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la précédente. Elle occupe la racine du méso-côlon transverse et après un trajet très court, de 4 à 5 centimètres, pas davantage, elle se divise à peu près en regard de l'angle sous-hépatique en deux branches, descendante et ascendante.
La branche ascendante se porte le long du côlon ascendant vers son extrémité proximale et s'anastomose, comme nous avons vu, avec la branche descendante de l'artère de l'angle iléo-csecal. Elle suit par conséquent le plan dorsal de l'abdomen.
La branche descendante s'engage de suite dans le méso-côlon transverse et va s'anastomoser le long du côlon transverse avec la branche ascendante de la mésentérique inférieure, formant ainsi la grande arcade de Riolan. Contrairement aux autres arcades qui suivent les côlons, celle-ci est mobile, puisque contenue dans le méso-côlon transverse.
En résumé, il existe tout le long du côlon droit une longue arcade de premier ordre d'où vont naître des vaisseaux droits qui iront irriguer cette portion du tube digestif.
De même aussi, tout le long du côlon transverse, on voit une arcade plus longue encore, formée mi-partie par l'artère de l'angle droit, mi-partie par l'artère mésentérique inférieure.
Très souvent, chacune de ces arcades est interrompue ou mieux divisée en deux par une branche supplémentaire qui vient se jeter sur elle.
En effet, de l'artère de l'angle iléo-colique, on voit naître souvent, au-dessus de sa bifurcation, une branche de volume important qui se porte horizontalement contre la paroi dorsale de l'abdomen et aborde l'arcade vers la partie moyenne du côlon ascendant. Elle se jette sur l'arcade du côlon ascendant qu'elle subdivise en deux arcades secondaires. On donne généralement à cette branche le nom d'artère du côlon ascendant. Plus exceptionnellement, cette artère du côlon ascendant est donnée par l'artère de l'angle droit.
Il en est de même, dans un grand nombre de cas, pour l'arcade du côlon transverse ou arcade de Riolan. On voit naître de l'artère de l'angle droit, au-dessus de sa bifurcation, une branche de calibre important qui se porte directement d'arrière en avant, traverse toute la largeur du méso-colon transverse et se jette sur l'arcade de
Riolan qu'elle semble ainsi subdiviser en deux. C'est là la disposition la plus habituelle. On peut voir aussi cette artère aborder l'arcade soit plus près de l'angle droit, soit plus près de l'angle splénique. C'est ce vaisseau que l'on nomme parfois l'artère du côlon transverse.
Cette artère présente, au point de vue pratique, une importance beaucoup plus grande que celle du côlon ascendant. De fait, on peut sans dommage lier cette dernière, il serait dangereux d'agir de même avec l'artère du côlon transverse. Il semble que, jusqu'à un certain point, elle supplée l'arcade de Riolan, trop longue pour assurer une vascularisation suffisante du côlon transverse. Les cas ne sont pas exceptionnels où la ligature voulue ou accidentelle de ce vaisseau a été suivie d'une gangrène de la partie moyenne du côlon, alors que l'on croyait pouvoir escompter le retour du sang par les deux piliers extrêmes de l'arcade.
Les vaisseaux droits du côlon droit naissent de l'arcade paracolique. Ils n'ont pas tous, comme pour le grêle, une longueur sensiblement égale. En raison de la courbure prononcée de chaque arcade, le sommet est plus près de l'intestin que ses extrémités. Aussi les vaisseaux droits qui naissent de ce sommet seront-ils notablement plus courts que ceux qui naissent des extrémités. Ils mesurent, suivant les points, de 6 centimètres à 3 centimètres de longueur.
Ces vaisseaux sont plus espacés les uns des autres que ceux du grêle. On peut compter de 20 à 30 millimètres d'intervalle entre eux sur un intestin moyennement distendu.
Comme au niveau du grêle, ils naissent par paires. Le rameau antérieur aborde la face antérieure du côlon, généralement au niveau d'une incisure, en sorte que la dimension d'une bosselure mesure assez bien l'espace qui le sépare des voisins. Il atteint la bandelette antérieure et disparaît généralement alors dans l'épaisseur des tuniques. De temps à autre, l'un de ces vaisseaux reparaît de l'autre côté de la bandelette et ne pénètre dans l'épaisseur de la paroi qu'un peu au delà.
Le rameau postérieur court à la face postérieure du côlon et se comporte comme le précédent par rapport à la musculature intesti-
nale. L'espace est par conséquent considérable qui sépare les points de pénétration de ces deux vaisseaux antérieur et postérieur. Cet intervalle est vascularisépar deux vaisseaux récurrents, l'un venant de la branche antérieure, l'autre de la branche postérieure.
Dispositions particulières suivant les régions. — Les dispositions générales que nous venons de donner subissent quelques modifications en deux points spéciaux : l'angle iléo-caecal et l'angle droit.
Les vaisseaux de l'angle iléo-csecal présentent certaines particularités qui tiennent d'une part à la présence du cul-de-sac caecal, d'autre part à celle du diverticule appendiculaire.
Dans l'angle de bifurcation de l'artère iléo-caecale, il n'existe généralement pas d'arcade de second ordre (voir fig. 68).
Les vaisseaux droits qui naissent à ce niveau sont très particulièrement gros et importants. Ils vont constituer les deux artères caecale antérieure et caecale postérieure. Ce n'est, au fond, que la première paire des vaisseaux droits coliques.
L'artère ceecale antérieure, longue et volumineuse, passe en avant et un peu au-dessus de l'angle iléo-colique, croise l'origine du côlon dont elle est séparée par une distance d'un centimètre environ, puis s'accole au caecum dans Pincisure qui le sépare du côlon et à ce niveau se divise généralement en deux ou trois rameaux de moindre calibre qui se ramifient à la surface du caecum. Suivant Trêves, Tuffier, ces rameaux ne dépasseraient pas la bandelette antérieure. A vrai dire, quand l'injection est finement poussée, on la voit, comme l'avait constaté Jonnesco, filer dans un riche réseau qui serpente à la surface des grosses bosselures caecales.
L'artère caecale postérieure naît de la bifurcation même de l'artère iléo-caecale, parfois par un tronc commun avec la précédente et qui se divise un peu plus bas. Elle est généralement un peu plus volumineuse que la précédente. Elle descend derrière l'angle iléo-colique, croise la face postérieure de la terminaison de l'iléon et arrive enfin à la face postérieure du caecum où elle se divise en deux ou trois rameaux qui se distribuent à la paroi intestinale.
Derrière l'iléon, cette artère donne une branche assez importante qui se porte vers l'appendice.
Cette artère appendiculaire s'engage presque aussitôt dans le méso péritonéal de l'appendice qu'elle parcourt jusqu'à son extrémité. Quenu et Heitz-Boyer ont parfaitement remarqué que l'artère est d'abord loin de l'appendice; une distance d'un centimètre au moins l'en sépare. L'appendice dans cette première partie du trajet de l'artère est à peu près horizontal, plus ou moins parallèle au fond du csecum; à ce niveau, son méso est large. Dans sa seconde moitié, l'appendice devient libre, généralement descendant, l'artère appendiculaire s'accole à l'organe à ce niveau ; le méso est devenu très étroit.
Dans toute sa longueur l'artère appendiculaire donne un grand nombre de fins rameaux qui se détachent perpendiculairement à la direction du vaisseau. Derrière l'iléon, l'artère donne deux rameaux; l'un externe, inconstant, gagne le fond du csecum; l'autre interne, constant, suit le bord inférieur de l'iléon et s'épuise bientôt, après deux ou trois centimètres de trajet, dans la paroi de l'intestin grêle. Tous les autres rameaux sont destinés à l'appendice, ils sont de plus en plus courts et fins, à mesure que l'on se rapproche de la pointe de l'organe.
Les vaisseaux de l'angle droit des côlons ont une disposition un peu différente du type que nous avons décrit pour l'ensemble des côlons. Alors que l'on voit, sur toute la longueur du gros intestin, les vaisseaux droits naître directement de l'arcade unique qui l'accempagne, au niveau de l'angle droit se constituent des arcades superposées de deuxième, de troisième ordre. Buy admet que la superposition est plus importante encore et que l'on pourrait trouver quatre arcades et davantage. Comme à Okinczyc, il nous a semblé quela superposition ne dépassait guère les arcades de troisième ordre.
Ces arcades se constituent dans l'angle de bifurcation que fait l'artère de l'angle droit. De la branche ascendante et de la branche descendante naissent une série de petits rameaux qui s'anastomosent entre eux en formant des arcades. C'est de ces arcades que vont naître les vaisseaux droits qui se rendent à l'angle sous-hépatique du côlon droit.
R. Grégoire.
Planche LUI ipajie 171).
Fig. 68. — Les artères du côlon droit.
L'artère inférieure ou de l'angle iléo-eaecal donne deux branches : 2, la branche descendante qui forme l'arcade du côlon ascendante, divisée en deux par 3, l'artère du côlon ascendant, inconstante. — 4 est la branche ascendante ou iléale.
De la bifurcation de l'artère naissent : 5 l'artère caecale postérieure et 6 l'artère caecale antérieure qui ne sont en réalité que les deux premiers vaisseaux droits des côlons.
L'artère appendiculaire naît anormalement, sur cette pièce, de l'artère caecale antérieure.