ÉPITHÉLTUM ANTÉRIEUR DE LA CORNÉE
ont un gros noyau arrondi, situé dans la moitié antérieure do la cellule. La régénération de ces éléments épîthéliaux a lieu par karyokinèse; mais les cellules rudimentaires, situées entre les cellules basales et décrites par Lott et Rollett ne sont autre chose que des productions artificielles. La couche basale est recouverte par 3 ou 4 assises de cellules polyédriques, d'autant plus surbaissées qu'elles sont plus superficielles, et renfermant toutes un noyau, fait par lequel les éléments épithéliaux cornéens se difl'érencient des cellules épidermiques. Les cellules épithéliales présentent à leur surface de petits prolongements protoplasmiques très nombreux qui s'anastomosent avec les prolongements des cellules voisines; les petites fentes qui en résultent sont, d'après Leber, remplies par une substance unissante (ciment), et constituent les lacunes lymphatiques de l'épithélium cornéen. Les prolongements et par suite les fentes lymphatiques sont surtout très développées dans les couches moyennes, dont les cellules sont alors comme déchiquetées, dentelées. Des préparations anatomo-pathologiques m'ont eflectivement démontré que ces fentes sont des lacunes lymphatiques întercellulaires, en communication avec le réseau lymphatique du parenchyme cornéen sous-jacent; on a même trouvé, à l'état normal, quelques leucocytes dans ces fentes intercellulaires de l'épithélium (Engelmann), mais c'est plutôt à l'état pathologique que les globules blancs y deviennent assez nombreux, comme je l'ai observé par exempledansl'irido-cyclite. Membrane de Bowman. — La membrane de Bowman a l'apparence d'une membrane anhiste, mais sur des préparations soumises à l'action du permanganate de potasse, ou provenant d'un œil atteint d'irido-cyclite, on constate qu'elle est constituée par des fibrilles extrêmement délicates; à l'état normal, ces éléments sont accollés les uns aux autres par une substance unissante dont le pouvoir réfringent est le même que celui des fibrilles. C'est seulement après la destruction ou l'altération du ciment interfibrillaire que l'aspect ho-
ANATOMIE MIGROGRAPHIQUb DK LOKI
niogène disparaît, et que les fibrilles dissociées optiquement deviennent visibles.
Dans la partie antérieure de la couche moyenne de la cornée,
fi^an
Rg. 13
Coupe transversale de la cornée. — l,épithéllum antérieur. — a, cellules épithéliales planes (superficielles). — b, cellules polyédriques. — c. cellules basales cylindriqrues. — 2, membrane de Bowman — 3. couche moyenne (subs • tantia propria). — 4, membrane de Descemet. — 5, endolhélium.
existent des fibres qui la traversent comme des flèches; on les décrit sous le nom de fibres suturales deRANviER. D'après cet auteur, elles pénètrent d'une part au milieu des fibrilles delà membrane de Bowman, et d'autre part se prolongent jusqu'à la face postérieure de la cornée, où elles se fixent à la membrane de Descemet. Ranvier considère la membrane de Bowman comme représentant les fibres spirales et circulaires des enveloppes des faisceaux dans le tissu conjonctif.
L'épaisseur de la membrane de Bowman est, au centre de la cornée, de 13 à 20 [jl; elle diminue vers le bord cornée scierai ; et à une distance de ce bord de 1 mm. à 1 mm. 5 se