSTEME
tissu osseux ; on observe alors , au microscope , que leurs vais-* seaux n’ont pas la même disposition que ceux du reste de l’os , et ne semblent pas être un prolongement de ces derniers. Lorsqu’au contraire le périoste s’enflamme dans une grande étendue , des lames énormes se produisent et donnent naissance à l’exostose dite laminée : l’os est entier au-dessous de ces lames , comme dans l’autre cas. 2°. Certaines exostoses ont leur siège dans l’os lui-même, et sont produites par un développement ou un écartement de ,ses lames les plus superficielles. 3°. L’os tout entier est distendu , aminci , considérablement dilaté , dans le spina-ventosa. 4°- Un véritable excès de nutrition est la cause de l’accroissement de volume, quand il s’y joint une augmentation de densité , ou que du moins cette densité reste la même. C’est ce qu’on voit dans les exostoses éburnées , et dans certains cas où la totalité de l’os paraît avoir augmenté tout à la fois d’épaisseur et de consistance. On peut rapporter à la même cause l’accroissement en longueur que subissent quelquefois les os des individus scrophuleux , celui en largeur que présentent les os du crâne ou ceux du sinus maxillaire, dans des affections de ces cavités. Cet accroissement accidentel , qui se fait ainsi dans un ou plusieurs os , tandis que les autres n’y participent nullement , né s’opère point par un mécanisme analogue à celui du développement naturel : il y a ici déposition interstitielle , et non formation de couches successives.
L’accroissement de substance peut se borner à accroître la densité du tissu osseux. L’énostese ou ossification intérieure, dans laquelle les cavités des os^ s’effacent, en est un exemple. Les os des rachitiques présentent un phénomène analogue , dans la compacité que contractent leurs courbures du côté de la concavité.
Un état opposé au précédent%st l’espèce d’atrophie qu’éprouve ce tissu quand l’absorption vient à le détruire, soit à l’intérieur, comme cela a lieu chez le vieillard, soit à l’extérieur, ainsi qu’on l’observe quelquefois. Suivant Howship, auquel on doit de nouvelles recherches sur les altérations du tissu osseux , la fragilité des os dépend dans certains cas , dans la syphilis , par exemple , d’une altération de ce genre , d’une sorte d’absorp—
OSSEUX
lion intérieure qui transforme la substance compacte en tissu spongieux. Cet auteur distingue la fragilité qui tient à cette cause de celle qui arrive , par exemple, à la suite du scorbut, des scropbules. Celte dernière est généralement attribuée à un défaut de proportion entre les élémens constitutifs du tissu osseux; mais il paraît y avoir en outre altération de la matière animale.
Le ramollissement est très-voisin de la fragilité ; souvent l’un et l’autre coïncident dans le même os. Ce ramollissement est de deux espèces. L’un affecte les adultes : les os qui en sont le siège deviennent mous et flexibles , et ploient par le seul effort des muscles; sur le cadavre, le scalpel les coupe aisément. La des-rsiccation , la coction , montrent dans ces os une prédominance marquée de la substance gélatineuse , qu’indiquent déjà leur couleur et leur aspect. L’autre espèce de ramollissement, propre aux enfans , diffère du précédent sous plusieurs rapports : il constitue le rachitis.
Comprimés par des tumeurs voisines , les os éprouvent dans leur configuration divers changemens. Souvent aussi ces tumeurs les détruisent en partie, les perforent, les usent dans une plus ou moins grande étendue. Cela arrive surtout pour celles qui sont agitées d’un mouvement pulsatile , telles que les anévrysmes.
Les connexions des os , ou les articulations , sont le siège de diverses altérations qui changent plus ou moins les. rapports des surfaces articulaires. La soudure des articulations immobiles , les luxations , l’ankylose des articulations mobiles en offrent des exemples. Les connexions accidentelles ont quelquefois lieu entre les os, comme on le voit dans les fausses articulations. Parmi ces dernières, les unes succèdent à des luxations, et méritent le nom ü articulations supplémentaires; les autres , qui sont la suite de fractures , et que forme un seul os divisé en deux fragmens , sont des articulations surnuméraires. i°. Lorsqu’un os luxé n’a pas été réduit , il peut se creuser une nouvelle cavité dans le lieu qu’il occupe. Cette cavité acquiert peu à peu la profondeur convenable ; un bourrelet cartilagineux d’abord , puis osseux, se forme à sa circonférence; le tissu cellulaire, épaissi autour des surfaces , représente une sorte de capsule
fibreuse ( i ) , laquelle contient un flüide visqueux, un peu moins onctueux que la synovie. Un périoste fibro-cartilagineüx revêt la nouvelle cavité articulaire. L’ancienne se déforme et diminue en général d’étendue. 2°. Quand les deux bouts d’un os fracturé ne peuvent se réunir , soit à cause de leur mobilité , soit par toute autre circonstance , les nouveaux rapports qu’ils contractent ressemblent en quelque sorte à une articulation , quoique cela soit bien moins sensible que dans le cas précédent. Le plus souvent, en effet, les fragmens ne tiennent l’un à l’autre que par des espèces de liens fibreux intermédiaires. Dans quelques cas, néanmoins, leurs extrémités s’arrondissent et s’encroûtent de cartilages ; une capsule fibreuse les entoure. On a même vu , dans certaines fractures du col du fémur, le fragment inférieur se creuser une cavité dans le supérieur : ce cas pourrait être confondu avec un décollement de l’épiphyse.
§ IL Altérations dans V organisation.
On connaît peu les effets de l’inflammation sur le tissu osseux. On sait pourtant que les os suppurent. Us présentent ce phénomène dans la carie , maladie dont la nature est jusqu’à présent inconnue , et qui paraît devoir être dans beaucoup de cas une véritable nécrose. Dans ce qu’on appelle tumeur blanche , et qui comprend certainement des affections très-diverses , les extrémités articulaires offrent souvent quelque chose d’analogue. Elles sont alors le foyer primitif de la maladie. La substance spongieuse se ramollit d’abord , se pénètre de vaisseaux et s’infiltre d’une sérosité roussâtre. Plus tard l’os suppure, et il se forme des fistules dans son intérieur , lesquelles se dirigent tantôt vers la substance compacte extéî|ieure , tantôt du côté du cartilage articulaire. Dans ce dernier cas, le cartilage, jusqu’alors sain, se détache de l’os, s’amincit et se perfore ; et ce qui prouve bien
(i) Bicliat parle de cette capsule dans le système synovial, auquel elle lui a semblé appartenir plutôt qu’au système fibreux. Le fait est qu’elle n’a pas toujours la même apparence dans les différens cas.
( BécLARD. )
que la maladie a commencé par l’os , c’est que l’ouverture reste plus petite à la surface libre du cartilage qu’à son côté adhérent, comme Font très-bien vu Palletta et M. Brodie , qui ont décrit cette altération , et comme je Fai moi-même constaté.
La gangrène des os est la nécrose. Elle est suivie des mêmes phénomènes que celles des parties molles , si ce n’est qu’il faut un temps beaucoup plus long pour que l’inflammation , la suppuration et la séparation de la partie morte , qui prend ici le nom de séquestre , aient lieu. Mais cette nécrose varie en outre d’après son étendue, ainsi que suivant son siège. Elle est ordinairement le résultat de la destruction des vaisseaux nourriciers de l’os , par le détachement du périoste ou la destruction, de la membrane médullaire. Quand c’est la membrane médullaire qui est lésée , la nécrose peut n’occuper que les lames internes de l’os ; le séquestre est alors renfermé dans le canal médullaire , et a l’épaisseur de l’os en dehors à traverser avant de pouvoir être rejeté. Mais, dans d’autres cas , le périoste s’enflamme en même temps et se sépare de l’os ; celui-ci se nécrose alors dans toute son épaisseur , et il arrive tous les phénomènes décrits plus bas à l’article du système médullaire ; le périoste sécrète un nouvel os , lequel entoure l’os nécrosé. Il faut pour cela que cette membrane soit restée intacte ; car si elle était détruite , il n’y aurait point de régénération. C’est à tort que Scarpa et d’autres ont nié cette régénération , et ont prétendu que ce qu’on regardait comme un nouvel os était toujours une partie de l’os ancien , dilàlée par l’inflammation et que la nécrose avait épargnée. Le séquestre a toutès lés formes de l’os ancien ; on y retrouve toutes les saillies, les enfoneemens les plus superficiels : les nombreuses pièces que l’on possède à ce sujet ne laissent pas le moindre doute. Ce qui a pu en imposer aux auteurs dont nous venons de parler, c’est que l’os nécrosé s’use à sa surface et se recouvre d’inégalités. Le nouvel os a une forme irrégulière , et ressemble plutôt à une exostose ou à une sorte de végétation , qu’à un os qui existait primitivement. Enfin , dans les os larges , tels que l’omoplate , cela est encore bien plus frappant : il existe alors deux os de nouvelle formation , l’un en dehors , l’autre en dedans ? et l’os ancien ? nécrosé , est compris , dans Fintervalle.
l40 SYSTÈME
Le décollement du périoste et la dénudation des os qui en est le résultat ne sont pas toujours suivis de nécrose, lorsqu’ils n’ont lieu que dans une certaine étendue. Si Fos n’est pas fortement contus , que le sujet soit jeune, et que les tégumens aient été réappliqués , on obtient la réunion immédiate par l’épancbement d’une matière coagulable. Cette matière présente , à une certaine époque , des points osseux irréguliers , qui ont fait croire à une exfoliation insensible ; ces points s’effacent ensuite.
Les solutions de continuité des os, ou les fractures, diffèrent suivant qu’il y a en même temps plaie aux parties molles ^ ou que ces parties recouvrent encore le lieu de la fracture. Les phénomènes sont tout différens dans l’un et l’autre cas. Ce n’est qu’aux fractures avec dénudation qu’il faut appliquer tout ce qui a déjà été dit précédemment de la formation du cal. Dans celles-là seulement naissent des bourgeons charnus , qui font ensuite la base de la cicatrice , qu’il y ait eu ou non exfoliation par la dénudation. Dans les autres , on doit subsistuer aux trois périodes indiquées , i° une période d’exsudation , 2° une période de tuméfaction , 3 ’ une période de réunion.
Première période. Le tissu osseux ne peut être divisé sans que les vaisseaux ouverts ne laissent écouler du sang : aussi s’épanchet-il d’abord une certaine quantité de ce fluide entre les deux fragmens ; cette quantité est ordinairement peu considérable , et le sang s’arrête de lui-même au bout d’un temps assez court. Un autre fluide lui succède; celui-ci est de nature séreuse et d’une consistance légèrement visqueuse. Le sang épanché perd peu a peu sa couleur rouge. La réunion s’opère dans le périoste , dans la membrane médullaire , et dans toutes les autres parties molles qui ont souffert par le seul effet de la fracture.
Deuxième période. Ces parties molles réunies, et le périoste en particulier , s’enflamment , se gonflent et s’écartent de l’os : de 1«\ une tumeur qui se manifeste au dehors. Cette tumeur est en grande partie formée par une matière coagulable épanchée audessous du périoste et entre ses lames internes. Des points osseux se forment dans cette matière , et finissent par l’envahir totale-
OSSEUX
ment ; l'état carlilagi lieux est à peine sensible , et n’existe tout au plus que dans quelques points. Au défaut du périoste, le tissu cellulaire devient le siège de cette ossification , ainsi que l'a vu Macdonald. La membrane médullaire s’ossifie également.
Troisième période. Jusqu’ici il ne s’est presque rien passé dans l’os même : seulement les deux bouts se trouvent joints en dehors par une sorte de virole , en dedans par une cheville qui ferme le canal médullaire. Mais cette union n’a qu’une médiocre solidité; et si l’os est de nouveau soumis à des efforts , même peu considérables, le cal peut céder et se plier, ou se rompre. Le travail de la réunion s’opère dans les fragmens eux-mêmes ; la substance intermédiaire qui remplit leur intervalle, de fluide qu’elle était , devient peu à peu plus consistante , et se pénètre de vaisseaux qui se continuent avec ceux du périoste et même de l’os. Cette substance ne tarde pas à s’ossifier : on ne sait pas au juste de quelle manière, quoiqu’on ait vu manifestement les vaisseaux s’y développer. En même temps que ces phénomènes ont lieu, le gonflement extérieur s’affaisse. A la longue l’ossification du périoste disparaît , le canal médullaire se reproduit , et les choses se rétablissent dans l’état où elles étaient avant la fracture.
Il y a donc dans la réunion des fractures , comme dans les plaies des parties molles, une cicatrice vasculaire, formée à peu près par le même mécanisme. Toute la différence consiste dans les cliangemens qu’éprouvent les parties environnantes , et qui donnent lieu au développement d’un os provisoire , avant que le cal définitif ne soit formé. Retranchez 3a seconde période , et le mode de réunion des os fracturés ne différera plus sensiblement de celui des parties molles.
On voit aussi ce qu’on doit penser des opinions si diverses qu’ont eues les auteurs sur la formation du cal. La plupart ne sont exclusifs que pour n’avoir observé le cal que dans une période de son développement. C’est ainsi que Duhamel, et après lui Fougeroux, M. Pelletan , avaient fort bien vu que le périoste s’ossifie ; mais ils lui attribuaient trop en pensant que c’était hà çc qui constituait le cal. 0r? cela ne paraîtra pas étonnant,
quand on saura que Duhamel ne suivait ses expériences sur le cal , d’ailleurs si recommandables , que pendant trente à quarante jours. De même, Boerhaave , Haller, Delhleef, avaient trouvé entre les fragmens une matière lymphatique , et s’en étaient tenus à cette observation. Presque de nos jours encore, Hunter , Macdonald , Howship , ont dit que c’est le sang épanché , et dont la matière colorante est absorbée , qui s’organise ensuite pour donner naissance au cal. D’autres , à l’exemple de Bordenave , ont été abusés par ce qui se passe quand la fracture est en contact avec l’air , et ont cru qu’il en était de même lorsque les fragmens ne sont point à nu : Bichat lui-même n’a pu éviter cette erreur. Quelques-uns, tels queTroja, Camper, ont plus approché de la vérité en adoptant une opinion mixte. Mais c’est surtout aux anatomistes modernes qu’est due la connaissance des faits que nous avons exposés. M. Dupuytren a observé ces faits un des premiers. On doit à MM. Bresehet et Villermé un travail fort étendu sur cette matière.
Il est des fractures dans lesquelles il ne se forme point de cal osseux , mais seulement une cicatrice fibreuse qui unit lâchement les deux fragmens. C’est ce qu’on voit surtout pour les os qui, comme la rotule , l’olécrane , le col du fémur , sont très-difficiles â maintenir parfaitement immobiles. Les mouvemens des frag— mens et leur écartement sont en effet les seules causes de ce phénomène , que l’on regardait autrefois comme constant dans ces os et inhérent à leur structure , et qu’on cherchait â expliquer par une prétendue dilution du suc osseux , par l’absence du périoste, etc. On obtient le même résultat quand, sur un animal vivant, on resèque une portion d’un os long : si la distance est trop grande entre les deux bouts pour que leurs extrémités puissent se rejoindre en s’amincissant et se portant l’une vers l’autre , le cal est en partie fibreux ou fibro- cartilagineux. L’ou^ verture du trépan offre également cette particularité : lorsqu’elle est très-large , la cicatrice est complétée par une portion fibreuse* Au contraire , la réunion est immédiate , même dans les os qu’011 n’en croyait pas susceptibles , dès que le rapprochement des fragmens est exact pendant le temps convenable. J’ai vu des rotules ainsi réunies ; desséchées et trempées dans l’essence do
OSSEUX
térébenthine , afin que cette essence rendit la cicatrice transparente , dans le cas où elle aurait été fibreuse ; elles sont restées osseuses partout. Ces cas sont, à la vérité , fort rares , parce que Técartement est presque inévitable ; qu’il peut survenir nonseulement à l’instant de la fracture , mais encore tant que la substance intermédiaire jouit de quelque extensibilité; que le cal luimème cède quelquefois ; et qu’il faut au moins deux ou trois mois pour que ce cal ait acquis toute sa solidité , au lieu de cinquante à soixante jours, comme on le croit communément. Cette issue des fractures est absolument analogue à ce qui arrive aux os longs , quand on meut continuellement leurs fragmens. Il en résulte une sorte de fausse articulation.
Les os sont rarement affectés de transformations organiques : ce point de leur histoire a d’ailleurs été jusqu’à présent assez négligé. Cependant on a décrit leur cancer, qu’on a appelé ostco — sarcome ; mais il reste beaucoup à faire pour démêler tout ce qui a été désigné sous ce nom. On rencontre quelquefois dans les os la dégénération tuberculeuse. Ils sont aussi le siège de tumeurs comme charnues , qui interrompent totalement leur continuité , et dont le tissu a beaucoup de ressemblance avec celui des tumeurs cérébriformes , si ce 11’est qu’il contient davantage de vaisseaux sanguins. La clavicule m’a plusieurs fois offert de ces tumeurs.
§ III. Altérations dajis le développement .
Le système osseux est sujet à de fréquens vices de conformation ; on les observe surtout aux os du crâne et au sternum.
La substance osseuse tend à se produire dans une foule de circonstances. Il n’est presque pas de partie qui ne s’ossifie par les progrès de l’âge. Les cartilages sont en première ligne , comme on l’a vu; puis viennent les Jfibro-cartilages, les tissus fibreux, sous le rapport de la fréquence de cette ossification. Le tissu cellulaire en est moins souvent le siège. Quant aux artères , c’est dans beaucoup de cas une sorte d’incrustation , plutôt qu’une véritable transformation osseuse. Le système vei-»
neux , le musculaire , le nerveux , en offrent plus rarement des exemples. Les productions accidentelles ne sont pas exemptes de cette transformation : on trouve souvent des kystes tout osseux. L’état cartilagineux ne semble pas toujours précéder ces ossifications. ( Bjéclard. )
SYSTÈME MÉDULLAIRE. l/jS
Quoique le système médullaire ne se rencontre que dans les os, quoique ses usages principaux leur paraissent absolument relatifs, cependant ses propriétés et sa vie diffèrent tellement de la vie et des propriétés de ces organes , qu’on ne peut s’empêcher de l’examiner d’une manière isolée.
On distingue deux espèces de systèmes médullaires : l’un occupe le tissu celluleux des extrémités des os longs , de tout l’intérieur des os courts et plats ; l’autre se trouve seulement dans la partie moyenne des premiers : examinons-les chacun séparément.
ARTICLE PREMIER
SYSTÈME MÉDULLAIRE DES OS PLATS, DÉS OS COURTS 7 ET DLS EXTRÉMITÉS DES OS LOXGS.
§ 1er. Origine et Conformation ♦
Ce système paraît être l’épanouissement des vais^ seaux qui pénètrent dans les os par les trous du second ordre , c’est-à-dire par ceux qui vont se rendre dans le tissu celluleux commun. Ces vais- Anal cln, x. iii.
SÎSTÈME
seaux, arrivés à la surface interne des cellules, s’y divisent à l’infini, et s’y anastomosent de mille manières. Leur entrelacement donne à l’intérieur du tissu celluleux cet aspect rouge qui le caractérise , et qui est d’autant plus marqué qu’on l’examine dans un âge plus voisin de l’enfance, parce qu’en effet , le système vasculaire, qui y est très-prononcé à cette époque, se rétrécit et s’efface à mesure qu’on s’en éloigne.
Ce sont ces vaisseaux qui, dans la section des os du crâne par le trépan , donnent à la sciure la rougeur qu’on lui observe ; ce sont eux qui produisent le même phénomène dans l’amputation de l’extrémité des membres. Quoiqu’en générai ils restent gorgés de beaucoup de sang à l’instant de la mort , cependant on peut, comme je l’ai fait souvent , y en accumuler encore plus par des injections fines, qui poussent devant elles celui qui se trouve dans les vaisseaux , et le concentrent à leur extrémité : alors le tissu spongieux de l’adulte est presque aussi rouge que celui de l’enfant qu’on n’a point préparé.
§ IL Organisation .
Les auteurs admettent une membrane fine qui tapisse l’intérieur de toutes les cellules osseuses, et qu’ils considèrent comme l’organe exhalant du suc médullaire. Je n’ai jamais pu , quelque nombreuses qu’aient été mes recherches, découvrir une semblable membrane ; on ne voit que les prolongemens vasculaires dont je viens de parler , lesquels, prodigieusement multipliés, paraissent en
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effet former une membrane , mais qui , attentivement examinés , sont très-distincts les uns des au-
1res , nullement continus , si ce n’est à l’endroit des anastomoses , et laissent une foule de petits espaces où l’os est immédiatement à nu, et en contact avec le suc médullaire.
L’exhalation de ce suc paraît donc uniquement provenir de cet entrelacement vasculaire, et sous ce rapport elle est analogue à celle de la substance compacte , qui évidemment ne contient point de membrane, et dont les pores cependant se trouvent remplis de ce suc médullaire , comme le prouvent b* combustion du tissu compacte et son exposition au soleil ou à une chaleur artificielle.
§ III. Propriétés .
Cet entrelacement vasculaire ne jouit que de la sensibilité organique et de la contractilité organique insensible nécessaires à ses fonctions; et c’est ce qui le distingue spécialement du système médullaire de la partie moyenne des os longs , dont la sensibilité animale est , comme nous le verrons , extrêmement prononcée. Irritez sur un animal vivant l’intérieur d’un os court, plat, etc. j ou L’extrémité d’un os long, aucun signe de sensibilité animale ne se manifeste. La sciure du trépan , celle des condyles du fémur, de la tête de l’humérus , ne sont point douloureuses.
Les lésions de cç système , lorsqu’elles sont très- considérables , peuvent déterminer la nécrose de l’os et la formation d’une substance osseuse
nouvelle aux dépens du périoste; mais si une petite portion est seulement intéressée , ce phénomène ne s’observe point. J’ai percé plusieurs fois transversalement avec une vrille l’extrémité d’un os long sur un animal, et un fer rouge a été ensuite passé par l’ouverture : l’animal a toujours guéri sans nécrose : seulement l’articulation est restée engorgée , très-gènée dans ses mouvemens , et diverses esquilles s’en sont échappées pendant la suppuration.
§ IV. Développement.
Le réseau vasculaire qui forme ce système médullaire existe dans l’état cartilagineux; mais alors, d’une part , il n’admet point la portion rouge du sang ; de l’autre part les interstices de ses mailles se trouvent tellement remplis par la gélatine que le cartilage parait homogène. À l’époque de l’ossification, le sang rouge pénètre d’un côté dans les vaisseaux, tandis que , d’un autre côté , ces vaisseaux restent à nu par l’absorption de la gélatine , à l’endroit des cellules sur la surface interne desquelles ils rampent.
Dans le fœtus et dans le premier âge , Ce système médullaire offre une disposition remarquable : il ne contient presque point de ce suc huileux dont il emprunte son nom , et qui , dans la suite , remplit en si grande proportion les interstices du tissu celluleux des divers os : en examinant ces organes comparativement dans les divers âges , je m’en suis facilement convaincu. i°. Exposé à un degré de chaleur un peu considérable, le tissu celluleux des os d’adulte laisse écou-
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1er en abondance ce suc huileux, qui se fond. De la même expérience résulte seulement , dans le foetus , la dessiccation de ce tissu par l’évaporation des fluides qui le pénètrent. n°. Si on brûle l’extrémité d’un os long d’adulte , la combustion est spontanément entretenue par le suc huileux qui s’échappe des pores de la seconde espèce , et qui donne de la flamme jusqu’à ce qu’il soit épuisé. Dans le foetus , l’os cesse de brûler dès qu’on le retire du feu, parce que les fluides qu’il contient n’entretiennent point sa combustion. 3°. Rien n’est plus difficile que de conserver blancs les os d’adulte , parce que l’huile qui en pénètre les intervalles les jaunit toujours un peu. Dans le fœtus et l’enfant, où cette cause n’existe pas , la blancheur des os est facile à obtenir. 4°. Par l’ébullition on n’extrait point ou presque point d’huile du tissu celluleux dans le premier âge ; beaucoup nage à la surface de l’eau où l’on a mis bouillir ce tissu dans les âges suivans. En général , le fœtus paraît absolument manquer d’huile médullaire : elle se forme après la naissance , et sa proportion va toujours en augmentant, jusqu’à l’entier accroissement. Quel fluide remplace celui-ci dans les premières années ? D’abord beaucoup de sang; car, en géné^ ral , la rougeur du système médullaire est en raison inverse de l’huile qui s’y trouve ; mais les intervalles des cellules paraissent de plus être humides d’un autre fluide qu’on ne connaît pas, et qui s’évapore , comme je l’ai dit , lorsqu’on présente au feu l’os d’un fœtus.
ARTICLE II