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droit de la deuxième vertèbre lombaire, il se place en avant de la quatrième lombaire.
Chez ces mêmes individus, les côlons décrivent un cadre irrégulier dont les angles sont plus aigus (voir fig. 64 et 65).
Le fond du caecum occupe non plus la fosse iliaque, mais le rebord du détroit supérieur ou même se montre en arrière de l'ombre pubienne. Dans certains cas enfin, le fond du caecum est franchement pelvien et se confond avec l'ombre de l'ampoule rectale.
Le côlon ascendant est, en apparence, court. Il est irrégulier, sinueux et forme une tache plus ou moins large et bossuée qui occupe toute la fosse iliaque. Il paraît oblique en haut et en dehors et se trouve caché en partie par l'ombre de la portion droite du côlon transverse qui retombe sur lui, comme nous allons le voir. Il est impossible de retrouver les incisures régulières délimitant des bosselures de volume décroissant de bas en haut ; ce qui frappe, au contraire, c'est la régularité du pourtour de l'ombre sur laquelle, justement, ne tranchent plus les encoches ou incisures.
L'angle sous-hépatique reste souvent au-dessous du niveau de la crête iliaque droite. A vrai dire, il faut savoir que cette extrémité supérieure de l'ombre du côlon ascendant correspond à un angle sous-hépatique pour lui conserver ce nom d'angle, car sur l'individu vu de face, il n'a nullement la forme d'un angle, mais d'une bande noire terminée par une extrémité arrondie. C'est qu'en effet, le côlon transverse redescend au-devant du côlon ascendant et leurs ombres se confondent. L'angle n'apparaît que si l'on regarde le sujet en profil ou si l'on déplace à la main et remonte la portion initiale du côlon transverse. On voit alors que le côlon ascendant et le côlon transverse se coudent à angle très aigu l'un sur l'autre.
Le côlon transverse décrit une longue courbe à concavité supérieure qui suit le pourtour de l'estomac allongé en J majuscule. Il est « en guirlande » comme disent volontiers les radiologues. Il descend d'abord devant le colon ascendant, passe à la hauteur du bord supérieur du pubis, puis remonte verticalement vers l'angle splénique. En général, la partie descendante de sa courbe est beaucoup plus courte que sa partie ascendante.
Cette longue courbe est parfois plus irrégulière encore. Il forme tantôt des boucles, tantôt des sinuosités serpentines, avec l'im-
Grégoire. — Région sous-tlwracique. 11
pression que ce côlon est trop long pour l'étroite largeur de l'abdomen dans lequel il est placé. Il est obligé en se coudant de s'adapter à cette cavité.
Il arrive souvent que son calibre soit notamment plus large que dans le cas d'individu à thorax large. Ses bosselures, toujours régulières, paraissent plus volumineuses et ses incisures moins profondes. Il n'a plus l'aspect d'un chapelet, mais d'une bande découpée.
L'angle gauche ou splénique est souvent abaissé, tout en restant très solidement fixé. Au lieu de se profiler sur l'extrémité externe des deux dernières fausses côtes, on l'aperçoit au-dessous, parfois à égale distance du diaphragme et de la crête iliaque. Il est ordinairement plus haut, même dans ces cas, que l'angle sous-hépatique et ce n'est qu'exceptionnellement qu'on le voit au même niveau. Vues de face, les deux portions, transverse et descendante, qui le constituent, se superposent exactement, en sorte que la partie transverse paraît se brancher plus ou moins près du milieu de la partie descendante. Vues en oblique, les deux parties, transverse et descendante, forment un angle très aigu et souvent même s'accolent encore dans ce sens, les anses grêles, également abaissées, ne pénètrent que dans la partie basse de l'angle.
Le côlon descendant et le côlon pelvien sont les moins modifiés chez ces individus à thorax étroit par rapport à ceux dont le thorax est large. Il arrive cependant assez fréquemment que le côlon descendant, au lieu d'être rectiligne, soit plus ou moins sinueux. Hors cette particularité, nous n'avons pas noté de différences importantes.
Ces notions d'anatomie radiologique sont devenues aujourd'hui indispensables en pratique et je crois nécessaire d'ajouter qu'il est indispensable aussi, en examinant le tube intestinal, de tenir compte, plus qu'on ne l'a fait jusqu'ici, du type thoracique et de la situation du diaphragme.
En effet, trouver chez un individu à thorax large un estomac allongé ou un côlon droit bas situé, c'est orienter immédiatement les recherches vers un obstacle pylorique ou une mobilité anormale du côlon droit. Au contraire, chez un individu à thorax étroit, trouver un pylore haut situé et un angle droit des côlons adjacent au pylore et remonté jusqu'à la deuxième vertèbre lombaire, c'est inci-
ter à la recherche d'adhérences pylore-coliques qui auraient donné cette situation, anormale dans ces conditions.
Nous n' avons décrit ici que les deux types extrêmes suivant lesquels se montrent les côlons vus sous écran. Mais il est bien entendu que ces différences tranchées ne sont pas dans la nature et que tous les intermédiaires peuvent se rencontrer, ce qui rend parfois si compliquée l'interprétation des radioscopies.
Modifications dans la situation des côlons. — Nous venons de décrire les aspects que peuvent présenter les côlons en harmonie avec le type architectural du tronc et sur un individu debout. Mais les positions différentes, la contraction ou la dépression de la paroi abdominale, l'état des organes voisins sont susceptibles de produire des modifications intéressantes à connaître.
Attitude renversée. — Comme on pouvait s'y attendre, le renversement de la position verticale à la position de Trendelenburg va considérablement modifier les rapports et la situation des côlons et cela d'autant plus que le segment envisagé sera naturellement plus mobile.
Aussi le côlon descendant et l'angle gauche ne subiront-ils en général qu'un très médiocre déplacement, il en sera de même du côlon droit si son accolement est parfait et sa fixité bien assurée. Au contraire, le côlon transverse subira toujours un déplacement considérable.
Chez un individu à thorax large et dont l' accolement des colons est normal, le côlon droit et l'angle sous-hépatique, en position renversée, remontent d'une ou de deux vertèbres tout au plus. Le côlon transverse, même lorsqu'il est rectiligne en position debout, subit toujours un déplacement considérable et remonte de la quatrième vertèbre lombaire, par exemple, au niveau de la douzième dorsale, ce qui représente une ascension de 15 centimètres environ. Au contraire, l'angle splénique se déplace à peine et ne remonte guère que de trois à quatre centimètres.
Chez un individu à thorax étroit, surtout s'il est normalement ptosique, le déplacement des côlons en position renversée devient considérable. Carnot, Glénard et Gérard citent l'observation suivante qui montre à quel point peut arriver le changement de situa-
tion; chez une femme ptosi que, en position renversée, les segments coliques remontent vers le diaphragme, l'angle colique droit qui, en position debout, s'inclinait en se recourbant en dedans en pointe de bonnet phrygien un peu au-dessous de la crête iliaque, se redresse en position renversée et sa pointe rigide s'éverse en dehors, au contact des dernières côtes, à 10 centimètres plus haut que dans la première position.
L'angle colique gauche, toujours plus fixe que le droit, subit cependant, lui aussi, un certain déplacement vers le thorax. Entre ces deux attaches, le côlon transverse qui, en position debout, figurait une guirlande dont la courbure suivait la ligne ilio-pubienne, s'infléchit en sens inverse et de concave devient convexe lorsque la pesanteur l'entraîne vers le thorax (voir fig. 66).
Ces différences entre la situation debout et la situation renversée, quand elles sont aussi considérables, sont d'un précieux secours pour reconnaître le manque d'accolement des côlons.
Décubitus latéral. — Les déplacements que subissent les côlons du fait du décubitus latéral, soit droit, soit gauche, sont beaucoup moins considérables que ceux dont nous avons parlé à propos de l'estomac. Ils ne sont cependant pas négligeables.
Dans le décubitus latéral droit, l'angle colique droit se redresse, le côlon droit devient rectiligne s'il était sinueux. Il s'incurve en dessinant une concavité tournée en dedans s'il était rectiligne. Le côlon transverse se tasse au-dessous du rebord costal droit et couvre en partie l'angle sous-hépatique. Ce déplacement entraîne du reste celui de l'angle gauche qui s'écarte de la paroi costale et du diaphragme et tend à tomber vers la ligne médiane. De ce fait, on voit nettement s'ouvrir l'angle splénique et se disjoindre les deux branches qui le formaient. C'est évidemment la position la meilleure pour étudier l'aspect radiologique de cet angle.
Dans le décubitus latéral gauche, les déplacements se font en sens inverse, c'est-à-dire vers la gauche et en raison de la mobilité toujours assez marquée du côlon droit, ils sont toujours assez prononcés. L'angle sous-hépatique s'incline fortement vers la ligne médiane et le côlon transverse se tasse en larges sinuosités vers la partie gauche du corps. De ce fait, le côlon ascendant décrit une courbe profonde à concavité interne, s'il est normalement accolé. Dans le
R. Grécoiri
Planche LI (page '164).
Fie. 66. — Le côlon droit mobile, vu à l'écran.
En noir, le sujet est vu en position verticale. Les deux parties du côlon droit retombent
dans la fosse iliaque et s'y couchent presque horizontalement. Les deux parties
s'accolent l'une à l'autre comme les canons d'un fusil double. En gris, le sujet est vu en position inversée. Les deux parties du côlon droit se
séparent et tombent vers la cavité diaphragmatique (d'après Carnot, Glénard et
Gérard).