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cas de manque d'accolement, c'est la totalité du côlon droit qui se déplace et tend à se rapprocher de la ligne médiane. Du côté du côlon gauche, la mobilisation est à peine appréciable. La partie haute du côlon descendant se trouve plus ou moins cachée par le transverse tombé au devant de lui.
Comme le disent fort justement Carnot, Glénard et Gérard, de ces modifications on peut tirer quelques déductions diagnostiques sur la ptôse, la mobilité anormale ou au contraire les coudures permanentes et les adhérences péricoliques des divers segments. On pourrait même, au dire de ces auteurs, en tirer quelques applications thérapeutiques à la diététique et à la gymnastique viscérale.
Influence des modifications de la paroi abdominale. — Les
modifications de forme de la paroi abdominale changent la forme et les connexions des organes contenus dans le ventre et les côlons n'échappent pas à cette nécessité.
Vient-on à faire contracter la paroi abdominale, on voit le côlon transverse remonter vers le diaphragme et les deux branches que forment l'angle droit se mobiliser légèrement l'une par rapport à l'autre. Des déplacements beaucoup moins importants, parfois même à peine appréciables, se produisent au niveau de l'angle gauche qui est bien en effet la portion la plus fixe des côlons.
On peut réaliser les mêmes déplacements et les exagérer encore, si l'on vient à la main déprimer la paroi abdominale au devant de telle ou telle portion du gros intestin. Cette manœuvre remonte, déplace à droite ou à gauche le gros intestin, ouvre les angles, écarte les viscères voisins. Les radiologues s'en servent journellement pour connaître le degré de mobilité ou d'adhérence des divers organes abdominaux. Un organe qu'on ne peut mobiliser à la main sous écran est un organe adhérent et l'on pourrait presque ajouter quel que soit le degré de sa fixation normale.
Il est inutile d'insister sur les déplacements que peuvent imposer les changements de volume des organes avoisinants.
Mouvements propres des côlons. — Nous n'avons nullement l'intention d'étudier ici la physiologie motrice des côlons. Il y a cependant certaines modifications actives et normales dans la
forme du côlon vivant qu'il est indispensable de connaître au point de vue médico-chirurgical.
Quand on examine un côlon normal sous écran, on voit de temps à autre, avec une fréquence variable d'un sujet à un autre, des mouvements qui consistent en des déplacements en masse de tout un segment et cela principalement sur le côlon transverse. C'est ce que Rieder a appelé mouvements pendulaires. Ils ne s'accompagnent pas de progression du contenu et sont dus probablement à la contraction des muscles lisses du méso.
A moins d'une grande habitude de l'écran, il est difficile pour un œil ordinaire de voir les petits mouvements de pétrissage qui se passent dans certains segments et en particulier dans le côlon droit, c'est-à-dire le caecum, l'ascendant et la moitié droite du transverse.
Il arrive enfin que l'on constate presque avec surprise le déplacement subit du contenu colique sur une très grande longueur. Ces mouvements de propulsion sont rares. Ils semblent ne se produire que trois à six fois en 24 heures. C'est une chance de les observer. Ils ne doivent pas surprendre puisqu'ils sont normaux. Subitement les bosselures et les sillons de tout un segment disparaissent. L'intestin prend l'aspect d'une bande noire régulière, puis le contenu de ce segment passe avec une grande vitesse dans le segment sous-jacent qui se remplit et peu à peu reprend son aspect segmenté.
Il arrive aussi que le mouvement inverse se produise et que le bol opaque remonte d'un coup dans le segment sus-jacent. Ce mouvement antipéristaltique a été longtemps discuté. Son existence est aujourd'hui parfaitement démontrée : les constatations radiologiques, les observations journalières des chirurgiens rendent incontestable l'existence de ces mouvements rétrogrades et font comprendre l'inutilité et même le danger de l'exclusion unilatérale des côlons, puisque le segment que l'on croit exclu est capable de se remplir à nouveau du fait de ces mouvements antipéristaltiques.
La progression du bol fécal ne se fait pas d'une façon continue, mais par alternatives de va-et-vient. Il est nécessaire de connaître en clinique le temps [que met le gros intestin à évacuer son contenu. Les radiologues estiment que les chiffres suivants, bien que relatifs et quelque peu variables avec la nature du repas opaque
employé, peuvent être considérés comme exprimant la vérité. Après 5 heures, un repas opaque a totalement évacué l'estomac, traversé le grêle et commence à remplir le cœcum. Au bout de 9 heures environ, il est, en totalité, dans le gros intestin. Le repas opaque occupe alors le côlon droit en entier et la tête de la colonne sombre arrive à la partie moyenne du transverse. Ce n'est que vers la 17e heure que le côlon gauche et en particulier le côlon descendant et PS iliaque commencent à être visibles. Souvent une partie du repas se voit encore dans le côlon droit, mais la plus grande partie occupe le côlon descendant. A partir de la 20e heure, l'ampoule rectale devient visible et le repas va bientôt commencer à être évacué. Cette évacuation se fait en une fois souvent. Souvent aussi il reste encore de la substance opaque dans le gros intestin et elle ne sera évacuée qu'à la défécation suivante.
En résumé, on peut dire que sur un sujet à transit intestinal normal, la totalité du repas opaque doit être évacuée 48 heures après l'ingestion.