‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 124 sur 166 · ALTÉRATIONS DE LA CHAMBRE POSTÉRIEURE · texte numérisé non relu

ALTÉRATIONS DE LA CHAMBRE POSTÉRIEURE

Union de l'espace post-lenticulaire avec le canal de Petit. Formation de couennes au pourtour du cristallin. — Dans rirido-cyclîte avancée la partie du ligament liyaloïdéocapsulaire, qui s'insère sur la cristalloïde postérieure, est détachée ; le cristallin apparaît alors entouré de l'exsudation qui se transforme en un tissu conjonctif . En dedans du tissu conjonctif se trouvent de petites granulations pigmentaires et des cellules à un ou deux noyaux qui sont tantôt sphéroïdaux, tantôt fusiformes ; leur protoplasma est granuleux. Selon toutes probabilités, ces éléments sont des cellules endothéliales « déplacées », ayant leur origine dans la chambre postérieure.

Le tissu conjonctif entourant le cristallin se transforme» dans les yeux atrophiés, en tissu cicatriciel. Pendant cette transformation on y rencontre très fréquemment des infiltrations inflammatoires ou des liémorrhagies. La rétraction des couennes cyclitique^ cicatricielles cause en partie des altérations très considérables de la forme du cristallin, en partie des altérations du situs des procès ciliaires, de la choroïde et de la rétine.

Dépôt de chaux. Ossification. — Le dépôt de chaux dans les couennes cyclitiques de la chambre postérieure est un phénomène des plus fréquents.

Sur trois yeux atrophiés, nous avons observé un tissu ostéoïde présentant des cellules osseuses très distinctes et des lacunes d'HowsHip. Le tissu ostéoïde se trouvait, dans tous les cas, immédiatement auprès de la surface postérieure de riris et de la surface interne des procès ciliaires. Par la croissance de telles ossifications se développe une coque osseuse entourant le cristallin (Goldziehcr).

Rétention de F humeur aqueuse; développement de kystes. — Il arrive que les couennes cyclitiques contiennent des lacunes irrégulières, remplies d*un liquide albumineux renfermant des leucocytes. Wedl et Bock *, qui ont décrit ces la-

» Wedl et Bock, loc. cit., p. 280, fig. 10.

cunes, n'en donnent aucune explication. Nos recherches personnelles nous font admettre que ces lacunes sont produites par la rétention de l'humeur aqueuse dans les parties conservées des prolongements intra-vallaires de la chambre postérieure.

Dans un œil atrophié, nous avons observé, en dedans des couennes cyclitiques, des cavités irrégulièrement limitées, traversées par des fibrilles très fines. Ces cavités étaient produites par une dégénérescence muqueuse. Dans la cataracte fibreuse (fig. 34, e, pi. VIII) du même œil, se trouvent des cavités semblables, ainsi que dans le corps vitré (fig. 44, er, pi. X) et dans la rétine.

Zone de Ztnn. — Dans la période do l'irido-cyclite où la chambre postérieure est remplie d' exsudât, les faisceaux de lazonula, composés de fibrilles, sont séparés par des cellules de pus qui se sont ainsi interposées. A la coupe méridienne les fibres zonulaires larges et raides ofi'rent des stries minces longitudinales. Ce phénomène s'explique par leur structure en fibrilles fines; il se montre aussi dans des yeux^normaux après macération dans une solution de manganate de potasse qui amène la dissolution d'un ciment agglutinant les fibrilles primitives. Dans des yeux atrophiés très dégénérés, nous avons toujours rencontré quelques traces des fibres zonulaires. Pendant la marche du processus de prolifération, la zone de Zinn est altérée, d'une façon notable, dans ses rapports avec les organes voisins, par des masses fibreuses et des vaisseaux néo-formés, qui s'interposent entre les fibres zonulaires. Les parois antérieure et postérieure du canal d'HANNOvEn sont généralement reconnaissables sur les yeux oii le cristallin s'est conservé dans son intégrité, mais l'intérieur du canal lui-même est rempli par du tissu conjonctif néo-formé, ou bien ses parois sont accolées l'une à l'autre.

Endothélium de la ehambte postérieure. — Normalement la chambre postérieure, de même qUe la chambre antérieure^

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sont tapissées par des cellules endothéliales. Dans dos préparations faites sur des yeux atteints dnrido-cyclite, ces cellules recouvraient non seulement la masse principale des flbres zonulaires (fig. 25, r, pi. II), qui forment un gril séparant la chambre postérieure en une partie pré-zonulaire et une partie zonulaire, mais elles se trouvaient aussi à la surface interne de la lame vitrée de la pars ciliaris retinœ et entouraient les fibres zonulaires traversant les prolongements intravallaires.

Dans rirido-cyclile, ces cellules sont fusi formes et renferment des granulations pigmentées ; cette pigmentation provient de l'humeur aqueuse dans laquelle on retrouve ces granulations pigmentaires. A la partie périphérique des fibres zonulaires, les cellules endothéliales s'accolent, d'un côté à la fibre zonulaire, de l'autre à la lame vitrée. Dans un cas de staphylome cicatriciel que nous avons examiné» ces cellules présentaient les mêmes altérations que dans l'irido-cyclite.

Nous avons eu l'occasion de montrer à nos élèves^ en 1883, ces altérations de l'endothélium de la chambre postérieure ; nous les avons présentées ensuite au congrès d'ophthalmologie tenu à Heidelberg la mémo année; nous les avons montrées en outre, dans des préparations sur lesquelles les prolongements intravallaires de la chambre postérieure étaient remplis d'exsudat. Ces mêmes cellules endothéliales fusiformesont été constatées par E. Sargent * dans le glaucome secondaire.

Dans deux yeux nous avons trouvé des formations verruqueuses hyalines hémisphéroïdales sur la surface interne de la lame vitrée de la pars ciliaris retinœ. L'un de ces yeux était atteint d'irîdo-cyclite ; l'autre était un œil atrophié présentant des restes bien conservés de la chambre postérieure. D'après leur analogie avec les formations hyalines, que l'on trouve sur d'autres membranes anhistes (membrane de Descemet, lamelle vitrée de la choroïde), on peut supposer

1 E. Sarobnt, Gentralblatt fur AugCDheilkunde, 1884, p. 360;

qu'elles sont produites par une dégénérescence colloïde des cellules endothéliale^àe la chambre postérieure.

ScHWALBE a décrit de petits corpuscules étincelants se colorant par le carmin, dans la zone de Zinn des yeux du porc. Il est probable que ces formations sont de même nature que celles que nous venons de décrire.

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