‹ Anatomie générale :Chapitre 17 sur 40 · I) DU SYSTÈME CELLULAIRE CONSIDÉRÉ RELATIVEMENT AUX , ORGANES · texte numérisé non relu

I) DU SYSTÈME CELLULAIRE CONSIDÉRÉ RELATIVEMENT AUX , ORGANES

t Le système cellulaire , considéré d’une manière t isolée et relativement à chaque organe de l’économie . animale, peut être envisagé encore sous deux rap-

■ ports secondaires : i° il forme à chaque organe une t enveloppe , une limite qui lui est extérieure; 2° il

■ entre essentiellement dans la structure de chacun ,

; et forme une des bases essentielles de cette structure.

§ Ier. Du Système cellulaire extérieur à chaque organe.

La conformation différente des divers organes établit deux modifications très-distinctes dans les rapports du tissu cellulaire qui leur est extérieur. Tantôt, en effet, il ne leur est contigu que par une de leurs surfaces; tantôt il les enveloppe en entier. La première disposition a lieu lorsque ces organes ont un côté libre et un côté adhérent, comme est, par exemple, la peau. La seconde, qui est plus générale, s’observe quand un organe tient partout à

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ceux qui l’avoisinent. Envisageons isolément chacune de ces deux dispositions.

Du Système cellulaire qui ne correspond aux organes que d'un côté.

Il y a trois organes membraneux qui , libres d’un côté , sont revêtus de l’autre pjr le tissu cellulaire : ces organes sont la peau, les membranes séreuses et les muqueuses. On peut aussi considérei ici celui qui revêt l’extérieur des artères , des veines, des absorbans et des excréteurs, lesquels en sont dépourvus à l’intérieur : comme ce tissu entre aussi dans la structure de ces vaisseaux, la plupart des auteurs l’ont examiné en en traitant; mais il me paraît plus convenable de présenter sous un même coup d’oeil toutes les parties du système cellulaire.

Tissu cellulaire sous-cutané.

Outre le corion, où entre, comme nous le ver-„ rons, une grande quantité de tissu cellulaire, et que les anatomistes regardent comme formé par une condensation particulière de ce tissu, la peau offre partout où on l’examine une couche celluleuse subjacente, dont la quantité et la densité varient dans les divers endroits du corps.

Sur la plus grande partie de la ligne médiane , ce tissu paraît plus serré et plus adhérent à la peau qu’enbeaucoup d’autres endroits: on peut s’en convaincre en le disséquant sur le milieu du nez, des

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lèvres, du sternum, sur la ligne blanche de l’abdomen , le long de la rangée des apophyses épineuses vertébrales et sacrées, du ligament cervical postérieur, etc. De cette adhérence résulte une sorte d’isolement des deux grandes moitiés du tissu cellulaire sous-cutané , isolement que j’ai rendu quelquefois très-sensible dans mes expériences sur l’emphysème : l’air étant poussé avec une force modérée sous les tégumens d’un des côtés du corps, ce fluide s’infiltrait de proche en proche, et s’arrêtait, dans plusieurs sujets, à la ligne médiane; de manière que d’un côté il y avait boursouflement général, de l’autre l’affaissement ordinaire des cellules : souvent il fallait augmenter beaui coup l’effort pour vaincre la résistance et rendre i l’emphysème général. Au reste, on ne réussit pas ; toujours à produire ce phénomène , et quelquefois l’infiltration se répand tout de suite partout; ce qui arrive surtout si on pousse l’air dans la région du cou, où le tissu sous-cutané est lâche en devant, sur la lifine médiane comme sur les côtés.

Ce n’est que par rapport à cette densité un peu t plus grande sur la ligne médiane de la portion souscutanée du tissu cellulaire, qu’on peut dire, avec , Bordeu, que ce tissu partage le corps en deux , moitiés perpendiculaires égales. Partout ailleurs , que sous la peau , on ne voit aucune trace de cette : séparation (i). D’ailleurs, j’ai démontré, dans un

(i) Bien qu’il n’y ait guère que le tissu cellulaire sous-cutané qui, par sa densité sur la ligne médiane, puisse autoriser la sépara- ; I tion de ce tissu en deux moitiés latérales , suivant la remarque de Anat. GÉN. t. i.

de mes ouvrages, que la division du cc&ps en deux moitiés symétriques est un attribut général des organes de la vie animale , attribut qui les distingue de ceux de la vie intérieure, dont l’irrégularité semble être le caractère (i). C’est sous ce rapport, et non

Bordeu , cependant il est impossible de ne pas convenir que Bichat va un peu trop loin en disant que « partout ailleurs le tissu cellulaire n’offre aucune trace analogue de séparation. » Nous citerons en effet , par exemple, le tissu cellulaire sous-péritonéal de la paroi abdominale anterieure , tissu dont la densité sur la ligne médiane est extrême, et qui , par suite de cette disposition, ne permettant que très-difficilement à la membrane séreuse abdominale de glisser pour former le sac des hernies delà ligne blanche , l’oblige à se laisser distendre lorsque la tumeur s’accroît. Aussi, dans leshernies de la ligne médiane, observe-t-on d’abord un amincissement plus ou moins considérable , suivi plus tard d’éraillement et même de l’absorption du sac par pression , circonstances qui ont fait croire long-temps à l’absence d’enveloppe péritonéale dans ces sortes de hernies. (F. Blandin.)

(i) La symétrie des organes delà vie de relation et l’irrégularité de ceux de la vie intérieure sont bien loin d’être aussi exactes que Bichat l’indique ici ; et même, lorsqu’on y réfléchit , on a lieu d’ctre étonné de l’importance qu’il semble y attacher.

Les preuves abondent pour établir que les organes de la vie de relation n’ont pas une symétrie parfaite , tandis que souvent ce caractère se rencontre dans les organes de la vie intérieure ; et en effet , en ce qui concerne les premiers , tout le monde sait que le cerveau n’est point symétrique, que ses circonvolutions ne sont point semblables de chaque côté de la ligne médiane ; que, chez l’adulte, la colonne vertébrale s’infléchit au dos de manière à ne plus rester dans le plan médian antéro-postérieur ; enfin on connaît l’inégalité de volume des membres droits et gauches, connue celle de tous leurs élémens , inégalité observée

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sous celui cleBordeù , qui est contraire aux faits anatomiques, que la ligne médiane doit être envisagée.

Dans les autres régions du corps , le tissu cellulaire sous-cutané varie beaucoup dans sa texture. i°. La densité de cette texture est remarquable dans le derme chevelu du crâne, qu’on ne sépare qu’avec peine , à cause de cela , des aponévroses et des muscles subjacens. Ceux qui ont ouvert souvent des apoplectiques savent que quelquefois leur tête et leur cou sont emphysémateux : j’en ai déjà vu quatre avec ce phénomène. Or, tandis que beaucoup d’air occupe la face, peu, et presque point même, se rencontre sous le cuir chevelu. 20. A la face, le tissu sous-cutané offre une laxité très-marquée (1); il y

même par les plus anciens anatomistes. D’une autre part, parmi les organes de la vie intérieure , qui ne connaît la symétrie parfaite du plus grand nombre des vaisseaux , celle des reins , des uretères , de la vessie , de l’utérus , etc. ?

D’ailleurs , si l’on voulait admettre la loi établie par Bichat , on serait toujours forcé de convenir qu’elle n’est pas du tout applicable au fœtus , ni, à plus forte raison , à l’embryon. Dans ces premiers temps la symétrie est presque parfaite dans tous les organes : le cœur est médian ; le foie , placé également sur la ligne médiane , est formé de deux lobes égaux ; les deux poumons ont le même volume et une forme semblable, etc. De même aussi , il faudrait restreindre l’application de cette loi aux animaux supérieurs et à l’homme , car là symétrie est parfaite dans les derniers degrés de l’échelle zoologique. (F. Blandin.)

( 1 ) Sur le nez, surtout en bas et sur les ailes , le tissu cellulaire sous-cutané n’a pas la laxité que Bicbat attribue à celui de toute la face. Au contraire , sa densité produit des phénomènes remarquables dans l’érysipèle de celte région : alors , en effet , de vives douleurs se manifestent , et sont produites par la difficulté que

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est extrêmement abondant. 3°. Au tronc, cette laxité est aussi presque partout très-manifeste; elle s’y accommode à l’étendue des mouvemens qu’exécutent les grands et larges muscles qui s’y voient (i). 4°. Aux membres, placé entre les aponévroses et la peau, le tissu cellulaire sous-cutané offre presque partout une proportion et une laxité égales (%). Ce n’est qu’à

la peau du nez éprouve à se tuméfier, en raison de ses adhérences très-intimes aux parties sous-jacentes.

Autour des lèvres , surtout à la supérieure , le tissu cellulaire sous-cutané est encore fort dense ; toutefois , ce caractère n’est pas aussi prononcé cpi’il semble au premier ah.ord , lorsque l’on cherche à disséquer la peau : l’adhérence de celle-ci , en effet , dépend beaucoup de ce que de nombreuses fibres des petits muscles faciaux s’insèrent sur son derme , ainsi que nous l’avons montré ailleurs. ( Anat . topogr., Paris , 1826.) (F. Blandin.)

(1) Au tronc le tissu cellulaire sous-cutané est plus dense en

arrière qu’en avant , disposition que l’on ne remarque nulle part aussi bien qu’au cou. Comparez en effet 6ous ce rapport le tissu sous-cutané extrêmement dense et presque aponévrotique de la nuque , avec le tissu cellulaire qui double la peau au niveau du larynx. Ces grandes différences en' établissent d’autres trèsgrandes aussi relativement à la marche des maladies , et relativement aux opérations chirurgicales qui doivent être seulement étendues jusqu’au tissu sous-cutané. Ces opérations offrent plus de difficultés en arrière qu’en avant , toutes choses égales d’ailleurs ; surtout parce que , comme on le sait , les vaisseaux sont toujours difficiles à saisir et à lier au milieu d’un tissu cellulaire très-dense, tandis que l’inverse a lieu lorsque l’on agit sur une partie dont le tissu cellulaire présente des caractères également inverses. (F. Blandin.)

(2) Dans les membres comme au tronc , le tissu cellulaire souscutané est plus dense dans le sens de l’extension que dans celui de la flexion. Aux membres supérieurs spécialement, qe tissu se

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la paurae.de la main et à la plante des pieds que , sa texture devenant plus serrée, l’adhérence des aponévroses à la peau se prononce davantage , disposition favorable à l’usage de ces deux parties, qui sont destinées à se mouler sur la forme des corps extérieurs , à les saisir et à les embrasser (i). C’est à cette texture serrée qu’il faut rapporter la difficulté des infiltrations séreuses à s’y produire, dans les hydropisies : déjà depuis long-temps tout est infiltré dans le reste du tissu sous-cutané, que celui-ci conserve encore sa disposition ordinaire. J’ai observé deux sujets affectés d elephantiasis, où tout était énormément tuméfié dans la peau et dans le tissu snbjacent des membres inférieurs, excepté à la plante du pied. Le contraste de cette partie restée dans son état naturel, avec le dos qui s’élevait en bosse volumineuse , donnait au pied cet aspect particulier qui a frappé tous les auteurs. A l’endroit

fait remarquer par une densité légèrement augmentée au niveau de l’insertion inférieure du deltoïde et vers le sommet des tubérosités humérales inférieures. (F. Blandin.)

(i) A la paume des mains et à la plante des pieds , le tissu cellulaire sous-cutané offre une disposition et une densité tout-à-fait spéciales et fort importantes : il forme des canaux presque fibreux , verticalement placés entre la peau et l’aponévrose , sur lesquelles ils se fixent par leurs deux extrémités; canaux dans lesquels sont superposées des vésicules adipeuses qui ferment de véritables coussins élastiques , qui s’affaissent et se tuméfient alternativement , suivant qu’ils sont pressés ou non contre le sol ou contre d’autres corps extérieurs. Cet arrangement, qui existe encore , à un degré moins prononcé pourtant, sur les faces antérieure des doigts et inférieure des orteils , est frappant chez les animaux d’un gros volume , chez le cheval et surtout chez l’éléphant. (F. Blandin.)

des ligamens annulaires , la texture du tissu cellulaire sous-cutané est aussi assez dense, et par là même l’adhérence de la peau assez marquée : de là ces espèces de rétrécissemens qu’offrent les membres des enfans à l’endroit de ces ligamens, la graisse n’y pénétrant que très-peu dans les cellules trèsrapprochées les unes des autres (i).

Le tissu cellulaire sous-cutané remplit divers usages. La peau emprunte de lui la grande mobilité dont elle jouit presque partout sur les organes qu’elle recouvre , mobilité qui s’observe surtout dans les grands mouvemens des membres et du tronc , dans les froissemens qu’éprouve cet orgahe de la part des corps extérieurs, dans les diverses tumeurs qui sont parvenues à un degré considérable, comme dans le sarcocèle, qui se recouvre souvent aux dépens d’une partie des tégumens de la verge , du bas-ventre , et de la cuisse , lesquels sont tiraillés et éprouvent une véritable locomotion.

C’est encore à ce tissu que les organes subjacens à la peau doivent en partie la facilité avec laquelle ils se meuvent , dans les grandes contractions dont ils sont susceptibles.

La graisse contenue en grande quantité dans ses cellules contribue à garantir les parties subjacentes

(i) La densité du tissu cellulaire placé au niveau des ligamens annulaires du carpe et du tarse n’est pas la véritable cause de l’absence de la graisse dans ces points , comme nous le ferons remarquer plus bas : cette absence tient à ce qu’il y a moins de vésicules adipeuses. (F. Blandin.)

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de l’impression de l’air extérieur. On sait qu’en général ce fluide y est plus abondant en hiver qu’en été , qu’il se trouve dans une proportion très-considérable sous la peau des animaux qui habitent les pays froids, qu’à la suite des arnaigrissemens qui succèdent aux. grandes maladies , l’impression de l’air extérieur est souvent très-sensible, etc. (i).

La sérosité paraît être , dans le tissu sous-cutané , en proportion plus considérable que dans les autres parties (2) ; elle a surtout plus de tendance à s’y

(1). On ne saurait admettre aujourd’hui cette opinion , relativement à la propriété attribuée à la graisse de préserver du froid. En effet , c’est la peau et non les muscles subjacens qui reçoivent les impressions résultant des modifications variées de la température; et comme la peau est partout extérieure , il importe peu pour ces impressions qu’il y ait plus ou moins de graisse au-dessous. D’ailleurs , ce n’est guère chez l’homme que l’on trouve la graisse plus abondante pendant l’hiver, mais dans les animaux, qui, trouvant plus difficilement leur nourriture pendant cette saison , ou qui , placés dans une position telle qu’ils ne peuvent la chercher, avaient besoin d’un aliment en réserve pour y suppléer : les animaux hibernans en sont la preuve la plus frappante. Les pertes que nous faisons par les sueurs excessives de l’été expliqueraient d’ailleurs suffisamment pour nous la moindre quantité de graisse à cette époque de l’année. Quant à la difficulté avec laquelle est supporté le froid par les convalescens , cela tient seulement à une grande excitabilité cutanée , reste de la maladie qu’ils ont soufferte. (F. Blandin.)

(â) La sérosité est peut-être plus abondante entre les muscles , dont elle facilite les mouvemens en diminuant leurs frottemens ; mais il ne faudrait pas inférer de ce que, dans les infiltrations, la sérosité sous-cutanée est prépondérante , qu’il en est de même dans l’état sain. En effet, à l’état morbide, la séro-

accumuler, sans doute à cause de sa laxité. Si on compare la quantité de fluide qui infiltre ce tissu dans un membre hydropique, à celle qui occupe les intervalles musculaires, et les interstices des fibres des divers organes subjacens, on voit qu’elle l’excède de beaucoup , et que le volume du membre est, à proportion, beaucoup plus augmenté par la dilatation de la portion sous-cutanée du tissu cellulaire , que par celle des portions plus profondément situées. Pour vous en convaincre, placez à côté d’un membre inférieur sain , dépouillé de ses tégumens et du tissu subjacent , un membre hydropique préparé de la même manière, et n’ayant par conséquent, comme l’autre, que son enveloppe aponévrotique : vous verrez que la différence n’est pas très-grande.

Tissu cellulaire sous-muqueux.

Les membranes muqueuses ont avec le tissu cellulaire les mêmes rapports que la peau, dont elles

site devenue plus fluide et moins visqueuse , coule vers les lieux où elle éprouve le moins de résistance ; elle gagne pré— lérablement le tissu sous— cutané, où elle est pressée seulement par la peau , tandis qu’elle abandonne en partie les interstices musculaires, où elle serait doublement pressée par cette même membrane et par les aponévroses , dont la tension est très-grande et l’élasticité nulle. Dans l’état sain , la sérosité, peu abondante et à l’état de vapeur, circonstance qui la rend plus élastique et par conséquent plus susceptible de se prêter à la compression , séjourne dans les lieux où clic a été sécrétée ; elle reste d’ailleurs comme collée aux lamelles cellulaires , en raison de sa grande viscosité. (F. Blandin.)

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sont la continuation, et avec laquelle elles ont, comme nous le verrons, une grande analogie de structure. Il y a donc un tissu sous - muqueux , comme un tissu sous-cutané. Mais on observe entre eux cette différence essentielle , que la texture du premier est infiniment plus dense, plus serrée que celle du second, et que par conséquent l’adhérence du système muqueux aux parties voisines est bien plus considérable que celle du système cutané. C’est à cette différence qu’il faut rapporter, i° la difficulté de disséquer les membranes muqueuses, et de bien les isoler des parties subjacentes; l’impossibilité toujours absolue où j’ai été, dans plusieurs expériences successives, de produire dans le tissu sous-muqueux un emphysème artificiel, tandis que je le déterminais presque partout ailleurs avec facilité, par l’insufflation de l’air; 3° l’absence constante de ce fluide dans ce tissu, même lors des emphysèmes naturels les plus généralement répandus; 4° le défaut également constant de la sérosité dans les cellules sous-muqueuses (i), lors des leucophlegmaties les plus universelles, phénomène es-

(i) Malgré la densité bien réelle du tissu sous-muqueux , on y voit quelquefois des infiltrations séreuses. Le tissu sous-muqueux de la vésicule biliaire m’a plusieurs fois offert ce caractère ; et l’on a observé fréquemment la même infiltration du tissu sous-muqueux du gros intestin , du rectum spécialement , dans les diarrhées ou colites chroniques. Pourtant , on peut dire ici , à l’appui de l’opinion exclusive de Bichat , que ce tissu est altéré dans beaucoup de ces cas, et que par conséquent il n’offre plus sa densité normale. (F. Blandin.)

sentiel aux fonctions des organes creux, dont l’oblitération aurait bientôt lieu si, dans l’hydropisie, le tissu sous-muqueux se gonflait autant que le souscutané.

Est-ce à la différence de texture de ces deux portions du système cellulaire général qu’il faut rapporter la fréquence bien plus grande des phlegmons dans la seconde que dans la première , ou bien cela dépend-il de ce que celui-ci est en butte à des causes moins multipliées d’excitation de la part des corps extérieurs? L’une et l’autre cause peuvent également y contribuer : je croirais d’autant plus facilement à la première, que la gorge, où est, surtout aux environs des amygdales, la plus lâche de toutes les parties du tissu sous-muqueux, présente aussi celle de toutes que l’inflammation phlegmoneuse attaque le plus souvent. ' ,

Au reste , c’est la texture ferme et dense du tissu sous-muqueux qui le rend propre à servir de point d’insertion et de terminaison à cette foule de fibres charnues qui composent les membranes musculeuses de l’estomac, des intestins , de la vessie, etc., et à remplir ainsi à leur é<^ard les usages qu’ont les tendons par rapport aux muscles de la vie animale (1).

(1) Le tissu cellulaire sous-muqueux n’est autre chose que le derme des membranes muqueuses. C’est lui qui leur donne toute leur résistance; et, semblable au derme cutané dont il est évidemment l’analogue dans la portion interne ou rentrée du système té— gumentaire , il sert à l’insertion des fibres charnues des organes profonds. (F. Blandin.)

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Tissu cellulaire sous-séreux.

Il y a sous presque toutes les parties du système séreux , comme sous les deux systèmes précédens , une couche cellulaire qui est, en général, très-abondante , très-lâche , comme on peut s’en assurer en la considérant autour du péritoine, de la plèvre, de la tunique vaginale, du péricarde, etc. Cette quantité de tissu cellulaire est spécialement destinée à se prêter aux changemens divers qu’éprouvent ces membranes, à la dilatation, au resserrement, et à l’espèce de locomotion quelles sont susceptibles d’éprouver en plusieurs circonstances. Nous verrons le péritoine appartenir, par exemple, tantôt à l’épiploon, tantôt à l’estomac, suivant que ce dernier est dans l’état de plénitude ou de vacuité : or, à ces déplacemens était nécessaire une très-grande laxité dans le tissu environnant. C’est à elle qu’il faut attribuer la facilité avec laquelle le tissu sous-séreux se pénètre d’eau dans les liydropisies, et d’air dans les emphysèmes : après le tissu sous-cutané, aucune partie n’est plus disposée à ces infiltrations (1).

(1) Le tissu sous-séreux a une importance très-grande dans l’état pathologiqrre; il est le siège presque exclusif de la rougeur dans les pldegmasies séreuses : les membranes de ce nom , suivant Laennec, ne présentent même jamais l’injection vasculaire; ce qui est surtout évident pour l’araclmoïde. Le tissu sous-séreux est souvent, et quelquefois seul, inliltré des produits inflammatoires dans les phlegmasies de la séreuse qui le recouvre ; de là ces pseudo-membranes verdâtres , ces plaques osseuses , cartilagineuses , que l’on y trouve si fréquemment. ( F. Blandin. )

Il est cependant des endroits où les membranes séreuses adhèrent d’une manière très-intime aux parties voisines. Le péricarde dans ses deux feuillets, les synoviales avec les cartilages et les capsules fibreuses, l’arachnoïde avec la dure-mère, nous offrent des exemples de cette disposition, qui constitue , lorsque c’est avec une membrane fibreuse que se fait l’adhérence, les membranes séro-fibreuses (1).

Tissu cellulaire extérieur aux Artères.

Il y a autour de chaque artère une couche extrêmement dense, serrée et résistante, qui, au premier coup d’œil, paraît être une membrane propre, mais qui appartient évidemment au système cellulaire. Elle a la plus grande analogie avec celle qui est sous les membranes muqueuses; jamais elle ne devient le siège d’infiltrations séreuses; jamais la graisse ne s’y accumule; l’inflammation paraît ne l’attaquer que difficilement. Elle naît pour ainsi dire d’une manière insensible du tissu cellulaire voisin , qui se condense peu à peu, et s’entrelace enfin tellement qu’on peut le détacher en totalité, et de manière à

(1) La densité extrême du tissu sous-séreux dans quelques points , entre l’arachnoïde et la dure-mère , par exemple , n’empêche pas qu’il 11e s’y fasse quelquefois des épanchemens ; ail— eurs ( Anat . topogr.) , nous avons rapporté l’histoire curieuse et rare d’un individu qui avait offert un épanchement dans ce lieu. M. Rostan avait, avant nous , observé un cas du même genre, (F. Blandiu.)

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ce qu’il représente une espèce de canal correspon- : dant à celui de l’artère qu’il embrasse et qu’il sou- 5 tient. Les fibres artérielles s’implantent-elles dans ce " tissu serré, comme les fibres musculaires de l’estomac et des intestins dans le tissu sous -muqueux?

' Je ne le présume paS; car, si cela était , on n’enlè- *' verait pas aussi facilement le cylindre cellulaire qui e entoure les artères. Les fibres artérielles paraissent ' parcourir des cercles entiers, 11e point avoir, par conséquent , comme les musculaires , deux extrémités implantées. Cependant, quelques-unes de ces fibres restent toujours adhérentes à la couche celluleuse la plus profonde , lorsqu’on enlève celle-ci ; on les distingue par leur direction et par leur couleur jaunâtre (1).

l'issu cellulaire extérieur aux Veines.

Les veines ont une enveloppe extérieure ana- , logue à celle des artères, mais qui est, en général , beaucoup moins dense, beaucoup moins épaisse. On ne peut point l’enlever en un cylindre entier,

(1), La couche cellulaire que Bichat décrit ici forme, à proprement parler, une des tuniques artérielles , la plus extérieure ; mais en outre , Béclard a montré autour de ces vaisseaux une couche cellulaire canal iculée , placée plus extérieurement , liée par quelques filamens à l’artère , qui joue sur elle dans ses mouvemens. Cette couche confondue au dehors avec le tissu cellulaire général , et appelée par Béclard gaine artérielle , doit être distinguée du tissu cellulaire que Bichat appelle extérieur aux artères : elle a une haute importance en pathologie, pour expliquer les phénomènes divers des plaies artérielles.

(F. Blandin;.)

aussi facilement qu’aux artères. Du reste , elle ne contient point de graisse, renferme peu de sérosité, ne s’infiltre jamais dans lès hydropisies, et conserve constamment dans toutes les affections son état primitif. Lorsqu’on enlève par couches ce tissu extérieur aux parois veineuses, on s’aperçoit facilement qu’il est plus sec que dans toutes les autres parties ; j’ai été même souvent tenté de croire qu’ainsi que celui des artères, des excréteurs et des surfaces muqueuses, il n’exhale point de ce fluide albumineux qui lubrifie les autres parties du système cellulaire. Nous verrons que son organisation , toute différente, fait une exception manifeste dans ce système.

En examinant le cylindre celluleux des veines et des artères, celui de celles-ci surtout, il est essentiel de ne pas confondre avec ses filamens les nombreux filets nerveux venant des ganglions, et qui forment autour d’elles un entrelacement très-multiplié. Le tissu cellulaire est plus blanc, les nerfs sont plus grisâtres : cela devient apparent surtout au bout de quelques jours de macération.

Je ne parle point du tissu extérieur aux absorbans : sans doute qu’il^y en a un comme aux veines; mais telle est la ténuité de ses vaisseaux , qu’on ne peut dire sur lui rien de fondé sur l’expérience et la dissection.

Tissu cellulaire extérieur aux Conduits excréteurs.

Tous les excréteurs, les salivaires, les urinaires et les déférens, l’hépatique, le pancréatique, etc.,

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f sont manifestement entourés d’une couche analo- : gue aux précédentes, entièrement distincte du tissu t environnant, et qui y paraît plongée sans particij per à sa nature. Elle fait un corps à part par sa densité , par sa forme et par sa texture. Les filamens qui la composent, n’étant écartés dans leurs intervalles par aucun fluide, restent appliqués les uns f sur les autres, en sorte que leur ensemble fait vé- , ritablement une membrane en forme de canal, que [5 l’on peut facilement enlever, comme celui qui en- , vironne les artères : il est en effet plus épais qu’aux veines.

Du Système cellulaire considéré relativement aux organes quil entoure de tous côtés.

Excepté les organes dont nous venons de parler, toutes les parties du corps sont environnées de tous côtés d’une couche celluleuse plus ou moins abondante, qui leur forme, selon l’expression heureuse de Bordeu, une espèce d’atmosphère particulière, atmosphère au milieu de laquelle elles se trouvent plongées , et qui sert à les isoler des autres organes, à interrompre jusqu’à un certain point les communications qui lieraient d’une manière intime, qui identifieraient, pour ainsi dire, l’existence des uns avec celle des autres, si leur juxta-position était immédiate.

La vapeur séreuse dont l’atmosphère cellulaire de chaque organe est habituellement pénétrée, la graisse qui y nage en plus ou moins grande abondance, servent aussi puissamment à cet isolement

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de vitalité: toutes deux forment aux divers organes un intermédiaire qui, comme fluide , jouit à un degré bien moindre qu’eux des forces de la vie, qui, sous ce rapport, n’est point à leur niveau, si je puis m’exprimer ainsi, et qui par conséquent, est très-propre à rompre jusqu’à un certain point ! les communications vitales qu’ils pourraient avoir. La différence essentielle qu’il y a entre la vie propre du tissu cellulaire et celle des autres organes le rend aussi très -susceptible de remplir lui seul, comme solide, un usage analogue, indépendamment des fluides qu’il contient.

C’est à cet isolement de la vitalité des organes, par leur tissu cellulaire environnant, qu’il. faut en partie rapporter celui des maladies, qui ne sont qu’une altération de cette vitalité. Chaque jour | nous voyons une^ partie affectée être contiguë à une saine , sans lui communiquer sa maladie. La plèvre intacte recouvrant un poumon tuberculeux ou ulcéré , dans les phtlnsies ; le péritoine enflammé correspondant à des intestins, à un estomac, à un foie, à une rate restés dans leur état naturel; les membranes muqueuses affectées de catarrhes avoisinant sans danger les parties nombreuses qu’elles tapissent ; les organes sous-cutanés demeurés étrangers aux innombrables éruptions dont la peau est le siège ; l’arachnoïde en suppuration enveloppant un cerveau sain, et mille autres faits semblables, voilà des phénomènes que l’ouverture des cadavres olfre sans cesse. Parlerai-je des tumeurs diverses développées au milieu des organes sans qu’ils s’en ressentent, des excroissances nombreuses qui vé-

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gètent à côté d’eux sans qu’ils y participent? Disséquez un muscle au-dessous d’une plaie cutanée en suppuration , de l’ulcère même le plus rebelle : le plus souvent vous ne le trouverez point différent des autres; la peau seule a été affectée. Sans doute que la différence de vitalité entre deux organes voisins est une cause essentielle de l’isolement de leurs maladies; mais l’atmosphère cellulaire qui les garantit en est une aussi très-réelle. Aussi lorsqu’un organe envoie des prolongemens dans un autre, il lui communique bien plus facilement ses maladies que si une épaisse couche celluleuse les sépare : par exemple , les affections du périoste et de l’os s’identifient bientôt, comme on le sait.

N’exagérons pas cependant cette idée (i), en envisageant l’atmosphère cellulaire comme une bar-

(i) Cette restriction de Bichat était d’autant plus nécessaire , que , dans son admiration pour les idées purement spéculatives de Bordeu , il avait lui-même exagéré beaucoup les propriétés isolantes de l’atmosphère cellulaire des organes , propriétés , disonsle , qui n’ont jamais existé que dans l’imagination active des physiologistes , et que le médecin exercé , celui surtout qui se livre à l’étude si importante de l’anatomie pathologique , n’a pas souvent reconnues. La véritable cause de l’isolement des organes sous le rapport pathologique , isolement malheureusement trop rare , c’est leur vitalité différente , comme le fait remarquer Béclard, et à cette cause nous ajouterons l’isolement de leur système vasculaire. En effet , rien n’est plus propre à expliquer la simultanéité d’affection de certains organes différens , que la communauté des vaisseaux , en d’autres termes , que l’existence dans ces organes de vaisseaux provenant de troncs semblables : les rougeurs de l’oeil , les bourdonnemens d’oreille , dans les affections cérébrales, en sont la preuve. (F. Blandin.)

AnâT- GÉN. T, I, 3

rière insurmontable aux maladies : la pratique viendrait souvent nous démehtir, en nous montrant les maladies passant d’un organe dans le tissu qui l’entoure, et de ce tissu dans les organes voisins; en sorte que, pour ainsi dire, nous le voyons être tantôt un obstacle , tantôt un moyen propre à leur propagation. L’atmosphère qu’il forme est, dans divers cas, susceptible de se charger de toutes les émanations qui s’élèvent de l’organe; ou, pour parler un langage plus médical et plus physiologique, les forces vitales d’un organe étant altérées , souvent celles du tissu environnant s’altèrent aussi par communication , et de proche en proche celles des divers organes voisins. Ce mode d’influence que les organes exercent les uns sur les autres doit être . soigneusement distingué des sympathies , où , une partie étant malade , une autre s’affecte sans que les intermédiaires soient dérangées dans leurs fonctions. Ici il y a constamment , dans la communication des maladies, le même ordre que dans la juxtaposition des organes.

Un grand nombre d’affections locales nous offrent des exemples de cette dépendance où sont d’un organe malade , et le tissu qui l’entoure , et par suite les organes qui l’avoisinent. Dans le phlegmon , un engorgement plus ou moins considérable se répand autour de l’endroit rouge et enflammé : le rhum a* tisme qui affecte les parties blanches placées au poignet, aux doigts, etc., détermine autour de ces parties un gonflement douloureux : une tuméfaction considérable autour du genouest presque toujours le résultat des maladies articulaires qui n’af-

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fectent que les iigamens, etc. Beaucoup de tumeurs nous offrent ainsi autour d’elles une atmosphère malade, atmosphère qui s’étend plus ou moins loin, qui existe toujours dans le tissu cellulaire , et même qui participe constamment de la nature de la tumeur. Si elle est aiguë, comme dans le phlegmon, c’est un simple boursouflement , qui , à la mort, disparaît presque en entier , comme je l’ai vu souvent sur des cadavres dont une partie enflammée,

' très-grosse pendant la vie avait presque repris , par ]a chute des forces vitales , son volume ordinaire. La tumeur est-elle chronique, c’est une induration 1 plus ou moins marquée, qui envahit souvent au J loin les environs de la partie affectéq, comme on le voit dan^la plupart des cancers.

Non-seulement cette atmosphère d’affection se développe autour de l’organe malade , mais elle embrasse aussi les organes voisins. Les inflammations de la plèvre se propagent aux poumons, celles de la surface convexe du foie au diaphragme : la péricardite, en influençant les fibfes charnues du cœur, détermine da#s cet organe les mouvemeris irréguliers du pouls intermittent : la péritonite , exclusivement réservée au péritoine dans le principe, finit, n lorsqu’elle devient chronique, par affecter les intestins subjacens ; ce qui forme l’entérite chronique.

Il est à remarquer cependant que la simple contiguïté suffit souvent , sans tissu cellulaire , pour ■ communiquer les maladies : par exemple, une dent cariée altère sa voisine; la portion, enflammée d’une membrane séreuse, en contact avec les portions saines, les enflammç bientôt, et pour peu que l’in-

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flammation dure , quoique la douleur n’ait primitivement annoncé qu’un point affecté, toute la surface se trouve attaquée.

Je suis persuadé que ce ne sont pas seulement les maladies que l’atmosphère cellulaire des organes sert à propager, mais quelle est encore un moyen de communication des effets médicamenteux. Pourquoi un vésicatoire appliqué très-loin est-il inutile souvent dans le rhumatisme; tandis que, placé sur la peau qui recouvre le muscle ou l’organe fibreux malade , il produit souvent un effet subit ? Pourquoi un cataplasme appliqué sur le scrotum a-t-il souvent une influence réelle sur le testicule malade, quoi' que entre l’organe cutané et cette glande il n’y ait aucun rapport de vitalité? Pourquoi divers autres médicamens appliqués aussi sur la peau exercent-ils une action sur les parties subjacentes ? c’est certainement le tissu cellulaire qui est alors le moyen de communication. Il l’est encore dans diverses ap- . plications faites sur les membranes muqueuses : un gargarisme agit avantageusement dans l’inflammation de l’amygdale (i); un laven^nt émollient tempere celle du péritoine, etc. : or, ces moyens ne sont pas directement appliqués sur l’organe affecté; leurs effets sont transmis par le tissu sous* muqueux. Cependant on a exagéré de beaucoup les

(i) Les idées de Bichat relativement à l’amygdale ne sont plus reçues aujourd’hui : il la considère comme un organe glanduleux, recouvert de la muqueuse buccale ; nous savons qu’elle est au contraire formée par la muqueuse elle-même, que c’est un amas de replis ou de lacunes de cette membrane. (F. Bx.ajhdi.vO

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avantages de ces applications , soit sur les surfaces cutanées , soit sur les muqueuses , pour agir sur des organes à vitalité différente, et qui sont subjacens à ces surfaces. La pratique ne prouve que trop souvent que celles-ci peuvent être excitées, irritées d’une manière quelconque, sans qu’il en résulte rien pour l’organe contigu, parce que la vie de cet organe et la leur ne se ressemblent ni ne se correspondent point, que l’une est indifférente aux affections de l’autre , quoique les parties soient contiguës. Qui ne connaît le peu .d’effet des topiques émolliens, résolutifs, etc., sur les tumeurs du sein, sur celles des glandes de l’aine , de Faisselle , etc. ? Qui ne sait que souvent elles guériraient sans nos applications, comme avec leur usage (i)? Autrefois, dès qu’une tumeur faisait saillie sous la peau , futelle dans les viscères abdominaux , séparée de l’organe cutané, par conséquent, par une foule d’inter-

(i) En lisant cet article , on ne sait trop ce que l’on doit penser des applications topiques dans les maladies; car tantôt on y trouve l’énumération de leurs heureux effets , et tantôt on les voit considérées comme tout-à-fait inutiles , sans qu’en même temps Biehat nous indique dans quelles circonstances. Si c’en était le lieu , nous dirions que , dans lés phlegmasies aigiies , les topiques émolliens conviennent toujours sur les parties malades ou dans leur voisinage; qu’ils sont utiles même sur l’abdomen, dans les affections des viscères de sa cavité : que, dans les phlegmasies chroniques , les topiques émolliens conviennent peu, et doivent être remplacés par des excitans qui activent la circula— i tion ralentie par l’état d’induration et favorisent la résolution. Nous devons nous borner à indiquer ici cette distinction, d’où il est facile de déduire la raison de l’inutilité des cataplasmes sur certains engorgemens du sein , de l’aine , etc. (F. Blàndijk.)

médiaires à vitalité différente et même, opposée , on la recouvrait d’un cataplasme. On a reconnu, dans la chirurgie moderne , l’inutilité des applications faites de cette manière, et l’on se borne presque à agir par elles sur les organes les plus sous-cutanés. Peut-être un jour connaîtra-t-on assez le mode de vitalité de chaque organe pour savoir quand le tissu cellulaire peut être moyen de communication des effets médicamenteux entre deux organes contigus à structure et à propriétés différentes, et quand il est une barrière où s’arrête la communication de ces effets : jusque là nous allons presque toujours en tâtonnant.

Souvent une application cutanée agit par sympathie sur des organes très-éloignés, tandis qu’elle est nulle sur les organes voisins, avec lesquels elle n’a aucun rapport : par exemple, le bain calmera un vomissement spasmodique, tandis qu’il ne produira aucun effet sensible pour apaiser des douleurs ayant leur siège immédiatement dans des organes sous-cutanés.

En général , les forces vitales d’une partie organisée quelconque sont spécialement altérées et par conséquent ses lésions sont produites de trois manières, i° par une irritation directe, comme lorsque la conjonctive s’enflamme sous l’impression de l’air frais ou chargé d’exhalations irritantes; i° par sympathie, comme lorsqu’un œil étant malade l’autre le devient aussi sans cause matérielle apparente; 3° par communication celluleuse, comme quand, la carie existant dans un os, la peau qui le recouvre devient terne , livide et engorgée.

cellulaire.

Pourquoi le tissu cellulaire est-il, en certains cas, un moyen dont se sert la nature pour garantir les organes de l’influence de celui qui est malade, tandis que dans d’autres il sert à propager les ai fections morbifiques? Bornons-nous sur ce point à l’exposé des faits ; la recherche des causes ne serait que conjectures.

L’atmosphère cellulaire de chaque organe a nonseulement rapport aux phénomènes immédiats de sa vitalité, mais encore aux mouvemens divers que cet organe exécute : aussi est-elle d’autant plus •abondante que ces mouvemens sont plus étendus, i On fait cette observation en comparant celle qui est en masses considérables autour du cœur, des gros troncs artériels, de l’œil, de la matrice, de la vessie, des grandes articulations, comme de l’aisselle et de l’aine, etc., à celle qui est extérieure aux tendons, aux aponévroses, aux os, etc., laquelle est en général très-rare. L’extension et le resserrement dont ses cellules sont susceptibles la rendent très-propre à s’accommoder aux grands mouvemens des organes, à ceux surtout de dilatation et de contraction , que favorisent d’ailleurs les fluides qu’il contient. Les organes à la surface externe desquels peu de tissu cellulaire se rencontre,

: et qui cependant exécutent beaucoup de mouver mens , comme l’estomac , les intestins , le cerf veau, etc., ont pour y suppléer des membranes sé- • reuses qui les enveloppent. Ces membranes et le tissu t cellulaire sont en effet les deux grands moyens, et même les deux seuls, qué s’est ménagés la nature autour des organes, pour favoriser leursmouvemens.

Il est diverses parties organisées à mouvemens peu marqués , et qu’environne cependant beaucoup de tissu cellulaire : les reins en sont un exemple remarquable ; le testicule et ses membranes sont également plongés dans une grande quantité de ce tissu; la glande thyroïde en a beaucoup autour d’elle; le pancréas , les salivaires , ont en lui d’épaisses limites qui les isolent des organes voisins. En général , presque toutes les parties non mobiles , mais un peu importantes, et qui ne se trouvent pas isolées des autres par une surface séreuse, comme le sont presque tous les viscères thoraciques et abdominaux, sont partout avoisinées par un tissu cellulaire abondant.

§ IL Du Système cellulaire intérieur à chaque organe.

Après avoir enveloppé les organes , le tissu cellulaire entre partout dans leur structure intime : il en forme un des élémens principaux. Dans les appareils qui sont l’assemblage de plusieurs systèmes , chacun de ces systèmes est uni aux autres par lui : ainsi, à l’estomac, aux intestins, à la vessie, etc., diverses couches qui lui appartiennent séparent les membranes séreuse, musculeuse et muqueuse de ces divers organes creux. Au poumon, entre la su rface séreuse etleparenchymepulmonaire, entre celui-ci et les divisions des bronches , entre celles-ci et leur surface muqueuse, il nous offre une foule de prolongemens plus ou moins serrés.

Dans les systèmes organiques , le tissu cellu-

laire accompagne d’abord et entoure dans tout i leur trajet les prolongemens vasculaires et nerveux qui entrent dans leur composition ; puis il réunit les différentes parties homogènes qui composent chacun d’eux. Chaque faisceau de muscles, chaque fibre musculeuse, chaque filet nerveux, chaque portion d’aponévroses et de ligamens , chai que grain glanduleux, etc., sont environnés d’une , gaine, d’une couche cellulaire particulière , qui, par i rapporta ces parties, est destinée aux mêmes usa- 3 ges que l’enveloppe plus grande dont nous venons de parler remplit à l’égard de l’organe entier. Aussi, la vie de chaque fibre est-elle isolée par cette couche, qui , comme celle de l’organe entier, forme autour d’elle une espèce d’atmosphère destinée à la t garantir, à la protéger, qui peut être cependant, comme la couche générale, et plus encore qu’elle , à cause de la plus grande juxta-position , un moyen de communication des maladies d’une fibre à l’autre. Le mouvement de chacune de ces fibres est :s singulièrement favorisé par le tissu cellulaire : aussi i- les organes qui , comme les muscles, ont un mous vement très-apparent dans chacune de leurs parties prise isolément , en renferment-ils bien davantage que ceux qui , comme les tendons , les ligamens , ’l les glandes , n’ont de mouvement sensible que celui qui leur est communiqué.

Le tissu cellulaire intérieur à chaque organe ne prend que peu le caractère de vitalité qui distingue cet organe ; il conserve presque toutes ses propriétés générales : il est , dans la structure des diverses parties, celui des matériaux qui unit les autres sans leur

ressembler. On le voit insensible clans le nerf, sans contractilité dans le muscle, et étranger à la sécrétion dans la glande. Aussi est-il souvent seul affecté, sans que l’organe participe à l’état où il se trouve. Dans beaucoup d’affections organiques du foie, on rencontre des tumeui'S stéatomateuses qui donnent à cet organe une forme bosselée , inégale , et qui , occupant uniquement le tissu cellulaire , laissent intact le tissu glanduleux, qui sépare, ! comme à l’ordinaire, la bile, laquelle n’éprouve | aucune altération dans son cours. C’est un phéno- j mène très-remarquable , que ces désordres souvent énormes de structure, sans lésion de la sécrétion de la bile. On peut les comparer à ceux non moins remarquables qu’éprouve le poumon dans la phthisie, dans laquelle cependant la respiration se fait presque aussi exactement que dans l’état ordinaire (i).

Il est divers organes où le tissu cellulaire est trèspeu apparent, tant leur texture est serrée; quelques auteurs ont été même tentés d’en nier l’exfstence : mais , dans plusieurs de ces organes , la

macération , en pénétrant leurs fibres d’eau d’une

( i ) Les tumeurs du foie que Bicliat désigne sous le nom de stéatomateuses ne sont souvent autre chose que de grosses masses tuberculeuses ; plus souvent encore elles sont formées par de la substance encéphaloïde à divers degrés de ramollissement , et combinée avec du tissu tuberculeux. Il arrive, en effet, que ces tumeurs ne déterminent pas de lésion apparente dans la sécrétion biliaire; mais les praticiens conviendront difficilement de l’intégrité complète des fonctions de la respiration , dans la phthisie pulmonaire. (F. Blandin.)

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' manière insensible, les écarte peu à peu, et rend ■ apparent le tissu cellulaire qui les sépare, comme on le voit surtout dans les tendons , dans Tes mem- : branes fibreuses , etc. L’ébullition , qui enlève à t certains organes leur substance nutritive , la gélatine par exemple , laisse un résidu membraneux , qui est évidemment cellulaire. Dans tous, même dans les os, dans les cartilages , etc. , la production des bourgeons charnus , qui , comme nous le ver- : rons , sont essentiellement de nature celluleuse , • prouve l’existence de ce tissu intérieur, dont ils ne sont que des prolongemens. Il en est de même du : ramollissement, delà carnification des os, des tumeurs fongueuses des autres systèmes, maladies où i ce tissu devient très-apparent , parce que l’organe perd par elles sa texture serrée , pour en prendre une plus lâche, plus spongieuse , et qui met moins difficilement à nu celui qui est placé dans l’intervalle des fibres (i).

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