‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 135 sur 166 · ORIGINE DU PUS DANS L'HYALITE · texte numérisé non relu

ORIGINE DU PUS DANS L'HYALITE

miner de préférence. Mais ce développement ne peut bien s'observer que dans les premières périodes de la maladie.

D'après Coccius, le pus se développe seulement dans les cellules que cet auteur considère comme de nature épithéfiale ; d'après Weber, ce pus aurait comme origine la prolifération de toutes les cellules du corps vitré. S'appuyant sur des recherches expérimentales, Haensell * et Heitzmann ^ sont du môme avis que Weber.

Beklin 3 au contraire n'a trouvé dans ses recherches aucune altération dans les cellules du corps vitré indiquant leur transformation en cellules de pus, mais un cas, observé plus tard, a semblé modifier sa manière de voir. Voici ce que dit cet auteur: « Je n'ai pas trouvé de pus dans la rétine, alors que la couche voisine du corps vitré présentait un grand nombre de grosses cellules contenant plusieurs noyaux. D'après ce fait, il est certain, je crois, que les cellules du corps vitré et spécialement les cellules de Thyaloïde prennent part au développement de pus *. »

D'autres auteurs prétendent que les globules du pus ne seraient que les leucocytes immigrés des vaisseaux sanguins (Pagenste- CHER^et duc Charles-Théodore de Bavière). Sghmidt-Rimpler^ a provoqué expérimentalement la suppuration dans le corps vitré, en injectant dans ce dernier du pus blennorrhag'ique provenant du sac lacrymal, mais il ne pouvait pas arriver à déterminer ainsi l'origine du pus dans l'hyalite. Wedl et Bock ont observé dans l'hyalite une prolifération des cellules du corps vitré. Ces savants n'émettent cependant aucune opinion sur Torig-ine du pus dans cette affection.

Nos recherches personnelles ne peuvent que nous faire approuver ceux des ophthalmologisles qui pensent que le pus reconnaît pour origine et pour point de départ les vaisseaux sanguins. On peut voir sur les préparations dessinées que nous rapportons (fig. 2 et 3) que Faugmentation des noyaux

1 Haensell, BuUolin de la Cliniqu. ophlhalmologuiuc natioDalc des Quinze- Vingts. 1884, n«» 2, 3.

* Heitzmann, Bcricht dcr Heidelborger Ophlhalmologiscbcn Gcscliscliaft 1S83.

=» Berlin, Grœfes Archiv, XIV, 2, p. 311.

* Berlin, loc. ciL, p. 312.

^ Pagenstecber, Gruife's Archiv, t. 1,2, p. 30.

^ SuUMiDT-RiMPLER, Bericiil doi* OpLllialuiologischcn GesclUcliaft iu iJeidclborg, 1878.

dos cellules du corps vitré est exceptionnelle. Nous avons pu néanmoins constater dans certains points du corps vitré la présence d'amas de leucocytes, et cela surtout au centre de ce corps; les cellules du corps vitré conservant d'ailleurs, dans les parties infiltrées ou non, la même apparence qu'à rétat normal, sauf de rares exceptions.

La fig. 38 (pi. II) représente un réseau à mailles très serrées situé à la partie postérieure du noyau du corps vitré. Au bas de la figure existe une cellule qui n'est pas altérée ; au-dessus et au-dessous du réseau fibrillaire un amas de leucocytes (es). Nous avons constaté aussi la présence do leucocytes à l'intérieur du protoplasma, se distinguant très nettement des autres cellules par la petitesse de leur noyau. Ce fait tend à prouver que les globules blancs peuvent pénétrer dans les cellules du corps vitré.

La fig. 41 (pi. IX) représente une partie du corps vitré dans un cas d'irido-cyclite. En quelques points, on reconnaît encore très nettement les cellules du corps vitré et leurs prolongements. Le nombre des noyaux est augmenté. On voit dans la préparation figurée que le tissu de la partie postérieure du corps vitré est remplacé par un amas de cellules de pus et par un liquide albumineux. On remarque également dans cette masse quelques cellules sphéroïdales pigmentées (/?i:) groupées ensemble et particulièrement nombreuses dans le voisinage des vaisseaux néo-formés. Il s'agit là probablement de leucocytes qui se sont emparés de granulations de pigment, ou bien de leucocytes chargés d'un pigment tirant son origine d'hématies incluses dans leur protoplasma.

Remarquons spécialement qu'on observe encore des restes de lamelles du corps vitré (fig. 41, s) dans la préparatioo figurée. Les lamelles apparaissent en partie dans la coupe transversale optir/ue^ en partie dans la coupe micrographique^ comme dos lignes irrégulièros ondulées. On peut d'ailleurs, à l'aide des diverses positions des vis micrométriques, reconnaître que ces lignes de la coupe transversale

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