REMARQUES PHYSIOLOGIQUES
toutes provienoent delà lame vitrée, qui recouvre la portion ciliaire de la rétine.
En combinant ces deux opinions, on en arrive logiquement à nier l'existence des fibres zonulaires.
Valude, dans une analyse bibliographique qui d'ailleurs m'est favorable, m'adresse le reproche d'avoir, contrairement à la plupart des auteurs et aux traités classiques d'anatomie, étendu le nom de canal de Petit à la fente post-zonulaire, fente qui n'existe pas à l'état normal, puisque, d'après mes recherches, les fibres zonulaires recouvrent directement le corps vitré; on se rappelle que cette fente ne se développe que par l'exsudation ou dans les yeux qui présentent des altérations cadavériques. D'après d'autres auteurs, j'aurais eu le tort de donner trop d'importance au canal de Petit, et j'aurais dû, au contraire, affirmer que ce canal n'existe pas en réalité.
Voici une réponse à ces objections : le mérite de Petit n'a pas été de découvrir un canal, mais d'établir, par l'injection de la fente post-zonulaire virtuelle, les rapports du cristallin et de la zone de Zinn d'une part, et du corps vitré d'autre part. Quant à la discussion, il faut admettre ou rejeter l'existence d'une fente post-zonulaîre, bien que les fibres recouvrent directement le corps vitré. Il serait peut-être utile de rappeler un fait analogue dans la cornée, où les cellules fixes et leurs prolongements remplissent les voies lymphatiques, et oit cependant, d'après Ranvier, on doit admettre la présence d'une mince couche de liquide albumineux, entre les cellules et leurs prolongements et les parois dçs voies lymphatiques. Une couche très mince de liquide est de même indispensable pour rendre possible le glissement des fibres zonulaires sur le corps vitré.
Remarques physiologiques. — Le fait qu'une partie seulement des fibres zonulaires s'insèreà la cristalloïde prouve que l'opinion ancienne est erronée, d'après laquelle toutes les fibres zonulaires entrent en action pour modifier la courbure du cristallin. Enl882,j'ai montré le premier qu'il existe à ce point
218 ânâtomie micbographique de uoeiL
de vue deux sortes de flbres, dont les unes (fibres de tension) modifient la courbure du cristallin, et les autres (fibres d'attache) relient fortement la zone de Zinn au corps ciliaîre; ScHWALBE accepte cette division dans son article du traité de de Wecker et Landolt. Il est nécessaire de remarquer en outre que les fibres zonulaires ont une action différente suivant qu'elles s'insèrent à la cristalloïde antérieure ou à la postérieure. Avant d'entamer cette question, il est important d'étudier les changements de forme que subit le corps ciliaire pendant l'accommodation. Les changements de forme des procès ciliaires, sur lesquels insistaient les anciens auteurs, présentent, à l'heure actuelle, un intérêt moins considérable^ puisque nous savons que les fibres zonulaires, en presque totalité, prennent naissance aux vallées ciliaires. Begker croyait que, pendant l'accommodation, les procès ciliaires diminuent de hauteur; Hensen etVcELCKERS^ ainsi que Nagel, soutenaient l'opinion contraire, c'est-à-dire que les procès ciliaires augmentaient alors de volume. Cette dernière hypothèse seule est d'accord avec les notions que nous possédons actuellement sur l'action des fibres musculaires : ces fibres, au moment de leur contraction, diminuent en longueur et augmentent en épaisseur. Or, les fibres méridiennes du muscle de l'accommodation, en se contractant, tirent en avant l'orbiculus ciiiaris, et, leur épaisseur étant devenue plus considérable, refoulent vers Taxe de l'œil les fibres radiées et les bouts antérieurs des procès ciliaires.
Pendant la contraction des muscles de l'accommodation les fibres zonulaires s'insérant sur la cristalloïde antérieure sont relâchées^ et le cristallin, par suite de l'élasticité de ses couches, prend une forme plus convexe qu'à l'état de repos (théorie d'HELMHOLTz). D'un autre côté, et à mon avis^les fibres zonulaires prenant naissance dans les parties antérieures du corps ciliaire et s*insérant à la cristalloïde postérieure, agissent d'une façon active pendant l'accommodation sur la face postérieure du cristallin ; pendant l'accommodation, l'insertion
LIGAMENT HYALOIDÉO-CAPSULAIRE 219
périphérique de ces fibres est tirée en dedans et en avant par Taction des fibres radiées du muscle de l'accommodation; or ces fibres zonulaires forment un entonnoir, qui, à ce moment, se modifie de la même façon que la face postérieure du cristallin, et je pense que Faction de ces fibres permet d'expliquer ce fait que pendant l'accommodation c'est la surface postérieure du cristallin qui change principalement de courbure.
Ligament hyaloïdéo-capsulaire. — H y a déjà quelques années que j'ai obtenu des préparations représentant la couche superficielle du corps vitré, formant la paroi postérieure de l'espace rempli d'humeur aqueuse. Sur ces préparations, on peut distinguer des fibres extrêmement fines, réunies en faisceaux et ofifrant une direction longitudinale ou circulaire, et qui, en arrière, vont en divergeant. Leur limite postérieure n'est pas nettement appréciable ; les fibres ellesmêmes ne sont pas également développées sur les divers yeux que j'ai examinés.
Les fibres sont peu ondulées, et principalem ent dans les préparations au picro-carmin elles se distinguent très nettement du tissij du corps vitré. Elles ont tout à fait l'aspect des fibres de tissu conjonctif. Deux observateurs éminents, auxquels j'ai montré mes préparations, avaient trouvé ces fibres absolument identiques au tissu fibreux.
WiEGER a aussi observé ces fibres au laboratoire de Wal- DETER et il leur adonné le nom de « ligament hyaloïdéo-capsulaîre ». Ce ligament est fixé sur la cristalloïde postérieure à 1 millimètre de Téquateur du cristallin. Wieger * a aussi trouvé que ces fibres sont « semblables aux fibres extrêmement minces du tissu conjonctif (feinsten Bindegewebsfasern ahniich) ».
Gomme preuve de l'importance physiologique de ce ligament, WiEGER ajoute qu'il se développe sur le cadavre, dans la substance du cristallin, un sillon circulaire du à la traction exercée après la mort parce ligament.
* WlBOBR, loc* cit.,\i. 31.