‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 53 sur 166 · SES ANNEXES · texte numérisé non relu

SES ANNEXES

TECHNIQUE MICROGRAPHIQUE. PRÉPARATIONS ANATOMO-PATHOLOGIQURS

Nous nous proposons de ne traiter dans ce chapitre, conformément au désir exprimé par quelques-uns de nos confrères, qu*un certain nombre de points particuliers ayant trait aux préparations microscopiques de l'œil humain, et nous renvoyons le lecteur aux traités d'histologie, pour la méthode générale de technique micrographique.

Durcissement des tissus, — Pour durcir l'œil, on emploie généralement le liquidede Mùller (bichromate dépotasse, 1; sulfate de soude l;eau distillée 100), auquel on peut ajouter une petite quantité de camphre, d'après quelques auteurs. On fait à la surface du globe oculaire une petite incision, destinée à faciliter la pénétration du liquide de Muller dans lequel l'oeil est conservé, pendant trois semaines environ, et qui doit être renouvelé tous les deux ou trois jours.

Le durcissement de l'œil est obtenu plus rapidement, en une semaine environ, au moyen de la solution de sublimé à 1 pour 100, mais alors le corps vitré ne peut être examiné histologiquement .

Howard Bendall* soumet d'abord l'œil, pendant huit jours, à l'action du liquide de Muller, et le plonge ensuite dans un mélange de ce liquide et d'alcool méthylique.

Le durcissement terminé, pour débarrasser l'œil du liquide de MîJLLER qui l'imprègne, on le plonge pendant un ou deux jours dans l'eau distillée renouvelée à plusieurs reprises, puis

1 Hov^ARD Benoall, Ophlhalmic Beview, 1883. mars.

TECHNIQUE MICROGRAPHIQUE 93

durant deux autres jours dans Talcool à 80"" et enfin dans l'alcool absolu.

C'est à ce moment que Ton peut commencer l'inclusion en celloïdine du globe oculaire ainsi préparé.

Si l'on veut obtenir des coupes très fines, Tinclusion en celloïdine doit être aussi parfaite que possible. On enlève d'abord une petite partie de la cornée, qui permettra à la celloïdine en solution de pénétrer dans la chambre antérieure : on laisse séjourner pendant un temps très court le globe oculaire, dans un mélange à parties égales d'éther et d'alcool, puis on le plonge dans une solution faible de celloïdine (celloïdine 5, alcool et éther, aa 10), et enfin dans une solution concentrée présentant la consistance du miel.

Je me sers (ainsi que d'autres auteurs) à cet efifet de petits vases, au milieu desquels je place l'œil ; je verse doucement la solution concentrée de celloïdine, et je recouvre le vase d'une plaque de verre. La solution de celloïdine durcit peu à peu par l'évaporation lente de l'éther et de l'alcool. Au bout de 36 à 48 heures, en rasant au moyen d'un couteau la face interne du vase, j'extrais toute la masse solidifiée ; je débarrasse ensuite le globe oculaire de sa gangue de celloïdine transparente, de telle sorte qu'il n'en reste plus autour de lui qu'une couche de quelques millimètres. La préparation ainsi obtenue, pour être durcie, est introduite pendant quelques jours dans l'alcool dont le poids spécifique doit être de 0,89, car l'alcool plus concentré dissoudrait la celloïdine.

La préparation est alors divisée en deux moitiés au moyen d'un couteau ; chaque moitié est fixée par le coUodion sur une plaque de liège, et peut être débitée en coupes par le microtome.

Coloration des tissus. — Pour la coloration des coupes, bien lavées d'abord, à l'eau distillée, je me suis servi de la solution de picro-carminate de Ranvier à 1 pour 100.

Pour obtenir ce réactif, on dissout à chaud 1 gramme de carmin dans 3 ou 4 centimètres cubes d'ammoniaque liquide;

94 ANATOMIE MIGR06RAPHIQUE DE L'GEIL

lorsque la dissolution est parfaite, on la verse dans 100 centimètres cubes d'une solution concentrée et froide d'acide picrique; on évapore par lachaleurjusqu'à ce que le volume du liquide soit réduit de moitié; on ajoute de Teau distillée pour obtenir un volume de 80 à 90 centimètres cubes; et enfin 1 centimètre cube d'acide phénique; le liquide ainsi préparé et filtré n'est autre chose que le picrocarminate d'ammoniaque de Ranvier*.

Certains auteurs versent sur la coupe,préalablement placée sur une caisse de verre, quelques gouttes du réactif colorant ; cette manière de procéder est employée quand il s'agit d'examiner de larges préparations. Mais pour les petites coupes, je préfère les introduire dans le liquide colorant, car alors la coloration est plus uniforme ; je les retire au bout d'une minute, je les lave à l'eau distillée, pour les fixer sur la lame-porte-objet au moyen de la glycérine, de la liqueur de Farrant ^ ou du baume de Canada.

Los préparations microscopiques peuvent être fixées immédiatement au moyen des deux premiers liquides, tandis qu'avec le baume du Canada, il faut préalablement enlever l'eau. Dans ce but, les coupes sont placées successivement dans l'alcool et .UJnïile de bergamotte et enfin dans le baume do Caaada.

Notons en passant qu'on ne doit pas employer le baume de térébenthine qui dissout la celloïdine.

La double coloration à l'aide du picro-carmin et de l'hématoxyline fournit quelquefois des renseignements très précieux, surtout dans l'examen de préparations anatomo-pathologiques.

 cet efifet, les coupes, bien lavées à l'eau distillée, sont placées dans une solution d'hématoxyline (extrait d'héma-

^ Ranvibr, Traité technique d'histologie.

* La liqueur de Firrant est composée de 4 parties de gomme, 4 parties d'une solution d'acide arsé nique dans l'eau, et 2 parties de glycérine. La préparation, dans celte solution, est sèche au bout de 8 jours.

Page 1