‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 38 sur 166 · MUSCLES DES PAUPIÈRES · texte numérisé non relu

MUSCLES DES PAUPIÈRES

Uorbicu/aire des paupières^ composé de fibres striées, comprend trois portions : — 1« une portion qui recouvre la face antérieure du tarse (portion palpébrale) ; — 2^ une portion qui forme un anneau autour de la précédente (portion orbitaire) ; — 3® une portion qui part de la crête lacrymale (portion lacrymale). Les deux premières se composent seulement de fibres circulaires.

La portion palpébrale est formée de fibres qui naissent du ligament palpébral interne et du tissu aponévro tique situé entre le tarse et le muscle ; quelques fibres naissent aussi sur la crête lacrymale et sur l'apophyse frontale du maxillaire supérieur (Hyrtl). Les fibres de la partie supérieure et celles de la partie inférieure se rencontrent à l'angle interne de l'œil.

Dans ce point, les faisceaux circulaires se divisent en deux groupes : les uns se continuent avec les Gbres du côté opposé (les Gbres supérieures se continuant avec les Gbres inférieures et vice versa) ; les autres se Gxent au ligament palpébral interne. A l'angle externe, au contraire, toutes les Gbres supérieures passent dans la paupière inférieure, sans qu'aucune aille s'insérer au ligament palpébral externe; parfois, seulement, on rencontre au point de jonction des Gbres supérieures et inférieures une expansion tendineuse reliant la portion palpébrale de l'orbiculaire à la peau qui la recouvre. Contrairement à ce qu'on observe en dedans, la portion palpébrale déborde, à l'angle externe, le ligament large; c'est à cette particularité que serait due la patte d'oie (Hyrtl). Les brides qui la forment résultent du plissement de la peau pendant la contraction de la portion palpébrale de l'orbiculaire. Cette contraction se produit avec plus d'énergie, et, par suite, les brides sont plus marquées, dans les points où le muscle n'est pas gêné dans ses mouvements; or, c'est ce qui se produit à l'angle externe, où l'orbiculaire ne s'insère pas au ligament palpébral externe et n'adhère ni à l'os ni à d'autres peauciers de la face.

La disposition spéciale que présentent les Gbres musculaires à l'angle externe nous explique un autre phénomène. A la suite d'une contraction prolongée de l'orbiculaire, il se forme un repli cutané près de l'angle externe de l'œil, et dans cette sorte de poche s'accumule les sécrétions lacrymale et conjonctivale, qui Gnissent par causer des excoriations. Pour quelques auteurs, cette accumulation de produils de sécrétion prédisposerait dans une certaine mesure au symblépharon (Richet, Traité, I, p. 399).

La portion lacrymale de l'orbiculaire (muscle de Horner) forme une lame quadrangulaire allongée, qui s'insère au périoste du tiers supérieur de la crête lacrymale et des parties voisines ; quelquefois il s'insère aussi à l'aponévrose qui recouvre la face postérieure du sac lacrymal. Le muscle de

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HoRNER se dirige vers l'angle interne et s'y divise en deux parties, l'une supérieure, l'autre inférieure. Lapremière se rend dans le bord libre de la paupière supérieure, et la seconde dans le bord libre de la paupière inférieure. La portion lacrymale de l'orbiculaire émet encore d* autres fibres : les unes se terminent dans le ligament palpébral interne, les autres entourent les conduits des canaux lacrymaux.

Au bord libre des paupières, quelques fibres du muscle de HoRNER sont situées au dessous du tarse, dans la paupière supérieure, ou au-dessus de ce cartilage, dans la paupière inférieure. Ces fibres gagnent la lèvre postérieure du bord libre, après avoir formé des mailles disposées comme un 8 autour des conduits des glandes de Meibomius (Wolfring); on les a décrites sous le nom de musculus subtarsalis Albini. Elles se terminent à une certaine distance de l'angle externe, et s'insèrent sur quelques points à la peau des paupières (Wolfring).

La portion orbitaire de l'orbiculaire prend naissance en partie dans la moitié externe du ligament palpébral interne, en partie sur le bord orbitaire, principalement dans l'endroit où ce bord est constitué par les apophyses orbitaire et frontale (nasale) du maxillaire supérieur. D'autre fibres s'attachent au tissu lamineux situé au-dessous du muscle, à l'aponévrose du sac lacrymal et à la peau du sourcil. Ces fibres, quelle que soit leur origine, suivent un trajet circulaire ; quelques-unes seulement s'insèrent au ligament palpébral interne, et quelques autres se terminent dans la peau qui recouvre le muscle. C'est à ces dernières que l'orbiculaire des paupières doit d'être regardé comme un peaucier de la face.

La fonction du muscle orbiculaire des paupières est de fermer la fente palpébrale et le conduit lacrymal.

Deux muscles à fibres lisses, décrits par Sappey, en 1867, et par H. Muller, prennent part aux mouvements des paupières : ce sont le palpébral supérieur et le palpébral inférieur (orbito-palpébral de Sappey).

Le palpébral supérieur, de forme iriao^laîre, mesure 12 à 14 mm. de hauteur. Dans toute la partie nasale» il s'insère au bord convexe du cartilage-tarse supérieur. Les Qbres sont verticales, sauf quelques-unes qui ont une direction transversale. D'après Sappey, il donne insertion, en haut, au releveur de la paupière supérieure. Pour H. Muller, il s'insère en partie au bord supérieur de l'orbite, tandis que ses autres Gbres s'entrecroiseraient avec les fibres striées du releveur. Son action serait de renforcer ce dernier muscle.

Sappey regarde le palpébral supérieur (voir fig. 7) comme formant une sorte d'escarpolette, qui répond par une de ses faces au globe de l'œil, par l'autre au ligament large, et qui oscille presque continuellement sous l'influence de deux muscles antagonistes, le sphincter et le dilateur de l'orifice palpébral.

Le palpébral inférieur se compose de fibres plus entrelacées que celles du palpébral supérieur ; toutefois, la plupart d'entre elles ont une direction sagittale. Il est situé en avant de la conjonctive, et s'insère au bord adhérent du cartilage-tarse inférieur. Son insertion postéro-inférieure n'est pas encore bien connue, mais il est probable qu'elle se fait au bord inférieur de l'orbite.

Les deux muscles palpébraux sont animés par le grand sympathique. Quant à leur action, nous avons déjà dit ce que Sappet et Muller pensaient de c^Ile du palpébral supérieur . Harling prétend que le palpébral inférieur abaisse la paupière inférieure; pourtant le fait n'est pas encore suffisamment

établi.

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