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Les veines du côlon droit suivent la même disposition que les artères qu'elles accompagnent exactement dans la plus grande étendue de leur parcours.
La veine de l'angle iléo-cœcal suit généralement le bord supérieur de l'artère et se jette dans la grande veine mésentéri que un peu au-dessus de son origine. L'artère passe le plus souvent derrière l'origine de la mésentérique pour venir se placer au côté de sa veine collatérale.
La veine de l'angle droit occupe généralement le bord inférieur de l'artère. Celle-ci a passé par devant le tronc de la grande veine mésentérique pour rejoindre sa veine. Cette veine, très courte, s'unit àlagastro-épiploïquedroite quia déjà reçu la petite veine pancréatico-duodénale droite inférieure. Le tronc assez volumineux formé par la réunion de ces veines suit le bord inférieur du pancréas, dans la racine du méso-côlon transverse, et vient enfin se terminer dans la grande veine mésentérique, un peu au-dessous du point où celle-ci va disparaître sous le bord inférieur du col du pancréas. Cette embouchure se fait au devant du bec pancréatique (voir fig. 69).
Vaisseaux du côlon gauche. — Le côlon gauche est vascularisé par l'artère mésentérique inférieure. La grande arcade de Riolan sert d'anastomose entre la circulation du côlon droit et celle du côlon gauche.
L'artère mésentéricpie inférieure, ou petite mésaraïque, naît de la face antérieure de l'aorte abdominale, à 7 ou 8 millimètres audessous de la grande mésentérique et à 4 ou 5 centimètres au-dessus de la bifurcation de l'aorte.
Son origine répond à la troisième vertèbre lombaire. D'abord collée à la face antérieure de l'aorte qu'elle suit un peu à gauche de la ligne médiane, sur une longueur de 2 à 3 centimètres, elle est recouverte en avant par le bec du pancréas, puis par la troisième portion du duodénum. Au-dessous du duodénum l'artère, qui a continué à se porter à gauche, repose sur la face antérieure du psoas gauche dont la sépare son aponévrose. Elle s'approche des vaisseaux spermatiques qui descendent en bas et en dehors presque parallèlement à elle ; l'uretère est également un peu en dehors.
A la hauteur du promontoire, l'artère se porte en dedans, croise le paquet des vaisseaux iliaques primitifs gauches et arrive sur la ligne médiane à la hauteur de la troisième sacrée, c'est-à-dire au niveau de l'origine du rectum.
Elle a donc, dans son ensemble, décrit une courbe à concavité interne, puisque, partie du voisinage de la ligne médiane, elle y revient après avoir couru au devant du psoas.
Elle se termine au niveau du rectum, en se divisant en deux branches hémorroïdales supérieures droite et gauche.
L'artère mésentérique inférieure irrigue donc tout le côlon gauche et en partie le rectum (voir fig. 70).
Elle ne donne de branches que par son bord gauche. Celles-ci sont au nombre de deux : une branche supérieure ou artère de l'angle gauche et une branche inférieure bientôt divisée en deux ou trois rameaux : le tronc commun des artères sigmoïdiennes ou artère de l'angle iliaque.
L'artère de l'angle gauche ou splénique naît au-dessous du duodénum, généralement à 3 ou 4 centimètres de l'origine de l'artère. Elle se porte aussitôt en haut et à gauche vers l'angle splénique et parcourt par conséquent une grande partie de la fosse lombaire. Elle est collée contre la paroi dorsale, du fait de l'accolement du mésentère primitif et de la coalescence des côlons. Elle croise par conséquent l'artère et les vaisseaux spermatiques, puis le pôle inférieur du rein gauche. Le péritoine pariétal la recouvre et il est possible de la suivre par transparence au travers de lui vers l'angle splénique où elle va se diviser.
En effet, à 5 ou 6 centimètres de l'angle, l'artère se divise en deux branches : l'une ascendante, l'autre descendante.
La branche ascendante pénètre dans le méso-côlon transverse, devient par conséquent mobile et se termine en s' anastomosant à plein canal avec la branche identique de l'artère de l'angle droit, venue de la mésentérique supérieure. Cette longue anastomose for me, comme nous l'avons déjà vu, l'arcade de Riolan.
La branche descendante suit le côlon descendant, immobilisée contre la paroi dorsale par l'accolement du côlon. Elle court assez près de l'intestin et se termine enfin en s' anastomosant avec la
branche ascendante de la première sigmoïdienne. Ainsi se forme le long du côlon descendant, comme le long des autres portions du gros intestin, une longue arcade de premier ordre d'où naîtront les vaisseaux droits, sans intermédiaire d'arcade de second ordre, comme pour l'intestin grêle.
Néanmoins, dans la bifurcation de l'artère de l'angle splénique, on voit parfois une ou deux arcades de second ordre. Nous n'avons pas retrouvé ces arcades avec la même constance que semblent le dire Corsy et Aubert.
La longue arcade qui suit le côlon descendant est souvent interrompue, comme celle du côlon ascendant ou celle du transverse, par une branche artérielle qui vient de l'artère de l'angle gauche. Cette branche naît à la hauteur de la partie moyenne du côlon descendant, coupe en travers la fosse lombaire et vient se terminer dans l'arcade qu'elle divise ainsi en deux. C'est à cette branche inconstante que l'on donne parfois le nom d'artère du côlon descendant, mauvais nom parce qu'en somme, elle n'arrive pas au côlon, mais à l'arcade qui distribue les vaisseaux coliques.
Le tronc des sigmoïdiennes naît de l'artère mésentérique inférieure, tantôt par un tronc commun avec la précédente, tantôt un peu au-dessous de celle-ci. Très court, il se porte en bas et en dehors et se divise bientôt en deux, plus souvent en trois artères sigmoïdiennes suivant que l'anse est courte ou longue. Il arrive même assez souvent que la division se fasse si haut que le tronc moyen et que les sigmoïdiennes naissent directement de l'artère mésentérique inférieure elle-même.
Les artères sigmoïdiennes descendent vers l'anse sigmoïde en divergeant.
La première sigmoïdienne ou sigmoïdienne supérieure chemine à peu près dans la racine gauche du méso-sigmoïde, c'est-à-dire un peu en dehors des vaisseaux iliaques externes, si le processus d'accolement du péritoine est normal; en avant des vaisseaux iliaques, si Paccolement s'est poursuivi plus bas.
La deuxième sigmoïdienne ou sigmoïdienne moyenne est tout entière contenue dans le méso-sigmoïde dont elle partage la fortune. Celui-ci est-il libre et flottant, l'artère est mobile avec lui et occupe
la paroi antérieure de la fossette sigmoïdienne. Le méso a-t-il disparu en totalité ou en partie par exagération du processus d' accolement, l'artère devient fixée et descend alors au devant des vaisseaux iliaques primitifs, puis dans leur bifurcation.
Quenu et Duval ont justement fait remarquer l'importance de ces rapports. S'il est nécessaire d'aborder soit l'artère, soit les vaisseaux iliaques au niveau de la bifurcation, les artères sigmoïdiennes moyennes ne gêneront guère, si le méso-sigmoïde est long, car on les relèvera en même temps que ce méso. Mais si celui-ci est adhérent, il faut passer au travers et l'on est obligé alors décompter avec cette sigmoïdienne pour ne pas la blesser.
La troisième sigmoïdienne ou sigmoïdienne inférieure descend directement en bas et se dirige vers la partie terminale de l'anse sigmoïde.
A deux ou trois centimètres du bord intestinal, les artères sigmoïdiennes se divisent, comme font toutes les artères des côlons. Elles donnent une branche ascendante et une branche descendante qui s'anastomosent avec les branches descendantes et ascendantes de sa voisine ; la première s'anastomose avec la branche descendante de l'artère de l'angle gauche, la troisième avec la terminaison de la mésentérique inférieure au-dessus de sa bifurcation ou encore avec l'une des deux artères hémorroïdales.
Ainsi se trouve constituée une série d'arcades de premier ordre le long du côlon sigmoïde. Généralement même, on trouve à ce niveau quelques arcades de second ordre d'où naîtront les vaisseaux droits destinés à cette portion du gros intestin.
Contrairement à ce qui se passe au niveau de l'angle droit et de l'angle gauche des côlons, ces arcades de second ordre sont ici d'une variété considérable. Tantôt elles se font assez près de l'intestin, à 3 ou 4 centimètres de lui, tantôt au contraire, elles se forment très haut en plein méso, à 7 ou 8 centimètres de l'anse colique.
Parmi ces anastomoses, il en est une qui a été l'occasion de travaux nombreux et dont on a élevé l'importance à un niveau qu'elle ne mérite pas : c'est l'anastomose de la dernière artère sigmoïdienne avec la terminaison de la mésentérique inférieure ou l'une des hémorroïdales. C'est, en somme, la dernière arcade des vaisseaux coliques. Elle a surtout acquis de l'importance depuis que les chirurgiens
R. Grégoire.
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