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DU SYSTÈME CELLULAIRE CONSIDÉRÉ INDÉPENDAMMENT DES ORGANES

Après avoir considéré le système cellulaire relativement aux organes, faisons abstraction de toutes

(i) On peut ajouter aux considérations établies par Bicbat sur le tissu cellulaire profond des organes, qu’il est de moins en moins dense à mesure qu’il se subdivise, et qu’il forme des gaines plus spéciales autour des parties des organes ; de telle manière

les parties qu’il enveloppe et qu’il pénètre, pour l’envisager comme un corps continu de tous côtés, se tenant partout dans les intervalles des organes qu’il remplit, étant analogue sous ce point de vue à presque tous les autres systèmes primitifs. Suivons-le à la tête, au tronc et aux membres.

§ I". Du Système cellulaire cle la Tête .

Le crâne et la face ont une disposition inverse par rapport au tissu cellulaire : peu abondant dans le premier, il est en grande quantité dans la seconde.

Tissu cellulaire crânien.

L’intérieur du crâne contient fort peu de tissu cellulaire; il en manque même en apparence. Cependant , si on soulève l’arachnoïde dans les endroits où pénètrent les vaisseaux et dans ceux d’où partent les nerfs, on en trouve une petite quantité, qui est remarquable par son extrême finesse et par sa transparence. La pie-mère est principalement formée par ce tissu, qui, de cette membrane, paraît se continuer avec celui du cerveau, lequel, du reste, est extrêmement difficile à démontrer, ne peut nullement être mis en évidence par la macération, et ne se voit guère que dans les tumeurs fongueuses.

qu’il devient muqueux et comme diffluent autour des fibres ou des granulations élémentaires. On dirait que, dans ces lieux, le tissu cellulaire est encore à l’état natif. (F. Blandin.)

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Les communications du tissu cellulaire de l’inté- , rieur à l’extérieur du crâne sont très-multipliées. s i°. En devant il pénètre dans l’orbite par le trou ie optique et par la fente sphénoïdale : de là la rou-

■ geur, l’ardeur de l’oeil dans la paraphrénésie, dont l’influence se propage par ces communications, comme aussi par la continuité des membranes. Il entre dans les narines par les trous de la lame criblée, etc.: à cela tiennent peut-être la pesanteur,

e les douleurs de tête dans le coryza, etc. (i).

■ 2°. En bas, les trous nombreux de la base du ' crâne font communiquer avec la face le tissu cellulaire cérébral, spécialement avec le haut du pharynx, avec la fosse zygomatique, etc. Dans plusieurs cas où les angines s’accompagnent de douleur

u et de pesanteur cérébrales, d’étourdissement, etc.,

• je suis persuadé que ces communications jouent un drôle essentiel, quoique dans beaucoup de cas tout iii cela soit purement sympathique.

3Q. En haut et en arrière , le tissu cérébral se « continue avec celui des parties correspondantes de

(i) Bichat nous paraît attribuer beaucoup trop au tissu cellu- ;i laire sous le rapport des communications morbides , surtout après H l’avoir considéré d’abord comme isolant les organes sous le rap— port de la vitalité. L’ardeur de l’oeil , le coryza , l’épistaxis , et , , beaucoup d’autres symptômes des affections intérieures du crâne , me semblent dépendre plutôt de ce que l’œil , le nez, et plusieurs organes extérieurs au crâne, ont un système vasculaire étroite— " ment lié à celui du cerveau, dont il n’est qu’un appendice , et de ce que, pour cette raison, il est impossible que le sang ne soit attiré par l’irritation cérébrale, à la fois vers l’intérieur et vers l’ex é. rieur de la tête. (F. Blandin.)

la tête, par les trous assez multipliés, mais peu volumineux, des sutures; il accompagne les vaisseaux qui, de la dure-mère, vont au péricrâne, et devient probablement quelquefois le moyen des communications qu’on remarque si fréquemment entre ces deux membranes, lorsque l’une est enflammée: de là l’affection souvent subite de la dure-mère, de l’arachnoïde, par un coup de soleil sur les tégumens

du crâne, etc.

Plus abondant à l’extérieur du crâne, le tissu cel-

lulaire n’y est pas cependant en très-grande quantité, sans doute à cause du petit nombre et du peu d’épaisseur des muscles qui s’y trouvent. Ses communications avec la face sont évidentes, surtout en devant, sur le front; aussi, à la suite des érysipèles du crâne, rien de plus fréquent que de voir les paupières recevoir le pus qui s’y est formé, et qui s’accumule souvent dans ces voiles mobiles au point de donner lieu à un dépôt très-sensible. C’est par ces communications que la sérosité y tombe également, que le sang s’y infiltre, etc. En arrière et sur les côtés, les communications du tissu cellu laire crânien sont aussi très-marquées (i).

Tissu cellulaire facial.

Il est très-abondant dans toutes les parties. Les

(i) Le tissu cellulaire extérieur au crâne diffère singulièrement, sous le rapport de la densité , suivant qu’on le considère en dehors ou en dedans de l’aponévrose occipîto-frontale : il est extrêmement serré dans le premier point , au niveau duquel il contient quelques vésicules adipeuses ; dans le second, il est remarquable par sa laxité et par l’absence de la graisse. (F. Blandin.)

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orbites en sont remplis; l’excavation des joues, que il bornent le buccinateur, le masseter, le zygoma- 1 tique et l’os malaire, en contient beaucoup; tous les environs de la langue en sont garnis. Les fosses nasales seules, et leurs sinus, que tapisse une surface muqueuse presque immédiatement collée à l’os, n’en présentent qu’une petite quantité.

Le tissu cellulaire facial contribue à la beauté, à l’agrément de la physionomie, dont les traits effilés montrent les muscles se dessinant d’une manière désagréable à travers la peau , lorsque la graisse y ; manque, et qu’il est par conséquent trop affaissé sur

I lui-même. Dans un état opposé, il offre une espèce de bouffissure peu attrayante : l’état moyen est le plus avantageux aux grâces de la figure. Ce tissu ii paraît presque étranger à son expression, dont les muscles sont spécialementchargés. Aussi les diverses i passions se dessinent-elles presque avec les mêmes . traits sur une face grasse et sur une maigre. Seulement ces traits sont moins marqués dans la première que dans la seconde, parce que dans celle-ci dus de rides se forment que dans l’autre, par la contraction des mêmes muscles.

Le tissu cellulaire est en plus ou moins grande quantité à la face, suivant les diverses personnes, [but le monde sait que souvent des individus trèsrnplets dans le reste du corps ont constamment cette partie très-maigre. Or, d’après la dissection de semalables individus, j’ai vu que cela tenait au peu de tissu cellulaire quelle contient proportionnellement. Dans d’autres individus, un état opposé a lieu, et .'embonpoint de la physionomie fait, avec la mai

greur du corps, un contraste frappant, contraste qui tient sans doute à une cause opposée à la première, quoique je n’aie sur ce point aucune donnée précise.

C’est à la proportion plus grande du tissu cellulaire, bien plus qu’au développement des muscles, qu’il faut rapporter l’épaisseur marquée de certaines parties de la face dans divers genres de la race humaine ; celle, par exemple, des lèvres et des ailes du nez chez les nègres , etc. Il en est à peu près de même des variétés diverses d’épaisseur des grandes et des petites lèvres, etc.

Les communications principales du tissu cellulaire facial se font avec le cou par la portion souscutanée de ce tissu , par celui qui accompagne le trajet des vaisseaux, et particulièrement dans l’eâpace triangulaire au haut duquel se trouve logée la glande parotide. Aussi les dépôts formés sur les parties latérales de la face donnent-ils souvent lieu à des fusées de pus qui s’étendent jusqu’au cou. Dans les emphysèmes dont l’air vient de la poitrine, après que le cou s’est tuméfié, l’air passe à la face principalement par les côtés. Il y a encore de grandes communications cellulaires entre le cou et la face , par les intervalles des muscles qui s’attachent à la

base de la langue.

§ II. Système cellulaire du Tronc.

Il varie dans ses proportions, suivant qu’on l’examine aux régions de l’épine, du cou, de la poitrine, du ventre et du bassin.

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Tissu cellulaire vertébral.

3’appelle ainsi le tissu cellulaire qui se trouve aux . environs de l’épine, et celui qu#contient le canal vertébral.

s Dans la cavité de ce canal, il y en a très-peu.

Entre l’arachnoïde et la moelle, entre les prolonges mens nerveux qui partent de celle-ci et les gaines e arachnoïdiennes qui les accompagnent, on en voit ,, quelques fdamens, qui suivent le trajet de- paisseaux et concourent à former la' pie-mère. Ce tissu est nul entre l’arachnoïde et la dure-mère. Au- , dessous de celle-ci , entre elle et le canal vertébral , l8 dans les endroits où elle n’y adhère pas , il s’en trouve . davantage, surtout inférieurement, où il est exi, trêmement lâche et toujours chargé d’une humidité ,5 souvent rougeâtre.

! . A l’extérieur de l’épine , on voit en arrière beau- ,, coup de muscles , et à proportion très-peu de tissu, cellulaire : aussi les dépôts de cette partie sont-ils et plus rares et beaucoup moins sujets à produire des . fusées que partout ailleurs, disposition qui naît encore de ce que les muscles , très-serrés les uns contre ]j les autres dans les gouttières vertébrales , tiennent dans un état d’affaissement le tissu cellulaire qui les sépare les uns des autres (i).

; (i) Le tissu cellulaire profond des gouttières vertébrales, au dos,

ne communique que difficilement avec le superficiel : l’aponévrose des mus«les dentelés postérieurs, ou aponévrose 'Vertébrale , forme

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Bo SYSTÈME

Ce tissu est, au contraire, très-abondant tout le long de la partie antérieure de l'épine, soit au cou, où il accompagne les carotides, soit à la poitrine et à l’abdomen, où il suit le trajet de l’aorte, des gros troncs qui en nais^pt, des veines cave et azygos, etc. Il n’est pas de partie, dans l’économie animale, plus fréquemment exposée aux diverses fusées de pus que celle-ci. Rien de plus commun que de voir des dépôts, formés à la partie antérieure du thorax et du bas-ventre, venir faire saillie à l’aine , au moyen de ces fusées, dont l’ouverture des cadavres nous montre le trajet. C’est principalement par ces communications celluleuses, et par celles qui sont au-dessous des tégumens, que les parties supérieures correspondent aux inférieures, et réciproquement.

Tissu cellulaire cervical.

coup de tissu cellulaire, outre celui qui s’y rapporte' à la colonne vertébrale. C’est surtout sur les parties latérales, où se trouvent les glandes lymphatiques, que ce tissu est remarquable. Dans l’intervalle compris entre le sterno-cléido-mastoïdien et le trapèze, intervalle où se voient l’origine des nerfs brachiaux et le trajet des vaisseaux sortant de la poitrine, il y en a aussi une grande quantité. Il communique avec celui de la poitrine par l’ouverture large qu’on

la ligne de séparation. Aussi les abcès profonds du dos s’étendentils long-temps en haut et en bas, avant de soulever la peau pour s’ouvrir au dehors. fi?.- Blandin.)

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trouve à la partie supérieure de cette cavité : de là vient que, lorsque quelques cellules du poumon se rompent, l’air échappé occupe d’abord la poitrine,

Iet vient ensuite faire saillie au cou : de là la facilité avec laquelle on produit le même phénomène en # poussant de l’air au-dessous de la plèvre d’un cadavre (i), etc., etc.

Le tissu cellulaire du cou communique aussi avec celui des membres supérieurs, au-dessus et au-des- ' sous de la clavicule : voilà pourquoi le cou , et par ; suite la poitrine se remplissent par l’air, par l’eau et les autres fluides qu’on pousse dans le tissu sous- ’ cutané de ces membres , et surtout dans l’inter- ' musculaire.

Tissu cellulaire pectoral.

Dans la cavité pectorale, c’est sur la ligne mé- ■ diane que se trouve surtout le tissu cellulaire : l’ine tervalle des deux médiastins en est abondamment j pourvu ; les environs du péricarde en sont surchargés , surtout autour des gros vaisseaux , qu’il aci* compagne pendant un court trajet ; le reste de la , poitrine, occupé par les poumons, en contient is beaucoup moins.

Le tissu pectoral communique avec l’abdominal,

; i° par les diverses ouvertures du diaphragme, par io ■ •

(i) Cet emphysème est d’abord profond , et par cela même peu sensible ; mais plus tard l’air, qui avait été maintenu près de la trachée par les lames denses de l’aponévrose cervicale , franchit ces barrières et se répand pins superficiellement. (F. Blandul)

celles de l’aorte et de l’œsophage spécialement, celle de la veine cave étant trop bien unie à ce vaissea u pour permettre facilement ces communications ; a° par l’intervalle des fibres diaphragmatiques , notamment par l’espace triangulaire que laissent entre elles celles qui viennent se fixer à l’appendice « xiphoïde (i) : de là le passage des dépôts de la poitrine à l’abdomen. Desault citait une collection purulente, primitivement formée dans le coû, qui était venue, par le médiastin antérieur, faire saillie au-dessus du ventre. De là encore la facilité avec laquelle les plèvres reçoivent l’influence des maladies du péritoine , surtout la droite , quand celuici est malade sur la surface convexe du fine, qui reste toujours en place, tandis que, par les mouvemens de l’estomac et de la rate, celui qui recouvre ces deux viscères, changeant sans cesse de situation , a une influence beaucoup moins marquée sur la plèvre gauche.

Les communications cellulaires de la poitrine ont lieu aussi de l’intérieur à l’extérieur , par les intervalles des muscles intercostaux; mais elles sont peu marquées, ces intervalles étant très -petits : aussi les maladies de poitrine portent -elles rarement leur influence en dehors de celte cavité; ce

(i) Bichat attache , avec raison, une grande importance à cet espace triangulaire circonscrit par l’écartement des fibres antérieures du diaphragme; mais souvent cette disposition est peu marquée, et alors on ne trouve qu’une raréfaction simple des fibres du diaphragme vers la face profonde (le l’appendice xiphoïde.

(F. Blandin.)

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qui arrive cependant quand, dans les hydropisies, dans les inflammations chroniques de la plèvre, les tégumens pectoraux présentent un empâtement du côté malade.

Le tissu cellulaire extérieur à la poitrine est très- 1 abondant en haut; il y entoure les mamelles, où il concourt en partie à ces formes arrondies qui nous charment chez la femme, à ces formes prononcées et saillantes que nous admirons chez l’homme bien conformé. On en voit sous les pectorajax une grande quantité. En bas , il diminue d’une manière trèssensible à proportion d’en haut.

i Tissu cellulaire abdominal.

L’abdomen contient , proportionnellement , un . peu plus de tissu cellulaire que la poitrine. Considéré dans l’intérieur de cette cavité, ce tissu se trouve surtout ramassé dans les endroits où les gros vaist seaux artériels et veineux pénètrent les organes gastriques, comme à la scissure du foie, au mésentère, etc. Il est peu abondant entre le péritoine et les parois antérieures et latérales de l’abdomen ; mais il se trouve très-abondamment répandu dans la partie postérieure de cette membrane , aux environs du rein spécialement. Ce tissu intérieur communique d’abord avec celui du bassin tout autour du péritoine, puis avec celui des membres inférieurs par diverses ouvertures , par l’anneau inguinal et par l’arcade crurale particulièrement (i). La

(i) Il n’existe qu’un point, sous l’arcade crurale, oùle tissu eel-

première de ces ouvertures établit aussi des correspondances cellulaires entre le ventre et les parties génitales, surtout chez l’homme. On peut facilement mettre en évidence ces communications, en injectant un fluide quelconque dans le tissu cellulaire abdominal d’un cadavre : ce fluide va spontanément infiltrer les membres inférieurs, tandis qu’il ne parvient aux supérieurs qu’à l’aide d’une impulsion très-long-temps continuée. Tous les praticiens savent qu’il n’est presque aucune liydropisie ascite qui ne soit accompagnée de l’infiltration des membres inférieurs, tandis que les supérieurs restent intacts. C’est donc avec le tissu cellulaire abdominal que celui des membres inférieurs a spécialement des rapports, comme c’est avec le pectoral que celui des supérieurs correspond d’une manière particulière, ainsi que Bordeu et M. Portai l’ont très-bien observé. Cependant il est à remarquer que les premiers s’affectent bien plus facilement, dans les maladies de l’abdomen , que les seconds dans celles de la poitrine.

Tissu cellulaire pelvien.

Il est peu de parties où l’organe qui nous occupe soit plus abondamment distribué que dans le bas-

lulaire abdominal communique avec celui du membre pelvien : c’est au niveau de l’orifice supérieur du canal crural, le long des vaisseaux iliaques externes. En effet, l’espace circonscrit par le bord antérieur de l’os coxal et l’arcade crurale est fermé en dedans par le ligament de Gimbernat , et en dehors par l’adbérence trèsforte du jascia iliaca avec l’arcade. (F. Blandin.)

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sin. Autour de îa vessie, du rectum et de la matrice, il y en a une quantité si grande, que nulle pari, on n’en trouve davantage. Cela me paraît tenir à la cause suivante : comme d’une part ces trois organes sont sujets à de très-grandes dilatations, et que de l’autre part les parois osseuses du bassin ne sont nullement susceptibles de se prêter pour obéir à ces dilatations, ainsi qu’il arrive aux parois abdominales , il faut bien que quelque chose y supplée de manière à ce que, dans quelque état que soient les organes précédens , la cavité pelvienne se trouve toujours remplie. Or, c’est là l’usage auquel est destinée cette grande quantité de tissu cellulaire. Si les mouvemens du cerveau eussent , comme ceux-ci, alternativement augmenté et diminué le volume de l’organe, la nature , à cause de la cavité osseuse du crâne, y eût aussi entassé sans doute beaucoup de tissu cellulaire.

Au reste, on fconnaît l’influence de cette proportion considérable de tissu cellulaire pelvien dans les dépôts qui avoisinent l’anus, dans les infiltrations urineuses qui accompagnent les crevasses de l’urètre et de la vessie , etc. On sait avec quelle facilité’ le pus ou l’urine s’étendent clans cet endroit , et produisent de grands ravages.

Ce tissu communique avec celui des membres inférieurs par l’échancrure ischiatique, par l’arcade du pubis , etc. Divers auteurs citent des fusées de pus, des infiltrations urineuses se propageant inférieurement par ces communications (i). On remplit

(i) Il ne faut pas exagérer la facilitéjle ces communications ;

toujours le bassin d’air, en soufflant c© fluide dans les membres inférieurs, surtout dans leur tissu inter-musculaire. t

L’extérieur de la cavité pelvienne contient aussi beaucoup de tissu cellulaire , moins en arrière cependant que sur les côtés, et spécialement qu’en devant, oùles parties génitales présentent, dans l’homme comme dans la femme, des amas celluleux très-considérables , surtout dans les grandes lèvres et dans le dartos (i).

§ III. Du Système cellulaire clés Membres,

Dans les membres supérieurs et inférieurs , la quantité de tissu cellulaire va toujours en décroissant de la partie supérieure à l’inférieure. Aux en-

l’expérience viendrait souvent nous contredire. Tout le monde connaît la gravité et la circonscription dans le péritoine , de certaines infiltrations urineuses qui arrivent quelquefois après la lithotomie, lorsque, dans cette opération, l’instrument tranchant a intéressé toute la prostate et sa gaîne fibreuse externe , ou lorsque cette dernière membrane a été déchirée par les angles irréguliers d’un calcul volumineux. L’aponévrose pelvienne ( fascia pclvia), connue aujourd’hui de la manière la plus précise, fournit la raison de cette difficulté à l’infiltration extérieure de l’urine dans les cas cités. (F . Blandin .)

(i) Ailleurs nous avons montré que le tissu Cellulaire antérieur du périnée , celui qui entoure immédiatement la triple racine du pénis , ne communique que difficilement avec celui du bassin , et surtout avec le tissu cellulaire qui entoure l’anus. L’aponévrose périnéale moyenne ( ligament périnéal , Carcassonne ) forme la barrière dans la première direction ; c’est au contraire l’aponévrose périnéale inférieure , dans lascconde. Le même tissu cel-

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virons de chacune des deux articulations supérieures , il est extrêmement abondant. Le creux de l’aisselle, auquel répond en haut la tête de l’humérus , et qui offre beaucoup de capacité, en est presque entièrement rempli. Le pli de l’aine en contient aussi beaucoup, quoique cependant il s’y en trouve moins qu’à l’aisselle. Le bras et la cuisse ont entre leurs muscles de grands intervalles qui sont cellulaires. Au coude, on en trouve à proportion beaucoup moins qu’au jarret, dont le creux très-profond en offre un amas considérable , disposition qui est par conséquent inverse de celle de l’aisselle comparée à celle de l’aine.

À l’avant-bras et à la jambe, les muscles se rapprochent d’une manière très-sensible : leurs couches celluleuses sont beaucoup plus serrées ; tout le système cellulaire est moins abondant.

Vers la partie inférieure de ces deux portions des membres, où tout est presque tendineux et fibreux, à la main et au pied , le tissu cellulaire diminue encore, et devient, à proportion des mouvernens, très-peu sensible. Cependant le pied, surtout à sa plante, en contient beaucoup plus que la main dans sa paume, où on n’en voit presque pas.

lulairecommuniqi^facilement avec celui du pubis et de la paroi abdominale antérieure : telle est la raison pour laquelle , dans les crevasses de l’urètre qui arrivent chezl’homme au-devant de lapartie membraneuse , les urines se propagent en avant contre l’action de la pesanteur, détruisant par spliacèle tout le tissu cellulaire des bourses et du pubis ; tandis que la portion anale du périnée, partie cependant plus déclive, est exempte de ces affreux désordres.

(F. Blandin.)

Ce décroissement successif du tissu cellulaire des membres est accommodé aux usages de leurs diverses parties. En effet, l’étendue des mouvemens, qui domine en haut, exigeait dans les muscles une laxité qu’ils empruntent de la quantité du tissu cellulaire qui les entoure. En bas, la multiplicité et en même temps le peu d’étendue des mouvemens de la main et du pied , de la main surtout , qui est destinée à se mouler à la forme des corps extérieurs, nécessitent dans les organes de ces deux parties une juxta-position serrée, qu’ils doivent au peu de cellulosité qui s’y trouve.

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