‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 134 sur 166 · CELLULES DU CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

CELLULES DU CORPS VITRÉ

jonctif que Ton constate dans les périodes ultérieures do rirido-cyclite. On peut s'en convaincre en comparant les figures 36 et 40, dont la dernière représente le tissu conjonctif dans un cas de transformation conjonctive du corps vitré. Nous ne pouvons pas non plus admettre que la prolifération des cellules du corps vitré soit un phénomène sénile; cette prolifération serait plutôt due, selon nous, à l'augmentation delà transsudation du liquide nutritif dans le corps vitré, transsudation exagérée que Ton retrouve souvent alors qu'il y a synéchie antérieure (Ulrich). Il est intéressant de constater que la prolifération des cellules est accompagnée de raréfaction de la substance inter-cellulaire. Le réseau fibrillaire contenant des cellules dans ses mailles ressort très distinctement à cause de la diminution de la substance intercellulaire et de l'augmentation des cellules, alors qu'à l'état normal il est impossible de l'observer dans le corps vitré. Nous n'avons jamais observé d'anastomose immédiate entre les cellules du jcorps vitré.

En définitive, il est rationnel d'admettre que le réseau mince fibrillaire représenté dans la figure 36 (n) n'est que le reste de la substance inter-cellulaire primitive.

On a longuement discuté pour'savoir si les cellules du corps vitré communiquaient entre elles directement ou par l'intermédiaire d'un réseau fibrillaire, ou môme pour savoir si cette communication existait.

ViRCHow * a décrit des cellules formant un réseau arcolaire à la surface du corps vitré; il a trouvé très fréquemment des cellules stellaires dans le corps vitré embryonnaire. D'après Weber 2, les cellules du corps vitré sont réunies par des anastomoses. Goccius^ est arrivé à démontrer que le corps vitré est composé d'un liquide et d'un enchevêtrement membraneux. Les membranes de cet enchevêtrement sont composées de cellules épithéliales et de noyaux libres. RiTTER n'a trouvé ni membranes, ni cellules dans le corps vitré. Kœl-

* V^iRCHOw, Vircliow's Archiv, t. V, p. 238.

« Weber, Virchow's Archiv, l. XIX. 1860.

' Goccius, ijber das Gcwebo und die Entzuiidung des menschlichen Glaskorpers. Licpzig, 1860.

LiKER * a décrit des cellules stellaîres réunies par un réseau protoplasmique, mais il n en a trouvé que sur Thyaloïde.

IwANOFF a observé dans le corps vitré trois formes de cellules : 10 des cellules sphéroïdales situées au-dessous de Thyaloïde; 2^ des cellules stellaîres et fusiformes avec deux ou trois noyaux ; 3** des cellules semblables aux physaliphores contenant des vacuoles (décrites pour la première fois par Douncan). Iwanoff ^ enfin a trouvé chez le cheval ces cellules stellaires atteigpnant des dimensions colossales dans les cas pathologiques. Cet auteur n'a observé que très rarement des anastomoses intercellulaires dans des cas pathologiques ; jamais à Tétat normal.

Développement des cavités à V âge sentie. — Nous avonseu roccasion d'observer, aussi bien dans l'œil décrit ci-dessus que dans un grand nombre d'yeux de vieillards, le développement de cavités dans le tissu du corps vitré. Dans un cas, la cavité était située immédiatement en arrière du cristallin et occupait presque toute la partie antérieure du corps vitré.

Près des cavités sphéroïdales et ovalaires, on trouve quelquefois aussi de semblables cavités, mais plus petites (fig. 35, h). Il est probable que ces grandes cavités se sont formées aux dépens de plusieurs petites; elles n'ont pas de parois bien limitées; en outre, vu le fait que desparties constituantes du tissu se portent du contour de ces cavités vers leur centre (fig. 36), nous ne pouvons les regarder comme des voies lymphatiques élargies du corps vilré : elles sont dues à un processus de ramollissement.

Dans les observations de Loewe, ce qu'il appelle troisième chambre de l'œil n'est qu'un produit de ramollissement sénil dans le corps vitré.

Développement de pus dans le corps vitré. — Pour étudier le développement du pus dans rinflammalion du corps vitré, ce sont des yeux aflectés d'irido-cyclite qu'il convient d'exa-

* KoKLLiKER, lîandbucli (1er Gewcbelehrc, p. <iso. « IwAN pp, Gra-fc's Arcliiv, t. XI, I, p. 166.

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