FORME DE L'OEIL
lion des deux yeux sont séparés par une distance de SO à 60 mm. D'après Sappey, l'œil pèse de 7à8 grammes; son poids spéciflque varie de 1»0220 à 1,0302 (Huschke); Henle évalue son volume à 6 centimètres cubes.
L'irrégularité de forme se montre dans la partie antérieure et dans la partie postérieure de Tœi].
Le segmentantérieur, représenté par la cornée, est regardé comme un ellipsoïde à trois axes, le plus grand ayant une direction sagittale. Les deux petits axes sont perpendiculaires au grand, et, sauf dans quelques cas exceptionnels (Don- DERs), ils sont aussi perpendiculaires l'un à l'autre. Dans l'immense majorité des cas, c'est le méridien vertical de la cornée qui l'emporte en courbure sur les autres, tandis que le méridien horizontal est le moins courbé; la partie temporale de ce dernier méridien oifre généralement une plus forte courbure que sa partie nasale (Leroy). Il est très facile de se convaincre de ce fait en examinant la cornée à l'aide du kératoscope : on voit, chez la plupart des sujets, l'image cornéenne plus petite dans la moitié nasale que dans la moitié temporale du méridien (E. Berger).
L'irrégularité de forme que présente la cornée n'est qu'un phénomène partiel de l'irrégularité qu'on observe dans toute la région antérieure de l'œil. La moitié nasale du segment antérieur du globe oculaire est, en effet, moins développée que sa moitié temporale. Quant au segment postérieur, il ofiFre aussi une asymétrie due à l'insertion du nerf optique, qui pénètre dans l'œil à une distance de 3 ou 4 millim. du pôle postérieur de la sclérotique. C'est pour cette raison que le méridien horizontal du globe, mesuré depuis le nerf optique jusqu'au centre de la cornée, est beaucoup plus petit du côté nasal que du côté temporal (27, 3 mm. en dedans, 33,8 mm. en dehors, d'après Sappey).
On ne peut expliquer l'asymétrie de l'œil qu'en invoquant les modifications produites dans sa forme, lorsqu'il se développe, par l'action des organes voisins. Sur ce point, il y a
concordance parfaite entre les résultats fournis par la mensuration de la courbure de la cornée et certains faits anatomiques bien connus : l'insertion et l'action dynamique des muscles droits, qui s'attachent à la partie antérieure du globe oculaire. Les intéressantes recherches de Ed. Meyer * ont démontré qu'au moment de la naissance le segment antérieur de l'œil se rapproche considérablement de la forme sphérique; ce n'est que pendant la croissance qu'il devient de plus en plus irrégulier. Le muscle droit interne, plus fort et inséré plus en avant, modifle davantage la forme du segment antérieur de l'œil que le muscle droit externe, moins puissant et inséré plus en arrière ; d'où il résulte que la courbure du globe oculaire est moins modifiée en dehors.
Les mensurations que j'ai pratiquées à l'aide de Tophthalmomètre démontrent, comme celles publiées par Schneller*, que la courbure de la cornée est modifiée par l'action des muscles oculaires. Néanmoins, il me semble nécessaire de poursuivre les recherches sur cette question.
Il faut admettre que les muscles obliques, qui s'insèrent à la partie postérieure de l'œil, ont sur cette région une influence comparable à celle des muscles droits sur la forme du segment antérieur. Nous laisserons de côté pour le moment la question de savoir si la forme du globe oculaire peut être modifiée par la compression qu'exercent sur lui les muscles do l'œil. Cette opinion a surtout été défendue par Stilling, qui attribue l'augmentation de l'axe antéro-postérieur de l'œil myope à la compression exercée par le muscle oblique supérieur, lorsque la réduction du diamètre vertical de Torbile oblige ce muscle à suivre un parcours anormal.
A notre avis, il existe un rapport direct entre l'irrégularité de l'orbite et celle du globe oculaire, et, pour expliquer celle
* Ed. Metbr, Revue générale d'ophthalmologie, 1890, n» 7. ' ScHNELLER, Comple-rcndu du 7« Congrès international d'ophthalmologie, i8S8, p. 328.