UES FORMES DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE LA VIE ORGANIQUE
Tous les muscles du système précédent affectent en général une direction droite : ceux-ci sont tous , au contraire, recourbés sur eux-mêmes; ils représentent tous des poches musculaires différemment contournées , tantôt cylindriques comme aux intestins , tantôt coniques comme au cœur , tantôt arrondies comme à la vessie , quelquefois très-irrrégulières comme à l’estomac. Aucun n’est attaché aux os; tous sont dépourvus de fibres tendineuses. Les fibres blanches naissant de la surface intérieure du cœur , et allant se fixer aux valvules de ses ventricules , n’ont nullement la nature des tendons : l’ébullition ne les réduit point facilement en gélatine ; la dessiccation ne leur donne point l’aspect jaunâtre de ces organes ; elles résistent plus qu’eux à la macération (i).
C’est, en général, un grand caractère qui distingue le système musculaire organique d’avec celui de
(i) La seule différence qui me paraisse exister entre les libres tendineuses du cœur et les tendons proprement dits , réside dans leur .disposition extérieure : elle est fondée sur ce que ces fibres se terminent à la surface des faisceaux charnus dans le cœur , tandis que les tendons se prolongent ordinairement dans l’épaisseur des muscles. (Béglàrd. )
la vie animale , de ne point naître des organes fibreux , de ne point se terminer à eux. Toutes les fibres de celui-ci sont continues ou avec des tendons, ou avec des aponévroses, ou avec des membranes fibreuses. Presque toutes celles du premier partent, au contraire , du tissu cellulaire, et viennent s’y rendre de nouveau après avoir parcouru leur trajet. Pavais cru d’abord que la couche dense et serrée qui est entre la membrane muqueuse et les fibres charnues des intestins , de la vessie, de l’estomac, etc., était l’assemblage et l’entrecroisement d’une foule de petits tendons correspondant à ces fibres, et entrecroisés en forme d’aponévrose : la densité de cette couche m’en avait imposé au premier coup d’œil. L’ébullition , la macération , la dessiccation m’ont appris depuis que, complètement étrangère au système fibreux , cette couche devait être, ainsi que Haller l’a dit, rapportée au cellulaire , qui est plus dense seulement et plus serré là qu’ailleurs. C’est cette couche que j’ai désignée, dans le système cellulaire, par le nom de tissu sous-muqueux . Plusieurs fibres du système qui nous occupe paraissent former une courbe entière, et qui n’est traversée par aucune intersection cellulaire : quelques plans du cœur offrent cette disposition (i) , laquelle est, en général, très-rare; en sorte
(1) Il n’y a dans le cœur de fibres décrivant une courbe en-^ tière, que celles qui entourent en manière de sphincters les orifices veineux des oreillettes : sans doute, ce sont ces fibres dont Bichat entend parler. Toutes les autres , après avoir suivi une
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qu’il y a presque toujours origine et terminaison des fibres sur un organe de nature différente de la leur.
On ne peut guère considérer dîme manière générale les formes du système qui nous occupe: chaque organe lui appartenant se moule sur la forme du viscère à la formation duquel il concourt. En effet, les muscles organiques n’existent point en faisceaux isolés comme ceux de la vie animale; tous, excepté le cœur, ne sont que pour un tiers, un quart , souvent meme pour moins , dans la structure d’un viscère.
Le plus grand nombre est à forme mince, plate et membraneuse. Ce sont des couches plus ou moins larges, et presque jamais des faisceaux caractérisés. Placées les unes à côté des autres, les fibres sont très-peu superposées : de là vient qu’occupant une très* grande étendue, ces muscles ne forment cependant qu’un très-petit volume. Le grand fessier seul serait plus considérable que toutes les fibres de l’estomac, des intestins et de la vessie, si elles étaient réunies comme lui en un faisceau épais et carré.
marche spiroïde, très-marquée, comme Seuae et Wolf l’avaient indiqué clairement , mais comme il résulte surtout des travaux plus récens de mon ami le docteur Gerdy , se terminent par leurs extrémités d’une manière plus ou moins immédiate sur les zones fibreuses artérielles et auriculo-ventriculaires que l’on trouve à la hase du cœur. (F. Blandin. )
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