‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 14 sur 166 · FORME DE L'CEIL · texte numérisé non relu

FORME DE L'CEIL

dernière, il n'est nul besoin d'invoquer une action anormale des muscles de ToDil.

Il y a fort longtemps déjà que des auteurs très sérieux, tels que Javal, Emmert, ont signalé des rapports entre l'astigmatisme de la cornée et les anomalies morphologiques de l'orbite.

Le développement de l'œil est intimement lié à l'accroissement de l'orbite. Que l'œil manque^ comme il arrive lorsqu'on a pratiqué l'énudéation pendant l'enfance, et l'on voit l'orbite correspondante plus étroite que l'autre. De même, une orbite trop étroite ne permet pas un développement normal du globe oculaire, et les divers diamètres de l'œil se trouvent alors modifiés. Mais cette étroitesse ne s'oppbsant pas au développement d'arrière en avant, le diamètre antéro-postérieur s'accroît, et c'est ainsi que, dans certains cas, on peut expliquer le rapport qui existe entre l'étroitesse de l'orbite et la myopie. Il est un fait qui démontre que la myopie n'est pas toujours due à une simple ectasie du pôle postérieur de l'œil: le diamètre antéro-poslérieur de l'organe de la vue est parfois si développé qu'il se produit une exophthalmie très manifeste. Il est évident que l'allongement anormal de l'œil par suite d'une anomalie orbitaire n'est qu'une des causes diverses qui donnent naissance à la myopie. En mesurant les diamètres des orbites dans des cas d'anisométropie, j'ai constaté souvent une étroitesse très prononcée du côté de la myopie. Nous avons déjà dit que Stilling explique l'élongation de l'œil logé dans une orbite étroite par la compression qu'exerce sur lui le muscle oblique supérieur. Il nous semble que la forme anomale du globe oculaire n'est alors qu'une des conséquences des anomalies que l'étroitesse de l'orbite entraîne dans tous les tissus qu'elle renferme. Cette manière de voir est pleinement mise en évidence lorsqu'on étudie les faits anatomiques au point de vue des influences mutuelles que les organes exercent les uns sur les autres relativement à leur forme. Lorsqu'on se borne à une simple

description de ce qu'a permis de trouver le scalpel, on ne fait qu'un travail aride; mais ce travail devient des plus intéressants dès qu'on se place au point de vue morphologique et physiologique.

Nous devons constater que la myopie n'existe jamais chez le nouveau-né, dont l'œil est toujours hypermétrope; ce n'est que pendant la croissance qu'on voit apparaître les anomalies qui produisent la myopie (KoENiGSTEiN, Schleich, German). Chez le nouveau-né, l'axe de l'œil mesure 17,5 mm. ; à l'âge de la puberté, il est de 20 à21 mm., et atteint bientôt après son complet développement.

Arrivons maintenant à la description des parties constituantes de l'œil, et examinons leurs dimensions.

PARTIES CONSTITUANTES DE l'OEIL

\j enveloppe externe du globe oculaire est formée par la cornée et la sclérotique. La première de ces membranes constitue en même temps l'un des milieux réfringents les plus importants de l'œil. Extérieurement, la cornée est limitée du côté de la sclérotique par le rebord cornéo-scléral ; à ce niveau, le tissu transparent de la cornée se transforme subitement en tissu sclérotical.

Lorsqu'on sépare l'enveloppe externe, dont il vient d'être question, des membranes internes de Tœil, on peut constater l'existence d'un sillon interne situé à la limite de la cornée et de la sclérotique (sulcus corneae internus). A sa périphérie, ce sillon est limité par un bourrelet (bourrelet sclérotical).

Sur une coupe transversale du méridien horizontal, la ligne de séparation entre la cornée et la sclérotique offre presque la même étendue à la face postérieure qu'à la face antérieure, la cornée se trouvant néanmoins un peu coupée en biseau aux dépens de sa face antérieure. Dans une coupe verticale, au contraire, on voit, sur les côtés, le tissu transparent de la cornée gagner un peu [plus ^le rebord cornéo-

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