DÉVELOPPEMENT DU SYSTEME CELLULAIRE
§ Ier. État du Système cellulaire dans le premier âge.
Dans les premiers temps de la conception , le
travail inflammatoire , comme autour des épanchemens circoncrits des plèvres, autour des foyers apoplectiques, etc.; tantôt j par refoulement du tissu cellulaire , comme dans les grands abcès. Enfin, certains kystes, cellulaires se développent sous l’influence de frottemens et de pressions extérieures. Les bourses muqueuses accidentelles sous — cutanées, sont de ce genre : on connaît celle qui existe à l’extrémité inférieure du moignon de ceux qui ont subi depuis quelque temps l’amputation de la cuisse ; elle est produite par les frottemens répétés de 1; os sur le tissu cellulaire de la cicatrice. ( F. Blandin. )
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foetus n’est qu’une masse muqueuse , homogène en 1 apparence , et où le tissu cellulaire paraît presque 6 exclusivement dominer. En effet, lorsque dans cette 1 masse les organes ont commencé à se développer, les intervalles qu’ils laissent entre eux sont remplis e 3’une substance qui, exactement semblable à celle
jui formait auparavant la totalité du corps , en peut e être considérée comme le reste, ou plutôt existe l’une manière distincte , parce quelle n’a point été pénétrée d’une substance nutritive propre, comme celle qui forme le parenchyme de nutrition des organes, laquelle, avant cette pénétration, lui res- ' semblait exactement. Cettç substance intermédiaire aux organes, et qui est le principe du tissu cellulaire, s’éloigne d’autant plus de l’état fluide, qu’on avance de plus près vers le terme de l’accouchement. D’abord elle forme un véritable mucus, puis une espèce de glu , puis la texture cellulaire commence à se manifester.
Cet état primitif de l’organe cellulaire, cette apparence qu’il présente. dans le principe, sont dus à la grande quantité de fluides qui le pénètrent à cette époque; ils ne dénotent point une existence inorganique. On peut alors le comparer exactement au corps vitré, qui paraît tout fluide au premie# coup d’oeil, parce que la transparence de ses lames ne permet point de les distinguer parmi l’humeur qui en pénètre les cellules : faites-y une ponction de manière à évacuer cette humeur , celles-ci se manifestent.
Ainsi voit -on le tissu cellulaire, extrêmement mince, véritablement transparent dans le premier
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âge, être masqué alors par l’humeur qui le rem- I plit, et devenir de plus en plus sensible, à mesure que cette humeur diminue avec l’âge. C’est un phénomène qui se reproduit quelquefois dans la suite, lors des diverses infiltrations séreuses, de celles surtout où le fluide infiltré a une certaine viscosité.
Quelle est cette humeur si abondante dans les j premiers mois de la conception dans le système cellulaire? Est-elle albumineuse, comme celle qui dans la suite doit le lubrifier? Cela est probable; mais je croirais aussi quelle a beaucoup du caractère gélatineux, caractère qui domine si fort, comme on le sait, dans les humeurs animales, à cette époque de I la vie : je ne connais aucune expérience sur ce point. Quelle que soit cette humeur, elle est beaucoup plus visqueuse et plus onctueuse que par la suite : le tact suffit pour s’en convaincre. C’est sa prédominance, jointe à la finesse des lames cellulaires, qui, dans les premiers mois, fait que toute tentatiVe pour rendre le fœtus emphysémateux, en soufflant de l’air sous sa peay, est presque absolument inutile.
A la naissance, et quelque temps au-delà, la grande quantité de graisse sous-cutanée rend aussi fllbs-difficile ces emphysèmes artificiels : il ne paraît pas que le fœtus en éprouve jamais de naturel. La ténuité des lames et des filamens cellulaires est telle à cette époque , que l’imagination ne peut se la représenter : le tissu des cheveux est grossier en comparaison de celui-ci. Je présume que la boule graisseuse que j’ai dit exister presque toujours à la
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joue du fœtus ne dépend que de la rupture de plusieurs lames, rupture d’où résulte une grande cellule qui se remplit de graisse.
Quelque temps avant la naissance, à cette époque et. dans les années qui la suivent, l’humeur cellulaire va toujours en diminuant; les cellules deviennent plus sèches, plus apparentes par conséquent; la masse totale du système cellulaire diminue, parce que, à mesure que les organes grossissent, leurs intervalles deviennent plus rétrécis. Cependant ce système prédomine encore long-temps sur les autres; de là la rondeur des formes qui caractérise l’enfant (i), le peu de saillie de ses organes, qui sont comme masqués par celni-ci; de là, en partie, la souplesse, la multiplicité de ses mouvemens; de là encore les maladies fréquentes dont il est le siège à cet âge.
Les lames conservent encore alors une extrême finesse, elles sont encore susceptibles de se rompre facilement. En faisant des emphysèmes sur' des enfans très-maigres , j’ai remarqué que souvent il se forme en différens endroits des dilatations consi-
Îdérables, des espèces de poches où l’air s’accumule en masse, et qui ne dépendent que de cette rup-
(i) Ce n’est point à la quantité de tissu cellulaire sous-cutané de l’enfant qu’il faut attribuer la rondeur de ses formes , mais à l’obésité sous— cutanée constante à cet âge. De même chez le vieillard , ou chez celui qui est depuis long- temps en proie à une affection organique profonde , la saillie des traits dépend de l’absence de la graisse , et non de la diminution du tissu cellulaire. ( F. Blandin. )
ture; tandis que, dans la même expérience sur l’a dulte , l’air se propage d’une manière uniforme, c infiltre constamment les cellules sans altérer leu intégrité. En comparant dans nos boucheries , 1 chair des veaux soufflés , et celle des bœufs dans 1 même état, j’ai fait quelquefois une observatioi analogue.
Dans l’enfance et dans la jeunesse , l’énergie vi taie du tissu cellulaire est extrêmement marquée A cet âge les bourgeons charnus, essentiellemen cellulaires comme nous l’avons vu, sont beaucou] plus prompts à naître, beaucoup plus rapides parcourir leurs périodes, que dans tout autre âge la réunion des plaies est plus facile, et toutes le1 tumeurs ont, dans leur développement et dans leu marche, un caractère de rapidité qui dépend spé cialement du haut degré où sont montées les force vitales du système cellulaire dans l’enfant. C’est ;} la même cause qu’il faut rapporter la facilité de 1; résorption du fluide séreux qui infiltre quelquefoi; accidentellement les cellules, comme ûn le voit ai scrotum, aux paupières, etc., la promptitude de 1; formation des kystes, etc. : alors les hydropisiei sont beaucoup moins fréquentes. Quand elles arrivent, pourquoi les membres supérieurs en sontils presque aussi souvent affectés que les inférieurs tandis que c’est presque toujours par ceux-ci qui commence la leucophlegmatie des adultes ? C’esl même alors un phénomène remarquable , que h singulière tendance que les jambes ont à s’infiltre! comparativement aux bras. Cela ne dépendrait- ii point de la station, qui, forçant la lymphe à re-
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monter contre son propre poids, affaiblit peu à peu les absorbans, lorsqu’elle a lieu long-temps? Ce fait se rapporte à celui des varices , bien plus fréquentes, comme on sait, inférieurement que supérieurement.
§ II. État du Système cellulaire dans les âges suivans.
Dans l’adulte , le tissu cellulaire se condense et s’affermit, ses lames prennent une texture plus serrée. Il paraît aussi diminuer en quantité, parce que, les organes augmentant en épaisseur, leurs intervalles se rétrécissent. S’il n’y a pas une diminution réelle, au moins il en existe une| relative à l’état des organes. C’est à cette circonstance qu’il faut attribuer, en partie, la saillie de ceux-ci audessous des tégumens, l’énergie des formes musculaires, etc. Il paraît au reste que la quantité de tissu cellulaire varie suivant les tempéramens ; que dans ceux qu’on nomme phlegmatiques ou lymphatiques , il prédomine les autres systèmes; que dans ceux, au contraire, qu’on appelle bilieux , que caractérise,comme on dit, la rigidité , la sécheresse de la fibre, il est en moindre proportion. Dans la femme, il paraît être en plus grande quantité que dans l’homme : la douceur des formes est en partie, dans ce sexe, le résultat de sa prédominance.
Le mouvement d’une partie ne paraît pas déterminer une nutrition plus active dans son tissu cellulaire, comme cela arrive pour les muscles, poulies nerfs , et même quelquefois pour les vaisseaux.
Dans le vieillard, ce tissu se condense et se res: serre ; il prend beaucoup de consistance et de du reté; la dent le déchire difficilement parmi le: chairs bouillies des vieux animaux ; il est coriac< comme elles; il faut une très-longue ébullition poui le fondre. Beaucoup moins de fluide s’y exhale de là une sorte de sécheresse et de rigidité qui rent difficiles les mouvemens du dernier âge. L’espèc( de flétrissement qu’il éprouve concourt spéciale ment à la diminution générale que le corps subii alors. Il perd ses forces vitales : de là sa laxité ei son relâchement, qui ne lui permettent plus d( soutenir la peau comme à l’ordinaire. Celle-ci de vient partout lâche, pendante même aux endroits où elle forme des plis. Le scrotum n’a plus cette faculté de se resserrer qui le caractérisait, et qu’il empruntait des formes du système cellulaire. Cette laxité générale , cette sorte de flaccidité sont constamment l’apanage de la vieillesse, chez les individus mêmes dont les excès en tous genres, ou bien la disposition primitive, ont rendu le dernier âge très-précoce. J’ai vu, à la Société de Médecine, un nain de seize ans qui n’avait guère que deux pieds et quelque chose : il commençait déjà à vieillir, et son tissu sous-cutané présentait cette laxité qui est constamment étrangère à cet âge. La décrépitude précoce du nain du roi de Pologne présenta le même phénomène. Deux personnes qui ont vécu long-temps avec lui m’ont rapporté quà sa mort il présentait, dans son habitude extérieure, ce relâchement et cette flaccidité des tégumens, dont le tissu cellulaire subjacentparaîtêtre le siège essentiel.
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Il est rare que , dans le dernier âge , il se fasse des incrustations osseuses dans le tissu cellulaire. Dans le grand nombre de vieillards que j’ai déjà eu occasion de disséquer ou de faire disséquer, je ne me rappelle que d’en avoir vu une qui occupait la partie postérieure du mésentère. J’en ai observé
I quelques autres chez les adultes, surtout chez les femmes, où elles se rencontrent assez fréquemment dans le tissu cellulaire qui sépare la matrice du rectum (1): j’en conserve divers exemples (2).
(1) On trouve fréquemment dans les veines utérines des concrétions, sorte de calculs appelés phlébohthcs ; et lorsqu’on coupe le tissu cellulaire qui sépare la matrice d’avec le rectum, tissu dans lequel rampent ces veines , l’instrument est quelquefois arrêté par ces petits corps , qu’au premier abord on croit placés dans le tissu cellulaire. Serait-il possible que Bicbat eût commis cette légère erreur , dans laquelle j’ai vu tomber des hommes instruits? je le pense. ^ (F. Blandin. )