‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 68 sur 166 · PORTION CILIAIRE DE LA RÉ1INE · texte numérisé non relu

PORTION CILIAIRE DE LA RÉ1INE

bord arrondi ; le mode de terminaison des couches granuleuses est beaucoup plus nette chez les amphibies par exemple, où elle ne se fait pas brusquement comme chez l'homme, mais graduellement sur une étendue de mm. 1. La couche des cylindres axes et celle des cellules nerveuses se terminent ensuite en arrière de l'ora serrata ; puis la couche des cônes et des bâtonnets disparait à son tour. Il ne reste alors que les deux couches de grains internes et externes qui se réunissent en une seule ; cette couche unique de grains s'amincit et sans transition se transforme en la couche de cellules cylindriques; ces éléments ont d'abord une direction oblique de dehors en dedans et d'arrière en avant, mais leur grand diamètre ne tarde pas à être perpendiculaire à la surface du corps vitré, et en même temps les cellules deviennent plus petites.

Les cellules cylindriques ont un noyau arrondi, susceptible d'être mis en évidence par les réactifs colorants, et situé au voisinage de la couche pigmentaire. L'extrémité de ces éléments, tournée vers l'axe de l'œil, devient pointue ou encore divisée, déchiquetée en quelque sorte. J'ai séparé souslaloupe à l'aide d'une aiguille la couche des cellules cylindriques de la lame vitrée qui recouvre la portion ciliaire de la rétine, et j'ai pu constater l'existence d'un grand nombre de fibres radiées, qui par une base élargie se fixent à la lame vitrée et dont l'extrémité périphérique est effilée en pointe. Ces fibres, analogues aux fibres radiées deMuLLERdans la rétine, traversent la couche des cellules cylindriques et la couche pigmentaire, et se terminent dans la lame vitrée du corps ciliaire (Heiberg).

En examinant des préparations dissociées sous la loupe au moyen de l'aiguille, j'ai pu très nettement constater que la couche des cellules cylindriques est séparée de la couche pigmentaire par une membrane anhiste extrêmement mince, analogue à la membrane limitante externe de la rétine.

Les extrémités internes élargies des fibres radiées contiennent un noyau arrondi. En colorantpar des réactifs appropriés la surface de la lame vitrée sur laquelle s'insèrent ces fibres,

on observe que la coloration constitue une sorte de réseau chromatique, avec de petites plages irrégulières ou ovalaires incolores; cespartiescolorées correspondent auxextrémitcs internes des flbres radiées, les parties incolores aux espaces compris entre les extrémités élargies des libres voisines.

Étant donné le développement considérable des fibres radiées dans la portion ciliaire de la rétine et l'inégalité de surface de la lame vitrée, il est évident que la forme divisée, déchiquetée de l'extrémité des cellules cylindriques est produite par l'empreinte des fibres sur ces cellules. Cette manière de voir est en outre confirmée parce fait que les fibres radiées et les cellules cylindriques constituent deux membranes très adhérentes et en quelque sorte engrenées l'une dans l'autre. Schwalbe, Henle, Merkel, Manfredi considèrent les fibres radiées comme analogues au tissu de soutènement de la rétine.

Par contre, on n'est pas d'accord quand il s'agit d'interpréter la nature des cellules cylindriques. H. Mîjller considère ces cellules comme le prolongement du tissu de soutènement de la rétine. Cet auteur comprend sous le nom de tissus indifférents (indifférente Bildungszellen), les extrémités internes des fibres radiées, et la portion de grains interne, représentée par les fibres de soutènement contenant un noyau.

BrUcke admet que les cellules cylindriques seraient des cellules embryonnaires rétiniennes, non transformées en tissu nerveux (indifférente Bildungszellen).

KoLLiKER, Merkel, Max Sghultze regardent ces éléments comme des fibres de soutènement modifiées.

Pour Arnold et Henle les cellules cylindriques sont analogues aux grains de la rétine.

D'après Paciisi, les cellules cylindriques seraient la conti* nualion des cellules nerveuses de la rétine dans la pars ciliaris retinœ, tandis que Schwalbe et Manfredi les regardent

1 Berger, Arch. f. Ophlhulmologie. 1882^ t. XXVIJI, fasc. i.

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