De la membrane interne des artères
■j. — Delà substance médullaire des centres nerveux.
CONSIDERATIONS GÉNÉRALES. Ixix
i°. Les formes sont partout différentes : là elles sont aplaties, ici arrondies ; on voit les tissus simples disposés en membranes , en conduits, en faisceaux fibreux, etc.; aucun n’a la même disposition extérieure , sous le rapport de ses attributs d’épais-
ganisalion , *et dans lequel les globules élémentaires , au lieu d’ètre disposés en séries linéaires, sont groupés simplement autour d’un point central, et forment de petites masses plus ou moins exactement arrondies , comme dans les glandes , etc. C’est au delà de ces élcmens plus ou moins simples des êtres vivons, et dans un degré d’organisation qui leur est supérieur, que se trouvent placés les tissus qui forment le domaine de l’anatomie générale , telle que Bicbat l’avait conçue. Mais, comme on le voit, avant ces tissus il y a autre chose : l’analyse faite avec le scalpel seul', l’inspection microscopique, et l’étude de l’évolution fétale des parties diverses de l’organisme , établissent ce fait de la manière lapins positive; et par suite on ne saurait plus aujourd’hui , comme je l’ai déjà fait remarquer, considérer les tissus cellulaire, fibreux, séreux, etc. , comme les véritables et derniers élémens organisés de nos parties.
2’. Relativement à l’organisme, les tissus indiqués par Bichat ne sont autre chose que les moyens à l’aide desquels s’exécutent les diverses fonctions ; ce sonlles organes, c’est-à-dire, en quelque sorte de petits individus placés au milieu d’un individu plus grand , qu’ils forment par leur réunion , et tous confondus dans une communauté de sensation et d’action. Mais ces organes plus ou moins compliqués , Bichat ne les considère pas dans leurs détails , il les étudie d’un point de vue beaucoup plus élevé ; il les réunit en genres d’après leurs analogies ; et ce sont seulement ces genres qui forment le sujet de ses philosophiques méditations. Les descriptions de l’anatomie générale comprennent tout ce qu'il y a de général dansles genres d’organes , sous les rapports divers de 1 a forme, de la structure, de la composition, chimique, des pro-i prlétés physiques et vitales , des fonctions, et souvent même des altérations morbides, Aussi nous est-il impossible de partager iW
lxx CONSIDERATIONS GENERALES.
seur, de volume. Cependant les différences de formes peuvent n’être qu’accessoires , et le même tissu se montre quelquefois sous plusieurs états différens : le nerveux est sous celui de membrane à la rétine, et sous celui de cordons dans les nerfs , dis-
pinion de MM. Mayer de Bonn, et Cruveilhier , q«i définissent l'anatomie générale 1 anatomie de texture. Sans doute les analogies des espèces de chaque genre organique sont plus nombreuses, sous le rapport delà texture, que sous ceux de la forme, de la disposition, clc.; sans doute, pour cette raison la partie de l’histoire générale des tissus qui a trait à la texture, a dû obtenir un grand développement dans l’anatomie générale, mais cette circonstance ne saurait ôter à cette science son véritable caractère. Les descriptions des tissus musculaires , osseux , etc. , quoi qu’en aient dit quelques personnes, sont réellement à la description particulière des muscles, des os, ce que partout les généralités sont aux particularités, ce que la description d’une famille botanique est à celle des individus (pie celte famille renferme. De ces considérations découle nécessairement cette question : Est-il bien convenable de séparer, comme on l’a fait depuis Bit, bat, les généralités organiques, des spécialités sur le même sujet? et ne serait-il point préférable de placer par exemple, la description des tissus osseux, musculabe, nerveux, etc. , en tète, ou à la suite de la description spéciale des os , des muscles , des nerfs, etc. , et de fondre ainsi l’anatomie générale dans l’anatomie descriptive, comme on le fait en botanique, pour les descriptions des genres et pour celles des espèces? Je professe hardiment cette dernière opinion. Toutefois , et je inc hâte de le dire, pour juger convenablement le plan de l’anatomie générale, on ne doit jamais perdre de vue, que Bichat n’a pas seulement considéré les genres d’organes sous le rapport de l’état normal, mais que fréquemment aussi il a fait des excursions sur le domaine de leur pathologie proprement dite; et son immortel ouvrage, utile au médecin au moins autant qu’à l’anatomiste , comprend réellement deux choses , une anatomie et une pathologie générales : c’est la partie, et seulement
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. lxxj
posé en faisceaux dans les ligamens ; le fibreux est en membrane dans les aponévroses , etc. Cela ne fait rien à la nature. C’est donc de l’organisation et des propriétés que les principales différences doivent se tirer.
2°. L’organisation n’est jamais analogue dans les tissus simples. En effet, nous verrons cette organisation résulter de parties communes et de parties propres : or, les parties communes sont d’abord
la partie qui a trait à la description générale des organes à l’état sain qui rentrerait convenablement, selon moi, dans le cadre d’une anatomie philosophiquement constituée, tandis nue l’autre tombe d’elle-même dans le domaine de la pathologie.
3°. La classification adoptée par Bichat pour les tissus , a besoin d’être modifiée; et dès long-temps les professeurs Chaussier, Dupuylren , et plusieurs anatomistes étrangers ont senti cette nécessité. À l’occasion de chaque système considéré en particulier , je montrerai en détail les vices de cette classification : qu’il me suffise pour le moment de dire que les deux systèmes nerveux se rapprochent par de grandes analogies, qui permettent de les étudier réunis ; qu’il en est de même des différens ordres de vaisseaux ; que les systèmes absorbons et exhalans sont en partie imaginaires ; que le système médullaire n’est qu’une variété du tissu adipeux général, tissu que Bichat a confondu avec le cellulaire; que les deux systèmes musculaires pouvaient avantageusement être réunis en un seid d’abord , et que seulement ensuite iis devaient être examinés à part ; que les systèmes muqueux et cutané ne forment qu’un seul et même tout , qui constitue les tégumens communs ; que les tissus épidermoïde et pileux sont des produits de la sécrétion tégumentaire , que par conséquent ce ne sont point des organes proprement dits; et qu’enfin les membranes séreuses et synoviales sont tout-à-fait du même genre. ( F. Blandin. )
lxxij CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES,
tout différemment arrangées dans chaque tissu. Les uns réunissent en abondance le tissu cellulaire, les vaisseaux sanguins et les nerfs; dans les autres, une ou deux de ces trois parties communes sont peu marquées ou manquent entièrement : ici, il n’y a que les exhalans et les absorbans de la nutrition ; là, ces vaisseaux sont beaucoup plus nombreux, pour d’autres usages. Un réseau capillaire prodigieusement multiplié existe dans certains tissus; à peine ce réseau peut-il se démontrer dans d’autres. Quant à la partie propre, à celle qui distingue essentiellement le tissu , ses différences sont tranchantes : couleur , épaisseur , dureté , densité , résistance, etc., rien n’est semblable. La simple inspection suffit pour montrer une foule d’attributs caractéristiques de chacun, et exclusifs des autres: ici , c’est une disposition fibreuse, là une granulée , ailleurs une laminée, dans certains cas une aréolaire , etc. Malgré ces différences , les auteurs ne sont pas d’accord sur les limites des divers tissus : j’ai donc eu recours , pour ne laisser aucun doute sur ce point , à l’action de différons réactifs. J'ai examiné chaque tissu soumis à l’action du calorique, de l’air, de l’eau, des acides, des alcalis , des sels neutres, etc. La dessiccation, la putréfaction, la macération , la coction , etc. , produits de plusieurs de ces actions, ont altéré de diverses manières chaque sorte de tissus. Or, on verra que les résultats ont été presque tous différons ; que, dans ces altéra tions diverses , chacun se comporte à sa manière , chacun donne des produits particuliers, aucun ne se ppsi.emble. On a disputé beaucoup pour savoir si le?
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. lxxiij
parois artérielles étaient charnues, si les veines étaient d’une nature analogue, etc. : comparez le résultat de mes expériences sur les tissus divers, la question sera tout de suite résolue. Il semblera an premier coup d’œil que tous ces essais sur le tissu intime des systèmes mènent à peu de résultats; mais je crois qu’ils ont atteint un but très utile , celui de fixer avec précision les limites de chaque tissu organisé; car, la nature même deces tissus étant ignorée, il faut bien les différencier par les résultats divers qu’ils fournissent.
5°. En donnant à chaque système un arrangement organique différent, la nature l’a doué de propriétés différentes aussi. Voyez, dans la suite de cet ouvrage , celles que nous appelons propriétés de tissu , présenter des degrés infiniment variables, depuis les muscles, la peau, le tissu cellulaire, etc., qui en jouissent au plus haut degré, jusqu’aux cartilages, aux os , aux tendons, etc. , cpii en sont presque dépourvus. Parlerai-je des propriétés vitales? Voyez la sensibilité animale dominante dans les nerfs, la contractilité de même nature spécialement marquée dans les muscles volontaires, la contractilité organique sensible formant la propriété spéciale des muscles involontaires, la contractilité insensible et la sensibilité de même nature , qui ne s’en sépare pas, non plus que de la précédente, caractérisant surtout les glandes , la peau , ies surfaces séreuses, etc., etc. Voyez chacun des tissus simples réunissant , à des degrés diflérens, plus ou moins de ces propriétés, vivant par conséquent avec plus pu moins d’énergie,
lxxiv CONSIDÉRATIONS GENERALES.
Mais c’est peu de varier par le nombre de propriétés vitales qu’ils ont eues en partage : quand lies mêmes propriétés existent dans plusieurs, elles prennent dans chacun un caractère propre et distinctif. Ce caractère est chronique, si je puis m’exprimer ainsi , dans les os , les cartilages, les tentions , etc.; i! est aigu dans les muscles, dans la peau, les glandes, etc.
Indépendamment de cette différence générale, chaque tissu a son mode particulier de forces , de sensibilité, etc. Sur ce principe repose toute la théorie des sécrétions, des exhalations, des absorptions et de la nutrition. Le sang est un réservoir commun où chaque tissu choisit ce qui est en rapport avec sa sensibilité, pour se l’approprier , le garder, ou le rejeter ensuite.
On a beaucoup parlé, depuis Eordeu , de la vie propre de chaque organe, laquelle n’est autre chose que le caractère particulier qui distingue l’ensemble des propriétés vitales d’un organe de l’ensemble des propriétés vitales d’un autre. Avant que ces propriétés eussent été analysées avec rigueur et précision, il était évidemment impossible .de se former une idée rigoureuse de cette vie propre. Or, d’après l’idée que je viens d’en donner, i! est évident que la plupart des organes étant composés de tissus simples très-différens , l’idée de la vie propre ne peut s’appliquer qu’à ces tissus simples, et non aux organes eux’-mémes (i).
(i) Cette proposition , peu importante au reste, souffre contestation ; en effet chaque organe est formé par une certaine
ff
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. lxXV
Quelques exemples rendront plus sensible ce point de doctrine, qui est important. L’estomac est composé des tissus séreux, musculaire organique, muqueux, et de plus de tous les tissus communs, comme de l’artériel, du veineux , etc., dont on peut faire abstraction. Or , si vous allez envisager d’une manière générale la vie propre de l’estomac, il vous sera visiblement impossible de vous en former une idée précise et rigoureuse. En effet, la surface muqueuse est si différente de la séreuse , toutes deux le sont tellement de la musculaire , que les associer dans une considération commune , c’est tout confondre. De même, dans les intestins , dans la vessie, dans la matrice, etc., si vous ne distinguez pas ce qui appartient à chacun des tissus dont résultent ces organes composés, l’expression vie propre ne vous y offrira que vague et incertitude. Cela est si vrai , que souvent des tissus appartiennent
combinaison des tfssus élémentaires , combinaison qu’on ne rencontre qu’en lui-mème, et qui constitue son caractère spécial. Et s’il est rigoureusement exact de dire qu’à chacun de ces tissus se rattache une vie propre , c’est-à-dire une dose déterminée de la force formatrice, i! doit être également vrai que la somme des propriétés départies à chacune des portions du tout , constitue pour ce tout lui-même, pour cct organe, une vie propre, qui établit entre lui et les autres organes des diiïei rences aussi tranchées que celles qui se tirent de sa forme extérieure etde sa structure. Toutefois il ne faut pas non plus exa— V gérer, comme on le verra dans les détails, ces idées relatives à i la vie propre de nos parties : contentons-nous de remarquer que ce fait est vrai sous un rapport, et gardons-nous de l’exagérer ; i car nous en ferions découler les conséquences les plus erronées , i soit pour la physiologie , soit pour la pathologie. (F. Blandin. )
lxxvj CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES,
et sont étrangers alternativement à leurs organes : telle portion du péritoine, par exemple, entre ou n’entre pas dans la structure des viscères gastriques , suivant la plénitude ou la vacuité de ceux-ci.
Parlerai-je des organes pectoraux? Qu’a de commun la vie du tissu charnu du cœur avec celle de la membrane qui l’entoure? Est-ce que la plèvre n’est pas indépendante du tissu pulmonaire ? Ce tissu a-t-il rien de commun avec la membrane qui enveloppe les bronches? J’en dirai autant du cerveau par rapport a ses membranes, des parties diverses de l’œil , de l’oreille, etc.
Quand nous étudions une fonction , il faut bien considérer d’une manière générale l’organe composé qui l’exécute; mais quand vous voulez connaître les propriétés et la vie de cet organe, il faut absolument le décomposer. De même, quand vous voulez n’avoir que des notions générales d’anatomie, vous pouvez considérer chaque organe en masse ; mais il est absolument nécessaire d’en isoler les tissus , si vous avez envie d’analyser avec rigueur sa structure intime.
§ VIL Conséquences clés principes précédais relatif cernent aux maladies.
Ce que je viens de dire nous mène à des conséquences importantes relativement aux maladies aigues ou chroniques qui sont locales; car celles qui, comme la plupart des fièvres, frappent presque simultanément toutes nos parties ne peuvent pas être beaucoup éclairées par l’anatomie des sys?
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. Ixxvij
tèmes. Les premières vont donc spécialement nous occuper.
Puisque les maladies ne sont que des altérations des propriétés vitales, el que chaque tissu est différent des autres sous le rapport de ces propriétés, il est évident qu’il doit en différer aussi par ses maladies (i). Donc, dans tout organe composé de différens tissus, l’un peut être malade, les autres restant intacts : or, c’est ce qui arrive dans le plus grand nombre de cas. Prenons pour exemple les organes principaux :
i°. Rien de plus rare que les affections de la pulpe cérébrale; rien de plus commun que les inflammations de l’araclmoïde cpii la revêt, a0. Le plus souvent une seule membrane de l’œil est malade, les autres conservant leur mode ordinaire de vitalité. 3°. Dans les convulsions des muscles du larynx , ou dans leur paralysie , la surface muqueuse reste intacte; et réciproquement, les muscles font comme à l’ordinaire leurs fonctions dans les catarrhes de cette surface. Les affections de ces muscles et de cette membrane sont étrangères aux cartilages , et réciproquement. 4°- On observe une
(i) Sans partager l’opinion dans laquelle les maladies sont considérées comme indépendantes de nos tissus, et comme résultant d’un simple dérangement dans les lois qui les dominent (opinion justement contestée aujourd’hui , et que déjà nous avons agitée) , on peut tout aussi facilement concevoir que les divers élémens anatomiques de nos organes sont isolément altérés dans le principe; en effet , chacun d’eux étant eu possession d’une composition chimique et d’une organisation différentes , ils ne sauraient être impressionnés de la même manière sous les mêmes influences.
( F. Blandin. )
ÎXXVÜJ CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
foule d’altérations diverses dans le tissu du péricarde : on n’en rencontre presque jamais dans le tissu du coeur lui-même; il est intact quand l’autre est enflammé. L’ossification de la membrane commune du sang rouge n’envahit point les tissus voisins. 5°. Quand la membrane des bronches est le siège d’un catarrhe, la plèvre ne s’en ressent que peu; et réciproquement, dans la pleurésie, la membrane bronchiale ne s’affecte presque pas. Dans la péripneumonie, lorsqu’une énorme infiltration annonce sur le cadavre l’inflammation excessive qui a eu lieu pendant la vie dans le tissu pulmonaire, ses deux surfaces, séreuse et muqueuse, paraissent souvent ne pas avoir été affectées. Ceux qui ouvrent des cadavres savent que très-souvent elles sont intactes dans la phthisie commençante. 6°. On dit un mauvais estomac , un estomac délabré , etc. , cela ne doit s’entendre le plus communément que de la surface muqueuse. Tandis que celle-ci ne sépare que difficilement les sucs digestifs , cpie pour cela les digestions languissent, la surface séreuse exhale comme à l’ordinaire son fluide, la tunique musculaire se contracte comme de coutume, etc. Réciproquement , dans 1 hydropisie ascite , où la surface séreuse exhale plus de lymphe que dans l’état naturel, la surface muqueuse remplit souvent très-bien ses fonctions , etc. 70. Tous les auteurs ont beaucoup parlé des inflammations de l’estomac, des intestins, de la vessie, etc. Moi, je crois que presque jamais cette maladie n’affecte primitivement la totalité de ces organes, excepté dans les cas où une substance délétère agit sur eux. Il y a , pour la
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surface muqueuse stomacale et intestinale, des catarrhes aigus et chroniques ; pour le péritoine , des inflammations séreuses ; peut être même , pour la couche des muscles organiques qui séparent ces deux membranes , une espèce de phlegmasie particulière , quoique nous n’ayons presque encore aucune donnée sur ce dernier point ; mais l’estomac, les intestins et la vessie ne sont point tout à coup affectés de ces trois maladies. Un tissu malade peut influencer les tissus voisins; mais l’ affection primitive n’a jamais porté que sur un seul. J’ai ouvert une assez grande quantité de cadavres dont le péritoine était, enflammé soit sur les intestins, soit sur l’estomac , soit dans le bassin , soit en totalité: or, très-souvent alors si l’affection est chronique, presque toujours si elle est aiguë, les organes subjaeens sont intacts. Jamais je n’ai vu • cette membrane exclusivement malade sur un organe gastrique isolé, et saine aux environs; son affection se propage plus ou moins loin. Je ne sais pourquoi les auteurs n’ont presque pas pas-lé de son inflammation; ils ont mis sur le compte des viscères subjaeens ce qui vraiment n’appartient le plus souvent qu’à lui. Il y a presque autant de péritemites que de pleurésies , et cependant , tandis que celles-ci ont fixé particulièrement .l’attention x à peine l’a-t-on arrêtée sur les autres. Très-souvent la partie du péritoine correspondant à un organe est bien spécialement enflammée : on le voit sur l’estomac; on l’observe surtout lorsque, à la suite dessuppressions de lochies, de menstrues, etc., c’est sa portion tapissant le bassin qui s’affecte la
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première. Mais bientôt l’affection devient pins ou moins générale , au moins les ouvertures cadavériques le prouvent jusqu’à l’évidence. 8°. Certainement le catarrhe aigu ou chronique de la vessie, de la matrice même, n’a rien de commun avec l’inflammation de la portion du péritoine correspondant à ccs organes. 90. Tout le monde sait que lus maladies du périoste sont souvent étrangères à l’os, et réciproquement, que souvent la moelle est depuis long-temps affectée , tandis que tous deux sont encore intacts. Il est hors de doute que les tissus osseux, médullaire et fibreux ont leurs affections propres, qu’on ne confondra jamais clans l’klée qu’on se formera des maladies des os. I! faut e:n dire autant des intestins, de l’estomac, etc., par rapport à leurs tissus muqueux , séreux , musculaire, etc. io°. Quoique les tissus musculaire et tendineux soient réunis dans un même muscle , leurs maladies sont très-distinctes. 110. De même ne croyez pas que la synoviale soit sujette aux mêlées affections que les ligamens qui l’entourent, etc.,
Je crois que, plus on observera les maladies et plus on ouvrira de cadavres , plus on se convaincra de la nécessité de considérer les maladies locales , non point sous le rapport des organes composés quelles ne frappent presque jamais en totalité, mais sous celui de leurs tissus divers , qu’elles attaquent presque toujours isolément.
Quand les phénomènes des maladies sont sympathiques, ils suivent les mêmes lois que quand ils proviennent d’une affection directe. On a beaucoup parlé des sympathies de l’estomac, des intestins,
CONSIDERATIONS GÉNÉRALES. ixxxj
de îa vessie , du poumon , etc. Je vous défie de vous en former une idée , si vous les rapportez à l'organe en totalité, et abstraction faite de ses tissus divers. i°. Quand, dans l’estomac , les fibres charnues se contractent par l’influence d’un autre organe, et déterminent le vomissement, elles seules ont reçu l’influence ; elle n’a porté ni sur la surface séreuse, ni sur la muqueuse, qui , si cela était, seraient le siège , l’une d’une exhalation , l’autre d’une exhalation et d’une sécrétion sympathiques. a0. Certainement, quand le foie augmente sympathiquement son action, qu’il verse plus de bile , la portion de péritoine qui le recouvre ne verse pas plus de sérosité , 'parce quelle n’a pas été influencée. Il en est de même du rein , du pancréas , etc... 3°. Par la même raison , les organes gastriques sur lesquels se déploie le péritoine ne participent point aux influences sympathiques qu’il éprouve. J’en dirai autant du poumon par rapport à la plèvre , du cerveau par rapport à l’arachnoïde , du cœur par rapport au péricarde , etc. 4°- U est incontestable que dans toutes les convulsions sympathiques le tissu charnu seul est affecté, et que le tendineux ne l’est nullement. 5°. Qu’a de commun la membrane fibreuse du testicule avec les sympathies de son tissu propre? 6°. Certainement une foule de douleurs sympathiques qu’on rapporte aux os siègent exclusivement dans la moelle.
Je pourrais accumuler une foule d’autres exemples pour prouver que ce n’est jamais tel ou tel organe qui sympathise en totalité , mais seulement tel ou tel tissu dans les organes : d’ailleurs, c’est une con-
ÀKAT. GKS. T. i. f
IXXXl'j CONSIDERATIONS GÉNÉRALES.
séquence immédiate de la nature des sympathies. En effet, celles-ci ne sont que des aberrations des propriétés vitales: or ces propriétés varient suivant chaque tissu: donc les sympathies de ces tissus ne doivent pas être .les mêmes.
Voyez ce qui arrive dans la fièvre concomitante des diverses phlegmasies : celle des muqueuses est le1 plus souvent presque nulle; celle des séreuses est toujours assez intense; celle des cutanées ale caractère particulier de se manifester quelques jours avant l’éruption , comme l’a observé M. le professeur Pinel. Si nous examinions successivement celle qui accompagne les inflammations de tous les systèmes, nous trouverions autant de différences , autant de caractères particuliers qu’il y a de ces systèmes. D’où cela vient-il ? de la diversité des rapports qui unissent le cœur à chaque espèce de tissus: or cette diversité de rapports est un résultat de la diversité des forces vitales propres à chacun.
Considérez les vices dartreux, psorique, vénérien, cancéreux, etc., lorsqu’après avoir cessé d’être des maux locaux, ils se sont généralement répandus : ils affectent alternativement divers tissus , suivant le rapport qu’a avec eux la sensibilité organique de ces tissus. Or , c’est presque toujours isolément qu’ils les attaquent; jamais un organe en totalité n’est influencé par eux dans toutes ses parties. Que dis-je? si deux de ces vices régnent en même temps, l’un peut se fixer sur un tissu, l’autre sur un autre tissu du même organe. Ainsi l’estomac , les intestins , le poumon , etc., peuvent être
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. IxXXÜj
attaqués par deux diathèses différentes , et qui s’y trouveront cependant absolument indépendantes, parce que chacune sera fixée sur un tissu différent, l’une sur le muqueux, par exemple , l’autre sur le séreux , etc.
N’exagérons pas cependant cette indépendance où les tissus d’un organe sont les uns des autres sous le rapport des maladies : la pratique nous démentirait. Nous verrons le système cellulaire être souvent une voie de communication non-seulement d’un tissu à l’autre dans le même organe , mais encore d’un organe à son voisin. Ainsi , dans beau coup de maladies chroniques , toutes les parties du même organe s’altèrent peu à peu, et à l’ouverture du cadavre la totalité de cet organe paraît affectée , quoiqu’un seul de ses tissus l’ait été primitivement. Dans le cancer au sein, une petite glande roulait primitivement sous le doigt; à la fin, tous les tissus glanduleux, cellulaire , cutané même, sont confondus en une masse commune et cancéreuse. Le cancer del’estomac, des intestins, de la verge, etc., présente la même disposition. Voyez la phthisie développant dans le principe quelques petits tubercules dans le tissu pulmonaire, envahissant souvent à la fin la plèvre , la membrane bronchique, etc.... Pour peu que vous ouvriez de cadavres pour la même maladie chronique , et à différentes époques , il vous sera facile de vous convaincre de la vérité de cette assertion , savoir: qu’un seul tissu étant d’abord affecté dans un organe , il communique peu à peu son affection aux autres, et que ce serait mal juger du siège