RÉTINE. CORPS VITRÉ
de hauteur et de 4 à 6 mm. de longueur, commençant en dehors du nerf optique pour se diriger horizontalement en dedans. Ce pli, qui relie la papille optique à la macula, ne se rencontre pas lorsqu'on examine les yeux aussitôt après la mort, comme on a pu le faire sur des suppliciés.
A l'état frais, la rétine présente une réaction chimique alcaline. Outre des substances analogues à la globuline et à Talbumine, Michel et Wagner y ont trouvé de la lécithine et une grande quantité de cholestérine.
La coloration rougeâtre qu'on peut observer dont la rétine à l'état frais constitue un phénomène physiologique fort intéressant, quia été découvert par Boll en 1877. Antérieurement, on admettait que la rétine était incolore. Kîjhne a constaté que la coloration rouge est d'autant plus prononcée que les animaux avaient été plus longtemps tenus dans l'obscurilé avant leur mort. La substance qui colore la rétine en rouge (rhodopsine) se décompose donc sous l'influence delà lumière : elle devient d'abord jaune-orange, puis chamois ; à la fin, la coloration disparaît entièrement. D'après Kuhne, la rhodopsine se transforme en une substance qu'il appelle xanthopsine. Dans la rétine humaine, quand on apu examiner des suppliciés, on a constaté la présence de la rhodopsine, comme chez les animaux; elle ne manque que dans la macula lutea et dans la fovea centralis.
La cavité limitée par la rétine est remplie d'une substance gélatineuse, le corps vitrée qui, en avant, est en rapport avec le cristallin 6t son ligament suspenseur. Sur une pièce anatomique, il est très facile de séparer la sclérotique et la cornée, puis le tractus uvéal ; il ne reste alors que les parties centrales du globe oculaire, représentées par le corps vitré qu'entourent la rétine, le ligament suspenseur du cristallin (zone de Zcsn) et le cristallin lui-même. C'est parce que les anciens anatomistes grecs préparaient la rétine de celte manière qu'ils lui ont donné le nom de arachnoïdea ou arachnoïdes. En opérant ainsi, on constate, en effet, que la ré-
Une se continue en avant avec une membrane qui comprend un certain nombre de lignes radiaires noires et qui s'insère circulairement à la périphérie du cristallin. Cette membrane, considérée par les anciens comme le prolongement de la rétine, n'est en réalité que la zone de Zinn (ligament suspenseur du cristallin); les lignes noires, disposées en rayons, sont des portions de la couche épithélidepigmentaîre qui recouvre les crêtes des procès ciliaires; elles sont très fortement unies à la zone de Zinn. Lorsqu'on sépare la zone de Zinn des procès ciliaires, auxquels elle est solidement fixée, le pigment des crêtes ciliaires reste attaché à la zone, à laquelle il adhère plus qu'au corps ciliaire; dans les autres parties de ce corps, le pigment reste, au contraire, en place.
L'aspect que présente la zone de Zinn ainsi préparée l'a fait comparer par les anciens à une toile d'araignée, et on s'explique que les anatomistes grecs l'aient appelée arachnoïde. Les Romains ont transformé le nom eu celui de rétine.
Dans les préparations dont nous venons de parler, on peut aussi séparer la rétine ; il ne reste alors que le corps vitré, le cristallin et la zone de Zinn. Ce procédé primitif prouve que l'opinion de certains auteurs, qui n'ont étudié la zone de Zinn que sur des pièces renfermées dans de la celloïdine, à penser qu'elle n'est en aucun point adhérente au corps vitré, est erronée.
Le cristallin a la forme d'une lentille biconvexe ; sa face antérieure, dont le centre occupe l'ouverture qui existe au milieu de l'iris (pupille), est séparée de la cornée par un in* tervalle de 2 mm. 8, rempli par l'humeur aqueuse. Sa face dostérieure est située à 16 mm. de la macula. En avant, la courbure du cristallin est moins prononcée qu'en arrière.
D'après Helmholtz, lorsque le muscle de l'accommodation est au repos, le rayon de courbure de la face antérieure de la lentille est de 10 mm.; il est de 6 mm. pendant la contraction du muscle. Pour la face postérieure, il est de 6 mm.
dans le premier cas et de 5 mm. dans le second. Toutefois, ces chiffres ne sont vrais que pour les parties centrales du cristallin, qui ont un rôle important au point de vue de la vision. En effet, la face antérieure a une courbure qui se rapproche beaucoup de celle d'une ellipse, dont le grand axe mesurerait de 9 mm. à 9 mm. 2 et le petit axe de 3 mm. 75 à 5 mm. 06. La face postérieuredu cristallin peut être comparée aune parabole, dont le paramètre serait de 8 mm. S5 à M mm. 25.
Les deuxfaces du cristallin, en se réunissant àl'équateur, forment un rebord arrondi.
Dans l'œil humain, le cristallin est placé de telle façon que son axe ne concorde pas avec celui des autres milieux réfringents. Sur une coupe horizontale, le plan équatorial du cristallin n'est pas perpendiculaire à la base de la cornée ; par suite de la déviation en dedans et en arrière du plan équatorial, il en résulte un angle oblique (Knapp). En outre, si l'on compare le méridien vertical du cristallin à celui de l'œil, on constate qu'il occupe une position oblique, son extrémité supérieure étant inclinée en avant et l'extrémité inférieure en arrière (I'scherning) .
Le cristallin est entouré par la capsule lenticulaire (cristalloïde). La cristalloïdc antérieure mesure de 10 à 15 millièmes de millimètre d'épaisseur, tandis que la postérieure, moins épaisse, n'atteint que 5 à 7 millièmes do millimètre. La capsule renferme des fibres lenticulaires, dans lesquelles on distingue une partie corticale (périphérique) et un noyau. A l'état normal, toutes les parties qui entrent dans la composition du cristallin sont absolument transparentes. Chez l'adulte, le diamètre antéro-postérieur de la lentille est de 3 mm. 3 à 3 mm. 9 ; son diamètre Iransverse ou équatorial varie entre 9 et 10 mm.
L'indice optique du cristallin est plus fort au noyau que dans les couches corticales. D'après Helmholtz, l'indice total serait de 1,44 à 1,45 (1,4053 pour les couches corticales et
ÉO ANATOBIIE MACROSCOPIQUE DE L'OÉlL
1,4341 pour le noyau). Le poids spécifique du cristallin est de 1,079 (Chenevix).
Pendant la croissance, le cristallin subit des changements dans sa forme, dans sa consistance et, par suite, dans son indice réfringent. Chez le nouveau-né, sa forme se rapproche de celle d'une boule, et tout le contenu du sac capsulaire est d'une consistance molle. Ce n'est que plus tard que la partie centrale devient plus dure et plus résistante, et constitue le noyau dont la grandeur va en augmentant. Il en résulte que, pendant la croissance, le poids du cristallin augmente déplus en plus. Petit avait déjà signalé non seulement l'augmentation absolue du poids, mais aussi l'augmentation relative ou spécifique de la pesanteur du cristallin. C'est, toutefois, à Priestley Smith * que revient l'honneur d'avoir étudié cette question d'une façon précise. De l'examen de 142 cristallins humains provenant de sujets d'âges divers, il est arrivé à conclure que le poids de la lentille augmente en moyenne de 1, 5 milhgrammes par année; pendant le même temps, son volume s'accroît d'environ 1, 5 millimètre cube. Les variations du poids spécifique vont de 1,067 à 1,085.
La croissance du cristallin ne s'arrête pas à l'âge oh les autres parties du corps ont terminé leur développement ; sauf les cas pathologiques, elle continue pendant toute la vie. Entre 20 et 29 ans, le cristallin cube, en moyenne, 163 millimètres et pèse 174 milligrammes; entre 60 et 67 ans; il cube 225 millimètres et pèse 240 milligrammes. Dans le même espace de temps, son diamètre équatorial s'est accru de 8 mm. 67 à 9 mm. 49. D'après Priestley Smith, l'augmentation du diamètre antéro-postérieur serait encore plus considérable, ce qui amènerait le rétrécissement de la chambre antérieure de l'œil que l'examen clinique permet de constater chez les vieillards .
i pRissTLEV SuiTHf CompU rend, de la sociélé anglaise d'Ophthalmologie, 1883 et 1887.