‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 67 sur 166 · MUSCLE DE L'ACCOMMODATION · texte numérisé non relu

MUSCLE DE L'ACCOMMODATION

mÎDeux lâche que ronrencoatre ou voisinage de la membrane de Desoemet.

Le muscle deTaccommodation est composé deCbres lisses, disposées en réseau; les fibres très serrées dans la partie externe sont dans la partie interne séparées par des interstices remplis de tissu lamineux.

Au point de vue de la direction, on distingue : — 1* des fibres marginales (Sattler *), qui proviennent du rebord ou bourrelet sclérotical et de la sclérotique elle-même; après un court trajet elles se terminent dans le bord antérieur du corps ciliaire, à la façon des fibres du muscle de Crampton chez les oiseaux; — 2® des fibres méridiennes, qui sont situées sur la faceexterne du muscle, etdontla plupart s'insèrent d'une part au bourrelet sclérotical, et se terminent, d'autre part, sur les lamelles de la membrane supra-choroïdienne ; — 3' des fibres radiées (Iwanoff), qui se fixent sur la paroi interne du canal de ScHLEMMOtse dirigent vers l'angle postérieur du muscle; — 4** enfin des fibres circulaires, que l'on rencontre dans l'angle formé par la face antérieure et postérieure du muscle. Les fibres circulaires, n'étant que le prolongement des fibres radiées, ne peuvent constituer un muscle antagoniste de ces dernières. Les fibres circulaires découvertes par H. Muller, niées par Brugke et quelques auteurs, sont très développées dans l'œil hypermétrope, et semblent au contraire faire défaut dans l'œil myope (Iwanoff), mais en apparence seulement. Des recherches du duc Ch. Théodore DEBAviÈRESur l'œil myope, il résulte en effet que, par le fait du processus d'allongement dont toutes les parties sont atteintes, les fibres circulaires sont distendues et séparées les unes des autres; les fibres radiées et méridiennes sont simplement amincies (atrophiques). D'ailleurs F.-E. ScHULTZE a prouvé que des fibres circulaires existent dans toute l'étendue de l'angle postérieur du muscle, et

* Sattlbr, Compt. rend, de la Société d'Ophtalmologie de Ueidelberg,

i26 ANATOMIE MIGROGRAPHIQUE DE L'OEIL

que toutes les fibres radiées sans exception se contiouent par des fibres circulaires.

Toutes les portions du muscle se contractent synergiquement, et il est impossible d'admettre qu'elles puissent fonctionner indépendamment les unes des autres. Les procès ciliaires se rapprochent pendant l'accommodation, sans cependant venir au contact de l'équateur du cristallin. Â l'état de repos, d'après Henle, les procès ciliaires sont séparés de l'équateur par une distance de mm. 5; Berun a pu constater sur des yeux albinotiques que, pendant l'accommodation, les procès ciliaires ne sont jamais au contact du cristallin .

Les fibres circulaires par leur contraction rétrécissent la corona ciliaris ; les fibres radiées renforcent l'action des fibres circulaires. Par la contraction de ces premières fibres le diamètre, transversal du muscle de l'accommodation augmente et par ce fait (à notre avis) les procès ciliaires sont projetés vers Taxe de l'œil. Les fibres marginales, d'après Sattler, auraient simplement une action sur la membrane supra-choroïdienne, et spécialement sur les espaces lymphatiques situés entre les lamelles de cette membrane.

La surface interne du muscle de l'accommodation est recouverte de tissu lamineux contenant des granulations de pigment, et des cellules étoilées pigmentées ; on rencontre d'ailleurs des éléments de ce genre dans le tissu lamineux séparant les divers faisceaux de fibres musculaires lisses.

La trame des procès ciliaires est constituée par du tissu lamineux ainsi que par de nombreux vaisseaux. La face interne de la couche lamineuse est recouverte par la lame vitrée composée de deux lamelles, et dont l'épaisseur est de 3 à 4 p. ; cette lame vitrée sépare la portion rétinienne du corps ciliaire de la portion uvéale; la portion rétinienne est représentée par une couche de cellules épithéliales pigmentaires, recouverte en dedans par une couche de cellules cylindriques.

Le corps ciliaire reçoit ses vaisseaux sanguins du grand

OKBICULUS CILIARIS i27

cercle artériel de l'iris, c'est-à-dire en partie des artères ciliaires longues postérieures, en partie des artères ciliaires antérieures. Des petites artérioles se détachent du grand cercle pour se rendre dans le muscle de l'accommodation, les procès ciliaires et Torbiculus ciliaris.

Chaque procès reçoit directement une artériole spéciale, ou bien encore l'artériole détachée du grand cercle se divise en deux ou trois branches plus petites, dont chacune se rend à un procès. Les vaisseaux donnent naissance à un réseau capillaire au voisinage de la surface des procès. Les capillaires donnent naissance à une veine au centre des procès ; les veines se rendent à la surface interne de Torbiculus ciliaris, passent à la face externe de la choroïde, et se déversent dans les vasa vorticosa de Stenon. Chez quelques animaux, et en particulier chez le bœuf, j'ai pu constater au centre de chaque procès, non plus un vrai vaisseau, mais bien un sinus veineux.

Uorbiculus ciliaris^ compris entre le corps ciliaire et Fora serrata, ofire sur la face interne quelques petits plis nommés par Erause /7/ecfiP eeVeare^ ; Torbiculus présente les couches suivantes du dehors en dedans : — 1<» la membrane supra-choroïdienne ; — 2« une couche extrêmement mince de fibres méridiennes, que certains auteurs considèrent comme appartenant encore au muscle de l'accommodation ; — 3^ une couche de fibres lamineuses dirigées suivant les méridiens de l'œil, et entre lesquelles ou observe des granulations pigmentaires et aussi quelques cellules étoilées pigmentées; cette dernière couche est traversée par de nombreux vaisseaux, de même direction que les fibres; la coupe transversale de ces vaisseaux est une ellipse, dont le grand diamètre est parallèle à la surface de l'orbiculus; les veines surtout^ extrêmement nombreuses, sont entourées de gaines lymphatiques> et déversent dans la choroïde le sang veineux du corps ciliaire; —4® une membrane constituée par des fibres élastiques, qui se continue dans la choroïde (Sattlbr). une lame

128 ÂNATOMIE MIGROGRAPHIQUE DE V(E\L

vitrée qui, au voisinage de Toraserrata principalement, présente dos épaississemenis disposés en réseau; les mailles très grosses de ce réseau deviennent plus serrées dans la portion antérieure du corps ciliaire; les fossettes situées entre ces épaississements sont remplies par des cellules épithéliales pigmentaires, provenant du feuillet externe de la vésicule fœtale secondaire. Quant à la fonction de ces cellules épithéliales« les opinions sont très partagées. Treacher CoLLiNS * les considère comme les éléments sécréteurs de Thumeur aqueuse; Nicati* admet que cette humeur estproduite par les cellules cylindriques de la pars ciliaris retinsB ; Boucheron ^ distingue un épithélium mucipare produisant l'humeur vitrée et un épithélium aquiparo sécrétant Thumeur aqueuse. A l'heure actuelle, bien qu'on puisse affirmer que rhumeur aqueuse soit produite en grande partie par le corps ciliaire, il n'est pas possible de fixer le rôle des cellules de la couche pigmentaire dans cette sécrétion.

Portion ciliaire de la rétine. — Cette portion de la rétine constitue une couche qui recouvre à la face interne postérieure et interne l'orbiculus ciliaris et le corps ciliaire jusqu'au rebord ciliaire de l'iris.

Comme on le sait, les éléments nerveux de la rétine se terminent à l'ora serrata, et cette membrane se continue en avant sous forme de couche de cellules cylindriques. Au niveau de l'ora serrata, le tissu de soutènement est, d'après MuLLER, plus développé que dans aucune autre région de la rétine; les diverses couches de la rétine, que nous décrirons dans un chapitre ultérieur, y sont plus minces qu'ailleurs, et ne se terminent pas toutes en même temps, brusquement en quelque sorte, mais bien successivement les unes après les autres. La couche granuleuse externe disparait la première, puis la couche granuleuse interne ; elles se terminent par un

^ Trbachbr Coluns, Ophthalmic Roview, 1891, avril.

* NicATt, Bull, delà société do biologie, 1890, Rec. d'Ophthalmologio. 1889, juin.

* BoucHBRON,Bull. delà société française d'OpUialmologie 1883.

Page 1