TOME II
a. Hyaloide, capsule cristalline, membrane primitive du sac Capsulo-pupillaire, Dans les deux premières membranes les nuclei sont très délicats; ils deviennent bientôt à peine reconnaissables, à cause de leur paleur extrème, et disparaissent ensuite entièrement, à ce qu'il me semble.
b. Membrane interne des vaisseaux. On reconnait les nuclei granulés, pâles, dans les artères, les veines de l'embryon, ainsi que dans les grands vaisseaux de l'adulte (cheval). La fusion des cellules a lieu suivant le type fibreux que nous allons bientot exposer, elles se présentent détachées la plupart comme des fibres cellulaires larges; et même sans les détacher, on peut clairement reconnaitre des traces fibreuses sur la membrane interne des vaisseaux.
8° Les cellules et leurs noyaux s’arrangent en lignes longitudinales; les parois cellulaires se confondent ensemble et se transforment en fibres, aux dépens des nuclei.
a. Tissu cellulaire. Les cellules s'allongent, se confondent longitudinalement et deviennent en decà et au delà du nucléus, de plus en plus étroites, jusqu’à ce qu enfin elles se transforment en fibres cylindriques. La paroi cellulaire très mince, s'étendsur le nucleus, qui prend bientôt une forme quelque peu allongée et aplatie. Il résulte de là des corps fusiformes, qui se terminent en fibres cylindriques, renfermant un nucleus granulé. L’arrangement des différentes fibres cellulaires répond complètement à celui des faisceaux futurs du tissu cellulaire. Elles forment des réseaux, dont les mailles rondes ne diffèrent pas beaucoup de celles du tissu cellulaire de certaines plantes succulentes (dans la gélatine du cordon ombilical, la pulpe des dents), ou elles existent en arcs plus simples (les epiploons), ou elles se trouvent disposées en cercles ou anneaux autour des organes et des parties de ceux-ci (autour des glandes et leurs lobules), ou bien enfin elles suivent une direction longitudinale (dans les enveloppes des nerfs, les gaines des
fibres musculaires à stries transversales, sur les vaisseaux, etc.). Le plus souvent une fibre simple, cylindrique, formée de la paroi cellulaire, part de chacune des extrémités, qui répondent à celles du nucleus. Dans la pulpe dentaire le nucleus forme, avec la paroi cellulaire mince, un corps moyen, le plus souvent plus ou moins triangulaire, duquel rayonnent plusieurs filets, d'ordinaire au nombre de trois, comme l'ont déjà démontré PurkinsE et Rascxkow. Enfin dans le grand épiploon d’un fœtus de vache de 9 pouces de long j'ai vu parür, outre les fibres aux deux pointes d’un semblable fuseau, plusieurs autres bien distinctes qui prenaient naissance sur les surfaces latérales. J'ai observé pour la première fois ces fuseaux et leurs noyaux dans la gaine du nerf auditif. Les fuseaux et leurs noyaux, dans les parties où les fibres se répandent longitudinalement (droites ou concentriques) sont distinctes, et les intervalles renferment une masse translucide. Quand leur réunion a lieu sous forme de réseaux, on trouve une gélatine transparente dans leurs malles qui, dans le cordon ombilical, contiennent souvent un nucleus granuleux, isolé, ou bien renfermé dans une cellule ronde. Les noyaux pâlissent et disparaissent enfin entièrement, de manière qu'à la place de la fibre cellulaire, on trouve une fibre simple; suivant la loi de la division, elle se sépare en filaments de tissu cellulaire, qui aussitôt après leur individualisation (déjà chez des embryons de brebis de 2 pouces)
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présentent, si leur élasticité ne rencontre aucun obstacle, la forme ondulée qui leur est reconnue. Les fibres tendineuses se comportent d'une manière analogue; seulement ici les fibres sont plus épaisses et montrent d'abord des faisceaux granuleux.
b. Tissu élastique. Les cellules se trouvent placées à côté les unes des autres dans un parenchyme, et paraissent un peu aplaties. Les parois deviennent granuleuses aux dépens du noyau; cependant elles ne sont pas aussi obscures que dans la substance cornée. Par suite de la fusion de ces cellules, on voit apparaitre (dans le ligament de la nuque) des fibres particulières, granuleuses, pourvues extérieurement de petites molécules. Les réseaux fibro-élastiques apparaissent ensuite; ils s'élèvent par suite de leur épaisseur et répondent aux parois des cellules (ou à la substance intercellulaire); ils possèdent entre eux et conservent dans leurs mailles, même chez les animaux adultes (aorte), la paroi cellulaire lisse, sèche et granuleuse.
c. Fibres musculaires. Dès que celles-ci apparaissent sous la forme de fibres, on y voit des nuclei ronds, très pâles, qui sont placés les uns près des autres. De là on peut conclure que les cellules se placent ici également dans une direction longitudinale, mais qu'elles se confondent immédiatement ensemble, sans s'allonger en filaments. Cette opinion est encore confirmée par le fait qu'une semblable fibre musculaire d'un embryon est complètement creuse et divisée en cavités juxta-posées, présentant la forme d'un filament de conferve pourvu de nuclei dans chaque cellule. Jusqu'à présent néanmoins, je n'ai pas observé ces cavités de manière à pouvoir être convaincu de l'exactitude de ce fait. Ordinairement deux circonstances se présentent, qui les font reconnaître plus clairement, ou qui en sont les causes : 1° des étranglements réguliers se manifestent sur les fibres musculaires, de manière que dans chaque espace compris entre deux étranglements on trouve toujours un nucleus régulier; 2° sur les lignes transversales , qui occasionnent les divisions en cavités ou en concamérations, on trouve de très petites molécules rondes à bords obscurs et dont le centre est translucide , qui sont disposées régulièrement et plus ou moins rangées transversalement. Le nucleus transparent se trouve à l’intérieur de la fibre musculaire creuse, et souvent on le voit sortir à moitié ou entièrement de l'extrémité de la fibre musculaire dont on a fait la section. Plus tard il devient toujours plus méconnaissable. Dans les fibres musculaires les filaments longitudinaux se montrent, et bientôt après les lignes transversales.
d. Fibres du cristallin de l'œil. Déjà en 1833 j'ai cherché à rendre très vraisemblable que la formation superficielle vésiculaire ou cellulaire passe à l'état de fibres du cristallin (n°71). Les cellules contiennent un nucleus très pâle, pourvu d'un nucleolus, elles se confondent ensemble longitudinalement et dansles fibres les plus récentes on peut encore reconnaitre des noyaux pâles. J’y ai remarqué encore une substance très finement granulée qui recouvre les fibres. Chaque fibre
se divise, par des lignes fines, en filaments qu’on peut difficilement isoler dans l'adulte, et qui se distinguent, comme on sait, par leur magnifique régularité.
N° 91. Varennin. Journal d'Ammon. III. 330.
e. Fibres nerveuses primitives. Les gaines des nerfs se composent de même que celles des muscles, des globules ganglionnaires, des glandes, etc., de fibres cellulaires, dont elles suivent le développement. Celles de la gaine générale d'un nerf se développent les premières, et en dernier lieu celles des gaines spéciales. Dans l'intérieur de cette gaine on trouve de très bonne heure (dans le nerf trijumeau et le nerf facial d’un embryon de brebis de 1 pouce 374 de long) quelques fibres nerveuses primitives, qui s'étendent isolément, comme dans les nerfs mous des adultes; ainsi que dans ces derniers, elles deviennent apparentes par la potasse caustique (quand elles ne se présentent pas d’ellesmêmes dans une tranche); et enfin par suite de la solidité relative de la gaine, elles ne deviennent variqueuses que par l'action de causes mécaniques. Le contenu n'est pas entièrement blanc, mais jaunàtre, et parfois 1l offre encore, sur quelques points, un petit nucleus transparent. Plus tard il devient blanc, et à mesure que les gaines s isolent , il forme plus facilement des varicosités et augmente distinctement en largeur et en épaisseur.
9° Enfin sur les dépôts calcaires du corps on peut apercevoir les rapports cellulaires, bien qu'ils soient moins distincts. Les concrétions de l'oreille apparaissent, chez le fœtus de brebis de six à sept pouces de long , comme de très petits corpuscules arrondis, allongés. Quand on examine une tranche fine de labyrinte membraneux, on voit trois ou quatre de ces corpuscules déposés sur un nucleus; à la manière des nucleoli. Ces corpuscules, à la suite de l’action de l'acide nitrique, présentent en outre un développement considérable d'acide carbonique. Les globules cristallins sont stratifiés autour d’un nucleus.
La forme primitive générale de tous les tissus est donc la cellule, produit de formation médiat du nucleolus, et immédiat du nucleus. Les cellules et les noyaux sont en opposition réciproque, de sorte que le plus souvent, sinon toujours, l’un de ces corps se développe aux dépens de l'autre. Après ces formations transitoires, arrive enfin, comme point culminant, l'indépendance du tissu suivant son caractère générique et la place où 1l apparait. Pendant cette dernière période, les parties organiques les plus éloignées s'accroissent, ce que nous voyons clairement aux cellules de l’épithélium, de la membrane tubuleuse , du pigment, des globules ganglionnaires, ainsi qu'aux fibres musculaires, tendineuses, aux faisceaux fibreux de fibres nerveuses primitives et aux fibres élastiques; tandis que de simples nuclei, comme les corpuscules du sang, de la lymphe, de sécrétion, de suppuration, restent invariables ou même se rapetissent pendant le cours du développement. »
Nous verrons dans un des paragraphes suivants que VALENTIN à lui-même bientôt abandonné cette théorie obscure et peu intelligible.
HISTOGÉNESE GÉNÉRALE. | 49 3. Doctrines opposees à la theorte cellulaire.
De nombreux sectateurs adoptèrent la théorie de Schwann. Elle trouva un appui puissant dans Popinion favorable de J. Müller (n° 72), qui l'approuva sans réserve, et contribua de cette manière efficacement à la propagation de la théorie de son ancien élève. La plupart des recherches publiées à cette époque portent l'empreinte de cette théorie, et plusieurs ouvrages histologiques, comme, par exemple, celui de Gerber (n°73), de Reichert (n° 74) (voy. PL VIL, fig. r--- 17), ont été conçus dans le sens du développement cellulaire. Toutelois, quelques voix opposées se firent entendre. Purkinje (n° 75) fait remarquer que la théorie de Schleiden , adoptée par Schwann, ne peut être appliquée à l'organisme animal qu'avec certaines restrictions. [Il ne voit de l'analogie entre Îles deux grandes classes du règne animal qu'en ce qui regarde les molécules élémentaires. Dans les molécules, qui répondent aux noyaux des cellules, le liquide et le solide sont dans une pénétration mutuelle. La transformation du liquide et du solide en contenu et en membrane, si manifeste chez les plantes, ne s'opère que très-lentement chez les animaux , et même elle reste pour ainsi dire à un état embryonnaire pendant toute la vie; elle donne également lieu aux productions fibreuses. L'auteur n'a pas lui-même donné plus de développement à cette opinion, mais un de ses élèves, ARosenthal(n° 76) a fait, sous sa direction, un travail dont voici le résultat :
Purkinje et Rosenthal appellent formatio granulosa des granulations ovales, ou terminées en pointe, qui ont été découvertes , avec le secours de l'acide acétique, dans les muscles , les nerfs, les vaisseaux , les membranes et le tissu cellulaire. Il paraissait bien y avoir, cà et là, des filets naissants entre les granulations, mais ces filets n'existaient point partout. Quant aux granulations, elles ont toujours des noyaux; savoir: les oblongues, deux ou trois, les rondes et les ovales, un gros et un petit (nucléoles?). Les auteurs reconnaissent l'identité de la formation granuleuse avec l’épithélium filamenteux de Valentin (voy. chap. IV); mais ils croient devoir bannir cette dernière dénomination, parce que l'épithélium ne se trouve jamais qu'à la surface des membranes, et qu'il résulte des cellules pressées les unes contre les autres, ce qui n’a pas lieu pour la formation en question. En terminant, ils identifient cette formation avec les cellules élémentaires de Schwann; ils la regardent comme une preuve que la régénération des tissus chez l'adulte s'accomplit d’après les mêmes lois que la première formation chez l’embryon. Les granulations, d'abord rondes, deviennent elliptiques, puis de plus en plus longues et
N° 92. J. Murcer.Handbuch der Physiologie. Vol. II. Coblence. 1840. Traduit de l'allemand sur la qua- . ‘trième édition, avec des additions, par A. J. L. Jourpan. Paris. 1845, T. II, p. 744. N° 93. Gerser. Handbuch der allgemeinen Anatomie. Berae. 1840. N° 74. RecnérT. Das Entwickelungsleben im Wirbelthierreich. Berlin. 1840. N° 75. Purknse. Uibersicht der Arbeiten und Veraenderungen der schlesischen Gesellschaft für vaterlaendische Cultur im Iahre 1839.— Tahrbücher für wissenschafiliche Kritik 1 840, Juillet n° 5.
RosentHaLz. De formatione granulosa in nervis aliisque partibus organismi animalis. Thèse. Breslau. 1830.