‹ Anatomie générale :Chapitre 22 sur 40 · PROPRIÉTÉS DU SYSTÈME CELLULAIRE · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS DU SYSTÈME CELLULAIRE

§ Ier. Propriétés de tissu.

Les propriétés de tissu sont très-caractérisées dans le système cellulaire.

Extensibilité.

L’extensibilité y est mise en évidence dans une foule de cas , comme dans l’oedème , dans les amas de graisse, et dans les différentes tumeurs, où ses cellules sont extrêmement écartées , et où ses membranes se trouvent singulièrement allongées. Tous les mouvemens naturels supposent cette ex-

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tensibflité, : le bras ne petit s’élever sans que le tissu de l’aisselle n’acquière une étendue double, triple même de celle qu’il a dans l’abaissement. La flexion et l’extension de la cuisse, du cou, et de presque toutes les parties, présentent des phénomènes analogues, à des degrés différens. Si on écarte un organe quelconque de ceux auxquels il est contigu, le tissu intermédiaire s’allonge considérablement.

Les degrés de l’extensibilité du tissu cellulaire varient. Dans le sous-cutané, le sous-séreux, l’inter-musculaire , etc., cette propriété a des limites bien plus reculées que dans la couche sous-muqueuse, dans celle extérieure aux artères, aux veines et aux excréteurs. Elle est réelle cependant dans celles-ci, comme le prouvent les dilatations des viscères gastriques, les anévrysmes, les varices , etc. Mais ces phénomènes eux-mêmes attestent la difficulté plus grande de s’étendre dans cette espèce de tissu : par exemple, le tissu ordinaire serait incapable de résister à l’impulsion du sang après la rupture des tuniques artérielles. Il y aurait une dilatation subite, énorme, et bientôt mortelle, si les artères n’étaient environnées que par lui. C’est la densité de celui qui les entoure qui assure les progrès lents et successifs de ces tumeurs.

C’est en effet un caractère essentiel de l’extensibilité de presque tout le système cellulaire où les lames et conséquemment les cellules se rencontrent, de pouvoir toujours être mise en jeu subitement, d’une manière instantanée. On a un exemple

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de ce mode d’extension dans les emphysèmes artificiellement produits , qui font passer tout à- coup ce tissu d’un état complet de resserrement à la plus grande extension dont il est capable. L’injection artificielle des fluides divers présente le même phénomène. On l’observe encore à la suite des fractures, des contusions des membres, où l’on voit quelquefois d’énormes engorgemens se développer d’une manière presque subite. Le tissu cellulaire est le siège évident de ces engorgemens , qui ont lieu dans celui qui est sous-cutané, et non dans celui subjacent aux aponévroses, parce que l’extensibilité de ces membranes n’étant point susceptible de se mettre ainsi en jeu d’une manière subite, résiste à toute dilatation qui n’est point successivement amenée. Beaucoup d’autres organes, comme les tendons, les cartilages, les os, etc., quoique jouissant, comme le tissu cellulaire, de l’extensibilité de tissu, en diffèrent cependant, ainsi que les aponévroses, par l’impossibilité de se distendre ainsi suintement. En général, la mollesse de la trame primitive paraît influer beaucoup sur cette modification de l’extensibilité.

Trop distendu , le tissu cellulaire s’amincit d’abord sensiblement, et finit enfin par se rompre. Dans l’état naturel, aucun mouvement de l’économie n’est susceptible d’être poussé assez loin pour occasioner cette rupture : par exemple, j’ai remarqué qu’en prenant du tissu cellulaire sous l’aiselle, il faut l’étendre au moins trois fois plus qu’il ne l’est dans l’élévation du bras, pour occasioner ce phénomène. D’ailleurs, ce qui s’oppose encore à

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cette rupture , c’est l’espèce de locomotion qu’il est susceptible d’éprouver; en sorte que, trop fortement tiraillé, il déplace celui qui est contigu, l’attire et se trouve ainsi moins distendu. On voit ce phénomène d’une manière remarquable dans les engorgemens du testicule, dans l’hydrocèle volumineuse. Alors tout le tissu environnant, celui de la partie inférieure du ventre , du haut des cuissss et du périnée , tiraillé par celui qui recouvre la tumeur immédiatement, vient aussi s’appliquer sur elle.

J’ai remarqué que le tissu cellulaire enflammé perdait en partie cette propriété , et que , sur le cadavre, il se rompt avec une très-grande facilité. C’est ce qui arrive aussi surtout dans les indurations diverses dont il est le siège. Par exemple, celui qui environne la matrice devenue Cancéreuse, étant engorgé et tuméfié, a perdu toute faculté de s’étendre; il est même fragile, si je puis me servir de ce mot; le moindre effort suffit pour le rompre et le briser. Ce fait est contant dans toutes les affections cancéreuses un peu avancées de la matrice, et dans celles de beaucoup d’autres organes (i).

Contractilité.

La contractilité de tissu est mise en jeu dans le système cellulaire toutes les fois que l’extension où

(i) Le tissu sous-muqueux de l’intestin grêle devient aussi tellement fragile dans les entérites chroniques , que , sur le ca-

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il se trouvait cesse. Ainsi, dans l’amaigrissement, dans la résolution des œdèmes et des tumeurs, les cellules se concentrent sur elles-mêmes, et perdent une grande partie de la capacité quelles avaient acquise; dans une plaie qui a intéressé le tissu cellulaire avec la peau, les bords s’écartent, et un intervalle reste entre eux par le resserrement des cellules.

A mesure que l’on avance en âge , cette contractilité de tissu- devient moins facile à s’exercer; la jeunesse est l’époque de son plus d’énergie : aussi, à la suite des grands amaigrissemens qui surviennent aux vieillards , la peau est flasque et plissée en plusieurs sens, parce que le tissu cellulaire subjacent ne s’étant point reserré sur lui-même, l’enveloppe cutanée est restée éloignée des organes externes, et n’a pu se coller à eux. Au contraire, dans un jeune homme devenu très-maigre, la peau est exactement appliquée aux organes ; elle conserve sa tension, parce qu’en se contractant, les cellules la ramènent de toutes parts contre les parties; celles-ci font des saillies extérieures. Il faut bien distinguer ces saillies, qui, dans la face, for-

davre d’un individu qui a succombé à cette affection , il est facile d’attirer à soi , d’une seule pièce , et par un seul point , toute la membrane muqueuse de l’intestin , après avoir déchiré circu— làirement en dehors les tuniques séreuse et musculaire. Après la péritonite chronique , on peut enlever de la même manière , à la fois , les tuniques muqueuse et musculeuse accolées , comme je l’ai pratiqué plusieurs fois ; la dernière se sépare de la séreuse au moyen de la déchirure du tissu sous— péritonéal.

(F. Blandin).

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ment ce qu’on nomme traits effilés, d’avec les replis cutanés.

§ II. Propriétés vitales.

Les propriétés animales ne sont point l’attribut du tissu cellulaire dans l’état ordinaire : on peut impunément le couper avec l’instrument tranchant, le tirailler en divers sens , le distendre avec les gaz. L’animal soumis à ces expériences ne donne aucune marque de sensibilité. Si quelques douleurs se font sentir, cela dépend des filets nerveux qui le traversent et qui peuvent être irrités par hasard. Dans l’état maladif, au contraire, la sensibilité s’y exalte à un tel point, qu’il peut devenir le siège des plus vives douleurs : le phlegmon en est une preuve (i).

Les propriétés organiques sont très-marquées dans le tissu cellulaire. La graisse et la sérosité n’y seraient point absorbées, si elles ne faisaient sur lui une impression qui met en jeu la sensibilité organique. J’observe à l’égard de cette propriété, considérée dans le système cellulaire, que toutes les substances ne sont point en rapp'ort égal avec elle : parmi les fluides animaux , le sang , la lymphe et le lait ne l’exaltent point assez, lorsqu’ils s’y épanchent ou qu’on les y injecte, pour empêcher

(l) Ou pourrait soutenir que lea douleurs du phlegmon ne naissent pas du tissu cellulaire lui-même, mais seulement des nerfs qui le traverse , nerfs dont la compression est certaine dans cet état. (F. Blandin.)

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s l’absorption , qui a lieu pour eux comme pour la graisse et pour la sérosité. Au contraire, cette sensibilité est tellement altérée par le contact de l’urine, de la bile, de la salive et des autres fluides destinés à être rejetés au dehors, que souvent l’in- ( flammation est consécutive à leur contact, lequel ( n’en détermine point l’absorption. Parmi les fluides étrangers, l’eau injectée est absorbée; le vin et ( presque tous les autres fluides irritans excitent des f dépôts, et sont rejetés au dehors avec le pus qui en résulte. On sait que, dans l’opération de l’hydrocèle, des abcès au scrotum sont toujours le résultat du passage accidentel de l’injection dans le tissu cellulaire, passage qui est du à une déviation de la canule du trois-quarts. Les expériences sur les animaux vivans s’accordent parfaitement avec ce fait. Tout autre fluide irritant, les acides affaiblis, les dissolutions alcalines, etc., produisent le même 1 phénomène (i).

La contractilité organique insensible est évi-

1 (1) Quelque irritantes que soient les substances injectées dans

’ le tissu cellulaire, on sait aujourd’hui que toujours elles sont : absorbées, pourvu qu’elles soient liquides ou susceptibles de se ' dissoudre dans les fluides perspirés , sous l’influence de l’irritation qu’elles produisent. Les expériences de divers physiologistes, et notamment celles de MM. Dupuytren et Magendie, ont spécialement établi l’absorption de l’urine et de la bile injectées dans le tissu cellulaire. Ces fluides , et ceux qui sont comme eux très-irri— tans, détruisent immédiatement, ou par suite d’une violente inflammation , le tissu qu’ils touchent ; mais bientôt, affaiblis par leur mélange avec les fluides perspiratoires , ils deviennent moins âcres et sont complètement absorbés. ( F. Blandin. )

demment prouvée dans le tissu cellulaire par l’ex-

lialation et par l’absorption qui s’y opèrent.

Il jouit jusqu’à un certain point de la contractilité organique sensible. On sait que l’impression seule du froid suffit pour resserrer le scrotum d’une manière très-marquée; que, suivant qu’elle est irritée ou quelle se trouve dans l’état naturel, cette partie passe par des degrés très-différens de contraction et de relâchement : or, elle ne paraît contenir sous la peau que l’organe cellulaire, dont les filamens,il est vrai, présentent un aspect particulier, et semblent différer par leur nature des filamens des autres portions de ce système. Sans doute cette contraction n’est point à comparer à celle des muscles , mais elle en est certainement le premier degré ; elle est de même nature, ou plutôt elle tient le milieu entre la leur et ces oscillations impossibles à saisir que nous désignons sous le nom de contractilité organique insensible , que-d’autres appellent tonicité (i), etc.

Sympathies.

Les rapports du système cellulaire avec les autres systèmes sont très-nombreux et très-multipliés ,

(i) Quelques personnes attribuent aujourd’hui à la contractior des fibres éparses du crémaster, le resserrement du scrotun lorsqu’on le pince. Pour moi , je pense avec Biehat que ces mouvemens dépendent d’une véritable contraction du tissu cellulair du dartos , tissu qui me paraît former , entre le cellulaire et I musculaire de la vie organique , une transition insensible

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mais souvent il n’est pas facile de bien les apprécier. En effet , comme il est disséminé dans tous les organes, et qu’il concourt à la structure de tous,

,, on a souvent beaucoup de peine à distinguer ce qjii lui appartient d’avec ce qui est l’attribut des parties où il se trouve. Cependant, ces rapports deviennent manifestes en plusieurs circonstances : dans les affections aiguës, comme dans les maladies chroniques , il est très - susceptible d’être influencé par les affections des organes. Je ne parle pas ici des altérations nées de la juxta-position et de la continuité, altérations si communes comme nous l’avons déjà vu : je n’entends parler que de celles produites dans des endroits du tissu cellulaire qui n’ont aucun rapport connu avec l’organe affecté.

Dans les maladies aiguës qui ont leur siège dans un organe particulier, dans les poumons, dans l’estomac , les intestins , etc., souvent le tissu cellulaire s’affecte sympathiquement; il devient le siège d’inflammations, de foyers purulens, etc. La plupart des dépôts critiques dépendent de ce rapport réel, quoique inconnu, existant entre l’organe affecté et le tissu cellulaire. Souvent c’est l’exhalation ou l’absorption naturelle à ce tissu qui est al-

ce qui viendrait à l’appui de l’opinion de M. Blainville , qui considère la fibre musculaire comme une simple modification de la fibre cellulaire. Il est certains animaux qui n’ont pas de muscles distincts, et chez lesquels un tissu cellulaire analogue à celui du dartos produit les mouvemens de la locomotion. (F. Blindin. )

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térée dans les affections aiguës : de là les bouffissures, les œdèmes qui surviennent quelquefois subitement. J’ai soigné, à la salle Saint-Charles, un hgmme qui, par l’effet d’une forte terreur , éprouva un resserrement subit à l’épigastre : une teinte jaunâtre, indice de l’affection du foie par l’émotion, se répandit peu d’heures après sur son visage. Le soir il avait un œdème remarquable dans les membres inférieurs, œdème produit sans doute sympathiquement par l’influence du foie sur le tissu cellulaire. Cette influence des organes principaux sur ce système devient surtout remarquable dans les affections chroniques, dans les altérations de tissu qu’ils éprouvent. On sait que la plupart des mala-i dies lentes du cœur, du poumon, de la rate, de l’estomac, du foie, de la matrice, etc., ont pour symptômes, dans leurs dernières périodes, une leucophlegmatie plus ou moins générale, laquelle ne dépend que de l’affaiblissement né dans le tissu cellulaire. L’art doit beaucoup à M. Corvisart, pour avoir, un des premiers, fait sentir que presque toutes les infiltrations sont symptomatiques, que presque toutes dépendent par conséquent de l’influence exercée par l’organe affecté sur le tissu cel- 1 lulaire (i). Il arrive alors d’une manière lente ce

(i) On sait aujourd’hui, de la manière la plus positive , que les affections du cœur et des poumons déterminent la leucophlcgmatie en empêchant le dégorgement facile des systèmes capillaire et veineux des organes , et par suite en y déterminant une véritable pléthore , seule cause immédiate de l’accroissement morbide de l’exhalation cellulaire. L’explication proposée ici par

cellulaire. i i i

y pi est survenu presque tout à coup chez le malade o# lont je viens de parler.

un Nous voyons, dans toutes les maladies aiguës, la va >eau ressentir avec une extrême facilité l’influence ui- ympathique des organes malades, être plusieurs i.ois alternativement sèche ou humide de sueur Le lans la même période , souvent dans le même jour, il- e suis persuadé que le tissu cellulaire éprouve les >nêmes altérations que la peau, et que, si nous i vouvions voir ce qui s’y passe , nous découvririons ur es cellules plus ou moins humides , plus ou moins e; èches , suivant le mode d’influence qu’il reçoit, u l’est même à cela qu’il faut rapporter l’état différent des cadavres morts de maladies aiguës, lesif [uels présentent des variétés sans nombre dans îr eur sérosité cellulaire.

ie La plupart des médecins considèrent d’une maie îière trop générale une foule de symptômes qui u îe dépendent point, à proprement parler, comme . ls le pensent, de la maladie, mais uniquement de e ’affection sympathique exercée par l’organe mae ade sur les organes sains, lesquels, suivant qu’ils

’ Bichat serait d’ailleurs peu satisfaisante pour un esprit sévère , :ar il est trop évident que l’expression de sympathique appliquée i certains phénomènes organiques , ne peut être employée que . pour exprimer l’état d’ignorance dans laquelle nous sommes rela- . ivement aux causes qui les produisent. Au reste, pour deux raisons , toutes les explications de ce genre devraient être rejetées : i°. elles sont vagues et nulles; 2°. elles s’opposent aux progrès de la science, en la montrant à quelques personnes plus parfaite qu’elle ne l’est réellement. (F. Blandin. )

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sont affectés, produisent différens phénomènes vraiment étrangers à la maladie, qui la compliquent quelquefois, mais qui n’en fontpoint essentiellement partie : ils peuvent arriver comme ne pas surve nir, la maladie restant la même.

Remarquez que ce sont presque toujours la sen sibilité organique et la contractilité de même es pèce, qui sont mises en jeu dans les sympathie; cellulaires , parce que ce sont les deux forces vitale: essentiellement prédominantes dans ce système Ainsi la contractilité organique sensible et la con, tractilité animale sont-elles spécialement en exer cice dans les sympathies musculaires, suivant qui le système des muscles organiques ou celui de muscles de la vie animale reçoit l’excitation sym pathique.

Non-seulement le système cellulaire reçoit l’in fluence des autres organes dans ses sympathies mais il en exerce encore sur eux. Dans le phleg mon, qui est le mode inflammatoire de ce sys tème, si la tumeur est un peu considérable, sou vent diverses altérations se manifestent dans le fonctions du cerveau, du cœur, du foie, de l’esto mac, etc. Les vomissemens sympathiques, ce qu’o, nomme débordement de bile, les transports cére braux, etc., sont des phénomènes qui, dans le grands phlegmons, se manifestent souvent san appartenir à la maladie elle-même. L’art se sert d l’influence du système cellulaire affecté sur les au très organes, dans l’application des sétons. Soi vent, dans les maladies des yeux, un séton produ un effet qu’on n’a pu obtenir d’un vésicatoire

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pourquoi ? parce que le rapport qui existe entre le tissu cellulaire et l’œil est plus actif alors que celui qui lie ce dernier aux tégumens (i).

Caractère des Propriétés vitales.

D’après ce que nous venons de dire, on voit que l’activité vitale est assez prononcée dans le système cellulaire. Sous ce rapport il est bien supérieur aux autres organes qui sont blancs comme lui, et parmi lesquels on l’a rangé, tels que les aponévroses, les tendons, les cartilages, les ligamens, etc., organes remarquables par l’obscurité de leurs forces vitales, et par la lenteur de leurs fonctions. Aussi les phénomènes inflammatoires parcourentils leurs diverses périodes avec bien plus de promptitude dans ce système. Leur marche est trèsrapide , comparée à celle des diverses tumeurs qui se manifestent dans les systèmes dont je viens de parler.

La suppuration se forme ici avec une rapidité

( i ) La raison donnée par Bichat, de l’efficacité du séton à la nuque, dans l’ophthalmie, peut être citée comme exemple de la facilité avec laquelle on se laisse quelquefois abuser par le mot sympathie. En effet, dire que ce séton agit sympathiquement avec beaucoup d’avantage dansl’ophthalmie, c’est exprimer seulement ce fait simple : V observation a montré que, dans l’ ophthal— mie, un séton mis à la nuque a de grands avantages • mais ce n’est point montrer pourquoi il est plus efficace que le séton appliqué dans d’autres lieux. Bien plus , si l’on ne voit le vide de cette explication , on ne fait aucun effort pour en trouver une plus satisfaisante , et l’art reste stationnaire. ( F. Blandin).

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dont peu d’organes nous offrent des exemples. Tout le monde connaît le fluide qui résulte de cette suppuration. Sa couleur, sa consistance, toutes ses qualités extérieures sont devenues le type auquel nous rapportons les idées que nous nous formons du pus; en sorte que tout ce qui ne lui ressemble pas est communément jugé pus de mauvaise nature, ou, comme on le dit, sanieux. Cette opinion est fausse. Certainement le pus qui s’écoule d’un os , d’un muscle , de la peau datas l’érysipèle , des membranes muqueuses dans les catarrhes, est de très-bonne nature toutes les fois que l’inflammation parcourt régulièrement ses périodes ; et cependant il est totalement différent du pus cellulaire. Comme celui-ci est le plus fréquemment observé, surtout en chirurgie, nous nous sommes fait une idée générale du pus louable , comme du pus sanieux. Le pus cutané, le pus muqueux, le pus osseux, etc., ont chacun leur sanie propre ou leur dégénérescence. Ces dégénérescences diffèrent entre elles comme les altérations vitales de l’organe dont elles émanent. De même que le pus de chaque système diffère de celui des autres systèmes, de même les altérations dont il est susceptible sont différentes de leurs altérations purulentes.

Le tissu cellulaire prend-il des modifications vitales particulières dans les organes à la structure desquels il concourt ? D’après ce qui a été dit plus haut, cela ne paraît guère probable. Tout ce que je viens de dire > s’applique à ce système considéré seul, dans l’intervalle des organes, et abstraction faite de toute combinaison de structure avec eux.

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Il est possible cependant que son activité vitale se ralentisse dans les cartilages , les tendons , etc. , qu’elle s’accélère un peu dans la peau, que sa vie tende, en général, à se mettre en équilibre avec celle des parties où il se trouve : mais ce sont des conjectures que rien de positif ne confirme.

Ce qui ne doit pas nous échapper ici , c’est la différence manifeste de vie qui existe entre le tissu à lames et à filamens presque partout répandu , et le tissu uniquement filamenteux qui est extérieur aux surfaces muqueuses, aux vaisseaux sanguins et aux excréteurs , différence d’où résulte la rareté des inflammations et des tumeurs diverses de celui-ci. Il est souvent une véritable barrière ou s’arrêtent les affections du premier , barrière qui protège l’organe qu’il enveloppe. Ainsi j’ai plusieurs fois observé, dans l’ouverture des cadavres, que, tandis que le tissu ordinaire où sont plongées les artères est tout en suppuration, comme à l’aisselle, par exemple, tandis que, par le séjour du pus, ce tissu est comme désorganisé , celui qui forme la tunique externe des vaisseaux reste intact , et n’a pas subi la moindre altération. J’ai vu le même phénomène pour le tissu extérieur à l’uretère , dans des dépôts aux lombes, etc.

§ III. Propriétés de reproduction.

Le tissu cellulaire est distingué des autres organes par la faculté qu’il a de pousser des espèces de végétations, de s’allonger, de se reproduire, de croître, lorsqu’il a été coupé ou divisé d’une

manière quelconque. C’est de cette faculté que dépend la formation des cicatrices , des tumeurs , des kystes , etc.

InJluejice du tissu cellulaire sur la formation des cicatrices.

Les cicatrices peuvent s e considérer sous deux rapports : i° dans les organes extérieurs , dans le tissu sous-cutané et dans la peau spécialement; a0 dans les organes intérieurs. Suivons-les d’abord au dehors.

Toute plaie qui suit ses périodes ordinaires présente , entre l’époque de sa formation et celle de sa cicatrisation , les phénomènes suivans : i° elle s’enflamme; u° des bourgeons charnus se développent sur sa surface; 3° elle suppure; 4° ehe s’affaisse; 5° elle se recouvre d’une pellicule mince, rouge d’abord et qui devient ensuite blanchâtre. Parcourons ces diverses périodes.

Première période.

Le temps de l’inflammation commence à l’instant où une plaie est faite. Elle est le prompt résultat de l’irritation qu’a causée l’instrument, de celle que déterminent le contact de l’air, les pièces d’appareil ou les objets environnans. Jusqu’alors à l’abri de ce contact, la plupart des parties comprises dans la solution de continuité ne jouissaient que de la sensibilité organique; mais dès lors ces mêmes parties concourant à former la surface du corps, doivent jouir de la sensibilité animale, de celle qui

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transmet au cerveau les impressions reçues. Or, l’effet de l’inflammation sur les organes doués seulement de la première espèce de sensibilité, est de l’exalter à un point tel, qu’elle se monte au même degré que la seconde, et peut comme elle transmettre au cerveau les impressions senties : en sorte que, par là, des parties divisées par une plaie deviennent propres à remplir les fonctions des tégumens. C’est là sans doute le premier avantage de cette période inflammatoire de la cicatrisation.

Un autre avantage de cette période , c’est de disposer les parties au développement des bourgeons charnus» En effet, l’inflammation précède toujours ce développement. Or, le surcroît de vie qu’elle détermine dans nos organes paraît nécessaire pour animer les parties qui vont se reproduire : par elle le tissu cellulaire où doivent éclore les bourgeons se pénètre de plus de sensibilité et de plus de contractilité insensible; il s’élève à une température supérieure à celle des organes voisins ; il devient le centre d’un petit système circulatoire indépendant de celui du cœur. C’est au milieu de ce déploiement de forces que naissent et croissent les bourgeons charnus, pour la production desquels les forces naturelles auraient été insuffisantes. De là la pâleur, la flaccidité de ces productions, lorsque ces diverses fonctions s’affaiblissent ou cessent.

Deuxième période.

' La production des bourgeons charnus succède à l’inflammation. Elle offre les phénomènes suivans :

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de petits corps rougeâtres s’élèvent en tubercules inégaux et irrégulièrement disposés sur la surface de la plaie. Us ne sont point charnus, comme le nom qu’on leur a donné, sans doute à cause de leur couleur, semblerait l’indiquer. Ce ne sont que de petites vésicules cellulaires, pleines d’une substance épaisse, comme lardacée, que l’on ne connaît point encore, et qu’il serait bien essentiel d’analyser. Cette substance remplit tellement les cellules , qu’en soufflant de l’air dans le tissu subjacent à une plaie , soit dans un animal vivant, soit sur un cadavre, ce fluide ne pénètre nullement les bourgeons : leur masse se soulève en totalité, mais aucun d’eux ne se développe, ni ne se distend comme les cellules que cette substance ne remplit point; les bourgeons restent les mêmes au milieu du boursouflement général. J’ai fait souvent ces expériences sur des animaux que j’avais blessés exprès.

A mesure que les bourgeons se développent sur une surface cellulaire mise à découvert, on les voit s’unir ensemble, se coller pour ainsi dire, et former par leur réunion une espèce de- membrane provisoire, qui empêche absolument le contact de l’air sur les parties subjacentes, pendant que se forme la cicatrice véritable, celle qui doit toujours rester.

Cette membrane provisoire des cicatrices, cette espèce d’épiderme destiné à garantir les parties pendant le travail de la cicatrisation , diffère des* membranes séreuses ordinaires, en ce que cellesci sont lisses et partout uniformes, tandis que

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les bourgeons produisent ici une surface inégale et raboteuse. Cette inégalité des bourgeons et leur isolement apparent semblent d’abord s’opposer à la manière que j’indique de concevoir le premier état des cicatrices, mais l’expérience suivante ne laisse aucun doute là-dessus. J’ai fait une large plaie sur un animal, et je lui ai laissé parcourir ses premières périodes; l’animal a ensuite été tué : c’était un chien. J’ai enlevé la portion de chair sur laquelle les bourgeons s’étaient développés : je l’ai distendue par un corps saillant, placé du côté opposé aux bourgeons, de manière à rendre la surface bourgeonnée très-convexe, de concave qu’elle était : les tubercules se sont alors effacés; la pellicule provisoire , tiraillée, est devenue très-sensible : on l’aurait prise pour une membrane séreuse enflammée.

Il suit de là que, dès que les bourgeons sont réunis , tout accès est fermé à l’air ; et que ce qu’on dit communément du contact de ce fluide est inexact et contraire aux dispositions de la nature, qui sait , mieux que nous ne pouvons le faire par nos appareils, mettre à l’abri la partie divisée, pendant le temps où se prépare et s’opère le travail de la cicatrisation.

Voilà les phénomènes généraux que présentent les cicatrices cutanées dans les deux premières périodes de leur formation. Les cicatrices intérieures offrent, à quelque chose près, le même état. Or, il est facile de prouver qu’ici le système cellulaire joue un rôle important, exclusif même , et que tous ces phénomènes se passent dans son tissu ou dans

ses cellules. Les observations suivantes établissent, j d’une manière positive , la nature celluleuse et des bourgeons et de la pellicule provisoire qui en résulte. i°. Là où le système cellulaire est le plus abondant, comme aux joues, les bourgeons charnus naissent plus facilement, et les plaies sont plus promptes à se cicatriser. 20. La peau trop dénuée de tissu cellulaire se recouvre difficilement de ces sortes de productions-, et se recolle avec peine aux parties voisines : de là le précepte tant recommandé en chirurgie, de ménager ce tissu dans la dissection des tumeurs, dans l’extirpation des loupes, des kystes, etc. 3°. La macération ramène toujours à cette première base les surfaces des plaies bourgeonnées , quand on expose à cette expérience facile un cadavre qui s’en trouve affecté. 4°- La nature des bourgeons charnus est partout la même, quel que soit l’organe qui les produit , que ce soit un muscle, un cartilage, la peau, un os, un ligament, etc. : seulement ils sont plus ou moins tardifs , suivant que la vie de chaque organe est plus ou moins active , plus ou moins prononcée , et que les forces vitales s’y trouvent à un degré plus ou moins marqué. Ainsi ils paraissent au bout de quatre ou cinq jours sur la peau , et sont beaucoup plus long-temps à se manifester sur les os; mais leur texture, leur apparence extérieure, leur nature, sont toujours les mêmes. Donc ils sont l’expansion, la production d’un organe qui se rencontre dans tous les autres : or, cet organe commun à tous , cette base générale de toute partie or ganisée, c’est le tissu cellulaire.

La couleur rougeâtre des bourgeons charnus a fait croire qu’ils étaient une expansion vas<$daire; mais leur développement est étranger à toute pro- ; duction de vaisseaux sanguins. Voici à quoi il tient : d’un côté, nous avons vu que le tissu cellulaire ’ contient une foule d’exhalans, ainsi que d’absorbans , et qu’il en paraît presque tout formé : d’un autre côté, nous verrons que, dans l’inflam- ■ mation , il y a constamment passage du sang rouge dans ce genre de vaisseaux : donc , comme cl’une part les bourgeons charnus sont cellulaires, qu’ils ont par conséquent la nature de ce système; comme, d’une autre part, ils se trouvent toujours dans un véritable état inflammatoire, on conçoit que leur rougeur est la même que celle de la plèvre enflammée, du tissu cellulaire devenu le siège d’un phlegmon, de la peau érysipélateuse, etc., rougeur qui ne suppose point un allongement des vaisseaux sanguins, mais seulement un passage du sang dans ceux qui ordinairement charrient des fluides blancs. Cela est si vrai que, lorsque l’inflammation est passée, le sang cessant d’aborder à ces vaisseaux, la membrane reprend sa couleur naturelle; de même les bourgeons , après la formation de la cicatrice qui résulte de leur rapprochement, blanchissent, parce que le sang ne les pénètre plus. Or, s’il y avait production nouvelle de vaisseaux, ils continueraient à exister et à remplir leurs fonctions. D’ailleurs, comment supposer un développement de vaisseaux sanguins là où primitivement ils n’existent pas , comme sur les tendons, les .cartilages, etc., lesquels présentent, ainsi que les au-

très organes, dès bourgeons charnus dans leurs solutions de continuité ?

Concluons de ces diverses considérations , quë le système artériel est étranger à la formation des bourgeons charnus ; que le cellulaire seul y participe, parce que, seul, il est doué de la faculté de s’étendre, de croître et de se reproduire.

Voici donc ce qui arrive dans le second temps dè la cicatrisation des plaies. Le tissu cellulaire , en vertu de l’accroissement de force qui s’est développé dans la première période, s’élève en vésicules irrégulièrement disposées, qui exhalent une substance blanche peu connue, s’unissent à leur superficie, et forment une membrane provisoire (i). Mais comment cette membrane se transforme-t-elle en celle de la cicatrice ? Suivons la nature , qui arrive à ce temps par ceux de la suppuration et de l’affaissement.

Troisième période.

Le temps de suppuration n’existe point dans la cicatrice des os, dans celle des cartilages rompus, des muscles déchirés , et en général dans la réunion

(i) Cette membrane provisoire, que l’on appelle aujourd’hui membrane des bourgeons charnus , adhère par son pourtour au limbe de la plaie ; elle est douée d’une grande élasticité en vertu de laquelle elle rétrécit cette dernière , et même amène ses bords au point de contact , lorsqu’il n’y a pas eu perte de substance ; dans le cas contraire , elle se dessèche et se transforme en un véritable tissu cutané nouveau , toujours cependant plus mince et plus faible que les tégumens naturels. (F. Blandin.)

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is3

! 3e tous les organes divisés sans plaie extérieure. El faut donc démontrer d’abord quel rapport se trouve entre ces cicatrices et celles des organes ex- ' ternes; car un principe commun préside à toutes ' les opérations de la nature, quelque diverses qu’elles ! paraissent.

Lorsqu’un os est divisé , les deux premières péh riodes de sa réunion sont les memes que celles des ' organes extérieurs : les bouts s’enflamment, puis se ' couvrent de bourgeons cellulaires (i). Dans le troisième temps, ces bourgeons, préliminairement réunis, deviennent une espèce d’organe sécrétoire, ou plutôt exhalant, qui sépare d’abord de la gélatine, dont il s’encroûte, ce qui donne au cal une nature cartilagineuse, puis du phosphate calcaire, ce qui complète la disposition osseuse. Dans la cicatrice des cartilages, la gélatine seule est exhalée; dans les muscles divisés , c’est la fibrine (2) , etc. :

(1) Les bourgeons charnus doivent être considérés comme de petits organes accidentels destinés à la sécrétion du pus seule-

; ment. Ils manquent toutes les fois que cette substance ne doit pas être formée. On ne les remarque pas sur les extrémités des os fracturés, lorsqu’il n’y a pas de plaie extérieure. Si , au contraire , la fracture est compliquée de plaie , il en est autrement ;

1 la suppuration s’établit presque toujours alors entre les os.

(2) A la suite des plaies des divers organes , les cicatrices sont toujours de la même nature, c’est-à-dire cellulaires; et toujours aussi le produit inflammatoire est le même : c’est la lymphe plastique des auteurs; substance qui n’est que peu gélatineuse, mais qui contient beaucoup d’albumine et de fibrine. Au surplus , peut-être la gélatine n’est-clle jamais sécrétée dans l’économie animale ; cette substance, en effet, pourrait bien n’être pas un

en un mot, le tissu cellulaire est la base commune de toutes les cicatrices des organes intérieurs, puisque les bourgeons charnus sont les mêmes sur tous. Elles se ressemblent toutes par cette base : ce qui établit entre elles des différences, mest la matière qui se sépare et qui reste dans le tissu cellulaire. Cette matière est, en général, la même que celle qui sert à la nutrition de l’organe, que celle qui y est habituellement apportée et exportée par le travail de cette fonction. Or, comme chaque organe de système différent a sa matière nutritive propre , chacun à son mode particulier de réunion. Nous connaîtrions les cicatrices des différens organes tout aussi bien que celles des os , si les substances qui nourrissent ces organes nous étaient aussi connues que la gélatine et le phosphate calcaire. Le mode de développement des cicatrices intérieures est, en général, analogue à celui de la nutrition, ou plutôt il est le même, avec la seule différence que le tissu cellulaire, s’élevant en bourgeons irréguliers sur les surfaces divisées, ne fournit point à la cicatrice une base moulée sur la figure de l’organe : de là l’inégalité du cal, etc.

Voilà donc, en général, ce qui se passe dans le troisième temps des cicatrices des organes internes. A l’extérieur, il se manifeste des phénomènes à peu près analogues : la membrane qui recouvre les bourgeons charnus devient aussi une espèce d’or-

produit immédiat de la vie, mais résulter seulement de la décoction des matières organiques. Les muscles blessés ne sécrètent pas plus de fibrine que les autres organes. (F. Blandin. )

CELLULAIRE

Jjane exhalant qui sépare du sang un fluide blan- : ;hâtre qu’on appelle pus. Mais il y a cette difféu rence que , au lieu de rester dans le tissu des bourgeons, de pénétrer et d’encroûter ce tissu, comme e phosphate calcaire et la gélatine pénètrent les u, ps, il est rejeté au dehors et devient étranger à la if ’éunion; en sorte que, dans les cicatrices internes, 1 y a exhalation, puis encroûtement du fluide exîalé, et dans les cicatrices externes exhalation, r. mis excrétion de ce fluide.

f Au reste, une plaie intérieure qui intéresse le :issu cellulaire et qui suppure me paraît ressembler en tout aux surfaces séreuses , lesquelles se

I’ecouvrent, à la suite de leur inflammation, d’une îxsudation purulente. La pellicule mince qui ta- . bisse les bourgeons est de même nature que la , bièvre ou le péritoine enflammés, c’est-à-dire essentiellement cellulaire. Le pus est dans l’un et

! .'autre cas presque de même nature, et analogue i celui du phlegmon , parce qu’il vient d’organes semblables; tandis que, si la peau seule est intéressée, ce fluide est d’une nature toute différente, comme on le voit dans l’érysipèle.

L’exhalation du pus sur la surface de la cicatrice et des membranes séreuses me paraît avoir aussi beaucoup d’analogie avec celle de la matière blanchâtre de certains kystes.

Quatrième période.

La suppuration épuise peu à peu la substance blanchâtre qui remplit les bourgeons : alors leurs

cellules , d’abord très-gonflées , diminuent insensi blement de volume ; elles se resserrent en vertu d< leur contractilité de tissu; peu à peu elles adhèren entre elles , et de leur adhérence résultent diver phénomènes que voici. i°. Tous les tubercule charnus disparaissent , et une surface uniforme le remplace. 20. Cette surface est une membran mince , parce que l’épaisseur des bourgeons dépen dait, non des cellules, mais de la substance qui le pénétrait, et qui, ayant alors disparu, les laissi toutes seules. 3°. Cette membrane offre infinimen moins de largeur que la pellicule primitive qui re couvrait les bourgeons, parce que les cellules, ei revenant sur elles-mêmes , tiraillent de la circonfé rence au centre les bords de la division ; ceux-ci s< rapprochent; la largeur de la plaie diminue; ce mêmes bourgeons qui, dans le commencement occupaient souvent un espace d’un demi-pied d< diamètre, comme, par exemple, dans l’opératioiï du cancer, se trouvent alors condensés clans l’es pace d’un pouce ou deux.

Quand l’adhérence est complète entre toutes le: cellules qui formaient primitivement les bourgeon: charnus , la membrane de la cicatrice existe , résul tat de cette adhérence. Voilà comment toutes ce: chairs dont le développement nous étonnait , et qu paraissaient amplement réparer la perte de substance, ne sont plus qu’une pellicule, rougeâtre tant que les exhalans sont pleins de sang, mais en suite blanchâtre par le retour de ce fluide dans séï|j vaisseaux.

D’après ce mode d’origine des cicatrices exté-

CELLULAIRE

Heures , il est facile de concevoir, i° pourquoi elles adhèrent intimement aux endroits où elles se trouvent, et n’ont jamais la laxité des tégumens ; i° pourquoi la peau se rapproche de toutes les parties voisines, pour recouvrir la plaie - 3° pourquoi elle se ride en se rapprochant; 4° pourquoi là où elle prête le plus, la cicatrice a le moins d’étendue, comme aux bourses, aux aisselles , etc. ; pourquoi, au contraire , elle en a davantage là où elle cède difficilement, comme sur le sternum, sur le crâne, sur le grand trochanter , etc. ; 5° pourquoi l’épaisseur de toutes les cicatrices est constamment en raison inverse de leur largeur : en effet , comme il n’y a tou- | jours que la même quantité de bourgeons cellulaires pour les former , il faut que ce quelles gagnent dans un sens, elles le perdent dans un autre : de là, dans celles qui sont larges, beaucoup de facilité à se déchirer; 6° pourquoi elles n’ont point d’organisation régulière, pourquoi elles ne partagent point les fonctions de l’organe cutané quelles ' remplacent, et pourquoi leur texture est absolument différente de celle de cet organe.

La cicatrisation des plaies livrées à elles-mêmes, f surtout de celles avec perte de substance, diffère essentiellement de leur réunion par première intention, qu’on détermine par l’agglutination de leurs bords. Cette différence porte sur ce que, dans cette dernière, il n’y a ni la deuxième période, celle des bourgeons charnus ; ni la troisième , celle de la suppuration; ni la quatrième , celle d’affaissement : la réunion succède tout de suite à la première , savoir, à celle d’inflammation.

On voit, d’après tout ce qui vient d’être dit, que le tissu cellulaire est l’agent essentiel de la production de toutes les cicatrices , qu’il forme leur base et leur principe , que sans lui elles ne pourraient point avoir lieu, et qu’elles dépendent surtout de la propriété qu’il a de s’étendre et de croître.

Influence du Tissu cellulaire sur la formation des tumeurs.

Dans la formation des cicatrices , le tissu cellulaire ne s’accroît guère que de quelques lignes audessus du niveau de la division; les cellules qu’il forme dans sa reproduction ont en général peu de volume. Il n’en est pas de même lorsqu’il vient à s’écarter des lois ordinaires de la cicatrisation , lorsque quelque cause accidentelle altère ses propriétés vitales : alors on le voit pousser des végétations trèsétendues, et qui souvent contiennent beaucoup plus de ce tissu que les parties mêmes où elles sont nées. | Toutes les excroissances diverses désignées sous les noms de chairs fongueuses, d’hypersarcoses , de chairs mollasses, de fongosités, etc., ne sont qu’un i résultat de cet accroissement du système cellulaire, devenu supérieur à ce qu’il devrait être dans les lois ordinaires des cicatrices : aussi les cicatrices ne peuvent-elles se faire tant que ces productions irrégulières se manifestent : ce n’est qu’après qu’elles ont été réprimées que la consolidation s’opère. Mais c’est surtout dans les tumeurs diverses qu’on voit ce développement, cette reproduction remarquable du tissu cellulaire. Tous les fongus, espèce de pro-

CELLULAIRE

duction qui se développe exclusivement sur les membranes muqueuses, dans les sinus, aux fosses nasales, à la bouche, à la matrice spécialement, et qui diffèrent essentiellement des tumeurs qui ont leur siège sur les membranes fibreuses, sur la duremère , par exemple , quoiqu’un nom commun les confonde; tous les fongus, dis-je, sont du tissu cellulaire, plus une matière particulière déposée dans ses aréoles , matière qui , plus ou moins abondamment séparée, laisse sa base primitive plus ou moins à nu.

Les polypes, soit muqueux, soit sarcomateux, espèces de tumeurs qui sont également l’attribut du système muqueux , ont aussi le tissu cellulaire pour base primitive de leur organisation. Tous les différens cancers le présentent, d’une manière plus ou moins manifeste , dans le gonflement des parties auquel ils donnent lieu. Il faudrait passer en revue presque toutes les tumeurs, pour indiquer toutes celles que le tissu cellulaire concourt à former.

On peut donc le concevoir comme formant la base générale , le parenchyme de nutrition de presque toutes ces excroissances : il pousse , il croît d’abord sur la partie où la tumeur doit se développer; puis il s’encroûte de diverses substances étrangères, et dont la nature différente constitue la diversité des tumeurs. Ces phénomènes sont exactement analogues à ceùx de la nutrition ordinaire. En effet, tous les organes se ressemblent par leur base nutritive, par leur parenchyme de nutrition, qui est vasculaire et cellulaire; ils diffèrent par les substances nutritives déposées dans ce parenchyme. De Anit. gén. T. i.

l3o SYSTÈME

même toutes les tumeurs sont cellulaires : c’est leur caractère commun. Leur caractère propre se tire des substances que sépare le tissu , suivant que les altérations morbifiques dont il est le siège, modifiant différemment ses forces vitales , le mettent en rapport avec telle ou telle substance : ainsi, comme nous l’avons dit, toutes les cicatrices internes sontelles semblables dans la première période , dans celle des bourgeons charnus, et présentent- elles des différences à mesure que la substance nutritive de l’organe auquel elles appartiennent vient à les pénétrer.

On voit, d’après ces principes , comment la nature est la même dans ses opérations, comment une loi uniforme préside à toutes, et comment les applications seules de cette loi diffèrent entre elles. Partout où il y a nutrition naturelle, ou modification accidentelle de cette fonction, le tissu cellulaire joue un rôle essentiel : or, ce rôle important, il le doit, dans la cicatrisation et dans la formation des tumeurs, à la propriété singulière qu’il a de s’étendre, de se dilater, de croître. Examinez tomes les tumeurs développées sur les muscles, les tendons, les cartilages, etc.; vous n’y verrez jamais une expansion des fibres charnues, tendineuses, de la substance cartilagineuse, etc.; le tissu cellulaire seul part de l’organe et se répand dans la tumeur : ainsi les fibres des os, des muscles, des substances fibreuses, divisées dans les solutions de continuité ne se prolongent-elles point au-delà du niveau de la plaie , comme le fait le tissu fcellulaire de la partit pour la production des bourgeons.

Les tumeurs dont je parle n’ont rien de commun, comme on le conçoit , avec les tuméfactions aiguës qui constituent les phlegmons , ni avec cet engor-

Igement qu’éprouvent les membres où il y a eu une violente irritation, comme une fracture ou une luxation compliquées, un panaris , une piqûre avec un instrument venimeux, etc., engorgement qui se

I développe en général autour de toute partie extérieure vivement affectée , qui a une invasion quelquefois presque subite, qui n’est point réellement inflammatoire quoiqu’il offre tension, douleur, etc., et qui mérite plutôt le nom de boursouflement que celui d’ engorgement.

111 ne faut pas non plus confondre ces tumeurs avec certains engorgemens chroniques, où, sans croître , sans végéter , le tissu cellulaire s’infiltre , se pénètre de différentes substances qui en changent t la nature : tels sont ceux qui surviennent dans les maladies des articulations ; telles sont les callosités des fistules, etc., la matière lardacée qu’on trouve

dans certaines tumeurs , etc Dans tous ces cas ,

il n’y a point d’accroissement ni de végétation, i comme dans un polype, un fongus, etc....; c’est une

(substance plus solide que la sérosité, infiltrant le tissu cellulaire, et envahissant ses lames au point ; de les faire disparaître et de présenter un tout en i apparence homogène.

Au reste, il y a, à l’instant de la mort, une grande différence entre une tumeur aiguë et une tumeur chronique , que celle-ci soit produite par végétation ou par infiltration. Eu effet, elle reste la même et conserve jusqu’à la putréfaction son volume, sa

l3a SYSTEME

forme, sa densité, comme tous les organes. La première, au contraire, s’affaisse, comme je l’ai indiqué, par la chute des forces vitales. Cet affaissement varie : si la tumeur n’est autre chose que le boursouflement cellulaire dont je viens de parler, et qui est si commun dans les lésions extérieures, elle disparaît entièrement; si, outre ce boursouflement, il y a accumulation du sang, comme dans le charbon, le phlegmon, etc., une portion de la tumeur l’este, mais toujours elle diminue beaucoup de volume. En général, c’est sur ce boursouflement, dont on ignore la cause immédiate, que porte d’une manière spéciale l’affaissement.

Passons aune fonction non moins importante du tissu cellulaire, et qui est très-analogue à celle-ci.

Influence du Tissu cellulaire sur la formation des kystes.

On appelle kyste une membrane en forme de sac sans ouverture qui se développe accidentellement d'ans nos parties, et qui, contenant des fluides de nature différente, a été sous ce rapport divisée en plusieurs espèces. Or, les kystes sont essentiellement formés aux dépens du tissu cellulaire; ils naissent dans ses cellules, s’aggrandissent en tous sens : au milieu d’elles, et en portent tous les caractères.

Pour se convaincre de l’influence du système cellulaire sur la formation des kystes, il suffit de prouver qu’entre eux et les membranes séreuses, il y a la plus grande analogie, et même presque identité; car nous verrons que ces sortes de membranes sont

CELLULAIRE

essentiellement cellulaires. Or, voici quelles sont les analogies de ces deux espèces de productions , dont l’une est naturelle et l’autre accidentelle.

i°. Analogie de conformation. Les kystes forment tous des espèces de sacs sans ouverture, renfermant le fluide qui s’en exhale, ayant une face lisse , . polie et contiguë à ce fluide; une autre inégale, floconneuse, et continue au tissu cellulaire voisin.

a0. Analogie de structure. Toujours formés d’un seul feuillet, comme les membranes séreuses, les . kystes ont tous , comme elles , une texture cellulaire que prouvent la macération et l’insufflation. (Aussi naissent-ils constamment au milieu de l’or- , gane cellulaire, ordinairement là où il est le plus ■abondant. Peu de vaisseaux sanguins les pénètrent : le système exhalant y est très-caractérisé.

3°. Analogie de propriétés vitales. Sensibilité anii male nulle dans l’état ordinaire , très-prononcée j dans l’inflammation ; sensibilité organique toujours très-manifeste, tonicité, que caractérise une contraction lente et graduée, à la suite de l’évacuation artificielle ou naturelle des fluides contenus, etc. :

, voilà les caractères des kystes ; ce sont aussi, comme . nous l’avons vu, ceux des membranes séreuses.

4°. Analogie de fonctions. Les kystes sont évidemment l’organe sécrétoire ou plutôt exhalatoire du fluide qui y est contenu. L’exhalation y devient surtout très-caractérisée quand, à la suite de l’éva- , cuation de ces fluides , on a pas soin d’emporter la poche membraneuse , ou d’y exciter une inflammation artificielle. L’absorption s’y manifeste dans la guérison spontanée des hydropisies enkystées, gué-

l34 SYSTÈME

rison à laquelle peut seule concourir cette fonction.

5°. Analogie d’affections. Qui ne sait qu’entre l’hydropisie de la tunique vaginale et l’hydropisie enkystée du cordon , il y a la plus grande analogie (i), que les moyens curatifs sont les mêmes, que les accidens ne diffèrent point, que dans toutes deux l’inflammation qu’on fait naître par l’injection d’un fluide étranger, du vin, par exemple, est la même, et détermine par un semblable mécanisme la guérison? Qu’on ouvre deux cadavres attaqués chacun d’une de ces deux affections, qu’on compare ensuite l’état des deux poches où le fluide est amassé : l’aspect est exactement le même. Otez du kyste des mélicéris le fluide qui y est contenu, vous ne trouverez que peu de différence entre lui, les kystes hydropiques et les membranes séreuses (2).

(1) On sait aujourd’hui que le plus souvent le kyste qui consti— j tue l’hydropisie enkystée du cordon est formé par une portion du péritoine ; tantôt, par le col incomplètement oblitéré de la tunique vaginale, tantôt par un sac herniaire : ce kyste enfin n’est 'pas pro— ] duit de toutes pièces dans le tissu cellulaire. Ainsi cet exemple , choisi parBichat, ne conviendrait plus aujourd’hui pour prouver l’analogie des kystes cellulaires avec les membranes séreuses.

( F. Blandin. )

(2) Il existe des différences bien tranchées entre les kystes mé-

licériques, ceux des stéatômes , et les membranes séreuses. Ces kystes , en effet , sont tout-à-fait cutanés : ce sont des follicules dont le goulot s’est oblitéré , et qui , ayant continué dans cet état, leur fonction sécrétoire, se sont remplis de la matière qu’ils forment, et ont subi un accoissemcnt morbide plus ou moins con-, sidérable . (F. Blandin . )

cellulaire. i35

Les considérations précédentes nous mènent à établir une parfaite ressemblance entre les kystes et les membranes séreuses (i), dont ils partagent tous les caractères , et dans le système desquelles ils entrent essentiellement, ainsi que dans le système cellulaire par conséquent. Il est très-probable qu’il y a un rapport entre les unes et les autres, et que, quand un kyste se développe et fournit une abondante exhalation , l’exhalation des membranes séreuses diminue : au reste , ceci n’est point appuyé sur des preuves directes. Il se présente ici une question essentielle, celle de savoir comment se développent les kystes; comment une membrane qui n’existe point dans l’état naturel peut naître , croître , et même acquérir un développement très-considérable en certaines circonstances. On résout

[communément ce problème de la manière suivante : il s’amasse d’abord un peu de fluide dans une cellule ; ce fluide augmente , dilate dans tous les sens la cellule, dont les parois se collent aux cellules voisines, et augmentent ainsi d’épaisseur. Peu à peu ce fluide , séreux dans les hydropisies , blanchâtre et épais dans le stéatôme, etc., augmente en quantité, presse en tous sens la poche qui le renferme, l’agrandit, la comprime contre les or-

(i) tes kystes que l’on rencontre dans le tissu cellulaire ont quelquefois à l’intérieur une surface lisse et polie , ceux-là ressemblent en effet complètement aux membranes séreuses. Mais il en est d’autres qui ont plus de rapports avec la membrane tégumentaire générale : les uns, à surface sèche, présentent l’apparence cutanée ; les autres , rougeâtres et veloutés à l’intérieur T paraissent de nature muqueuse^ (F. Blandin.)

l3 6 SYSTÈME

ganes voisins, et lui donne la forme sous laquelle elle s’offre à nous. Rien de plus simple, au premier coup d’œil , que cette explication mécanique : cependant, rien de moins conforme aux procédés de la nature. Les considérations suivantes serviront à le prouver : i°. Les kystes sont analogues, sous tous les rapports , aux membranes séreuses : comment donc auraient-ils un autre mode d’origine que ces membranes, lesquelles ne se forment jamais, comme 1 nous le verrons, par la compression du tissu cellu- ! laire? 2°. Une origine aussi mécanique, où tous les vaisseaux, pressés les uns contre les autres, doivent inévitablement s’oblitérer , ainsi qu’on le voit sur la peau devenue calleuse, s’accorde-t-elle avec la fonction exhalatoire et absorbante des kystes, avec leur mode particulier d’inflammation? 3°. Comment, si les cellules, appliquées et collées les unes aux autres, forment ces sacs contre nature, le tissu cellulaire voisin ne diminue-t-il pas, ne disparaît—il pas même, lorsqu’ils acquièrent beaucoup de volume? 4°* Si, d’un côté, les kystes se forment 1 par la compression du tissu cellulaire, si d’un autre côté, il est vrai, comme on n’en peut douter, que leur fluide soit exhalé par eux, il faut donc dire que ce fluide préexiste à l’organe qui le sépare du sang : j’aimerais presque autant assurer que la salive préexiste à la parotide, etc.

Je crois que la conséquence immédiate des réflexions précédentes, c’est que l’explication commune de la formation des kystes est essentiellement contraire à la marche générale que suit la nature dans ses opérations. Comment donc naissent et

CELLULAIRE. 1Z7

croissent ces sortes de poches? comme toutes les tumeurs que nous voyons végéter au dehors, ou se ■ manifester au dedans; car il n’y a, pour ainsi dire,

! de différence entre ces deux sortes de productions 1 contre nature, que dans la forme que chacune affecte. La plupart des tumeurs rejettent par leur 1 surface extérieure le fluide qui s’y sépare. Le kyste, au contraire, exhale ce fluide par sa surface interne , et le conserve dans sa cavité. Supposez une tumeur fongueuse en suppuration se transformant tout à coup en cavité , et la suppuration se transportant de la surface externe sur les parois de éette cavité : ce sera un kyste. Réciproquement, supposez un kyste superficiel dont la cavité s’oblitère, et dont le fluide s’exhale à sa face externe : vous 1 aurez une tumeur en suppuration.

Puis donc que la forme seule établit une diffé- , rence entre les tumeurs et les kystes , pourquoi la formation de ceux-ci ne serait-elle pas analogue à 1 celle des premières? Or, a-t-on jamais imaginé d’attribuer à la compression la formation des tumeurs extérieures ou intérieures ? Il faut donc concevoir la production des kystes de la manière suivante :

: ils commencent d’abord à se développer (i) et à

(1) Vainement Bichat s’efforce-t-il (le nous prouver que toujours le kyste cellulaire préexiste à la formation de l’humeur qu’il contient ; cela est vrai seulement pour quelques-uns , pour ceux des mélicéris et des athérômes, qui sont des follicules développés d’une manière morbide , pour ceux des ganglions, qui sont des bourses muqueuses, etc. Mais, dans d’autres cas, on voit évidemment le kyste se former après son fluide, tantôt par un

croître au milieu de l’organe cellulaire , par des lois très-analogues à celles de l’accroissement général de nos parties, et qui semblent être des aberrations, des applications non naturelles de ces lois fondamentales que nous ne connaissons point. Quand le kyste est une fois caractérisé, l’exbalation commence à s’y opérer : d’abord peu abondante , elle augmente ensuite à mesure qu’il fait plus de progrès. L’accroissement de l’organe exhalant précède donc toujours l’accumulation du fluide exhalé , de mêm£ que , toutes choses égales d’ailleurs , la quantité de suppuration d’une tumeur est en raison directe cîe son volume.

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