MEMBRANE DE BOWMAN
Canaux nerveux *et plis de la membrane de Bowman. — Dans rirido-cyclite, cette membrane est traversée par un grand nombre de lignes très fines, tantôt transversales, tantôt obliques, correspondant aux fibres nerveuses qu'elle
. « Wedl et Bock, loc, ciL^ p. 282.
* E. Sargbnt, Cenlralbatt fur Au^enheilkuade, 1884» p. 361.
renferme normalement. Ces fibres nerveuses, qui n'apparaissent à l'état .physiologique qu^en traitant la cornée par du chlorure d'or, se montrent très nettement dans Tirido-cyclite ainsi que dans le glaucome (Fuchs), et cela à cause de l'œdème du tissu cornéen, qui affecte également les canaux de nerfs de la membrane de Bowman, où les nerfs sont séparés de la paroi de leurs canaux par des gouttelettes.
Il y a des cas où la membrane de Bowman peut encore exister, même dans des yeux atrophiés, mais ces cas sonl exceptionnels. Un très petit nombre de fibres nerveuses traversent la membrane de Bowman ; ces fibres apparaissent dans les yeux atrophiés (fig. 16, nf^ pi. II) sous forme de fines lignes noueuses situées dans les fentes inter-cellulaîres et au-dessous de l'épithélium cornéen.
Sans aucun doute, dans V atrophie du globe ^ un grand nombre de fibres nerveuses sont détruites. Une simple expérience clinique le démontre : si on explore avec une sonde la cornée d'un œil atrophié, on peut constater, en effet, que la sensibilité spéciale de cette membrane a considérablement diminué et même disparu.
Antonelli 1 admet cependant que, dans les yeux atrophiés, les canaux qui traversent la membrane de Bowman seraient dus à des fissures anormales produites par une altération de la cornée, que de ViCENTHS a décrite sous le nom de rhytidosis.
Le rhytidosis (de />uT($u(nç, plissement) consiste dans un état particulier de la cornée qui se montre dans les yeux atteints de graves altérations du tractus uvéal ou au début de l'atrophie : la membrane semble rapetissée, presque ratatinée, tout en conservant une transparence à peu près normale.
Si on pratique un examen histologique, on voit la surface cornéenne d'abord plissée, comme si, ayant perdu son élasticité, elle ne pouvait suivre la membrane atrophiée dans son mouvement de retrait (Sgrosso et Antonelli). Par ci par là,[la membrane de Bowman est repliée sur elle-même (V. les figures dessinées par ces derniers auteurs)
* Antonelli, Anaales d'Op hthalmologie, t. XII, f. 6, 1892.
RHYTIDOSIS. — KÉRATITE VÉSICULEUSE 265
quelquefois assez profondément, de manière à former plusieurs rides au fond desquelles on trouve la couche épithéliale qui en suit les ondulations. La membrane finit par s'user : elle se crevasse ou est envahie dans son épaisseur par les prolong'ements des cellules conjonctivales fixes du parenchyme cornéen . Son épaisseur diminue par endroits à tel point que Tépithélium arrive à se trouver en contact avec le parenchyme. A la superficie, il existe simplement un entassement de cellules fixes, qui envoient des prolongements très longs et ir réguliers.
Dans les cas où la membrane de Bowman, alors qu'il y a atrophie du globe oculaire, est conservée, en général elle est, commenous venons de le dire,très repliée sur elle-même. Cette altération dans la forme de la membrane de Bowman s'observe déjà à la périphérie de la cornée, dansTirido-cyclile. HiRscHBERG * a trouvé une membrane de Bowman très repliée dans un cas d'atrophie du globe consécutive àrexiraclion de la cataracte. Pagenstecher et Genth ^ ont constaté la même altération dans un sarcome de la cornée. En général, dans l'atrophie du globe oculaire, la membrane de Bowman, par son aspect homogène, peut acquérir une structure semblable à celle du parenchyme cornéen.
Kératite vésiculeuse. — Comme on le sait, l'examen histologique des bulles trouvées à la surface de la cornée (kératilis buUosa) a donné des résultats très divers selon les auteurs qui se sont livrés à cet examen. Nos recherches personnelles nous permettent d'émettre un avis sur cette question si controversée. Les expériences rapportées plus loin sont venues démontrer que la paroi antérieure de la vésicule peut être constituée soit : — !• par l'épithélium et la membrane de Bowman (Schmidt-Rlmpler 3, Uhthoff 4, Landesberg) ou par les deux couches que nous venons de citer et en outre par une couche de la substance propre de la cornée
» HiRscuBERG, Grœfe*s Archiv, t. XXVHI. Fall 4.
* Pagenstecher et Gbntu , Atlas de ranatomio pathologique de Toeil, pi. XIII, fig. 5.
* ScHMiDT-RiMPLER, Klinischo Monatsblœtterfiir Augonheilkunde, t. XIIJ, p. 317. < Uhthoff, Grœfe*s Archiv, t. XXIX, 3, 1883.
(v. Graepe 4), soit encore par l'épithélium cornéen seulement (ScHWEiGGER ', S.EMiscH ^). FucHS * a trouvé que l'épithélium cornéen, uni à une couche sous-épilhéliale fibreuse, élait décollé, formant ainsi la paroi antérieure de la vésicule.
La figure 16 (pi. VI) représente la coupe transversale d'une vésicule cornéennc, située dans les couches superficielles do la cornée d'un œil atrophié, dont le parenchyme cornéen était très œdematié. La paroi antérieure de la vésicule est formée par l'épithélium et par une membrane fibreuse, d'une épaisseur très considérable d'un côté et très faible de Tautre.
La petite cavité située en arrière de cette membrane fibreuse est remplie d'un liquide séro-purulent; dans les préparations, la membrane de Bowhan n'étant plus reconnaissable, il est difficile dans les cas decegenre d'avoiruneopinion bien arrêtée :Ia membrane décollée peut être produite ou non par une transformation de la membrane de Bowman en une membrane fibreuse. La paroi postérieure de la cavité est représentée par la couche parenchymateuse de la cornée (c/>).
Dans une autre partie de la cornée du même moignon, nous avons observé un décollement peu profond, mais très étendu d'une couche panneuse recouverte de Vépithélium et d'une couche du parenchyme cornéen située au-dessous de la couche panneuse.
Sur plusieurs préparations d'irido-cyclite et d'yeux atrophiés, nous avons observé dans diverses parties de petits décollements peu étendus de l'épithélium cornéen^ produits par un liquide albumineux.
Il existe donc d'une façon incontestable, au point de vue anatomo-pathologique, des altérations très diverses dans la kératite vésiculeuse.
« V. GiLEFB, Grœfe's Archiv, t. II, 1, p. 208, 1853. > ScHWEiGGER, Handbuch der Augenheilkunde, 1873, p. 322. » S^mscH, Grœfe und Sœmisch. Handbuch, t. IV, p, 27^. * FucBs, Grœfe's Archiv, t. XXVII, 3, p. 77,