PI. VIII
IRIDO-KÉRATITE PURULENTE.
servées. Le tissu de la cornée est altéré, surtout dans ses couches profondes, où il a pris un aspect fibroïde. On y trouve disséminés çà et là des amas pigmentaires et des globules purulents disposés par groupes. En a l’iris se trouve tapissé par une couche de globules purulents qui se prolonge jusque dans le tissu malade de la cornée. De la membrane de Descemet, il ne reste plus que des traces qu’on voit en b. L’iris n’est plus représenté sur la préparation que par des restes d’uvée intimement adhérents à la face profonde de la cornée.
Choroïdo-cyclite supputée de Vœil gauche , survenue sur un œil anciennement malade. — Ophthalmie sympathique à droite.
(Pl. VIII, FIG. 1, 2, 3.)
Observation VIL — Dupont (Marie), quarante-huit ans, dentelière. Cette femme a commencé à souffrir des yeux vers l’age de sept à huit ans; il lui est resté à la suite de cela une petite taie sur l’œil gauche, et la vue a toujours été moins bonne de ce côté. Il y a treize ans, elle a été reprise de mal des yeux au moment de sa sixième grossesse. Elle ressentit alors des douleurs de tête violentes; puis le mal se localisa sur l’œil gauche. De ce côté, elle eut, dit-elle, un abcès de la cornée. Depuis lors elle a ressenti souvent des douleurs dans l’œil gauche, avec rougeur et gonflement des paupières ; douleurs durant pendant huit jours environ et amenant chaque fois une diminution de la vue. L’œil droit s’est pris pour la première fois il y a six mois, et la vue fut dès lors si compromise que la malade pouvait à peine se conduire. Il y a cinq ans, elle fui opérée par M. Sichel (probablement iridectomie) de l’œil droit, et à la suite de cette opération elle recouvra un peu de vision pendant quatre mois; mais, au bout île ce temps, l’œil droit s’enflamma de nouveau et, depuis lors, il fut sujet comme l’œil gauche à des poussées inflammatoires fréquentes. Cependant lamalade conservaitun
peu de vision; mais, depuis quinze mois, la vue est complètement abolie ; la malade ressent toujours quelques douleurs de tête, surtout dans la région temporale gauche. 11 y a quinze jours, les douleurs sont devenues beaucoup plus vives, au point d’arracher des cris à la malade, et l’œil gauche a commencé à rougir et à augmenter de volume.
Etat actuel. — Œil droit- Cornée tout à fait opaque, présentant de nombreux vaisseaux qui s’avancent jusqu’à son centre; opacité centrale, rougeur de laconjonctive. Œilgauche très-volumineux, faisant saillie entre les paupières, qui sont rouges et œdématiées ; chémosis énorme. Cornée tout à fait opaque, vasculaire, présentant derrière sa partie centrale une masse d’un blanc laiteux qui paraît être le cristallin. L’énucléation de l’œil gauche est pratiquée le 27 janvier. Le globe oculaire s’est montré perforé en haut et en dehors, et laissait par là s’épancher dans l’orbite le pus dont il était rempli.
PL VIII, fig. 1. — Coupe antéro-postérieure de l’œil passant par le centre de la cornée : grandeur naturelle. On voit en a la cornée saillante fortement bombée en avant et comme ratatinée ; bb, parois de la sclérotique fortement épaissie et comme aplatie, entourée qu’elle est par du tissu cellulaire densifié de l’orbite. La partie la plus périphérique et la plus foncée du dessin représente ce dernier tissu. La cavité de l’œil, revenue sur elle-même, affecte une forme irrégulièrement losangique et se trouve remplie par une masse pultacée blanchâtre qui, comme nous verrons, n’est autre chose que du pus. Un liséré noir qu’on voit très-bien sur la figure, entre la sclérotique et cette masse, représente la choroïde restée adhérente; vers la partie antérieure de la masse purulente et tout à fait au centre, on voit une loge en forme de sablier, à axe antéro-postérieur c, s’avançant jusqu’à la face postérieure de la cornée : sur la pièce, la loge en question offrait une coloration brunâtre, ainsi que le montre le dessin.
<:iiohoïdo-gyc:lite sui'PUUëe.
La figure 2 représente une eoupe mince de cette région, placée entre deux plaques de verre et examinée à l’œil nu. La loge en sablier précédemment décrite se montre alors comme un espace clair, c, rempli par une substance plus transparente que le reste.
Sur la figure 3, grandeur 25 diamètres, on voit parfaitement en d la cornée en apparence saine, et dont les altérations, visibles à un plus fort grossissement, consistaient en vaisseaux nombreux situés sous la membrane de Bowman, en un épaississement par places de l’épithélium, et çà et là en une prolifération des éléments figurés de la cornée.
La membrane de Descemetest partout reconnaissable, bien que fortement plissée sur elle-même en zigzag, sauf au centre de la cornée où elle est à peine visible; partout elle se décolle et adhère à une masse qui remplit la chambre antérieure et qui se confond avec le tissu altéré de l’iris. Cette masse f, examinée à un grossissement de 290 diamètres, se trouve constituée soit par des éléments embryonnaires, soit par des éléments fibro-plastiques d’abord accumulés, puis dispersés dans le tissu propre de l’iris, qui en est infiltré jusque dans sa couche uvéale.
Çà et là on rencontre encore des cellules pigmentaires étoilées appartenant à cette membrane. A gauche, la couche uvéale de l’iris se trouve conservée , tandis qu’à droite les éléments pigmentaires de celle-ci se trouvent dispersés sous la forme de grains noirs. En résumé, on retrouve ici des lésions de la cornée caractérisées par l’altération des corpuscules de cette membrane et un décollement total de sa couche élastique interne.
L’iris, encore plus altéré, surtout dans l’une de scs moitiés, se trouve transformé en un tissu embryoplastiquc inflammatoire avec destruction des éléments pigmentaires, tant iriens qu’uvéaux.
Le cristallin (fig. 3) a subi un allongement notable et s’est transformé de façon à représenter une gourde. De
plus, il s’csl déplacé de telle sorte que son grand axe, au lieu d’être transversal, se trouve dirigé d’avant en arrière. Ce genre de déplacement s’est montré à nous sur plusieurs yeux atteints de choroïdite purulente. On voit sur cette figure la capsule cristalline allongée et décrivant un grand nombre de flexuosités, surlouL en avant, vis-à-vis de la lace postérieure de la cornée et sur les côtés. La substance propre du cristallin n’est plus reconnaissable, sauf çà et là où l’on retrouve encore des vestiges colorés en rose par le carmin et striés. Sur d’autres parties, la loge cristallinienne se trouve remplie par des éléments cellulaires ronds, en grande partie purulents.
La choroïde et les procès ciliaires se trouvent réduits à leur couebe pigmentaire, qui est elle-même en partie désagrégée. Tout le stroma de la choroïde, ainsi que le muscle ciliaire, sont infiltrés de cellules purulentes en grand nombre. Les cellules pigmentaires du stroma choroïdien, éparpillées çà et là, sont plus petites, privées de prolongements anastomosés, et offrent des granulations probablement graisseuses en grand nombre dans leur intérieur.
Connnesur l’œil de Cnude (pl. XIII, fig. 3), on retrouve à la région ciliaire de la choroïde entre celle-ci et la sclérotique, une mince couche colorée par le carmin en lilas foncé, et qu’un fort grossissement démontre être constituée en grande partie par des fibrilles rigides, transparentes, beaucoup moins lines que ne le sont celles du tissu véritablement lymphoïde.
Nous pensons qu’il s’agit là d’un réticulum de fibrine coagulée ou de mucine.
Irido-kératite suppurative de l'œil gauche, survenue à la suite d'une opération de cataracte par kératotomie à lambeau. — Décollement partiel de la rétine et de la choroïde.
(Pl. IX, fig. I, 2, 3.)
Observation VIII. — Legueven, soixante-huit ans, s’est aperçu d’une cataracte de l’œil gauche il y a deux ans, vers
1R1D0-KÉRAT1TE SUPPURATIVE CONSÉCUTIVE, ETC. .'Il
le ‘20 octobre 1875; il a été opéré eu ville par un spécialiste qui suit d'ordinaire le procédé dit de Daviel, à grand lambeau supérieur. Aujourd’hui cet œil est entièrement perdu, et, à cause des souffrances qu’il provoque, la vue de l’œil droit est un peu affaiblie. L’énucléation est pratiquée par nous le I I novembre, et une section, pratiquée d’avant en arrière, nous montre la cavité de cet œil entièrement remplie de sang. Après une macération suffisante dans la liqueur de Müller, on en lit l’étude histologique.
PL IX, fig. 1. — Coupe antéro-postérieure de l’œil, grandeur naturelle. On voit la rétine et la choroïde décollées sur toute la moitié gauche de l’œil b , tandis qu’elles continuent à être appliquées sur la moitié droite. Les membranes tiennent solidement au nerf optique en arrière et à la région ciliaire en avant.
Toute la cavité oculaire se trouve remplie par un caillol de sang qui a été représenté en noir sur la figure. La cornée a est aplatie et infiltrée au centre sous la forme d’un al bu gogrisâtre. .
L’iris se trouve pareillement altéré eL englobé dans une masse blanchâtre qui remplit la chambre antérieure, considérablement réduite dans ses dimensions.
Fig. 2. — Coupe de la cornée vue à un grossissement de c25 diamètres. La lésion principale consiste en une suppuration du centre de la cornée sous forme d’une perte de substance cupuliforme ayant son siège principal vers les couches antérieures de cette membrane. Toutes les parties granuleuses sont constituées par des amas de leucocytes. Les mêmes granulations leucocytiques s’étendent à l’état disséminé jusqu’à la face postérieure de la cornée, dont les corpuscules ont pris en ce point un développement considérable. Les parties périphériques de la cornée, BB,sont restées saines, sauf qu’on y rencontre un grand nombre de vaisseaux. L’épithélium cornéal est également conservé, excepté au niveau de P abcès. La
32 CONTRIBUTION A l’âNATOMIE PATHOLOGIQUE DE L'ŒIL.
membrane de Descemet esl intacte. On voit en c , immédiate-
ment appliquée contre celle-ci, une couche granuleuse qui n’est autre chose qu’une portion de la masse purulente dont se trouvait remplie la chambre antérieure.
Fig. 3. — Elle représente un fragment de la réline décollée vue à un grossissement de y.
On y voit en dd les bâtonnets et les cônes qui ont conservé leur volume normal. Cette couche de la rétine offre sur un point, juste au milieu de la préparation, un pli enfoncé qui ne correspond pas à toute l’épaisseur de la membrane. En ff, on voit l’extrémité des libres de Millier qui sont bien conservées. Tout le reste de la préparation représente la couche des grains qui est développée et remarquablement belle.
En résumé, les couches externes de la rétine décollée n’ont subi que peu d’altérations histologiques, et l’on peut même dire que la couche des grains se trouve avoir proliféré. Seules les couches internes (membrane limitante interne, fibres optiques et cellules ganglionnaires) paraissent avoir souffert.
Remarques. — D’après les lésions ci-dessus, il est à présumer que l’opération a dû s’accompagner d’une perte de l’humeur vitrée avec épanchement sanguin consécutif eæ vacuo , puis du décollement d’une partie de la rétine, et, ce qui est plus rare, du décollement de la choroïde elle-même.
La kératite suppurative et l’iritis post-opératoires ont été la conséquence de ces désordres mécaniques.
Ghordido-rêtinite chronique probablement hémorrhagique de l’œil gauche. — Décollement du corps vitré. — Foyers d’hémorrhagie sous l’épithélium de la cornée. — Accidents glaucomateux.
(Pl. X, FIG. I, 2, 3, 4, 5.)
Observation IX. — Fétique, vingt-huit ans, a perdu la vue
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Pl.X
'••Asie'
CH0R0ÏD0-RÉTIN1TE MÉMO RRI1 AG 1 Q U E y ETC. .18
du côté gauche, depuis l’âge de treize ans, par suite d’accidents inflammatoires survenus du côté de cet œil, et sur la nature desquels il ne peut donner que des renseignements incomplets. Son médecin lui aurait dit qu’il avait une cataracte île l’œil gauche difficile à opérer. Il y a trois ans, il fut pris de douleurs dans l’œil perdu. Ces douleurs revenaient par accès et duraient huit à dix jours chaque fois. Depuis trois semaines, douleurs continuelles, intenses. 11 y a quatre jours, il sembla au malade que son œil se crevait. Après quoi, les douleurs furent beaucoup moindres.
Etat actuel : œil mou; cornée malade, opaque dans presque foute son étendue. L’œil esL déformé. Perte complète de la vue. A environ 5 millimètres du bord supérieur externe de la cornée, on voit de petites taches noires semblables à des grains de poudre. Ces taches noires semblent être formées par la choroïde staphylomateuse. Veines ciliaires volumineuses, tortueuses. Énucléation le 9 octobre, pratiquée en vue de prévenir une ophthalmie sympathique.
Examen macroscopique (pl. X, fig. 1). — Forme normale de l’œil, diamètre antéro-postérieur = 51 millimètres; diamètre transversal, autant. Cornée, iris, tête des procès ciliaires d’apparence normale. Choroïde et rétine en place, mais offrant cela d’anormal qu’elles semblent entièrement adhérer l’une à l’autre, qu’il n’y a aucun pli cadavérique sur la rétine, et qu’à travers le tissu semi-transparent de celle-ci on aperçoit un pointillé noir d’aspect tigré extrêmement confluent, comme on le voit sur la figure. Aucune adhérence anormale entre la face externe de la choroïde et la sclérotique, ainsi que cela a été indiqué au point a de la figure I , où ces deux membranes ont été détachées exprès l’une de l’autre. Tout le corps vitré, décollé et comme ratatiné, se trouve ramassé vers la portion ciliaire de la choroïde et soudé à la zonule de Zinn, ainsi qu’à la face postérieure du cristallin. Ce corps se présente sous la forme d’une masse demi-transparente, opaline,
34 CONTRIBUTION A l’ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE L’ŒIL.
qui correspond il la partie claire du dessin. Le cristallin, situé immédiatement en avant, était opacifié.
Examen histologique. — La masse blanchâtre, représentant le corps vitré transformé, se trouve constituée par des filaments ondulés extrêmement tins, demi-transparents. Ça et là des groupes d’hématies peu nombreux et quelques grosses cellules à plusieurs noyaux (cellules géantes).
La figure 2 montre en a une adhérence anormale delà périphérie de l’iris avec la face postérieure de la cornée. Cette adhérence paraît avoir été produite par un refoulement de l’iris en avant et une destruction réciproque de l’épithélium des surfaces irienne et cornéale qui se sont trouvées en contact. La cornée presque saine, sauf qu’elle est vascularisée à sa surface antérieure, sous la membrane de Bowrnan, présente entre cette membrane et l’épithélium de petits épanchements sanguins qui soulèvent la couche épithéliale, ainsi qu’on le voit nettement sur la figure 3 {a est le tissu de la cornée avec la membrane de Bowrnan, indiquée ici par un espace transparent b; c représente la couche épithéliale, et entre b et c se voit du sang infiltré et coloré en noir).
La même disposition (décollement de l’épithélium cornéal par hémorrhagie) se trouve représentée en c (fig. 2), au niveau du limbe scléro-cornéal. Ici le sang constitue un véritable soulèvement. On aurait dit un staphylôme choroïdien ou lin grain de poudre placé entre la conjonctive et la sclérotique. Toutes les particularités histologiques de cette extravasation sanguine se trouvent représentées figure 4, avec un grossissement de 160 diamètres. Dans l’épaisseur de la sclérotique 8 (lig. 2), oii trouve des vaisseaux sanguins abondants dont on a représenté trois, coupés obliquement. Sur la même préparation, on voit en cl des grains pigmentaires qui tapissent la face postérieure de la cornée. Notons que la face antérieure de l’iris étant pourvue d’un pigment blond très-peu abondanl,
CIIOROÏDO-RÉTINITE HÉMORRHAGIQUE, ETC.
on ne peut considérer l’iris comme la source du dépôt pigmentaire en question, qui très-vraisemblablement provenait d’une ancienne hémorrhagie consécutive à l’opération.
La figure 5 représente une coupe de la choroïde et de la rétine. On voit en a la couche pigmentaire de la choroïde ch , altérée et dissociée. Les éléments pigmentaires ont émigré en grand nombre dans la rétine z altérée et intimement adhérente à la choroïde. La membrane nerveuse se trouve diminuée d’épaisseur et transformée en un tissu fibrillaire comprenant encore des restes des couches granuleuses. La choroïde, peu altérée dans sa lamina fnsea, qui ne présente rien d’anormal, sinon une prolifération des éléments pigmentaires, semble au contraire malade au niveau de la chorio-capillaire et de la couche élastique, c’est-à-dire au voisinage de la rétine. On voit . en b la couche bien nette d’un vaisseau de la chorio-capillaire rempli de globules rouges et dilaté.
Remarques. — Cette pièce intéressante nous montre un exemple très-net de décollement du corps vitré sans décollement aucun de la rétine, qui était au contraire entièrement adhérente à la choroïde.
Comme le décollement isolé du corps vitré, bien étudié par Iwanoff, est un accident relativement rare, comparé à la grande fréquence du décollement rétinien, nous sommes porté à considérer l’adhérence pathologique préexistante de la rétine à la choroïde comme constituant, très-probablement, une con dilion anatomique favorable à la producion du décollement en question.
Une autre particularité anatomo-pathologique importante consiste dans Y oblitération de la partie périphérique de la chambre antérieure. Cette oblitération, qui comporte nécessairement celle du canal de Fontana, existait ici par suite de Y adhérence de la grande circonférence de l'iris à la cornée.
Or, on sait, depuis les recherches récentes de Knies, de
,“]() CONTRIBUTION A L’ANATOMIE PATHOLOGIQUES DE l/CEIL
Pagenstecher et d’autres, quel rôle semble jouer cette espèce de synéchie périphérique de l’iris, dans la production du glaucome.
Chez notre malade il y avait eu des attaques glaucomateuses répétées; ce qui semble venir à l’appui de la théorie nouvelle d’après laquelle ' cette affection serait produite par un défaut d'absorption des liquides intra-oculairës (on sait que le canal de Fontana en est le principal agent) plutôt que par un surcroît de sécrétion dans la cavité de l’œil.
Un dernier détail intéressant est celui relatif à la production d’épanchements sanguins sous l’épithélium scléro-cornéal,qui ont pu en imposer pour de petits staphylômes érido-choroïdiens.
Les grains pigmentaires qui tapissaient l’endothélium de la cornée n’étaient, avons-nous dit, que du sang extravasé et altéré. L’on pourrait en dire autant pour une partie du pigment qui infiltrait la rétine et, s’il en était ainsi, 1 nous pourrions peut-être ranger le cas actuel parmi les glaucomes hémorrhagiques, dont la période prodromique ou de préparation aurait été, comme toujours, fort longue.
Kérato-cyclite avec choroïditë. purulente de l’œil gauche.
(Pl. xi, fig. \, 2, 3.)
Observation X. — Thierry, trente-huit ans, manouvrier au chemin de fer du Nord, eut, il y a deux ans, une double ophthalmie qui a duré trois mois. L’œil droit fut complètement guéri; sur l’œil gauche, il restait une tache qui rendit la vue Lrouble de ce côté. Depuis cette époque, il eut de temps à autre, presque toutes les semaines, un accès de douleur du côté gauche, autour de l’œil.
Au moment de son entrée, le malade avait une perforation incomplète de la cornée à sa partie inférieure, avec la hernie de la membrane de Descemet, qui apparaissait sous forme d’une