ÉPITHÉLIUM. GLANDES DE HENLE Î
fait défaut au niveau du carlilage-tarse, où la conjonctive palpébrale est adhérente au cartilage; elle manque également au niveau de l'angle de réflexion de la conjonctive, qui adhère à l'aponévrose sous-jacente.
La portion soudée au cartilage- tarse est caractérisée par un grand nombre d'inégalités de surface, sous forme de papilles et de sillons (Rinnensystem de Stieda) ; ces inégalités sont surtout prononcées à la limite de laportion orbitaire et de la portion adhérente au tarse, où Tépithélium suit les inégalités de la muqueuse. Sur le bord libre des paupières, les inégalités de la muqueuse (papilles conjonctivales) sont également très prononcées, mais les dépressions et les sillons sont comblés par l'épithélium.
L'épithélium conserve à une distance de 1mm. du bord libre les caractères de l'épiderme ; dans la portion en contact avec le cartilage-tarse, il est réduit à deux assises dont la superficielle est formée par des cellules cylindriques, avec une face libre présentant des bords finement striés (Waldeyer), et dont la profonde est constituée par des cellules aplaties.
Les cellules épithéliales de la conjonctive, et principalement celles qui tapissent les fossettes ou les dépressions, présentent fréquemment les caractères de cellules en godet; on sait que certains auteurs considèrent les éléments de celte forme comme de véritables cellules glandulaires (glandes de Henle). D'autres auteurs nient la nature glandulaire de ces éléments épithéliaux; et dans tous les cas la présence dans les dépressions conjonctivales de cellules en godet ne tranche pas la question; Zaluskowski a eu tort d'admettre que l'existence d'éléments de cette forme suffisait pour établir que les dépressions des fossettes conjonctivales sont de véritables glandes. La couche de cellules aplaties, dans la portion orbitaire et au niveau de l'angle de réflexion de la conjonctive bulbaire se transforme en une couche formée par plusieurs assises de cellules plates. L'épithélium de la conjonctive bulbaire présente tous les caractères de l'épithélium antérieur
de la cornée, le nombre des assises de cellules est considérablement augmenté. Mentionnons en outre que les éléments épithéliaux de la conjonctive, surtout dans sa portion palpébrale, offrent une grande analogie avec les cellules dentelées et déchiquetées de F.-E. Schultze.
La muqueuse et la sous-muqueuse sont constituées par du tissu conjonctif plus serré dans la première couche, plus lâche dans la dernière, et contenant des flbres élastiques. Dans la conjonctivebulbaire,les deux couches dont nous nous occupons renferment de nombreux leucocytes, qui s'observent encore en plus grande quantité dans la portion de la conjonctive en rapport avec le cartilage-tarse.
Lesauteurs ont interprété, de façons très diverses, les amas de leucocytes, que Ton rencontre quelquefois dans la conjonctive. Les uns soutiennent que ces amas, décrits sous le nom de follicules lymphatiques, sont des productions pathologiques (Sattler, Waldeyer) ; les autres les considèrent comme des organes normaux (W. Kraijse, Hsnle, Ciacco, Merkel), enCn quelques auteurs prétendent que dans la conjonctive saine de l'homme il existe un tissu adénoïde ne revêtantd'ailleurs jamais l'aspect de follicules lymphatiques, si caractérisées et si nettement limitées chez quelques animaux (chien, porc). Zaluskowski soutient que, seulement à l'état pathologique, le tissu lymphoïdede la conjonctive de Thommesc présente sous la forme de follicules lymphatiques ; effectivenAent, la comparaison avec d'autres muqueuses rend très vraisemblable l'existence de tissus adénoïdes dans la conjonctive normale et nous nous rallions volontiers à cette manière de voir.
Waldeyer et Stoehr ontdécritdanslaconjonctive des cellules plasmatiques (Plasmazellen),dont la forme est irrégulière, le protoplasme granuleux ne contenant que très rarement du pigment et le noyau arrondi; cependant il faut noter que chez le lapin, par exemple, la pigmentation de ces éléments est la
* Zaluskowski, Arçh. f< mikroskop. Anatoraio. 1887, t. XXX, p. 311.