‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 39 sur 166 · NERF OPTIQUE · texte numérisé non relu

NERF OPTIQUE

et ranatomie comparée nous apprennent, en effet que la rétine n'est autre chose qu'une portion extra-crânienne de l'écorce cérébrale.

Le nerf optique naît dans le chiasma. Après un parcours intra-crânien très court (10 millimètres environ), il traverse le trou optique ; il décrit alors dans l'orbite une légère courbe en forme d'S, de 28 millimètres de longueur, et vient se terminer dans le globe oculaire. Dans leur trajet, les Obres optiques subissent une torsion, de telle sorte que celles qui sont situées en bas dans le trou optique occupent la partie temporale dans la papille.

Dans ce chapitre, nous ne traiterons que des particularités que présente le nerf optique dans son trajet intra-orbitaire et de ses rapports avec les centres nerveux, en nous tenant sur le terrain de l'anatomie topographique et descriptive. Plus loin nous reviendrons sur le parcours de ses fibres dans le centre optique, le chiasma et le nerf lui-même.

Dans les mouvements de convergence extrême, le nerf optique, légèrement recourbé à l'intérieur de l'orbite dans l'état normal, devient presque rectiligne ; il se peut même qu'il soit tiraillé. Dans ce dernier cas, la papille optique subit quelques altérations que l'exameo macroscopique permet d'apprécier (Weiss *) et qui sont en rapport avec les changements de longueur et de courbure de la portion orbitaire du nerf.

Sur 60 sujets, Weiss a constaté à l'autopsie que la longueur de la portion orbitaire du nerf optique était au maximum de 30 mm. et au minimum de 20 mm. ; il donna comme moyenne le chiffre de 24 mm. La distance entre le trou optique et le point où le nerf pénètre dans la sclérotique varie, d'après le même auteur, entre 24 mm. (maximum) et 14 mm. (minimum) ; elle est en moyenne de 18 mm. 3. Weiss appelle trajet de déroulement (AbroUungsstrecke) la différence qui existe entre la longueur du nerf optique et la distance quisé-

< Weiss, Beitrâge zur Anatomie der Orbita. II Theil. Tûbiagen, 1890.

pare le trou optique du point où le nerf pénètre dans le globe oculaire. Cette différence, en moyenne de 5 mm. 6, atteint au maximum 12 mm. et au minimum 3 mm.

Quand la difiérence est supérieure à 7 mm., la papille n'est jamais tiraillée, et on la trouve normale à Texamen anatomique aussi bien qu'à l'examen ophthalmoscopique. Dans ce cas, le nerf optique n'est même jamais complètement tendu au point de devenir rectiligne. Si la différence oscille entre 5 mm. 1/2, et 7 mm. 1/2, le nerf optique est étiré dans les mouvements excessifs de l'œil et devient rectiligne ; la papille optique est souvent déformée transversalement. Enfin, lorsque la différence est inférieure à 5 mm. 1/2, le nerf optique est tiraillé, la papille se déforme transversalement et on voit apparaître les altérations connues sous le nom de conus, en même temps qu'il survient de l'ectasie scléroticale postérieure (staphylome postérieur).

On ignore encore si l'ectasie de la partie postérieure du globe oculaire (staphylome postérieur), que l'on constate dans la myopie, n'est que le résultat d'une trop faible différence entre la longueur du nerf optique et la distance qui sépare le sommet de l'orbite du point où le nerf pénètre dans le globe de l'œil.

Les bandelettes optiques sont des faisceaux aplatis qui réunissent le chiasma aux centres sous-corticaux. Elles croisent, dans leur parcours, la face inférieure des pédoncules cérébaux; leurs fibres se terminent dans les couches optiques, le corps genouillé externe et les tubercules quadrijumeaux.

Il est très important de bien connaître les rapports du chiasma et des bandelettes optiques. Chaque bandelette se loge au-dessous de l'expansion pédonculaire, au-dessus du bord supérieur du lobe temporo-sphénoïdal. Ces rapports permettent de comprendre comment une bandelette optique peut être comprimée par suite d'épanchements intra-cérébraux siégeant plus ou moins loin d'elle.

GHIASMA, — CENTRES SOUS-CORTICAUX ET CORTICAUX 6?

Le chiasma repose sur la gouttière optique du corps du sphénoïde. En haut, il adhère à une lame de substance grise qu'on voit bien lorsque, le cerveau reposant sur saconvexité, on renverse le chiasma en arrière. Cette lame est la racine grise des nerfs optiques (lame grise de jonction des nerfs optiques de VicQ d'Azir). D'après Foville, elle est une dépenpance de la substance grise qui tapisse la face interne des couches optiques (lame sus-optique) et qui se porte obliquement en bas et en avant sur toute la face supérieure du chiasma. Cet auteur la regarde comme formée de deux couches : — 1° une couche inférieure ou superficielle (couche fibro-vasculaire formée par la pie-mère); — â^'une couche profonde, composée de substance grise. Cette substance grise est la paroi inférieure du 3® ventricule du cerveau, qui, en bas, fait une saillie en forme d'entonnoir l[tuber cinereum, infundibulum).

En avant et sur les côtés, le chiasma est en rapport avec les deux bandelettes olfactives, dont les racines sont situées dans le voisinage immédiat.

L'hypophyse cérébrale, logée dans l'excavation de la selle turcique, est située en arrière et en bas du chiasma, mais dans son voisinage immédiat.

Des centres sous-corticaux partent les fibres optiques qui gagnent la partie postérieure de la capsule interne, puis Técorce cérébrale. Cette dernière portion des fibres optiques porte le nom de radiations optiques de Gratiolet.

Quant au centre optique cortical, les nombreuses observations analysées par Séguin s'accordent avec les recherches ultérieures de Nothnagel et démontrent que le cunéuset la première circonvululion occipitale forment le centre des fibres optiques. Dans un cas A' hémianopsie homonyme observé par Saenger, cette partie de l'écorce cérébrale était la seule atteinte.

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