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Leurs noyaux répondent aux nucléoli. Deux faits décisifs parlent en faveur de cette opinion : 1° chez les grenouilles on voit clairement que des granules ronds ou cubiques s'appliquent autour du nucléolus (n° 68\, qu'ils forment ensuite une enveloppe homogène, tandis que le noyau persiste. Cest le type suivant lequel le nucléus apparait partout et continue à se former, tandis que la cellule se forme autour de lui sans période semblable de transition ; 2° les corpuscules sanguins de l’embryon, alors même que chez les mammifères ils sont déjà plats et aussi grands que ceux de l'animal adulte, ne sont que peu ou point changés dans leur forme et leur grandeur par l'action de l’acide acétique, tandis que cet acide agit de la manière connue et à l'instant méme sur le sang frais de la mère. Ces corpuscules sanguins de l'embryon, qui peuvent être reconnus par ce caractère, ne perdent d'abord que leur matière colorante dans l'acide acétique concentré, moins toutefois que dans de l’eau distillée pure; ils y conservent leur enveloppe soit contractée en rides, soit intacte, sans subir aucun changement pendant deux jours. L'insolubilité dans l'acide acétique concentré, est un caractère distinctif général du noyau, tandis que les cellules et leurs métamorphoses sont partout plus ou moins attaquées par cet acide. Les prétendus granules de lymphe, que l'on trouve dans le sang, sont probablement &@es nucleoli libres, qui s'entourent oraduellement d’un nucleus. Parmi les produits pathologiques, les corpusculées de la matière sécrétée appartiennent à cette catégorie. Ils sont, comme tant de nuclei embryonnaires, ronds, granulés et placés les uns sur les autres, en forme de pavés ; les interstices qui se trouvent entre eux, sont remplis d’une substance gélatineuse transparente. Lorsque le produit sécrété passe à l’état de pus, cette gélatine devient liquide, et alors les corpuscules du pus nagent dans le Ziquor puris, se précipitent sous formes de pavés, et s'entourent de cellules, qui, suivant les lois citées plus bas, se transforment en fibres ou en membranes d'exsudation.
2° Les nuclei sentourent de cellules qui restent permanentes, tandis que, suivant l'individualité des tissus et parties, ces deux éléments, toujours en rapport réciproque, subissent diverses métamorphoses.
a. Epithelium celluleux. Les cellules deviennent plus ou moins polygonales, plates et sont placées à côté les unes des autres, en forme de pavés. La paroi (par un depôt secondaire) devient granuleuse et cornée. Le nucleus devient plus petit, plus clair, souvent lisse, il est tantôt situé au centre, tantôt excentrique et dans ce dernier cas, il n'est pas rare de le trouver applique sur la paroi interne de la cellule. Dans l’épithélium à cellules cylindriques, c’est la cellule supérieure et la plus ancienne qui devient cylindrique; de telle sorte cependant, que sa surface libre apparait ou plane ou faiblement convexe et son extrémité opposée plus pointue et se terminant en une espèce de fil. Dans l'épithelium vibratile, la surface libre est occupée sur Les bords et non au milieu par les organes ciliaires. Le nucleus est transparent et savance très souvent, par l’action de l’eau, entre ces organes, ou lorsque ceux-ci sont tombés, il se présente comme
N° 68. Vazenrin. Entwickelungsgesch, p. 207. Wacxer, Beytr. x. vergl. Physiol. Cah. IL. Leipzig. 1835, p.58.
HISTOGÉNESE GÉNÉRARE. 43 un globule clair (n° 69). Toutes les cellules des épithéliums cylindrique et ciliaire sont arrangées en séries longitudinales, prenant chacune une position perpendiculaire au sens suivant lequel elles se succèdent, en partant du derme (n° 70).
b. Formations cornées. Comme exemple le plus évident, J'ai choisi le sabot des mammifères. Les noyaux sont d'abord relativement et absolument gros, obscurs, ronds; les cellules relativement petites, transparentes, et sans quon puisse y apercevoir les molécules qui les composent. Plus tard la paroi et le contenu de la cellule s'étendent d’une manière considérable, sans perdre leurs limites demi-polyédriques, demi-rondes. À mesure que cette extension a lieu, le nucleus devient plus petit; il apparait comme un corpuscule rond, très élégant, ayant dans son centre un ou très rarement plusieurs nucleoli, ce qui, ajouté à sa forme plate, le rend très semblable à un corpuscule sanguin; il est le plus souvent excentrique et attaché à la surface interne de l'une des parois cellulaires. La paroi de la cellule devient granuleuse (granules ou couches, qui se trouvent à la surface interne de la paroi cellulaire primaire?) et de plus en plus cornée. La cellule s’allonge souvent dans un sens déterminé (sabot du cheval); en même temps les cellules deviennent plus translucides et leurs liaisons plus intimes, bien que chez l'adulte même leurs limites puissent être encore quelquefois observées.
3° Les cellules offrent des métamorphoses qui, dans leurs lois de formations, sont entièrement analogues à celles de l'acte de la lignification partielle et particulièrement à la formation des canaux poreux chez les plantes. D'abord on voit apparaitre une cellule polyédrique pourvue d'un gros nucleus opaque. Celui-ci est absorbé à mesure que des dépôts renfermant des canaux s'appliquent à la surface interne de la paroi cellulaire; ces canaux donnent à la cellule l’aspect poreux, 1ls sont régulièrement rangés en spirales. La paroi cellulaire peut être clairement distingué à toutes les époques. Les canaux poreux des cellules voisines se répondent les uns aux autres. (Membrane tubuleuse (Roehrchenmembran) de l’écrevisse commune, comparez Repertor. I. 124, Tab. I. fig. XXIITI, et très vraisemblablement la membrane de l'émail des dents).
4° La base cellulaire est très visible dans les premières périodes du développement. Mais un produit secondaire vient la rendre moins visible ou la faire disparaitre complètement.
a. Graisse. La base cellulaire s’observe le mieux sur un homme très amaioT] ; en eltet, si l’on enlève la peau, qui recouvre le muscle grand pectoral, et si l'on examine une très fine tranche dela graisse jaune-rougeâtre, qui se trouve près du derme, on reconnait les cellules polyédriques les plus belles, à parois distinctes. La périphérie du noyau granuleux, légèrement päle, est le plus souvent visible. Ün globule graisseux trés gros répond au centre de ce dernier; il est environné Concentriquement d'un nombre plus ou moins grand de globules de graisse plus petits et plus ou moins dispersés. De gros globules graisseux, entourés de glo-
N° 69. Vazennin. Nov act. N. C. vol. XVIL, P. Il. Tab. LXV. fig. HIT. N° 70. Varenrin. Repertor. IIL, 310.
bules plus petits, dispersés, concentriques, et d’une cellule à parois distinctes et transparentes se rencontrent dans la masse graisseuse Jaune-rougeûtre qui repose sur la moelle épinière du veau.
b. Pigment. J'ai déjà remarqué qu'ici les nuclei (vesicules du pigment) apparaissent en premier lieu. Ils s'entourent d’une vésicule qui s agranditde plusen plus et devient le plus souvent polyédrique. Des molécules pigmentaires se déposent autour du nucleus, jusque contre la surface interne de la paroi de la cellule; ce nucleus devient transparent; d'un autre côté, les parois cellulaires primaires (choroïde du cheval)restent séparées et occasionnent de cette manière des intervalles polygonaux entre les dépots moléculaires. Les ramifications du pigment apparaissent conformément à ces mêmes lois, d'après lesquelles une cellule passe à l’état de fibre, c'est-à-dire par l'extension des cellules en fibres à deux ou plusieurs rameaux.
5° Les nuclei s'entourent de cellules excessivement délicates, autour desquelles se dépose une substance particulière qui, par son accroissement rapide, représente bientôt la plus grande partie du tissu et peut, comme toute autre masse intercellulaire, former en elle de nouveaux nuclei et de nouvelles cellules. Globules de la masse de depôt des systèmes nerveux, central et périphérique (Belegungskugeln), (globuli substantiæ tectoriæ intersttialis). On peut observer cette marche de la manière la plus complète, dans la substance grise de la surface des hémisphères. Les nuclei ronds, granuleux, pourvus d'un à trois nucleoli ronds, et rarement d’un seul nucleolus fusiforme, s’entourent de cellules extrèmement minces, consistant en une membrane translucide et en un contenu cellulaire limpide, qui, mises en contact avec de l'eau, crèvent aussitôt et disparaissent en entier en ne laissant que leur nucleus. On peut voir et reconnaitre facilement ce phénomène à la secousse qu'en éprouve le nucleus; c’est absolument ce qu'a aussi observé ScHwanx sur la substance centrale d'œufs pris dans l'ovaire. Plus tard une substance grise ou d'un gris rougeàtre, consistant en granules fins et en une masse cohérente, translucide, se dépose autour de ces cellules : on peut facilement reconnaître ce fait, en observant, à la lumière de la lampe et sans eau, une tranche fine, prise sur un embryon jeune de vache ou de brebis (long de 2 à 7 lignes). On voit très clairement aussi les cellules dans la couche granuleuse de la rétine, ainsi que leur déchirure par suite de l'action de l'eau. Les noyaux de la couche des globules sanglionnaires sont plus transparents. Dans les globules ganglionnaires, le procédé est analogue à celui que nous venons de voir dans les globules centraux de la substance grise. La substance grise-rougeätre, déposée autour des cellules, est plus solide dès le commencement. Chez un embryon de brebis de 1 pouce 3/4 de longueur on trouve dans le ganglhon de Gasser, tous les degrés de formation les uns à côté des autres : d'un côté des noyaux seuls; d’un autre côté des globules ganglionnaires complets et d'autres extrèmement petits, à cause du peu de substance grise-rougeàtre dont 1ls sont recouverts : quoi qu'il en soit, ces derniers globules, malgré leur petitesse, offrent déjà des formes rondes, triangulaires, etc. [ls sont la plupart plus ou moins plats. Dans le nucleus trans-
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parent, qui est relativement d'autant plus gros que le globule ganglionnaire est plus petit, on trouve un à trois nucleoli.
6° Les cellules offrent, dans toutes les directions, un très haut degré de force productive. De nouveaux nuclei sy déposent, et sentourent de cellules, de manière qu'ici des cellules sont contenues dans des cellules; en général un emboitement multiple apparait, tandis qu'entre les parois cellulaires, beaucoup de substance intercellulaire se dépose : les deux masses confondues forment la substance cartilagineuse, qui renferme les cellules et leurs générations, ainsi que leurs nuclei et nucleoli appelés dés lors corpuscules propres des cartilages. Cartilages. Cette substance intercellulaire est plus dense; elle devient granuleuse dans les cartilages permanents de l’homme adulte, et c’est elle qui acquiert la première, dans l’ossification, une consistance plus grande par le dépot de la terre calcaire. Il se forme ainsi une trame réticulée, consistant en substance intercellulaire condensée, dans laquelle la terre osseuse (calcaire) devient bientôt visible. Dans les mailles de ce réseau on trouve un espace plus transparent, souvent encore divisé en lignes annulaires concentriques, qui contient un corpuscule cartilagineux, pourvu de nucleoli simples ou deux fois emboités. Ces corpuscules cartilagineux passent immédiatement à l’état de corpuscules osseux; ils deviennent plus denses, sont d'abord transparents et démésurément gros; ils poussent surtout sur l’une ou sur les deux pointes des prolongements filiformes, qui sont les premiers indices des rayons, et se colorent obscurément de la périphérie au centre. Lorsqu ils sont encore transparents, mais déjà chimiquement imprégnés de terre calcaire, leur structure nest plus immédiatement reconnaissable. Mais si l’on en soumet une tranche à l'action des acides, les nuclei et les nucleoli réapparaissent, et beaucoup de corpuscules osseux plus petits se montrent encore dans la substance osseuse fibreuse; ils se répandent concentriquement autour des canaux des os, comme des fibres celluleuses ou plutôt comme dans les os adultes, et contiennent, comme d'autres fibres celluleuses, des nuclei allongés pourvus de granules assez transparents, petits, distincts. Dans le cartilage réticulé de loreille, les nuclei arrondis , granulés et la substance intercellulaire se confondent et forment un réseau, qui se durcit et s'agrandit et dans les mailles duquel, outre la substance cellulaire translucide, sont contenus des nuclei arrondis ou de vrais corps cartilagineux. Par suite de l’emboitement multiple, qui a lieu dans le cartilage, les valeurs des mots cellule, nucleus et nucleolus deviennent relatives. Mes observations sont incomplètes pour ce qui concerne les fibres de la substance dentaire, que Scawanx a placées 1c1, très probablement avec raison. Les cellules de la masse primitive ressemblent à celles de la substance primitive dans le cartilage de l'oreille (chez la brebis) et les petits canaux fibreux semblent répondre aux parois ou bien à celles-ci et à la substance intercellulaire.
7° Les cellules sont disposées comme les pierres d'un pavé, pour former une membrane; leurs noyaux granulés se trouvent dans leur centre. Les parois se confondent en une membrane simple, translucide, tandis que les nuclei, ab-
sorbés de plus en plus, deviennent plus pâles et enfin tout à fait méconnaissables.