‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 87 sur 166 · PROLONGEMENTS EN FORME D'ÉPERON · texte numérisé non relu

PROLONGEMENTS EN FORME D'ÉPERON

qui prennent naissance à la membrane limitante interne, les préparations de la surface de la zone de Zinn qui reste en connexion avec Fora serrata sont les meilleures.

La figure 8^ (pi. III) représente l'extrémité antérieure de la rétine avec un commencement de dégénérescence kystoïde. Le bord antérieur delà rétine montre des appendices au bout desquels on peut reconnaître de petits appendices secondaires. Or, nous voyons des petits faisceaux de fibres, qui sont analogues, en tous points, aux fibres zonulaires et sortent do ces appendices secondaires.

La figure 9 représente Tora serrata avec la partie postérieure de la zonule d'un œil, atteint de dégénérescence kystoïde très développée do la rétine. Nous y voyons des fibres zonulaires s'écartant des pointes de Tora serrata et spécialement de la surface ititerne de la rétine. La surface externe do la rétine se termine un peu en arrière {b) de la surface interne, ce qui fait que le bord interne de cette membrane semble tiré en avant.

Or, examinons sur la coupe transversale une portion semblable de Tora serrata avec les faisceaux fibrillaires qui s'en écartent. Les petites cavités kystoïdes (A), dont la rétine est remplie, se trouvent également dans la partie tirée en avant. Du bord interne de l'ora serrata se détachent des fibres {sf) dont une faible partie passe dans le corps vitré, mais dont la plupart accompagnent en avant les autres fibres zonulaires.

Il semble qu'entre les prolongements formant les pointes do l'ora serrata ne se développent que peu des fibres de la membrane limitante. Je n'ai pu me convaincre de leur existence d'une façon certaine.

Autant que mes préparations m'ont permis d'en juger, les prolongements en forme d'éperon décrits par Dessauer « sponfôrmige Fortsœtze » correspondent aux faisceaux fibrillaires, qui partent des pointes de l'ora serrata.

On sait déjà par les auteurs anciens qu'il existe dans l'ora

serrata, comme altération sénile, une tension considérable de la surface interne du bord antérieur de la rétine. Je crois que l'avancement du cristallin causant le rétrécissement de la chambre antérieure chez les vieillards entraîne un tiraillement des fibres zonulaires en avant qui est la cause de l'excès de tension de la surface interne de la rétine en avant de la surface externe.

La forme déchiquetée du bord antérieur de la rétine est peut-être la conséquence delà traction physiologique des faisceaux zonulaires, qui se développent de certaines parties de la membrane limitante interne ?

Mais je n'ose mentionner cette hypothèse que comme une simple présomption, que des recherches d'anatomie comparée pourront seules l'établir. Cette opinion est confirmée par ce fait que le bord antérieur de là rétine est limité par une ligne droite chez quelques poissons (Selackii) * où, comme je l'ai démontré, ne se développent de la membrane limitante interne aucune fibre appartenant à l'appareil suspenseur du cristalhn.

Les derniers travaux scientifiques confirment pleinement l'existence de fibres zonulaires qui partent de la lame vitrée de la pars ciliaris retinœ (Koeluker). C'est seulement sur une étendue de 1 mm. environ en avant de l'ora serrata que des fibres zonulaires très fines prennent naissance de l'orbiculus ciliaris.

Cours des fibres' — La majeure partie des fibres zonulaires se termine, comme on sait, dans la cristalloïde, et il n'en passe qu'une très petite quantité dans le corps vitré. J'ai déjà affirmé ^ que les fibres zonulaires, qui se développent de la pars ciliaris retinœ et ontune direction rétrograde, sont très peu nombreuses en comparaison des autres. Ces fibres semblent à l'observateur peu exercé plus nombreuses parce qu elles naissent d'un plus grand nombre de fibrilles primitives.

• Berger, Morphologischos Jahrbuch vonGegenbauer. 1882, VHÏ, p. 150.

* Berger, v. Grœfes Archiv. 1882, II, p. 55.

FIBRES CIRCULAIRES 2i5

Il n'est pas difficile de voir, sur les préparations à la celloïdine> les fibres zonulaires qui vont de Torbiculus ciliaris aux procès ciliaires ; elles sont bien décrites d'ailleurs par Hoc- QUARD et Masson.

Elles contribuent à fixer la zone de Zinn, d'iyi côté au corps vitré, à Fora serrata et à l'orbiculus ciliaris, de l'autre côté à la partie moyenne et antérieure du corps ciliaire. Ces fibres n'ont rien à voir avec le rôle de la zone de Zinn dans l'accommodation ; c'est l'opinion que j'avais déjà émise en 1882.

J'ai déjà mentionné que l'entrecroisement, décrit par Ger- LAGH, des fibres qui passent sur la capsule antérieure et de celles qui passent sur la capsule postérieure est partiel. De plus, les fibres qui passent en avant s'entrecroisent avec les fibres rétrogrades et circulaires. L'entrecroisement des fibres mentionnées ci-dessus ne se fait pas seulement dans un plan méridien, mais aussi, comme le montre la figure 11, dans une direction oblique.

L'existence des fibres circulaires, — dont le nom a été mal choisi, le nom de fibres arquées serait plus correct, — a été signalée pour la première fois par Merkel et après lui par Arnold, Ulrich, CLAEYsetpar moi.

Toutes les observations qui ont trait aux préparations de la surface de la zone de Zinn ainsi que la figure faite par Ulrich^ où les fibres arquées méridiennes ou non méridiennes se présentent avec des terminaisons arrachées et obliquement pliées, laissant fort à désirer, j'ai recherché à nouveau sur des ^préparations à la celloïdine si ces affirmations étaient exactes.

Sur une coupe transversale on ne peut pas décider de leur existence. J'ai trouvé plus commode les coupes faites parallèlement aux montagnes ciliaires ; j'ai représenté une telle coupe dans la figure 11 (pL IV).

Nous y voyons des fibres qui commencent dans un val ciliaire droit de la lame vitrée de la pars ciliaris retinœ, et après entrecroisement avec les fibres méridiennes {If) devien-

nent circulaires {cf) pour se replier dans une direction méridienne et aboutir au val ciliaire voisin.

J'ai constaté des fibres de cette nature sur deux yeux humains, mais leur présence ne me semble pas constante.

D'après mes recherches personnelles, concordantes avec celles de Merkel et Claeys, il me semble que la plupart des fibres zonulaires circulaires prennent naissance aux sommets ciliaires, de la même façon que les fibres méridiennes.

Après un très court parcours, ces fibres changent de direction, deviennent circulaires, croisent seulement quelques procès ciliaires, puis se portent en arrière et redeviennent méridiennes pour se terminer aux crêtes ciliaires. Les fibres zonulaires circulaires forment un anneau retiré en arrière des fibres méridiennes, mais aucune d'entre elles ne passe dans la cristalloïde ; ces fibres circulaires présentent toutes les qualités histologiques des autres fibres zonulaires, mais elles sont plus minces, et ne se disposent pas en faisceaux ; chez le porc, elles sont très développées, et constituent un anneau recouvrant les 2/3 postérieurs des procès ciliaires qui chez cet animal sont assez allongés.

A la fin de cette étude de la zone de Zinn, je devrais réfuter quelques critiques dirigées contre les recherches que j'ai faites sur ce sujet ; mais je me contenterai de mentionner ces critiques diverses, tellement contradictoires qu'elles se réfutent les uns les autres.

GuENDE, dans une brochure sur la luxation du cristallin, me reproche d'admettre, outre les fibres zonulaires qui, d'après les recherches faites au laboratoire de Ranvier, se détacheraient exclusivement du corps vitré, d'autres fibres zonulaires qui prendraient naissance sur la membrane limitante interne et la portion ciliaire de la rétine et qui n'existaient pas.

Topolanski, au contraire, est arrivé, au laboratoire de Fuchs , à la conclusion suivante : les fibres zonulaires ne se détachent ni du corps vitré, ni de la membrane limitante interne, mais

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