INJECTION DU CANAL D'HANNOVER
ce
tion du canal d'HANNOVER avec de l'albumine. L'œil énucléé était celui d'un sujet avancé en âge. La piqûre était faite avec la seringue do Pravaz au ligament du iL^y^^^
cristallin, immédiatement en arrière des fibres les plus antérieures*. Après le durcissement de l'œil dans l'alcool et l'inclusion en celloïdine j'ai fait des coupes et trouvé des coagulations d'al- p. 28
bumine en dedans du en., canal d'Hannover chez le porc, injeclôavec /• . > * i j* de ralbumiae de Fœuf : — CC, corps cillaire:
ligament^ Cest-à-dire —^, cristallin; G, corps vitré.
en dedans du canal
d'HANNOVER. Les parties pré-zonulaires et post-zonulaires de
la chambre postérieure ne renferment pas d'albumine.
Pour les injections que j'ai pratiquées ensuite sur les animaux, je mesuis servi d'yeux durcisparle liquide de MOller. L'injection du canal d'HANNovER a réussi chez le porc et le bœuf ; une seule fois chez le bœuf la masse injectée pénétra dans les prolongements intravallaires de la chambre postérieure ; mais comme j'ai trouvé aussi de l'albumine dans la partie pré-zonulaire, je soupçonne que l'injection aété poussée avec trop de force. L'œil le plus favorable pour les injections du canal d'HANNovER est celui du porc.
Je me suis ensuite posé la question de savoir si la réussite de l'injection du canal d'HANNOVER dépendait de ce que des altérations séniles surviennent dans le ligament prismatique du cristallin, comme on l'a soutenu au congrès d'Heidelberg en 1881. N'ayant actuellement à ma disposition que des yeux énuclées un certain temps après la mort, j'ai été
< Mon très honoré maître et confrère M. Zuckerkandl a eu ramabllltô d'as« sisler aux injections.
192 ANÂTOMIE MIGR06RA PHIQUË DE L*C£IL
forcé de faire ces examens sur des yeux d'animaux. Je me suis servi d'yeux de veau et j'ai trouvé la masse injectée bien limitée en dedans du ligament prisinatique du cristallin (fig.28.) Ces injections prouvent donc que chez les jeunes animaux le ligament prismatique du cristallin n'est pas un ligament solide.
Mes recherches m'ont conduit à cette conclusion, qu'il existe en dedans du ligament du cristallin^ des espaces qui communiquent avec la chambre postérieure par des lacunes imperméables aune masse assez visqueuse y comme r albumine d'œufde poule; je suppose l'injection faite avec peu do force.
Je suis complètement d'accord avec Hache, quand il admet que le canal d'HANNovER n'est qu'un canal produit artificiellement. Il me semble utile, néanmoins, de conserver ce nom à un espace faisant partie de la chambre antérieure de l'œil qui est limité en avant et en arrière par les fibres zonulaires s'insérant sur la capsule lenticulaire et en dedans par la portion équatoriale du cristallin. C'est ainsi que nous conservons la dénomination do canal de Schlehm, bien que nous sachions qu'il ne s'agit nullement d'un véritable canal.
Dans mon travail sur la zone de Zinn, en 1882, la question de savoir si les lacunes situées entre les fibres zonulaires sont produites par des altérations cadavériques ou si elles existent réellement, était encore sans réponse ; mais dans l'excellent travail de Hocquard et Masson *, j'ai trouvé une explication très remarquable de la zone de Zinn, qui serait « un système de petites cordelettes ».
Prolongements intravallaires de la chambre postérieure. — J'ai déjà montré qu'il est extrêmement rare de trouver sur une coupe méridienne le val ciliaire représenté dans toute son étendue, et que, seule, la méthode de His peut décider sur de telles coupes s'il y a des différences dans la topographie delà zonule des montagnes et dans celle des vais ciliaires.
' Hocquard et Masson, Archives d'Opbthalmologie, 18S3. F. UI.
SITUATION DK LA ZONE DE ZINN J93
Mais il est possible que, par le fait d'altérations post mortem^ la position de la zone de Zinn soit modifiée à tel point que les prolongements intravallaires de la chambre postérieure ne soient plus reconnaissables. Ou bien le corps vitré s'interpose entre les vais ciliaircs,et alors la chambre postérieure présente aux vais ciliaires une aussi grande profondeur qu'aux montagnes; ou bien des groupesde fibres zonulaires sont poussées vers l'axe de l'œil, et alors les fibres apparaissent comme traversant une partie post-zonulaire de la chambre postérieure (fig. 7, pi. III).
Les yeux énucléés au début de l'irido-cyclite présentent des conditions très favorables pour l'examen de la situation de la zone de Zinn. Sauf la transsudation d'un liquide albumineux, par lequel le corps vitré se trouve un peu décollé, on ne peut constater d'autres altérations importantes dans la chambre postérieure.
La figure 2 (pi. II) représente une coupe méridienne de la partie antérieure d'un œil atteint d'irido-cyclite ; elle intéresse presque à la fois du côté droit la montagne, du côté gauche le val ciliaire. Pendant que du côté droit les fibres zonulaires recouvrent le corps ciliaire, nous voyons du côlé gauche des fibres, qui se détachent du corps cih'airc et traversent un espace limité en arrière par des fibres longitudinales (si). Ces dernières sont séparées de la couche périphérique du corps vitré {hy) ou membrane hyaloïde par un espace intermédiaire rempli d'humeur aqueuse. Les fibres zonulaires situées le plus en arrière recouvrent dans l'œil normal la surface antéro-externe du corps vitré. Jai en 1882 appelé ces fibres limitrophes du corps vitré « couche interne de la zonule ».
Mais II. ViRCHow, n'ayant pas trouvé ces fibres, a exprimé l'opinion qu'elles résultent d'une confusion avec la membrane hyaloïde.
Pour bien voir quelle peut être la raison de cette confusion, examinons la coupe méridienne d'un val ciliaire
194 ANATOMIIi: MICROGRAPHIQUE DE L'OBIL
représentée dans la ligure 3, coupe provenant du même œil et dessinée avec un fort grossissement. Sur cette préparation on voit très distinctement que des fibres zonulaires sortent du corps ciliaire ou s'y terminent ; mais qu'il existe aussi des fibres zonulaires {s i)^ qui sont situées à une certaine distance du corps ciliaire et qui sont séparées du corps vitré par un espace rempli de liquide albumineux.
Je ne puis comprendre l'objection que m'a faite Virchow fils, même en me plaçant à son point de vue.
Hans Virchow * reconnaît l'existence des recessus de Petit, dans le sens de Gerlach, c'est-à-dire à'espaces remplis d'humeur aqueuse et traversés par rfe^ fibres zonulaires; d'un autre côté, H. Virchow a trouvé que le canal de Petit (canal post-zonulaire) est < une fente, incontestablement pour la plupart de son étendue, d'une nature idéale ^ >. La conclusion devrait être qu'il existe des fibres zonulaires^ situées près du corps intré et formant la limite entre les recessus de Petit et le canal de Petit, sans constituer d'ailleurs une membrane imperforée. Mais d'après H. Virchow ces fibres n'existent pas et la couche interne de la zone de Zinn se confondrait avec rhyaloïde.
Les fibres zonulaires, qui proviennent de la lamelle vitrée do la pars ciliaris retinœ, traversent les portions inlravallaires de la chambre postérieure et se dirigent, en partie, d'arrière en avant et de dehors en dedans; en partie elles ont une direction presque frontale. Sur les coupes du corps ciliaire, faites dans une direction frontale (fig. 1, bb)^ ces fibres apparaissent coupées suivant la longueur, tandis que les fibres de la couche interne sont sectionnées obliquement à leur direction; par suite, sur de telles coupes, il n'est pas possible de vérifier l'existence de la partie intravallaire de la chambre postérieure. Si les coupes sont faites d'arrière en
* H. Virchow, Bcricht dcr Heidclberger ophlhalmologischen Gesellschaft.
* H. VmoHow, Bcricht der Berliner Physiologischcn Gesellschaft. 1885.
PROLONGEMENTS INTRAVALLAIRES 195
avant et de dehors en dedans les prolongements intravallaires de la chambre postérieure sont encore moins appréciables (fig. 1, ce). Ces dernières coupes sont en effet les plus propres à. induire en erreur sur la non-existence de ces parties intravallaires de la chambre postérieure.
Je préfère les coupes dirigées de dehors en dedans et d'avant en arrière (fig. 1, aa)^ qui rencontrent les fibres de la couche interne perpendiculairement à leur direction. La coupe du corps ciliairo d'un œil atteint d'irido-cyclite, et mentionnée ci-dessus (fig. 4) a été pratiquée dans cettedirection.
Nous y voyons aussi le corps vitré {gk) séparé des fibres zonulaires par un espace (CP) rempli d'un liquide albumineux, contenant peu de cellules lymphatiques. Pendant que les fibres zonulaires (plus exactement faisceaux des fibres primitives) peu nombreuses, aux montagnes ciliaires^ sont situées immédiatement en arrière de la lame vitrée, nous constatons, au contraire, que les fibres zonulaires limitrophes du corps vitré sont, aux vais ciliaires, séparées par une certaine distance du corps ciliaire; néanmoins^ dans les saillies secondaires, elles s'attachent de nouveau à la lame vitrée.
De môme nous voyons les prolongements intravallaires limités en dedans par les fibres zonulaires et traversés en outre par des fibres zonulaires très fines, que nous pouvons distinguer en deux catégories : — 1'' les fibres zonulaires intervallaires, qui prennent naissance sur les parois intravallaires, pour se terminer sur une autre région de ces mêmes parois ; — 2® les fibres intravallaires, qui se détachent également des mêmes régions des parois, mais se continuent en fibres méridiennes.
L'analyse de cette préparation permet donc d'ajouter que la « couche iîittrne » delà zone de Zinn{si) n'a rien à faire avec Vhyaloide.
J'ai reçu en outre des préparations semblables qui avaient été faites sur des yeux normaux; je n'ai trouvé aucune dif-
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férence, sauf cependant que la couche périphérique du corps vitré était située au contact de la couche interne de la zone de ZiNN, ne laissant entre elles aucun espace appréciable au microscope.
Quant à la question d'une substance unissante entre les fibres zonulaires, j'ai trouvé que, sur quelques coupes transversales, cette substance faisait défaut; sur à! autres coupes, j'ai constaté que cette matière unissante se présentait nettement en quelques parties et manquait en d'autres. Il semble que ce ciment existe surtout dans la partie postérieure delà zone de Zinn. Mais j'ai acquis la conviction qu'il existe aussi des variétés individuelles concernant la distribution de la substance unissante dans les diverses portions de la zone de Zinn.
Ajoutons qu'au point de vue histologique la substance dont nous parlons se distingue des fibres zonulaires, qu'elle soude entre elles, en ce qu'elle ne présente aucune structure, et ne se colore ni par le carmin ni par le picro-carmin.
Les coupes faites dans la direction indiquée ci-dessus (fig. 1, aa) montrent l'étendue en arrière vers l'ora serrata des prolongements intravallaires de la chambre postérieure. A cause de la forme sphéroïdale de l'œil, les parties marginales des coupes s'écartent de plus en plus en arrière vers la portion postérieure du corps ciliaire ; les bords de ces coupes nous présentent donc les extrémités postérieures des prolongements intravallaires de la chambre postérieure. Une préparation de ce genre est représentée figure 5 (pi. III) : la coupe passe très rapidement de la partie moyenne des procès ciliaires à la partie postérieure; dans la moitié droite do la figure, nous trouvons que les parties intravallaires sont encore bien visibles; dans la moitié gauche de la coupe, elles sont considérablement rétrécies ; on ne trouve que de petites fentes {ihk) entre les saillies [secondaires du corps ciliaire, et on en aperçoit même les terminaisons.
La comparaison de cette gravure avec celle de mon travail (A rcAz-