‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 72 sur 166 · EMBRYOGÉNIE DE LA RÉTINE · texte numérisé non relu

EMBRYOGÉNIE DE LA RÉTINE

La différenciation des diverses couches de la rétine commence dans la couche distale pour se terminer dans la proximale. Dans la première couche, ce sont les fibres de soutènement de MiJLLER, qui apparaissent tout d'abord; une partie des cellules primordiales s'accroissent en longueur, et leurs bouts centraux s*élargissent, et se soudent entre eux pour former la membrane limitante interne. Ensuite, ne tardent pas à apparaître presque simultanément la couche des fibres nerveuses, puis celle des cellules nerveuses. D'après Koganeï, les fibres nerveuses de la rétine auraient deux origines distinctes : une portion des fibres se formeraient par des prolongements de fibres nerveuses parties du cerveau; une autre portion se développerait sur place par la différenciation d'éléments primordiaux de la rétine.

La couche granuleuse interne apparaît ensuite. D'après Koganeï, la substance réticulaire provient du protoplasme des cellules primordiales dont les noyaux disparaîtraient en même temps que la matière intercellulaire (paraplasme de Kupfer). C'est à ce moment seulement que se forment en même temps la couche à grains internes et la lame externe de la couche des cellules visuelles (grains externes); puis ultérieurement la couche granuleuse externe, puis les grains internes et externes. Les cellules de la couche des grains externes donnent naissance d'abord au segment interne, puis au segment externe des cônes et desbâtonnets. L'embryogénie prouve donc que les grains externes^ les cônes et les bâ tonnets proviennent de la différenciation de^ cellules d'une même couche, la couche des cellules visuelles.

Couches de la rétine chez Vhomme adulte. — A l'heure actuelle presque tous les auteurs admettent que la membrane limitante interne est produite par la soudure des bouts élargis des fibres radiées de Muller. Les éléments de soutènement de la rétine ont, au point de vue clûmique, une constitution analogue à la neurokératine; les plus ca« ractéristiques sont évidemment les fibres radiées de Muller,

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dont lo bout interne conique renferme fréquemment de» noyaux, qui se colorent par le carmin. Les prolongements des fibres radiées traversent, perpendiculairement à la surface de la rétine, la couche des fibres nerveuses, celle des cellules nerveuses, et la granuleuse interne ; dans la couche à grains internes,s pso rolongements se disposent en réseau,

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Coupe transversale de ]& rétine (sctifm&dWésMaiSchultze); — Il membrane limilante interne ; — î, couche des fibres optiques ; — S, couche des cellules nerveuses ; — 4, couehe ré l Seul aire interne ; — «, spongioblastes ; — h, cellules du gaiif{lion retinœ ; — c, noyaux des Bbrcs radiées de Mûllar ; — 8, coucha réliculaire externe ; — 7 à 6. couche des cellules visuelles ; — 7, leurs noyaui (grains externes) i — 8, membrane limitante eilerne; — 9, cfliies et bâtonnets ; — d, partie interne de la couche des grains externes, exempte de noyaux (couche yiterne des libres optiques de Henleli—e, segments inlcroes des canes et bâlonnels i — r, leurs segments externes ; — 10, épilhëlium pigmentaire; — r, canes des libres radiées de MUUer;— r*. fibres de Mâller.

et chaque fibre présente un noyau accolé à sa surface et faisant même une saillie vers l'extér rieur; les fibres radiées

traversent ensuite les autres couches do la rétine pour se terminer à la membrane limitante externe.

Si l'on examine de face la membrane limitante interne, on observe une figure en mosaïque, tout à fait comparable à un épilhéiium ; les lignes ainsi observées ne sont autre chose que les ligues suivant lesquelles se touchent et se soudent les

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extrémités élargies des fibres radiées. La mosaïque apparaît beaucoup plus nettement, quand on traite les préparations par le nitrate d'argent; et de là vient l'opinion erronée de quelques auteurs, qui prétendent que la surface interne delà rétine est revêtue d'un épithélium pavimenteux.

Lacouche des fibres nerveuses ou couche des cylindres-axes est située en dehors de la limitante interne. A leur point d'émergence de la papille Jes fibres nerveuses se dirigent en grande majorité verticalement en haut et en bas, tandis qu'une petite portion de ces fibres se dirigent en dehora vers le côté temporal pour se terminer dans la macula. La couche des fibres nerveuses diminue considérablement au rebord de la macula, et disparait même complètement au niveau de la fovea centralis. Pour arriver aux portions de la rétine situées du côté temporal de la macula, les fibres nerveuses décrivent des courbes ; les fibres de la moitié supérieure de la rétine se dirigent d'abord vers le haut, comme nous l'avons dit, deviennent ensuite horizontales, pour se diriger finalement de haut en bas ; les fibres de la moitié inférieure se comportent d'une fagon analogue, avec cette différence qu'elles décrivent une courbeà concavité supérieure. Au point oùla couche des fibres nerveuses atteintson minimum de développement, il est évident que la papille optique (dans sa portion temporale) présente une dépression, qui est connue effectivement sous le nom d'excavation physiologique.

La couche des fibres nerveuses est composée de faisceaux de cylindres-axes, faisceaux qui se réunissent à angle aigu pour former un plexus. Les fibres, qui se terminent dan^la macula, se distinguent, d'après BernueimerS par leur faible épaisseur, qui est seulement 0mm. 003; les fibres qui passent dans la moitié nasale de la rétine ont une épaisseur sensiblement double ou 0mm. 006; en outre ces dernières fibres passent dans la rétine sans s'être ramifiées. Dans la couche qui

* BERNBEiM£R,GoiDpt. fond. do TAcadémie des sciences de Vienne, t. XC, iï. 1 et 2, 1884.

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nous occupe, on observe des cellules de névroglie, analogues à celles du nerf optique.

Étant donné le mode de terminaison des fibres nerveuses, il est Évident quel'épaisseur de la couche des cylindres-axes va en diminuant de la papille à l'ora eerrata ; à une distance de 0,5mm. de la papille, cette épaisseur est ^tgale à la moitié de celle de la rétine, tandis qu'à 8mm. de la papille elle est devenue extrêmement faible.

Les autres couches rétiniennes se terminent au pourtour do la papille, dont elles sont séparées par un tissu composé d'un réseau de fibres larges et ramifiées, tissu présentant des noyaux arrondis.

La couche des cellules nerveuses coniiani de grandescellulcs

multipolaires, dont le diamètre est de 10 à 30 [x; ces cellules

sont disposées en une seule assise, sauf au pourtour de la

Fij. 24.

Couche réliculairp oiterno cl couche des cellules visuelles chez l'homme. Schéma d'après Max Schuize ; — 800 diamètres ;

— 1, couche rÉti ou lai re exlerne ;— S, mem- I brane Umitanle exlcme ; — 3, segments

ioteroes des bâlonncls ; — 4. segments externes des hfttonnets ; — a', corps intercalaire litameuteux de Mai Schuitze ;

— 5. noyau (grain) du hâronnet ; — 6, fibre du bAtonnel ; — 3à 6, cellule visuelle du bâtonnet ; — 7 à 10, cellule viEuslIe du cAoe : — 7, segment interne du cône; — 8, segment ei ter ne du cône;

— 9. grain du cône ; — a, corps intercalaire Glameuleux du cûno ; — 10 libre du cûne.

macula, où il existe deux assises, et au niveau de la macula, oii cos assises sont au nombre de 8 ou de 10. Dans l'ora serrata, au cnn- , traire, la couche qui nous occupe n'est plus représentée que par des

cellules nerveuses assez distantes les unes des autres. Quelquefois, on trouve des cellules nerveuses dans la couche granuleuse interne ou bien encore dans les parties oîi la

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