‹ Anatomie générale :Chapitre 6 sur 40 · X PRECIS HISTORIQUE · texte numérisé non relu

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eux-mêmes , il eut tout l’avantage de celte éducation d’exemple qui dispose insensiblement l’esprit à un genre déterminé de travail , en présentant sous un aspect d’agrément et de curiosité ce qui doit être un jour l’objet d’une occupation sérieuse ; éducation si puissante , qu’on regrette tant do fois quand on ne l’a pas reçue, et qu’on ne méprise que quand on est incapable d’en apprécier les heureux effets.

il est inutile d’insister sur cette partie de la vie de Bichat qui se passa dans le cours des éludes communes, de parler des couronnes qu’il obtint en rhétorique, et de la manière distinguée avec laquelle il figura dans les exercices de philosophie. Bornons-nous à exposer avec quelque détail ce qu’il fit pour la science médicale , et hâtons-nous d’arriver au moment où il commença à la cultiver d’une manière exclusive,

Ce fut à Lyon qu’il se livra pour la première fois aux travaux anatomiques. L’ardeur qu’il y mit , la facilité avec laquelle il vainquit les difficultés ordinaires que présente cette étude , lui attirèrent en peu de temps l’estime toute particulière de ses maîtres. Associé souvent par eux à l’enseignement, il y faisait déjà paraître cet esprit méthodique qui le caractérisa toujours dans la suite lorsqu’il enseigna en son propre nom.

A cette époque , l’anatomie n’était guère cultivée que comme introduction nécessaire aux études chirurgicales ; on s’occupait peu de la médecine proprement dite , et les noms de J.-L. Petit , de Lapeyronie , de Morand, de frère Côme , etc. , retentissaient plus souvent dans les écoles que ceux des Sydenham, des Boerhaave, des Stoll. Il est facile d’en concevoir la raison , en se reportant au temps dont je parle. C’était le célèbre Desault qui dominait alors dans l’art de guérir. Son génie actif et ardent entraînait tous les esprits vers la chirurgie , et déjà plusieurs de ses

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élèves , pleins du feu qui l’animait , avaient répandu au loin sa doctrine , dont mille succès garantissaient tous les jours la solidité. D’ailleurs, il faut en convenir, les circonstances publiques où l’on se trouvait étaient beaucoup plus favorables à la chirurgie qu’à la médecine. Déchirée au dedans par l’anarchie révolutionnaire, la France ne se soutenait plus que par les étonnantes conquêtes qu’elle faisait au dehors. Sa vie , si j’ose parler ainsi , était tout entière dans ses armées; et sur toutes les frontières , une foule de guerriers , achetant leurs victoires au prix de leur sang , réclamaient sans cesse des secours que la chirurgie seule pouvait leur donner.

Entraîné par l’impulsion générale , Bichat se livra donc d’abord exclusivement à cette première partie de l’art de guérir. Il en étudia les principes , et commença à en remplir les fonctions sous Marc-Ant. Petit, chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu de Lyon. Guidé par cet estimable praticien , dont le nom rappelle à la fois les vertus les plus modestes et les talens les plus distingués , il obtint bientôt toute sa confiance par les progrès rapides qu’il fit. Mais Bichat devait briller sur un plus grand théâtre. La capitale lui offrait, pour donner l’essor à son génie, des secours qu’il eût vainement cherchés ailleurs. Ce fut la tourmente révolutionnaire qui l’y amena. Obligé, après le siège de Lyon , de quitter un pays où la jeunesse était un crime digne de mort , il vint se réfugier dans nos bras , et chercher, au sein d’une ville immense, la sûreté qui n’était accordée ailleurs ni au mérite ni à l’âge.

Ceux qui se rappellent ces temps déplorables , et qui savent à quel point tous les esprits étaient comprimés , tous les cœurs glacés par l’effroi , ne seront pas surpris qu’à l’époque dont je parle , Bichat songeât peu à profiter des belles dispositions qui étaient en lui, et bornât ses projets à parcourir la carrière commune qui s’offrait aux

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jeunes chirurgiens. Son dessein, disait-il, était de suivre, pendant quelque temps , l’école de Desault pour se perfectionner , et d’aller ensuite dans les armées , où l’on trou-* vait, avec l’occasion de pratiquer, plus de sûreté personnelle que dans tout autre séjour.

Il suivit donc l’Hôtel-Dieu avec la foule des élèves , et sans songer à se faire remarquer, sans demander aucune place , il se contenta pendant quelque temps de rédiger , comme les autres, les leçons publiques de Desault , et de s’en pénétrer par une étude assidue et persévérante. C’était là son unique occupation , lorsque le 9 thermidor vint rassurer un peu les esprits , et fit espérer plus de tranquillité pour les sciences , plus d’encouragement pour les talens, Bichat commença à sentir ses forces et à porter ses vues plus loin qu’auparavant. Une circonstance fortuite se présenta bientôt et le transporta en un moment de la route obscure qu’il suivait , dans la position la plus brillante qu’il fût permis d’espérer.

C’était un usage établi dans l’école de Desault, que certains élèves choisis se chargeassent, chacun à son tour , de recueillir la leçon, et delà rédiger en forme d’extrait. On lisait cet extrait le lendemain après la leçon du jour; et cette lecture publique , présidée par le chirurgien en second , avait le double avantage de représenter une seconde fois aux élèves les utiles préceptes dont ils devaient se pénétrer , et de suppléer à l’inattention assez ordinaire de la multitude dans une première leçon. Un jour où Desault avait disserté long-temps sur la fracture de la clavicule , et avait démontré l’utilité de son bandage en l’appliquant en même temps sur un malade, l’élève qui devait recueillir ces détails était absent. Bichat s’offrit pour le remplacer. La lecture de son extrait causa la plus vive sensation. La pureté de son style , la précision et la netteté de ses idées, l’exactitude scrupuleuse de son résumé annonçaient plutôt

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un professeur qu’un élève. II fut écouté avec un silence extraordinaire , et sortit comblé d’éloges, couvert d’applaudissemens réitérés.

Rendons ici un légitime hommage à l’école célèbre dont nous parlons. Ailleurs peut-être, ces applaudissemens , ces éloges eussent été la seule récompense d’un mérite naissant , et on eût bientôt oublié celui qui les avait obtenus. Il n’en était pas de même chez Desault. Juste appréciateur des talens , accoutumé à les distinguer aux traces les plus fugitives , il aurait cru se manquer à lui-même en négligeant de les cultiver dès qu’il les avait découverts. A peine eut-il appris par Manoury , chirurgien en second , l’anecdote que je viens de raconter , qu’il fut impatient de connaître Bichat; et dès les premiers entretiens, il jugea avec tant de sagacité ce qu’il pouvait devenir un jour , qu’il ne balança pas à lui offrir sa maison et à le traiter comme son fils , le destinant dès lors à lui succéder dans sa réputation.

Il n’en fallait pas tant pour exciter au plus haut point l’activité naturelle de Bichat. Dès ce moment il se livra au travail avec une ardeur infatigable, et la variété de ses occupations fut l’unique délassement qu’il se permit. Outre le service de chirurgien externe qu’il faisait à l’hôpital, il était chargé de visiter tous les jours au dehors une partie des malades de Desault , de l’accompagner partout pour le seconder dans ses opérations, de répondre par écrit à un grand nombre de consultations envoyées des départemens; et lorsque la journée avait été consumée à des travaux semblables , une partie de la nuit se passait encore à aider Desault dans ses recherches sur divers points de chirurgie. Cet illustre praticien avait entrepris , dans les derniers temps de sa vie , un cours fort étendu de maladies des os. Avant chaque leçon, on devait présenter par écrit l’exposition méthodique de la doctrine des différens

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auteurs, depuis Hippocrate jusqu’à nos jours, sur le point qui allait être traité. Bichat fut encore chargé de ce travail surajouté à tant d’autres , et s’en acquitta avec une exactitude aussi parfaite que s’il y eût consacré tout son temps.

Quoique Desault exigeât beaucoup , Bichat faisait encore plus. Sa prodigieuse facilité lui procurait des momcns libres au milieu de tant d’occupations; et ces momens si courts , il les employait , soit à perfectionner par la dissection ses connaissances anatomiques , soit à s’exercer aux opérations , soit à discuter avec ses amis sur quelque poiut de chirurgie ou de physiologie. Cette application continuelle , aidée de l’esprit le plus*pénétrant , lui eut bientôt donné un fonds de connaissances qui lui permettait désormais de se soutenir par lui-même , et qui le dispensait de chercher ailleurs que chez lui les moyens de son avancement. Aussi la mort de Desault , survenue presque subitement (le ier juin 1790 ), affligea Bichat sans le déconcerter; il sentit que son génie lui applanirait bientôt tous les ob stades; et après avoir donné au maître qu’il venait de perdre les larmes de la reconnaissance et de l’amitié, après avoir rendu à sa mémoire un hommage digne de lui dans le quatrième volume du Journal de Chirurgie , qu’il termina et mit au jour, il ne songea plus qu’à entrer dans une roule plus vaste encore et plus brillante que celle où il avait marché jusqu’alors.

C’est à cette époque , en effet , que commença proprement cette suite de travaux par lesquels Bichat devait immortaliser son nom ; c’est alors que , laissé à ses propres forces, il les développa dans toute leur étendue, et qu’on vit en lui non plus le premier élève d’un homme célèbre, mais un homme qui saurait parvenir à la plus grande célébrité sans aucun secours étranger. Peut-être sentait-il dès ce moment jusqu’où il pouvait aller , et se traça-t-il à lui-

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même le plan des travaux qu’il devait entreprendre. On le croirait en voyant l’ordre et la méthode avec lesquels il procéda dans la carrière de l’enseignement ; mais on ne peut guère s’arrêter à cette idée , quand on songe que ses succès furent dus presque entièrement aux découvertes qu’il fit , et que les découvertes , ouvrage rapide et subit du génie , ne sont presque jamais amenées par une longue et tranquille réflexion. Sans doute Bichat connaissait ses avantages, et un pressentiment plus fort que les raisonnemens les mieux suivis, l’avertissait, dès qu’il entra dans la carrière, que les prix les plus glorieux lui étaient réservés; mais il ne pouvait calculer encore ni l’étendue des pas qu’il ferait , ni la rapidité avec laquelle il devait poursuivre sa course.

La modestie , a-t-on dit depuis long-temps , est toujours la première vertu desgrauds hommes; Bichat justifia cette maxime. Peu fastueux dans ses promesses , il se proposa seulement d’aller toujours au délit de ce qu’il avait annoncé. Lorsqu’en 1797 il entreprit pour la première fois un cours d’anatomie , il se contenta d’un local étroit et peu commode, ne supposant pas qu’un grand nombre d’élèves dût le suivre. Il n’établit point de laboratoire , et se borna à de simples démonstrations. Mais déjà il y mêlait des dissertations physiologiques assez étendues; il multipliait les expériences sur les animaux vivans, dans la vue de vérifier les faits connus, et de déterminer exactement le point d’où il devait partir pour découvrir des faits nouveaux. Ce fut dans cette année qu’il établit les premiers principes de sa théorie sur les membranes synoviales , prélude du grand travail qu’il devait faire sur les membranes en général. L’intervalle de ses leçons était presque entièrement rempli par des discussions scientifiques avec les plus instruits doses élèves; et souvent, dans des cours accessoires , il démontrait encore soit l’ostéologie, soit les

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maladies des os , profitant sans cesse des moindres occasions pour aller fort au delà de son sujet, et donner l’essor à la foule des idées qui naissaient déjà dans son esprit.

Onétait peu surpris cependant de lui voir entreprendre ces travaux, que bea ucoup d’autres avaient entrepris comme lui, quoique avec moins de moyens et de succès. On le fut davantage, lorsque, à la suite du cours d’anatomie , il en commença un d’Opérations. Jusque là , l’opinion publique supposait qu’un praticien pouvait seul s’acquitter avec avantage de cette partie de l’enseignement, et les élèves nombreux qu'il eut alors furent amenés plus peut-être par la curiosité que par une véritable confiance. Bichatme témoigna plusieurs fois que c’était là un de ses coups d’essai les plus hardis. IL voulait, disait-il, prouver que , quoi (ju on en dît , un jeune homme pouvait mettre dans un cours d’Opérations toute i exactitude nécessaire. II y parvint. Son adresse naturelle , développée par un exercice assidu du manuel opératoire sur le cadavre , le fit paraître aux yeux de tous ceux qui le suivirent , non comme un chirurgien jeune et timide , mais comme un homme consommé dans la pratique, et capable de justifier par son exemple , au lit du malade , tout ce qu’il enseignait dans ses leçons.

Cependant , le nouveau genre d’occupations auquel Bichat se livrait influait sensiblement sur sa santé. Peu accoutumé auparavant à parler en public , il se trouvait tout à coup obligé de réitérer continuellement cet exercice. Une hémoptysie considérable le força de s’arrêter , et fit craindre pendant quelque temps pour ses jours. Retenu long-temps au lit par celte maladie, il souffrait moins des douleurs qu’elle lui causait que de la nécessité où elle le mettait de se reposer et de cesser tout travail. Aussi poursuivit-il sa route avec plus d’ardeur que jamais, lorsque sa santé fut rétablie. Il oublia le danger qu’il avait couru,

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et consentit à en courir de plus grands encore , pourvu qu’il arrivât au point de gloire qu’il prévoyait ne pouvoir lui échapper désormais. Assuré de réussir, il entreprit un cours d’anatomie plus étendu que le premier , et établit un laboratoire de dissections que près de quatre-vingts élèves remplirent aussitôt.

Ceux qui n’en ont pas été témoins oculaires auront peine à crofte qu’un seul homme pût suflfue à tout ce que Bichat fit dans ce second hiver. L’extrême difficulté de se procurer alors des sujets pour les travaux anatomiques l’obligeait û des fatigues extraordinaires , qui , réunies aux leçons publiques , auraient absorbé tout le temps d’un autre. Cependant il faisait en outre la plus grande partie des démonstrations particulières dans les salles , quoiqu’il eût dans MM. Hay et Rosière les plus zélés coopérateurs. Très-souvent il préparait lui-même les pièces qui devaient servir à ses leçons publiques.il faisoit des expériences physiologiques suivies sur les animaux vivans; et lorsque le soir il rentrait chez lui , accablé par la lassitude et par une contention d’esprit continuelle , au lieu de se donner le repos nécessaire , il passait la plus grande partie des nuits à rédiger les OEuvres chirurgicales de Desault, dernier hommage qu’il crut devoir à la mémoire de celui qui avait été son maître.

Dès cette époque, Bichat songeait à jeter un nouveau jour sur la physiologie. Cette science était même l’objet spécial de plusieurs de ses leçons; mais il ne présentait encore sur elle que quelques aperçus : l’anatomie l’occupait presque exclusivement. Il croyait , avec raison , que pour entrer avec succès dans l’étude des fonctions , il fallait fixer parfaitement ses idées sur la structure des organes. Ses vues se dirigèrent principalement sur le système membraneux , négligé jusqu’alors par les anatomistes. La découverte des membranes synoviales qu’on n’avait point Anat. gçn. t. i.

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connues avant lui , le conduisit à examiner avec soin les autres membranes que l’on connaissait déjà, mais dont on n’avait déterminé exactement ni la structure ni les propriétés. On les avait observées chacune en particulier, comme formant partie intégrante de tel ou tel organe; Bichat les envisagea dans leur ensemble , et les rapprocha les unes des autres par leurs caractères communs , quelque place qu’elles occupassent dans l’économie'organique. La première idée de cette classification lui avait été fournie par les réflexions de Pinel, dans sa Nosographie philosophique ; mais il se la rendit propre parles faits multipliés qu’il découvrit , et surtout par la distinction des membranes fibreuses que Pinel n’avait point indiquées.

Ces belles considérations qui formaient un corps complet de doctrine sur les membranes , n’étaient encore exposées par Bichat que dans ses cours. Deux mémoires les présentèrent pour la première fois au public dans le second volume du Recueil de la Société médicale d’émulation. Bichat en ajouta trois autres sur des points importans de la chirurgie. Dans l’un , il décrivit une nouvelle espèce de trépan, dont les avantages sur l’ancien tiennent à la facilité d’élever et d’abaisser à volonté la couronne au moyen d’une vis, ce qui permet d’employer la pyramide à la pl ace du perforatif , et de la cacher ensuite en entier sans la défaire , manœuvre qui simplifie le procédé opératoire, en dispensant de démonter à plusieurs reprises l’instrument. Dans le second mémoire , il prouva , par l’examen anatomique et par l’observation , l’impossibilité du déplacement dans la fracture de l’extrémité humérale de la clavicule, et l’inutilité du bandage compliqué de Desault dans ce cas. Dans le troisième, il indiqua pour la ligature des polypes un nouveau procédé, au moyen duquel on peut se contenter de la canule et du serre-nœud de Desault, sans y ajouter son porte-nœud, inutile et quelquefois nuisible au succès de l’opération.

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Enfin, Bichat , profitant du loisir que lui laissait la fin des exercices anatomiques , publia , dans un dernier mémoire, ses premières vues sur la physiologie, il y établit cette belle distinction des deux vies qu’il fondait alors spécialement sur la forme extérieure des organes , mais qu’il devait ensuite appuyer sur tant d’autres bases non moins solides.

Nous indiquons en même temps ces six mémoires , moins parce qu’ils parurent à la fois , que parce que leur réunion présente sous un même coup d’œil le plan général de tous les travaux qui ont illustré la vie de Bichat, et nous montre en un instant toutes les idées primitives dont la découverte et le développement ont donné à son nom un éclat immortel dans les sciences. En effet, on voit ici Bichat d’un côté terminer honorablement sa carrière chirurgicale , en ajoutant h l’art des faits nouveaux et des inventions utiles , de l’autre faire briller la première aurore des lumières qu’il devait répandre , soit sur la physiologie, soit sur l’anatomie, en les envisageant toutes deux sous de nouveaux rapports.

Lorsqu’il eut ainsi éveillé l’attention publique, il songea h tenir les promesses qu’il avait faites, et h présenter avec plus de détails des vérités dont il venait de donner les premiers aperçus. Dans un traité qu’il publia bientôt, il développa sa doctrine sur les membranes, envisageant ces organes sous le raport de leur forme , de leur organisation , de leurs propriétés vitales, de leurs fonctions, enfin de leurs sympathies. Ces considérations l’obligèrent à exposer d’avance avec quelque étendue plusieurs de ses principes physiologiques. Souvent même la découverte de ces principes résulta de ses recherches sur les organes qu’il examinait. Ainsi la différence des forces vitales dans les membranes muqueuses soumises au contact des corps extérieurs, et les membranes séreuses profondément soustraites

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