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TOME II

« Le corpuscule primitif s'agrandit, quoiqu'en proportion moindre, en même temps que la formation secondaire. En même temps il subit à l'in. térieur une transformation graisseuse qui se manifeste par l'apparition d'une large gouttelette ou par celle de deux ou trois petites. Ces dernières gouttelettes ont été appelées nucléoles par Schwann, qui leur a fait jouer un rôle analogue à celui que Henle avait assigné aux granules primitifs. D'autres fois le corpuscule subit des métamorphoses diverses précédemment décrites; ces transformations de noyau ne nous paraissent avoir lieu que lorsqu'ils se forment des membranes ou des fibres, sans production préalable de corpuscules secondaires. »

Nous exposerons plus tard au paragraphe correspondant les résultats de nos précédentes recherches concernant chaque tissu isolément.

Suivant Aoellker (n. 101) tous les tissus prennent leur origine par le développement endogène ; il nie par conséquent le développement des cellules isolées dans le blastème. L'auteur établit les quatre éléments suivants: 1° Les cellules primaires (noyau dans la théorie cellulaire) sont des vésicules transparentes, ayant 0,002 à 0,004 de ligne; quelques-unes sont plus grandes, comme par exemple les corpuscules qui existent dans les globules segmentaires, les noyaux de la plupart des corpuscules ganglionnaires. Ces cellules primaires renferment à une certaine époque des nucléoles; le contenu est un liquide transparent qui renferme une foule de granules. Dans le sperme on trouve ces cellules primaires emboitées les unes dans les autres, on les trouve tout à fait isolées dans les œufs de quelques vers intestinaux, dans les dernières ramifications de la plupart des glandes véritables, dans les cavités des glandes vasculaires, dans les glandes lymphatiques, dans la substance grise, etc., etc. La formation de ces cellules primaires (noyaux) est toujours endogène; elle a lieu soit dans d'autres cellules primaires, soit dans des cellules secondaires (cellules de la théorie cellulaire), soit dans des canaux qui prennent leur origine par la fusion des cellules secondaires. Cette formation s'opère par le dépôt d'une substance autour des noyaux ( nucléoles de la théorie cellulaire); cette substance se transforme plus tard en une membrane; le contenu se transforme par diffusion en un liquide. Les cellules primaires de l'auteur forment soit des éléments organiques (fibres de noyaux), soit des éléments solides {lamelles épithéliales); d'autres fois elles disparaissent complétement. 2° Les noyaux des cellules primaires (nucléoles) sont homogènes; toutefois l’auteur ne repousse pas absolument l'existence d'une membrane particulière. Par suite de métamorphoses ultérieures il s'y forme des cavités à l’intérieur. Leur développement a lieu soit par l'accroissement et la subdivision des anciens noyaux, soit par la transformation directe d'un ou de plusieurs granules du blastème. 3° Globes d’enveloppes (U/mhüllungs-kugeln) sont appelés par l'auteur les éléments qui résultent de la segmentation du vitellus; ces éléments ne s'enveloppent que plus tard d'une membrane; primitivement ils sont com-

N° or. Koeczmer. Entwickelungs-Geschichte der Cephalopoden. Zurich. 1844.

HISTOGÉNÈSE GÉNÉRALE. 79

posés d'une cellule primaire entourée d'une masse homogène ou granuleuse; la segmentation a lieu autour des cellules primaires (noyaux) préexistantes, de sorte que le nombre des segments réponde à celui des cellules primaires; ces segments s'enveloppent plus tard de membranes et se transforment en ovules (observé par Siebold dans quelques espèces de Distoma), en cellules d’épithélium, de cartilage, de la corde dorsale, du sang, des glandes, du pigment; d'autres, sans s'entourer préalablement d’une membrane, s'accroissent et se réunissent pour former des vaisseaux, des fibres nerveuses, musculaires, cellulaires, etc.; d’autres diminuent et disparaissent complétement, tandis que leurs cellules primaires se développent (fibres du corium); d'autres enfin forment une masse homogène qui entoure les cellules primaires (cartilages de la sepia). 4 Les cellules secondaires sont les cellules élémentaires de Schwann; elles se forment de deux manières, soit par le développement d’une membrane autour d’un segment de vitellus, soit de la manière indiquée par Schwann. Dans le dernier cas, Île développement a lieu soit dans une autre cellule-mère, soit dans des tuyaux formés par la fusion d’autres cellules. Le développement des cellules par conséquent est partout endogène.

Nous pouvons, à la théorie de Koelliker, faire la plupart des objections soulevées déjà précédemment contre la théorie de Karsten,; ainsi l'état vésiculaire soit du noyau, soit du nucléole, n’est nullement un fait démontré; la préexistence du nucléole, déterminant la formation du noyau, est contraire à l'observation. Mais d'un autre côté nous sommes d'accord avec l’auteur sur la formation postérieure de la membrane cellulaire dans quelques cas.

L'auteur a lui-même modifié ses opinions dans un écrit postérieur (n. 102). Dans ce mémoire, l’auteur établit deux espèces d'éléments organiques, éléments inférieurs et éléments supérieurs. Aux éléments inférieurs appartiennent : 1° des granules élémentaires formant la transition des formes anorganiques aux formes organiques; 2° des vésicules élémentaires, c’està-dire des vésicules sans accroissement et sans multiplication, comme par exemple les globules de lait, produits par des gouttelettes de graisse, autour desquels une membrane s'est formée; 3° des vésicules avec accroissement et sans multiplication, auxquelles, suivant l’auteur, appartiennent aussi les cellules de la cavité vitelline et du jaune d'œuf de poulet; 4° des vésicules avec accroissement et multiplication. Cette grande division se compose d'abord des nucléoles, ensuite des noyaux que l’auteur n'appelle plus maintenant cellules primaires, mais bien vésicules de noyaux (Kernblaeschen). Il y range également les segments du vitellus et enfin les cellules dans leurs formes les plus diverses. Quant à ses vues concernant le développement et A multiplication des nucléoles, des noyaux, des segments et des cellules à noyaux, l’auteur maintient ses opinions précédemment émises.

N° 102. + 1 e . + . e .e Kozëzuixer. Die Lehre von der thierischen Zelle, dans: Scuzeipen und Naëceu, Zeitschrift für

Wissenschaftliche Botanik, 1844, p. 46.

Les recherches de Reicmerr (n° 103) se rapportent principalement ay développement du tissu cellulaire et des tissus analogues. Mais, ainsi que le titre l'indique, ainsi que les expressions de l’auteur nous l'avaient fait supposer, nous nous attendions à trouver dans cet ouvrage une théorie générale d'histogénèse; nous étions encore confirmés dans cette opinion erronée, en voyant l'auteur citer son ouvrage (Archives de Müller, 1846, p. 201) parmi ceux qui sont relatifs à une doctrine générale histogénétique. Mais après avoir lu avec attention soit l'original, soit l'extrait mentionné, nous n'avons pu y trouver que des phrases sonores, empreintes d'une philosophie mystique et incompréhensible, que dans certains pays on est convenu d'appeler philosophie de la nature. Nous ferons gràce au lecteur des vues élevées de l'auteur, en nous réservant d'exposer plus tard ses opinions concernant le développement du tissu cellulaire.

N° 103. ReicnertT. Bemerkungen zur vergleichenden Naturforschung im Allgemeinen, und vergleichende Beobachtungen über das Bindegewebe und die verwandten Gebilde. Dorpat, 1845.

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