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DÉVELOPPEMENT DU SYSTEME MUSCULAIRE DE LA VIE ORGANIQUE

Le système musculaire organique est absolument l’inverse du précédent, sous le rapport du développement. Autant celui-ci est peu caractérisé dans les premiers temps, autant l’accroissement du premier est précoce. Suivons-le dans tous les âges.

§ Ier. État du, Système musculaire organique chez le fœtus .

Dès les premiers jours de la conception, le coeur est déjà formé; il offre le premier, comme on l’a dit, un point en mouvement : punctum saliens. Les recherches de divers auteurs, de Haller en particulier, ont mis en évidence les progrès successifs de son accroissement dans les premiers temps (i).

(j) V oyez ce qui a été dit dans le Système vasculaire à sang rouge»

Un peu plus tardifs à se former, les muscles de l’intérieur de l’abdomen sont cependant développés bien avant ceux qui forment les parois de cette cavité. C’est le volume des intestins , de l’estomaG , de la vessie, etc., presque autant que celui du foie, qui donne à la cavité où se trouvent ces viscères la capacité remarquable qu elle présente alors. ^

Uniformes à peu près à cet âge , sous le rapport de leur proportion de volume, tous les muscles organiques ne le sont pas autant sous celui de leur tissu. Le cœur est manifestement plus ferme et plus dense que tous les autres ; sa texture est trèscaractérisée. Molles et lâches, les libres stomacales, intestinales et vésicales, ressemblent exactement à celles des muscles de la vie animale : peu de sang les arrose à proportion de celui qui doit y pénétrer dans la suite. Au contraire, denses et serrées, les libres du cœur ont une énergie d’action proportionnée à celle que dans la suite elles doivent avoir. Leur rougeur est tout aussi marquée, autant de sang les pénètre, et les nourrit par conséquent. Cette rougeur du cœur, analogue chez l’adulte à celle des muscles volontaires, contraste à cette époque avec la pâleur remarquable de ceux-ci. Au reste, elle présente, comme dans toutes les autres parties où elle existe, une teinte foncée due à l’espèce de sang qui la produit.

On conçoit facilement la raison de cette quantité de sang qui pénètre le cœur, puisque cet organe, très-actif alors dans ses mouvemens, a besoin de beaucoup de force, tandis que, presque immobiles, les autres en nécessitent peu.

Cependant on a exagéré la contractilité organique sensible du cœur dans le fœtus et dans le premier âge , sans doute à cause de la rapidité extrême que la circulation présente alors. Cette rapidité dépend autant de l’activité des forces toniques du système capillaire général que de celle du cœur; car, une fois parvenu dans le système capillaire, le sang est hors de l’influence du cœur, comme nous l’avons vu; le séjour qu’il y fait est absolument dépendant des forces de ce système lui-même : or, très-actives alors , ces forces y précipitent le cours du sang ? et le rejettent dans le système veineux, d’où il arrive au cœur. L’excitabilité de celui-ci serait double, triple même, que, si le sang n’y abordait qu’avec lenteur, il ne pourrait entretenir un pouls rapide et en même temps continu. Haller s’est laissé entraîner à cette opinion par celle où il était que le cœur est l’agent d’impulsion unique du sang circulant même dans les petits vaisseaux. D’ailleurs, il est hors de doute que la contractilité organique sensible du cœur est moins facile à être mise en jeu chez le fœtus par les expériences , et quelle est aussi beaucoup moins durable. Alors les excitans les plus forts ont moins de prise sur elle un instant après la mort, que ceux qui ont le moins d’énergie n’en offrent sur le cœur d’un animal qui a vu le jour. J’ai vérifié plusieurs fois ce fait sur des fœtus de cochons d’Inde. Comparée à celle des muscles volontaires, la motilité du cœur est sans doute remarquable chez le fœtus; mais comparée à ce quelle sera après la naissance, elle est peu caractérisée.

5a 2 SYSTÈME MUSCULÀTRE

Il en est absolument de même de la contractilité de l’estomac , de la vessie et des intestins ; le plus communément on ne peut déterminer aucun mouvement dans ces muscles par les stimulans. M. Léveillé a fait déjà ces observations importantes ; il a aussi remarqué que l’urine séjournait dans la vessie, et le méconium dans les gros intestins, sans produire une contraction suffisante pour les expulser. Je ne crois pas cependant qu’il y ait pendant la vie une immobilité parfaite des viscères gastriques , et voici pourquoi : le plus souvent le méconium ne se rencontre que dans les gros intestins; d faut donc qu’il s’y forme , s’il y a immobilité des muscles gastriques : or , il est beaucoup plus probable qu’il est un résidu de la bile , de tous les sucs muqueux, etc. ; que , par conséquent , il a été successivement poussé par une action lente de la partie supérieure vers l’inférieure des voies alimentaires.

La mollesse des muscles organiques rend leur extensibilité de tissu très-prononcée à cette époque. J’observe cependant que le cœur des cadavres de fœtus ne présente point ces variétés sans nombre de volume que celui de l’adulte nous offre dans le côté droit , suivant les divers genres de mort.

§ II. Etat du Système musculaire organique pendant V accroissement.

Les premiers jours de l’existence sont marqués par un mouvement intérieur aussi prompt à se manifester que l’extérieur dont nous avons parlé. La succion du lait, l’évacuation des urines, celle du méconium , etc. , sont les indices de ce mouvement intérieur général, de cette agitation presque subite de tous les muscles involontaires.

Ce n’est pas le cerveau qui , entrant en action à la naissance , détermine la contraction de ces muscles, puisque, comme nous l’avons dit, ils échappent constamment à son empire ; cela paraît dépendre, i° de l’influence sympathique exercée sur leur système par l’organe cutané, qu’irrite le nouveau milieu où il se trouve ; 20 de l’excitation portée au commencement de toutes les surfaces muqueuses , et sur la totalité de celle du poumon , excitation qui réagit ensuite sur ces muscles; 3° de celle produite par les fluides introduits dans l’estomac ; 4° de l’abord subit du sang rouge dans tous ces muscles jusque là pénétrés comme les autres de sang noir : cette cause est essentielle ; l’irritabilité paraît en être en partie dépendante , ou du moins en emprunter un surcroît de force remarquable. 5°. L’excrétion du méconium et de l’urine est aussi puissamment aidée par les muscles abdominaux , qui entrent alors en activité avec tout le système auquel ils appartiennent.

Le mouvement intérieur général qui arrive dans les premiers momens de l’existence, et qui est déterminé par l’activité subitement accrue des muscles involontaires , remplit un usage important à l’égard des surfaces muqueuses , qu’il débarrasse des fluides qui les surchargent et dont la présence devient pénible. Là où les surfaces muqueuses n’ont point autour d’elles de plans charnus involontaires , comme aux bronches , aux fosses nasales , etc. , ce sont des muscles de la vie animale plus ou moins éloignés qui remplissent cette fonction , comme , par exemple, le diaphragme et les intercostaux, qui débarrassent par la toux la surface bronchique, et par l’éternument la surface pituitaire.

En s’éloignant de l’époque de la naissance, les muscles organiques croissent, en général, moins proportionnellement que les autres, ce qui rétablit peu à peu l’équilibre entre les deux systèmes. Je remarque cependant, à l’égard de la prédominance du premier , qu’elle est bien moins marquée dans le fœtus que celle du système nerveux. Le cerveau, par exemple, est proportionnellement beaucoup plus gros que le cœur.

Il est probable que les muscles qui nous occupent présentent, à cette époque, les mêmes variétés de composition que les autres , que la gélatine y domine surtout , que la fibrine y est moindre, etc. Peut-être cette dernière substance existe-t-elle , dans les premiers temps , plus abondamment dans le cœur que dans les autres muscles de cette classe.

Nous avons observé deux périodes très-distinctes dans l’accroissement des autres muscles : l’une

est achevée lorsqu’ils onf acquis leur longueur ; l’autre l’est lorsque leur épaisseur est complète. La première n’a point, dans le système organique, un terme aussi distinct : déjà la stature n’augmente plus, que les organes gastriques et urinaires , que le cœur s’allongent et croissent encore.

On a considéré d’une manière trop générale l’accroissement. Chaque système a un terme différent dans ce grand phénomène. Le système osseux , le musculaire de la vie animale, et ceux qui en dépendent, comme le fibreux, le cartilagineux, etc. , influencent spécialement la stature générale du corps : ce sont eux qui déterminent telle ou telle taille; mais cette taille n’influe nullement sur la longueur des intestins , sur la capacité de l’estomac, du cœur, de la vessie, etc. Les systèmes glanduleux, séreux, muqueux, etc., sont également indépendans de la stature : aussi porte-t-elle , dans ses nombreuses variétés , bien plus sur les membres que sur l’abdomen , la'poitrine , etc. Une grande taille indique la prédominance de l’appareil de la locomotion , mais nullement de ceux de la digestion , de la respiration , etc. La fin de l’accroissement en hauteur, que nous considérons d’une manière générale pour tout le corps, n’est que la fin de l’accroissement des muscles, des os et de leurs dépendances , et non de celui des viscères intérieurs, qui s’épaississent et s’allongent encore. Il est facile de s’en convaincre en comparant les muscles organiques d’un jeune homme de dix-huit ans à ceux d’un homme de trente ou quarante.

Les muscles organiques ne paraissent point su-

sets à ces irrégularités d’accroissement que les autres muscles et les os nous présentent fréquemment. On sait que souvent la taille reste stationnaire pendant plusieurs années, et que tout à coup elle prend des dimensions très-marquées en un court espace de temps : ce phénomène est remarquable surtout à la suite des longues maladies. Or, malgré ces inégalités, le cœur et tous les autres muscles analogues croissent d’une manière uniforme : la régularité des fonctions intérieures auxquelles ces muscles concourent spécialement ne s’accommoderait point avec ces aberrations qui ne sauraient troubler les fonctions des organes locomoteurs. D’ailleurs, si elles avaient lieu, la circulation, la digestion, l’excrétion des urines, etc., devraient présenter des aberrations correspondantes : or, c’est ce qu’on n’observe pas. Le cœur et les muscles gastriques, etc., grossissent toujours dans l’enfant dont la taille reste stationnaire; ils ne grandissent point brusquement dans celui qui croît tout à coup : voilà pourquoi la poitrine et le ventre deviennent gros dans le premier cas, et restent rétrécis dans le second, à proportion des membres.

D’ailleurs ces deux systèmes ne sont jamais en rapport précis de nutrition et de force. J’ai déjà observé que des muscles organiques très-prononcés coïncident souvent avec des muscles volontaires très-peu saillans, et réciproquement.

Ne considérons donc point l’accroissement ni la nutrition d’une manière uniforme : chaque système se développe et s’agrandit à sa manière; jamais tous jae se rencontrent aux mêmes périodes de cette

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fonction. Pourquoi? parce que la nutrition est, comme tous les autres actes auxquels préside la vie, essentiellement dépendante des forces vitales, et que ces forces varient dans chaque système.

L’accroissement du système musculaire involontaire n’est point uniforme dans tous les organes qui le composent. Chacun s’agrandit plus ou moins, ou se prononce différemment; l’un prédomine souvent sur les autres d’une manière manifeste : une vessie à fibres charnues très-marquées, à colonnes, comme on dit, se trouve souvent chez un sujet à estomac débile, à petits intestins, etc.; réciproquement l’estomac, le cœur, etc., ont une prédominance sou, vent isolée.

§ III. Etat du Système musculaire organique apres Vaccro i ssemen t.

C*est vers l’époque de la vingt-quatrième à la vingt-sixième année que les muscles organiques ont acquis la plénitude de leur développement. Alors la poitrine et l’abdomen, qui les contiennent, sont parvenus au maximum de leur capacité. Ces muscles sont tels qu’ils doivent rester toute la vie; ils ont une densité bien supérieure à celle de la jeunesse; leur force s’est accrue, leur couleur est plus foncée. En général, cette couleur est sujette, dans le cœur, à de fréquentes variétés, lesquelles se rapportent assez aux variétés du système précédent. Les maladies aiguës et chroniques ont à peu près sur elle la même influence. Elle est également l’indice des tempéramens sanguin, lymphatique, etc.,

par les teintes diverses quelle présente. La couleur des fibres stomacales, intestinales, vésicales, varie moins; leur blancheur, plus uniforme, est rarement influencée par les maladies.

Il ne dépend point de nous d’augmenter, par un exercice habituel, la nutrition des muscles organiques. Les alimens pris outre mesure, et faisant fréquemment contracter l’estomac, l’affaiblissent au lieu de faire davantage prononcer ses fibres, comme il arrive par l’exercice constant imprimé à un membre supérieur ou inférieur. La vessie, sans cesse en action dans certaines incontinences, s’affaiblit aussi peu à peu , et perd son énergie. On dirait que ces deux systèmes sont, sous ce rapport, en ordre inverse.

Il paraît que la nutrition des muscles organiques, comme celle des autres , est sujette à de fréquentes variations; que, dans certaines époques, ils sont plus prononcés; qu’ils le sont moins dans d’autres. Les maladies influent beaucoup sur ce phénomène , qui prouve , comme le ramollissement des os et leur retour à l’état naturel, la composition et la décomposition habituelles dont les organes sont le siège. Nous trouvons, dans les amphithéâtres, une foule de différences sur les différens sujets, par rapport à la teiîite, à la densité, à la cohésion des muscles. Or, ce que plusieurs nous présentent alors en meme temps, le même l’éprouve souvent successivement: le même homme a sans doute, suivant les influences diverses auxquelles il est exposé, son cœur rouge, dense, gros et bien nourri à une époque de la vie, faible, pâle, peu volumineux à une autre; car les

DE IA VIE ORGA^ÎQUÊ* ÔSQ

organes intérieurs doivent éprouver les mêmes altérations que nous montrent lesextérieurs : or, on sait combien l’habitude extérieure change souvent pendant la vie.

§ IV. Etat du Système musculaire organique chez le vieillard .

À mesure qu’on avance en âge, le système musculaire qui nous occupe s’affaiblit comme tous les autres : cependant son action est plus durable; elle survit, pour ainsi dire, à celle de l’autre. Déjà le vieillard, presque immobile, ne se traîne qu’avec peine et avec lenteur, que son pouls, sa digestion, etc., ont encore de la vigueur. Cette différence des deux systèmes est d’autant plus remarquable que le temps d’activité du second est presque de moitié moindre que celui du premier : le sommeil retranche en effet presque la moitié de la durée des mouvemens volontaires, tandis qu’il laisse les involontaires vraiment intacts. Ce phénomène de l’espèce de survivance des muscles organiques aux muscles volontaires dans les derniers temps de la vie dérive en grand du même principe d’où naît en petit la lassitude qui suit la contraction dans un mouvement isolé. 11 faut un mouvement moins durable pour fati guer les muscles volontaires que pour fatiguer les involontaires : l’estomac vide reste long-temps contracté sur lui-même sans faire éprouver un sentiment pénible; tandis que, si nous tenons serré fortement pendant un quart d’heure un corps entre nos doigts, tous les fléchisseurs sont bientôt doulou- Ajhat, c&n y, un 54

reusement affectés. Après une convulsion d’une demi-heure où tous les muscles locomoteurs ont été raides, tout le corps est rompu, comme on le dit; il ne peut se prêter à aucun mouvement; tandis qu’après un accès de fièvre de six ou huit heures où le pouls a été violemment agité, souvent le cœur conserve le type naturel de ses contractions; il faut des accès répétés pour l’affaiblir. Tous ces phénomènes des deux systèmes musculaires prouvent manifestement que celui de la vie animale se fatigue beaucoup plus tôt; c’est même ce qui détermine son intermittence. Est-il donc étonnant que, quoique moins souvent en exercice que l’autre, il épuise plus tôt la somme de force que lui adonnée la nature ? est-il étonnant que celui-ci survive plus long-temps? La vie est un grand exercice qui use peu à peu les organes en mouvement, et qui nécessite enfin leur repos; ce repos est la mort: or, chaque organe mobile y arrive plus ou moins tôt, suivant le degré différent des forces qu’il a à dépenser, suivant sa disposition plus ou moins grande à se lasser par ce grand exercice.

Cependant les muscles organiques s’affaiblissent peu à peu , le pouls se ralentit, les digestions s’allongent chez le vieillard ; la vessie et le rectum cessent d’abord d’agir ; puis les intestins restent inactifs; l’estomac et surtout le cœur meurent les derniers.

Long-temps avant la mort, la cohésion musculaire s’affaiblit dans ce système comme dans le précédent; le tissu charnu devient flasque : les parois du cœur se soutiennent d’elles-mêmes dans le jeune

homme, elles s’affaissent chez le vieillard. Le système gastrique d’un jeune animal tué subitement pendant la faim est ferme, dense, resserré sur lui-même; chez un vieux, il est, dans la même circonstance, peu revenu surlui-même; l’estomac et les intestins restent beaucoup plus dilatés ; ils sont lâches et mous : c’est le même phénomène que dans les muscles précédons, qui vacillent sous la peau faute de cohésion. La vessie reste toujours ample, quoique vide d’urine, etc. (i).

(i) ÀNA.TOMIE PATHOLOGIQUE DU SYSTÈME MUSCULAIRE.

On peut réunir élans une seule description les altérations communes aux deux grandes divisions de ce système. Il en est peu de particulières; elles seront indiquées à mesure.

§ I*'. Altérations clans les formes extérieures .

L’excès de nutrition est commun dans les muscles ; mais ce n’est guère que dans le cœur et la vessie qu’il constitue , à proprement parler, une maladie : il est caractérisé par un accroissement remarquable de volume et souvent de densité. L’atropliie arrive fréquemment dans les muscles extérieurs par le défaut d’exercice , par la distension ou par toute autre cause. Il s’y joint souvent une décoloration des fibres charnues , qu’on a prise pour un état graisseux , comme Bichat l’a déjà fait observer. La prétendue dégénéra tion graisseuse des muscles ne me paraît pas exister, du moins je n’en connais point d’exemple qu’on ne puisse rapporter à l’état précédent , dans lequel , les fibres cha— nues disparaissant en partie , la graisse inter-musculaire prédomine et se confond par sa couleur avec le muscle lui-même devenu jaunâtre. Mais on retrouve par l’analyse la fibrine dans

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ces muscles ; en en mettant sur du papier gris , on retrouve les libres distinctes après que l’huile animale a été absorbée , etc. Dans le cœur, l’atrophie donne lieu à la dilatation de cet organe, à son anévrysme passif.

Les muscles perdent de leur consistance dans beaucoup de circonstances : le cœur est très-sujet à cette altération , qui a été décrite par M. Laennec dans son excellent Traité de V Auscultation médiate , où l’on trouvera un grand nombre de faits intéressans sur les maladies de ce viscère. Le ramollissement des muscles peut amener leur rupture ; celle du cœur a souvent été observée en pareil cas , surtout chez les vieillards : elle a été l’objet d’un travail particulier de M. Rostan.

Les fibres musculaires sont quelquefois allongées par l'effet de diverses maladies : il en résulte un affaiblissement plus ou moins marqué dans leur action. Cet allongement forcé des muscles coïncide souvent avec le raccourcissement des antagonistes, qui en est alors la cause ; il suffit , dans ce cas , de contrebalancer ces derniers pour rendre aux premiers leur faculté contractile : c’est ainsi qu’on parvient quelquefois à remédier à la flexion permanente des doigts , en les redressant jusqu’au point où les extenseurs peuvent se contracter de nouveau; la même chose s’applique à la guérison des pieds-bots , quant il est possible de ramener l’axe du membre à sa direction primitive.

Le raccourcissement n’a pas les mêmes inconvéniens ; il peut être porté très-loin, sans que la contractilité s’en ressente, comme le prouve une pièce recueillie par Ilunter, et dans laquelle l’humérus avait éprouvé une perte de substance considérable. Il semble au contraire que cette force en soit augmentée : du moins est-elle alors dans un exercice continuel. Cette sorte de rétraction est très-fréquente , et se lie le plus souvent à une faiblesse des antagonistes. Les contractures du scorbut , certaines inflexions vicieuses du tronc , les pieds-bots , que nous venons de citer , le strabisme , la rétraction des muscles de la jambe par une douleur habituelle dans cette partie, en sont des exemples. Le petit doigt est souvent ainsi rétracté.

Ou a beaucoup parlé de déplacement des muscles f de luxa-

tions , de hernies de ces organes. On peut voir à ce sujet tout ee qu’a écrit Pouteau.

§ IL Altérations dans F organisation.

L’inflammation du tissu musculaire est encore douteuse. On a bien trouvé des foyers purulens dans diverses régions de ce système , mais ils pouvaient avoir leur siège dans le tissu cellulaire interposé entre ses fibres.

Un muscle coupé en travers se rétracte fortement, comme on l’a vu ailleurs. Mais souvent la partie inférieure est paralysée par cette section , parce que le nerf est resté contenu dans la supérieure , au niveau de laquelle il pénètre ordinairement dans le muscle ; cette dernière conserve au contraire son irritabilité : la rétraction si marquée dans les amputations dépend en grande partie de cette cause. Ce serait l’inverse, et l’inférieure seule se contracterait, si la section avait lieu plus haut. Dans tous les cas, à ces phénomènes succèdent ceux de la réunion. Un tissu fibreux nouveau remplit l’écartement des deux bouts, qu’il unit solidement l’un à l’autre : s’il a peu de longueur , il ne nuit nullement à la contraction, sans que pour cela le muscle ait gagné, comme on l’a dit ; si la substance intermédiaire est longue et extensible , les mouveinens sont plus ou moins gênés.

On n’observe presque point de transformations dans les muscles. J’y ai pourtant rencontré des tumeurs fibreuses et osseuses , qui avaient un aspect pelotonné , analogue à celui des tumeurs de ce genre que l’on trouve dans la matrice. Nous avons vu plus haut ce qu’il faut penser de la transformation graisseuse.

Les dégénérations sont de même fort rares dans ce système; Des hydatides peuvent s’y produire ; elles sont communes dans les porcs.

§ III. Altérations dans le développement.

On a vu les muscles de la vie animale manquer totalement chez, le fœtus ; il n’y avait , au-dessous de la peau , qu’une masse comme graisseuse ? formée de tissu cellulaire infiltré plus

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