RÉTINITE ALBUMINURIQUE
breuses plaques blanches, surtout au pôle postérieur autour de la papille. Le corps vitré est transparent, la papille gonflée; nulle part de plaques hémorrhagiques visibles à l’œil nu : l’œil avait macéré dans la liqueur de Müller.
Examen microscopique (fig. 1, pl. XXIII). — On voit de haut en bas les diverses couches de la rétine disposées normalement. Toutes les lésions se trouvent concentrées dans les deux couches granuleuse interne et intergranulaire. Ces lésions se caractérisent par de gros globes brillants, réfractantvivement la lumière et bordés d’une ligne sombre. Leur volume est variable; les unssontsitués dans l’épaisseur môme de la couche granulée interne, d’autres, à la surface externe de celle-ci, et d’autres, en plus grand nombre, dans la couche intergranulaire.
La ligure 2 a été prise sur le môme œil ; la coupe, colorée d’abord parla purpurine, fut exposée pendant quelques minutes h l’action de l’acide osmique. Ici on voit nettement que toutes les couches de la rétine sont saines. Seule la couche intergranulaire est le siège d’altérations graves. Ces altérations consistent dans une augmentation d’épaisseur de la couche, et dans l’existence de larges vacuoles remplies d’une grande quantité des globes transparents précédemment indiqués et colorés en noir par l’action de l’acide osmique, preuve que ce sont des amas graisseux. Il est en outre il noter que la totalité de cette couche offre un aspect fortement strié, analogue à celui que nous avons signalé pour la rétine de l’observation précédente.
Œil gauche. — Cet œil fut placé directement dans l’acide osmique. C’est celui qui, pendant la vie, avait présenté les plaques hémorrhagiques et qui avait subi l’iridectomie.
A la section on trouve le corps vitré rempli de sang : ce qui doit être attribué soit à une hémorrhagie survenue dans les derniers jours après l’iridectomie, soit aux accidents glocomateux qui avaient rendu cette opération nécessaire. Il
faut se rappeler à ce propos que l’individu avait eu des épistaxis répétées.
Une coupe faite sur cet œil, figure 3, démontre que les lésions sont identiques à celles de la figure précédente, et que l’acide osmique a exercé la même action sur les globes graisseux. La seule différence, c’est qu’ici la striation et l’augmentation de volume de la couche intergranulaire font défaut. On distingue avec une grande netteté une simple couche de cellules ganglionnaires, tandis que dans la figure 2 ces cellules se trouvent superposées en grand nombre; preuve que la figure 2 représente la coupe d’une plaque blanche bien plus voisine de la macula que ne l’est celle appartenant à la figure 3.
Remarques. — Contrairement à l’observation précédente, il s’agit ici d’une rétinite liée à une albuminurie de vieille date et dépendant d’une néphrite interstitielle.
Il serait impossible de préciser l’époque exacte du début de la double rétinite dont l’individu était atteint. Celui-ci, lors de son entrée à l’hôpital, faisait remonter, il est vrai, son trouble visuel à quinze jours seulement, mais qui ne sait que la rétinite albuminurique peut exister depuis longtemps déjà, sans que le malade, surtout s’il s’agit d’un ouvrier qui lit et écrit peu ou pas du tout, se plaigne sérieusement de sa vue. Ce qui est certain, c’est que cet individu, saturnin et atteint d’une néphrite interstitielle, devait être albuminurique depuis longtemps, et que dès lors sa double rétinite était loin de se montrer à nous à son début.
Les altérations microscopiques de la rétine étaient ici tout autres que chez l’individu de notre première observation. Sur aucune des nombreuses coupes examinées au microscope, nous n’avons vu de lésion des fibres nerveuses ni des couches plus profondes jusqu’à la granuleuse interne. C’est à partir de cette dernière couche et principalement dans la couche intergranulaire et dans la couche externe des grains