APONÉVROSES DE L'ORBITE
tement mis en évidence par l'étude de Torbile dans la série animale.
L'aponévrose orbitaire oiïrc un épaississement notable au pourtour du canal optique ; c'est à ce niveau que s'insèrent les quatre muscles droits et le releveur de la paupière supérieure ; muscles qui s'écartent en avant de manière à former un entonnoir musculaire. Dans cette région, l'aponévrose orbitaire fournit une enveloppe qui entoure la gaîne durale du nerf optique. Entre l'enveloppe et la gaîne existe l'espace sus-vaginal (cavitas supra- vagi nali s de Schwalbe), qui renferme les nerfs ciliaires et les artères ciliaires postérieures.
Sur une coupe transversale de l'orbite, on voit partir de l'enveloppe sus-vaginale un certain nombre d'aponévroses qui forment de nombreuses cloisons divisant le tissu rétrobulbaire en plusieurs parties. L'aponévrose sus-vaginale et les enveloppes aponévrotiques des muscles de l'œil forment ce que Sappey appelle les prolongements de premier ordre de l'aponévrose orbitaire.
La partie centrale de l'aponévrose orbitaire entoure le globe de l'œil et le sépare du tissu rétrobulbaire. D'après Motais, ce fascia, qui a reçu les noms de capsule de Tenon, vagina bulbi, capsule de Bonnet, se replie sur le globe oculaire et l'entoure d'une couche viscérale ou séreuse. Mes recherches personnelles sur l'anatomie comparée et pathologique de cette région m'ont permis de vérifier l'exactitude de cette assertion.
La face interne de la capsule de Tenon et de l'enveloppe viscérale du globe oculaire qui li mi te l'espace de Tenon est recouverte d'un épithélium pavimenteux simple; sur une préparation faite à l'aide du nitrate d'argent on distingue très nettement les limites des cellules. Des faisceaux en nombre fort variable, composés de tissu conjonctif, forment des adhérences filiformes entre la capsule de Tenon et le globe oculaire. Ce fait démontre que l'espace de Tenon ne saurait être regardé comme une sorte de cavité glénoïdale.
L'espace de Tenon aboutit en arrière à une certaine dis-
tanco du point où le nerf optique pénètre dans le globe oculaire; en général, il s'étend davantage dans cette direction en dedans qu'en dehors. Le diamètre transversal du rebord circulaire qu'il forme dans sa partie postérieure mesuro 12mm. Son extrémité antérieure arrive entre le tiers posléroexterne et le tiers moyen de la conjonctive bulbaire, si on mesure les dimensions de la conjonctive depuis le cul-de-sac jusqu'au limbe cornéen.
La capsule de Tenon se constitue en avant avec le tissu sous-conjonctival, et en arrière avec l'enveloppe qui entoure la gaine optique.
Sur le globe oculaire, les insertions des muscles de l'œil viennent se confondre avec la sclérotique. Pour gagner ce point, il est évident que les tendons doivent traverser la capsule do Tenon ; à leur entrée dans l'espace de Tenon, les gaînes musculaires vont se perdre dans la capsule.
La communication entre l'espace péri-mu sculaire et l'espace de Tenon peut s'établir de plusieurs manières. A l'entrée du tendon dans l'espace de Tenon, la surface interne du tendon peut adhérer à la gaîne musculaire, et dans ce cas la communication ne se fait que par une fente très étroite située à la face externe du tendon. Parfois on rencontre sur les deux faces du tendon des fentes très étroites dont les bords adhè« rent à la capsule de Tenon et à la gaine musculaire. Il n'est pas très rare de voir des prolongements tendineux former des adhérences entre la sclérotique et le tendon d'un muscle oculaire ou sa gaîne. Ces prolongements ont une véritable importance au point de vue pratique, car, grâce à eux, l'action d'un muscle oculaire dont le tendon a été sectionné peut n'être en rien altérée.
Sous le nom d'ailerons, ou de prolongements de deuxième ordre (Sappey), on a décrit des faisceaux aponévrotiques qui naissent des tendons de certains muscles de l'œil (des quatre muscles droits et du releveurdela paupière supérieure), traversent le tissu orbi taire et s'insèrent au bord de l'orbite.
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Ces ailerons empêchent que le globe oculaire ne soit ramené en arrière par Faction des muscles droits de l'œil. On a aussi prétendu qu'ils rendent impossible la compression du globe parles muscles. Cependant, on peut objecter à cette manière de voir que, dans un œil atrophié, on constate des empreintes qui sont incontestablement le résultat d'une compression exercée par les muscles. Or, si les ailerons ne peuvent empêcher la compression d'un œil atrophié, il est bien évident qu'ils ne sauraient éviter la compression d'un œil de dimensions normales.
Un seul muscle se trouve en dehors de l'entonnoir musculaire : c'est le grand oblique. Il est entouré, ainsi que la glande lacrymale, par une enveloppe que fournit l'aponévrose orbitaire extra-musculaire.
Les aponévroses de la région antérieure de l'organe de la vue comprennent diverses parties. Un fasciapart du bord supérieur de l'orbite, se rend au bord périphérique du tarse de la paupière supérieure. Un fascia analogue va du bord inférieur de l'orbite, au bord externe du tarse de la paupière inférieure. La plupart des auteurs considèrent ces deux faisceaux, qui ont reçu les noms de fascia palpébral (supérieur et inférieur), de ligaments larges de Sappey, de septum orbitale de Henle, comme un prolongement du périorbite dans les paupières. Le fascia palpébral supérieur se réunit à l'expansion aponévrotique antérieure du tendon du releveur de la paupière supérieure, et à un fascia qui s'insère sur le bord supérieur du muscle orbito-palpébral, en arrière et un peu au-dessous de l'insertion du releveur. Ce fascia est une expansion de l'aponévrose orbitaire.
Le fascia palpébral supérieur passe au-dessus du cul-de-sac et s'unit au tissu sous-conjonctival, et surtout à l'aponévrose centrale. Dans la paupière inférieure, un prolongement tendineux part du tendon du droit inférieur et se rend à la paupière ; il est l'analogue de ceux qui naissent de l'aponévrose du releveur de la paupière supérieure. C'est à ce prolonge-
ment, découvert par Richct, qu'est dû l'abaissemeat de la paupière inférieure lorsque le regard se dirige ea bas .
MoTAis considère le fascia palpébral et le fascia réunissanllc tarse à l'aponévrose centrale comme ne formant qu'un seul fascia qui aurait l'aspect d'un entonnoir. D'après lui, cet entonnoir s'attache, par ses parties latérales, aux parois externe et ioterno de l'orbite, tandis que, par ses faisceaux supérieur et inférieur, il se rend dans les paupières qu'il parcourt jusqu'à leur bord adhérent.
Le ligament palpébral externe n'est qu'un épaississe ment résultant de la réunion des deux fascias palpébraux. Le ligament palpébral interne est autrementconstîtué. Le périorbile se divise en deux lamelles qui entourent le sac lacrymal ; la plus forte va de la crête lacrymale postérieure à la crête antérieure et émet un prolongement qui, en s'unissanl à un prolongement tendineux inséré sur l'apophyse frontale du maxillaire supérieur, donne naissance au ligament palpébral interne. A son extrémité externe, ce ligament se divise en deux faisceaux, qui se rendent à la partie moyenne des tarses supérieur et inférieur.
Dans la plus grande partie de son étendue, le globe oculaire est protégé par les tissus de l'orbite. Ce n'est que dans son tiers antérieur, représenté par la cornée et par une partie de la sclérotique, que l'œil n'est pas protégé. Cette portion, située hors de la cavité orbitaire, mesure 8 mm. 50 de diamètre en haut et en bas, et 10 mm. sur les côtés.
La face antérieure du globe oculaire n'est en rapport avec l'air ambiant que dans une étendue restreinte, assez variable, les paupières venant former au-devant de cette face des voiles protecteurs, qui la recouvrent en partie.
Hg. 7.
Coupe sagittald do la paupiùre suuériuure chez i'tioinme, a'aprùs Schwalba: — I, ueiiu ; — 2, porlion
Eatpùbreie du musclu oricutaire dos paupières ; — 2a, porlion ciliaire (niuEculus ciliaris Riolani) du même muscle; — 3, cils;
— i, glandes de HoU ; — S, ulaudes de Hi-iboniius ;
— Sa, soD comluit; — 6, limite supérieurt! du cartilage-tarse;— 7. tissu lamiueuz séparant le carlilasotarse du tendon tlu releveur de la paupière supérieure; — B, Bipaosion a po névrotique antérieure du même tendon; — couche moyenne du niiuie tendon ddcrito sous le nom de muscle palpêbral supérieure de II. Mûllcr.
Lespaiipîères, l'uno supérieure, l'aulrc inférieure, sont des replis musculo-membraneux qui se meuvent en avant du globo de Tceil. Chacune d'elles comprend plusieurs couches . La couche
superGciello est formée par la peau, au-dessous de latjuelle ou rencontre une couche do fibres striées; puis vient une couche de tissu aponévrotiquc (couche fibro-carLilagineuso), représentée dans ses parties centrales par le tarse ; en dedans, se trouve une couche de fibres lisses, et enfin une couche muqueuse, formée parla conjonctive.
La paupière supérieure est limitée en haut parle sourcil, saillie musculo-cutanée. transversale, couverte do poils et donnant insertion au frontal, à l'orbiculaire des paupiiires et au sourciller. La paupière inférieure est limitée en bas par le bord orbitaire.
La fente palpébrale aune forme elHptique ; ses bords, convexes, sont formés par le bord libre des paupières. Les angles de cette fente sont Tun externe, l'autre interne.
La peau des paupières adhère très faiblement aux tissus sous-jacents ; elle est en même temps très lâche, ce qui explique qu'elle se plisse lorsque la fente palpébrale est ouverte. Il se forme alors des plis et deux sillons ; ces sillons transversaux portent le nom d'orbito-palpébraux et sont l'un supérieur, l'autre inférieur. Us correspondent au point où la conjonctive palpébrale, après s'être repliée pour recouvrir le globe oculaire, forme l'extrémité périphérique du cul-dosac conjonctival.
Des deux faces des paupières, Tantérieure est convexe et la postérieure concave. L'extrémité supérieure de la paupière du haut forme, comme le dit avec raison Sappey, une autre courbe, concave en avant.
Le bord libre des paupières présente une lèvre antérieure, exposée à l'air ambiant, et une lèvre postérieure, en contact avec la face antérieure du globe oculaire. Sur le bord libre, on distingue encore une portion ciliaire portant de petits poils, ou cils, et comprenant les 7 huitièmes externes du bord, et une portion lacrymale, qui en occupe le huitième interne. Arlt appelle limbus intermarginalisla petite surface comprise entre les deux lèvres du bord libre.
La peau des paupières est toujours plisséo, même lorsque ces voiles sont fermés. Le diamètre vertical (hauteur) de la paupière est donc moindre que celui de la peau qui la recouvre.
D'après Fuchs*, la hauteur de la paupière supérieure est en rapport avec la hauteur de l'orbite. Chez les vieillards, elle diminue par suite de l'abaissement du sourcil. Jusqu'à l'âge de 3 ans, la hauteur de la paupière supérieure et celle de l'orbite s'accroissent dans une proportion de plus en plus
» Fucus, Arch. f. Ophlhalmologie, 1885, t. XXXI, f. J.