CENTRE CORTICAL DE LA VISION
appelées, depuis Gratiolet, radiations optiques ou expansions cérébrales optiques.
Centre cortical {psychique) de la vision. — Dès 1842, Flourens avaitdémontré sur des pigeons que la privation des parties postérieures des hémisphères les rendait aveugles. HitziG a cru observer chezle chien qu'on privait d'un lobe occipital la cécité de l'œil opposé. Depuis lors, un certain nombre d'expériences ontétéfaitessurdesanimauxetdes autopsies ont été pratiquées sur Thomme à la suite de lésions dont on avait noté soigneusement les symptômes ; il eu est ressorti d'une façon évidente que les lobes occipitaux sont les centres corticaux de la vision . Ferrier avait observé que la destruction
Fig. 22.
Schéma des localisations corticales. — Face externe de Thémisphére ; — 1 scissure de Sylvius ; — 2, sillon de Rolando ; — 3. scissure interpariétalc ; — 4, scissure parallèle ; — 5, scissure perpendiculaire externe.
F], première circonvolution frontale ; — Fj* deuxième circonvolution frontale ; — Fj, troisième circonvolution frontalo ; — Fa, circonvolution frontale ascendante ; — P.«. lobule pariétal supérieur ; — Pt, lobule pariétal inférieur ; lobule du pli courbe ; — Ti, première circonvolution temporale ; — T„ deuxième circonvolution temporale : — T^, troisième circonvolution temporale ; — 0,, première circonvolution occipitale; — 0^, deuxième circonvolution occipitale ; — O^. troisième circonvolution occipitale.
I, aphasie motrice (type Bouillaud Broca) ; — II, centre de la face : — 111, agraphie (?) ; — IV, centre du bras ; — V, centre de la jambe ; — VI, surdité verbale; — VII, cécité verbale ; — VIII, mouvement des yeux, facial supérieur (?) ; — IX, centre optique de Walton et Ferrier.
du gyrus angularis (centre optique de Walton) entraînait, chez certains animaux, la perte de la vue dans l'œil du côté
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opposé ; mais les recherches de WernickbodI établi que, dans CCS expériences, la cécité résultait probablement de la lésion simultanée des radiations optiques de Gratiolet, dont le trajet passerait auprès du gyrus angularis.
On s'est demandé si d'autres parties de l'écorco cérébrale que les lobes occipitaux étaient en rapport avec la vision ; la réponse à cette question a varié avec les auteurs. Quelques physiologistes (LannegraCe, Exner) admettent que le centre delà vision n'est pas limité exclusivement, chez les animaux, au lobe occipital, mais que les lobes frontal et pariétal ont aussi des relations avec la vue, sans pourtant que ces rapports fussent aussi intimes que celui du lobe occipital.
MuNK et HuGUEMN out, dc leur côté, observé la cécité chez des singes et dos chiens privés de leurs lobes occipitaux ; aussi nient-ils que les autres parties de l'écorco cérébrale jouent un rôle effectif dans l'acte de la vision. Pour l'homme il est d'ailleurs hors de doute que toutes les lésions de l'écorco cérébrale, hormis celles du lobe occipital, ne produisent jamais une altération des fonctions de la rétine. D'un certain nombre d'autopsies, il résulte que, dans les lésions de l'écorce cérébrale qui entraînent Vhémianopie, c'est toujours le lobe occipital qui est atteint. Les nombreuses observations analysées par Seguin s'accordent avec les recherches ultérieures de Nothnagel et démontrent que le cunéus, le lobule lingual et le lobule fusiforme forment le centre des fibres optiques. Dans un cas à'hémianopsie homonyme observé par Saenger, cette partie de l'écorce cérébrale était la seule atteinte.
Les deux centres corticaux de la vision sont réunis par des Obres commissurales, qui d'après les recherches de Déjé- RiNE^ sont situées au niveau du bourrelet du corps calleux.
* DéjÉRiNE, Soc. de biologie, 25 juin 1892.
RÉTINE 465
RÉTINE
La rétine, comme nous Pavons déjà remarqué, est formée par les deux feuillets de la vésicule fœtale secondaire de l'œil. Le feuillet externe donne Tépithélium pigmentaire; le feuillet interne se divise en deux lames, dont J'interne ou couche cérébrale fournit les éléments nerveux, et l'externe (couche neuro-épithéliale de Schwalbe, cellules visuelles de RanvierI) les terminaisons de ces éléments. Ces deux couches du feuillet interne sont traversées par les fibres radiées de MuLLER (cellules de soutènement) ; en outre, la couche interne contient des vaisseaux et des fibres conjonctives, pénétrant dans la rétine en même temps que ces vaisseaux.
Le tableau ci-joint (voir page 156) représente les diverses couches de la rétine, d'après les principaux auteurs.
Embryogénie. — Les deux feuillets de la vésicule oculaire fœtale secondaire présentent de bonne heure des différences au point de vue de leur constitution histologique. Le feuillet externe, d'après Koganeï, est formé de cellules épithéliales qui se multiplient par karyokinèse ; on les observe chez le fœtus du lapin d'une longueur de 2 centimètres?. Falghi ^ a constaté déjà dans les cellules et dans leurs prolongements l'existence de matière pigmentaire, et cela à une période de développement où les cônes et les bâtonnets ne sont pas encore appréciables.
Le feuillet interne se divise pendant l'existence de la vésicule fœtale secondaire en deux couches, dont l'externe ou couche distale est composée de cellules fusiformes (cellules primordiales, Uran lagezellon de Lccwe); et l'interne ou proximale est constituée par des cellules sphéroïdales, présentant les phénomènes de karyokinèse (Koganeï).
* Ranvibr, Traité technique d'Histologie, p. 953.
> FiLCBi, Arcb. r. Ophthalmologie, 1887» t. XXXIY, f. 2.
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