‹ Anatomie générale [electronic resource]Chapitre 16 sur 53 · DES FORMES DU SYSTÈME CARTILAGINEUX · texte numérisé non relu

DES FORMES DU SYSTÈME CARTILAGINEUX

Les formes cartilagineuses varient suivant la classe à laquelle appartient le cartilage.

§ Ier. Formes des Cartilages des Articulations mobiles .

Dans toute articulation mobile , il y a , à chaque extrémité osseuse, un cartilage qui encroûte cette extrémité, qui facilite par sa souplesse le mouvement des deux os, dont la substance trop dure éprouverait, en se frottant, un choc trop fort, qui réfléchit, en se comprimant d’abord et en revenant ensuite sur lui-même, une partie considérable du mouvement devenu par là plus étendu , qui amollit, en cédant un peu, l’effet des violentes secousses qu’éprouvent les membres, et qui rend ainsi ces secousses moins dangereuses.

Le caractère général de conformation extérieure

(i) Il faut y joindre les fibro-cartilages membraneux, qui sont de vrais cartilages, comme nous le verrons par la suite.

( Béclard. )

propre à ces cartilages est d’ètre toujours beaucoup moins épais que larges, d’avoir cependant une épaisseur qui est en raison de la largeur , en sorte que les cartilages des grandes articulations excèdent deux, trois, quatre fois même, sous ce rapport? ceux des articulations peu étendues; de se mouler sur les formes articulaires , de présenter deux faces et une circonférence.

L’une des faces est adhérente à l’os; elle y tient d’une manière si intime , que la fracture arrive plutôt en tout autre endroit qu’à celui-ci. Le moyen d’union n’est pas exactement connu : ce qu’il y a de certain, c’est que le cartilage n’est pas un prolongement , une suite du parenchyme cartilagineux de l’os; les fibres de ce parenchyme ne sont point continues avec celles des cartilages. Si cela était, en effet, en enlevant à un os long, frais et revêtu de son cartilage, le phosphate calcaire qui le pénètre, on devrait voir cette continuité, l’os et le cartilage ne devraient plus différer : or, j’ai constamment observé, dans cette expérience, que l’action de l’acide fait détacher le cartilage de dessus Fos , soit par fragmens , soit en totalité. On voit les fibres cartilagineuses de l’os privé de sa base saline se terminer manifestement à la surface convexe qu’embrasse le cartilage ; il n’y a point eu de solution de continuité. En ! général , l’aspect du parenchyme cartilagineux isolé de sa portion calcaire est tout différent de celui d’un véritable cartilage. Je présume que cette différence tient à la quantité de gélatine, qui est plus grande dans le second que dans le premier. L’action des acides, du nitrique

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surtout, est le moyen le plus avantageux pour sé-r parer un cartilage de sa tête osseuse ; la macération ne produit ce phénomène qu’à la longue; dans l’ébullition, comme la gélatine se fond , il est moins apparent.

La surface du cartilage opposée à l’os est intimement unie à la synoviale de l’articulation. Elle en empunte le poli qui la distingue; car partout où ces substances ne correspondent point à cette membrane, elles perdent ce caractère, comme on le voit au larynx, aux cartilages costaux, etc. Ici le moyen d’adhérence est un tissu cellulaire extrêmement serré, que la macération ni la dissection ne peuvent enlever par lames. Comme la synoviale est toute formée de ce tissu, il paraît que, sur le cartilage , elle n’est qu’un prolongement de celui qui , après avoir concouru à la contexture de cet organe, se condense à sa surface, et s’y organise en membrane.

La circonférence des cartilages qui nous occupe se termine insensiblement sur la surface osseuse ; elle y cesse comme en mourant, à l’endroit où la synoviale abandonne l’os pour se réfléchir.

Les deux cartilages correspondans d’une articulation mobile sont tellement disposés et moulés Fun sur l’autre, que, dans la position moyenne de l’articulation, ils se touchent exactement par tous leurs points : or , on sait que la position moyenne d’une articulation est celle où l’os n’incline pas plus dans un sens que dans un autre, où tous les muscles , uniformément contractés et se faisant entre eux une égale résistance, le forcent à s’éloigner

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également de l’extension et de la flexion , de l’adduction et de l’abduction, etc., etc, et à tenir le milieu précis. C’est cette position qu’affectent les membres lorsque la volonté ne dirige point l’effort musculaire, comme, par exemple, chez le fœtus, dans le sommeil, dans le repos, etc. ; c’est elle que déterminent certaines convulsions où tous les muscles d’un membre sont agités avec un effort égal par l’influx extraordinaire des nerfs, etc. Dans toute autre position, jamais le contact de deux cartilages articulaires ne se fait par tous leurs points; toujours uneportion de la surface de chacun pousse avec plus ou moins de force les parties environnant l’articulation, et les distend. La mollesse du tissu cartilagineux rend moins pénible cette pression, dont le sentiment serait douloureux dans les grands mouvemens , si les os gardaient leur dureté à l’extrémité du levier qu’ils représentent.

Les formes cartilagineuses qui nous occupent, outre ces caractères communs, en ont de particuliers à chaque genre d’articulations mobiles.

i°. Dans le premier genre, la croûte convexe qui recouvre la tète osseuse présente de l’épaisseur au centre, mais très-peu à la circonférence. Une disposition inverse se remarque à l’encroûtement concave quireçoit cette tète; souvent même, comme à l’humérus, au fémur, l’épaisseur de cet encroûtement est augmentée, à sa circonférence, par un bourrelet fibro-cartilagineux. De cette manière, l’effort est supporté inégalement par l’un et l’autre cartilage, dans leurs diverses parties; mais l’uniformité du contact est assurée.

cartilagineux;

20. Dans le second genre , qui diffère du premier par l’absence du mouvement de rotation, comme en général une convexité est aussi reçue dans une concavité, la disposition est à peu près la même pour les deux cartilages. Cependant si deux surfaces convexes glissent l’une sur l’autre , comme le condyle de la mâchoire et l’apophyse transverse nous en offrent un exemple , alors le cartilage va toujours en s’amincissant à la circonférence de chacune; mais alors un cartilage inter-articulaire, épais à sa circonférence, mince au milieu, supplée à cette disposition, et établit sur tous les points un contact qui sans lui ne s’exercerait qu’au centre.

3®. Dans le troisième genre , la croûte cartilagineuse qui tapisse les saillies et les enfoncemens qui se reçoivent réciproquement sur les extrémités des deux os présente à peu près une épaisseurAiniforme, comme on le voit au coude , au genou, etc.; en sorte que la pression se répartit également sur toute la surface articulaire.

4°. Dans les quatrième et cinquième genres, les encroûtemens cartilagineux, moulés surlaforme des surfaces osseuses, ont aussi une épaisseur à peu près uniforme dans tous leurs points. J’ai trouvé sur les os d’un adulte, que cette épaisseur est d’une ligne et demie dans les articulations radio-cubitale , atloïdo-axoïdienne , d’une ligne dans les articulations carpiennes , métacarpiennes , etc.

§ IL Formes des Cartilages des Articulations immobiles .

Les cartilages ne se rencontrent que dans deux genres des articulations immobiles , savoir , dans celles à surfaces juxtaposées, et celles à surfaces engrenées. Ils forment dans tous une couche extrêmement légère, continue aux deux os qui s’articulent ensemble , naissant de leur portion osseuse , comme ceux décrits précédemment, étant de même nature quelle, et formant un lien d’autant plus serré qu’on avance plus en âge.

A la tête, ces sortes de cartilages sont très-muîtipliés; ceux du crâne ont plus d’épaisseur du côté de sa convexité que du côté de sa concavité : de là la disparition plus prompte des sutures dans le dernier que dans le premier sens.

Partout où ils se trouvent , ils concourent à unir des os qui forment des cavités : de là , comme nous l’avons dit , moins de danger pour celles-ci de la part des corps extérieurs , puisque le mouvement , perdu alors en partie dans leur tissu mou, produit un effet bien moindre que si la cavité était d’une seule pièce osseuse.

Il paraît que ces cartilages ont beaucoup plus d’affinité avec le phosphate de chaux , que ceux des articulations mobiles: ceux-ci s’ossifient rarement, tandis qu’à un âge avancé ceux-là deviennent toujours osseux, comme le crâne nous en fournit surtout des exemples. Je remarque cependant que les cartilages des surfaces engrenées ont plus de ten-

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dance à l’ossification que ceux des surfaces juxtaposées: au moins est-il plus commun de voir les pariétaux soudés entre eux , avec l’occipital , et avec le coronal , que de voir la réunion des maxillaires , des os palatins , etc.

§ HL Formes des Cartilages des Cavités ,

Les cartilages des cavités affectent deux formes

différentes , suivant les parties qu’ils concourent à former. Ils sont , i° longs , comme aux côtes ; 20 plats , comme au larynx, à la cloison nasale , etc.

Tous sont tapissés, à l’extérieur, d’une membrane fibreuse identique au périoste , et à laquelle s’implantent différens muscles. Pour bien voir cette membrane , il faut faire macérer pendant un jour ou deux le cartilage : elle blanchit alors sensiblement, devient par là très-manifeste dans son épaisseur , dans la direction de ses fibres , etc. Les cartilages des cavités ne présentent point les trous nombreux qu’on remarque sur les os , parce que les vaisseaux sanguins ne les pénètrent point. Peu d’éminences s’y observent ; des enfoncemens s’y trouvent raiwient creusés. Au reste, on ne peut guère considérer leurs formes d’une manière générale, parce que, destinés chacun à des usages trèsdifférens , ils ont entre eux peu d’analogie de conformation.

ARTICLE IL

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