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L'ombilic cutané, que l'on désigne encore sous le nom de nombril, est une cicatrice adhérente aux plans profonds. C'est la cicatrice que laisse le cordon ombilical après sa chute.
Comme toute cicatrice adhérente, elle est déprimée et le revêtement cutané est dénué de plan cellulo-graisseux sous-jacent.
La graisse sous-cutanée s'arrête au pourtour de la cicatrice, en formant une saillie circulaire que l'on appelle h bourrelet ombilical. On conçoit aisément que la dépression ombilicale sera par conséquent d'autant plus profonde que le panicule adipeux sera lui-même plus développé. Aussi le nombril, c'est-à-dire la cicatrice, sera sur le plan même de la paroi abdominale chez les sujets très maigres; profondément enfoui dans une dépression très marquée chez les sujets gras.
Le centre de la cicatrice ombilicale est légèrement en saillie. Un noyau dur et fibreux occupe ce centre et le revêtement cutané y est intimement soudé et adhérent, sans qu'il soit possible de le mobiliser ou de l'attirer. On lui donne le nom de mamelon ou tubercule ombilical. C'est ce mamelon non épidermisé qui donne lieu au granulome des nouveau-nés.
A son pourtour, la peau, plus ou moins plissée, est adhérente à la profondeur sur une largeur de 5 à 6 millimètres environ. Cette zone d'adhérence mesure donc un centimètre environ de diamètre. Le panicule graisseux s'arrête net à ce pourtour, en sorte que le bourrelet ombilical surplombe le fond de l'ombilic de façon variable suivant l'adiposité de l'individu. Il se dessine donc à ce niveau un pli qui sépare la zone d'adhérence du reste de la peau : c'est le sillon ombilical.
Nous verrons plus tard que les hernies qui passent à travers l'anneau ombilical profond ne déplissent jamais la cicatrice, mais la soulèvent et la dévient. Ce sont les seuls cas où le nombril n'occupe plus rigoureusement la ligne médiane du ventre.
2° Face latérale ou flanc. — Chez l'homme jeune et vigoureux, le plan du flanc est presque vertical ou mieux un peu déprimé en dedans, au-dessus de l'os iliaque (voir fig. 1).
Vu de profil, le flanc se présente comme délimité en haut par le bord inférieur du thorax, en bas par la saillie de la hanche. La ré-
gion lombaire le continue en arrière; en avant, le sillon latéral du ventre le sépare de la région antérieure.
Dans la situation verticale, la limite supérieure se voit peu ou pas, parce que le rebord costal se cache au milieu des muscles de la paroi. Ce rebord devient fortement saillant, au contraire, quand le tronc s'incline uu côté opposé.
Nous en pourrions dire autant de la limite inférieure. Chez l'homme vigoureux et non gras, la crête iliaque ne paraît pas dans la situation verticale. Au contraire elle correspond à un sillon déprimé que surmonte le bourrelet formé par la musculature du grand oblique qui s'attache à l'os iliaque. Les antiques ont exagéré encore cette saillie et ce sillon de la hanche. Au-dessus du sillon de la hanche, qui est fixe, se voit dans l'inclinaison du tronc un pli profond qui disparaît dans la station verticale. Ce pli de flexion, presque horizontal, devient très profond chez les sujets gras. Il se continue en avant avec le pli de flexion du ventre et l'ensemble forme ce qu'on appelle quelquefois le pli de la taille.
CHEZ LA FEMME. — 1° Face antérieure. — Le ventre de la femme jeune et vigoureuse est légèrement bombé et, dans la position debout, sa surface continue sans ressaut la face antérieure du sternum.
Les saillies osseuses du rebord thoracique et de l'os iliaque sont à peine visibles (voir fig. 2).
Contrairement au ventre de l'homme qui est plus large à sa partie supérieure que dans sa partie inférieure, le ventre de la femme est notablement plus élargi en bas qu'en haut. C'est aussi dans sa partie inférieure que la saillie est la plus marquée.
Le sillon médian y est nettement dessiné dans la partie susombilicale et assez large; il disparaît totalement au-dessous de l'ombilic, où il ne se continue jamais.
La saillie des muscles droits se marque très légèrement, mais on ne constate jamais au-dessus de l'ombilic les bosselures transversales et superposées que ferment les interstices aponévrotiques du corps musculaire.
Ce peu de saillie des muscles droits explique que le sillon lr.téral soit toujours peu prononcé. Même lorsqu'il existe bien marqué,
il ne se prolonge pas au-dessous du niveau de l'ombilic et se perd dans le relief sus-inguinal, toujours si évident chez la femme.
Le relief srs-inguinal se perd en dedans dans la saillie sus-pubienne ; en dehors il atteint la région de l'épine iliaque antérosupérieure, en sorte que le bas-ventre décrit une courbe harmonieuse d'une épine iliaque à l'autre.
Cette saillie toujours marquée du ventre tient moins à la faiblesse relative de la paroi musculaire qu'à l'incurvation prononcée de la colonne lombaire qui bascule fortement en avant l'os iliaque. De fait, chez la femme, le plan vertical et transversal passant parles épines iliaques est nettement en avant de celui qui passe par le pubis ; ce qui n'est pas chez l'homme.
Si les sillons verticaux sont peu marqués chez la femme, les plis transversaux sont au contraire constants.
Le pli inguinal, qui limite en bas la surface du ventre, décrit une courbe de beaucoup plus grand rayon que chez l'homme. En raison de la saillie du ventre, il paraît aussi plus profond. Le relief du mont de Vénus, recouvert de poils, efface sa partie moyenne.
Le pli sus-inguinal, de plus grand rayon que chez l'homme, part un peu en dedans de l'épine iliaque antéro-supérieure et passe à deux travers de doigts environ au-dessus du bord supérieur du pubis. Ce pli cutané est à peu près constant. Il s'exagère dans la flexion en avant et aussi avec l'augmentation du panicule adipeux.
A la hauteur de l'ombilic ou un peu au-dessus, on retrouve le pli de flexion du ventre, d'autant plus marqué que le sujet est plus gras.
L'ombilic chez la femme est légèrement plus haut que chez l'homme, par rapport à la longueur de la ligne médiane du ventre. Cette ligne est notablement plus longue du reste chez la femme proportionnellement à la taille. Ainsi sur la femme de 1 m. 55, c'est-à-dire de taille moyenne, la ligne xypho-pubienne, mesurée à partir de la base de l'appendice xyphoïde jusqu'au bord supérieur du pubis, est de 35 centimètres en moyenne, exactement comme chez l'homme de 1 m. 70. Le ventre est plus grand chez la femme que chez l'homme et cela dès la naissance.
L'ombilic, sur une femme de la taille que nous indiquons, est à 17 centimètres au dessus de la symphyse pubienne.
L'ombilic est donc chez la femme légèrement plus haut au-dessus
du pubis, que chez l'homme, comme nous le disions tout à l'heure. Nous ne reviendrons pas sur l'aspect extérieur de l'ombilic de la femme, qui est le même que chez l'homme.
2° Face latérale ou flanc. — Chez la femme jeune et vigoureuse, le flanc fait un angle ouvert en dehors, autrement dit, la paroi latérale de l'abdomen est très oblique en haut et en dehors, la hanche très saillante ; c'est, dit-on, de cette courbure que les sculpteurs antiques avaient tiré le profil de l'amphore.
Le flanc de la femme est large, alors qu'il est étroit chez l'homme, comme nous avons vu. Cette différence est en relation directe avec la saillie plus grande de l'abdomen féminin.
La limite supérieure, formée par le rebord costal inférieur, est à peine visible chez elle, même en position inclinée du tronc. Au contraire, la limite inférieure formée par le rebord saillant de la crête iliaque est toujours très marquée. Le sillon de la hanche, si net chez l'homme musclé et que nous avons vu formé par l'attache des muscles obliques de l'abdomen, n'existe pas chez la femme. Mais au contraire, le pli de flexion du flanc est très marqué et s'accentue naturellement, dans la flexion latérale du trône. En dedans, ce pli se continue avec le pli de flexion de l'abdomen.
CHEZ L'ENFANT. — Le ventre à cet âge a des proportions considérables et d'autant plus grandes que l'enfant est plus jeune (voir fig. 3).
A la naissance, la hauteur du ventre est égale au quart de la longueur totale de l'individu. Cette proportion diminue peu à peu avec l'âge et c'est incontestablement aux approches de la puberté que la hauteur de l'abdomen est la moins considérable. A cet âge, du reste, le tronc est court et porté sur des membres inférieurs longs. Il est en même temps étroit, ce qui contribue à donner aux grands enfants cette forme peu harmonieuse de l'âge ingrat (Delpech). D'après les schémas d'Apert, repris de Stratz, la hauteur de l'abdomen est égale à peu près au huitième de la hauteur totale.
La saillie du ventre est de ce fait considérable chez l'enfant et tranche avec l'aplatissement et l'exiguïté du thorax.
Chez le tout jeune enfant, le ventre est régulièrement globuleux;
R. Grégoire.
Planche III (page 12).
Fig. 3. — La forme de l'abdomen dans l'enfance. Ses variations suivant les âges (d'après Apert, emprunté à Stratz).