‹ Anatomie pathologique de l'oeilChapitre 9 sur 35 · OSSIFICATION DU CRISTALLIN · texte numérisé non relu

OSSIFICATION DU CRISTALLIN

Je subir celle métamorphose, disparaître pour l'aire place à du lissu conjonctif qui s’ossifie à son tour.

La première de ces deux hypothèses a évidemment contre elle tous les faits connus en anatomie pathologique générale, tandis que la seconde est parfaitement en rapport avec ce qui s’observe dans les autres tissus, et en particulier dans les tendons et dans la choroïde, où le tissu osseux se développe aux dépens des éléments conjonctifs et fibreux.

Ce dernier point étant acquis, il reste encore à savoir comment. procède la substitution conjonctive puis osseuse du cristallin, et quel rôle y joue la capsule. Ce sont là des questions restées obscures jusqu’ici, et auxquelles nous allons tenter de répondre.

Faisonsv d’abord observer que, dans le cas qui nous est propre, les deux cristalloïdes, aussi bien l’antérieure que la postérieure, quoique plissées, chiffonnées, ou même brisées par places, n’existaient pas moins. C’est sans doute grâce à la présence de la capsule que l’ossification avait revêtu la forme primitive du cristallin. La cristalloïde a joué en quelque sorte ici le rôle de barrière, à l’instar du périoste et du périchondre, pour délimiter l’ossification et lui imposer la forme du cristallin absent. Les figures ci-dessus 11e peuvent laisser aucun doute sur la production endo-capsulaire du tissu osseux de nouvelle formation; et, comme c’est là un fait important au premier chef, nous avons tenu à soumettre nos préparations à M. Ranvier lui-même, qui, avec sa très-grande compé^ tence en pareille matière, n’a pu conserver le moindre doute sur la présence de la capsule autour de la masse ossifiée.

Des deux cristalloïdes, l’antérieure était ici la mieux conservée. La postérieure, ainsi que cela a été noté plus haut, à propos de la description histologique de la pièce, se trouvait au contraire brisée par places; delà le tissu fibreux endocapsulaire en voie d’ossification se continuait avec la masse fibreuse rétro-cristal loïdienne déjà décrite.

L’examen attentif de la zone équatoriale du cristallin ossifié

nous a démontré qu’en ce point la cristalloïde faisait complètement défaut, et que le tissu fibreux environnant se continuait sans ligne de démarcation avec les procès ciliaires voisins qui étaient aplatis et entièrement déformés. Ce fait, rapproché de la conservation de la choroïde en arrière, nous a conduit à admettre :

1° Que la maladie, dont l’altération de l’œil et l’ossification du cristallin ont été les suites, n’avait été autre qu’une irulocyclite 'plastique de longue durée ;

9° Que, par suite de ce travail phlegmasique, les procès ciliaires ont proliféré eL se sont avancés entre les deux cristalloïdes, en prenant la place du cristallin normal, altéré par compression ou autrement ;

3° Qu’ultérieurement le corps vitré, ayant subi lui-même la transformation conjonctive et s’étant rétracté, a décollé d’une part la rétine, et brisé d’autre part la cristalloïde postérieure sur plusieurs points; de là sa fusion avec la masse fibreuse intra-cristalloïdienne ;

4° Que finalement cette dernière, étant la plus anciennement formée, a fini par subir la transformation osseuse, probablement en vertu d’un travail ostéogénique, analogue à celui du tissu fibreux des tendons chez les gallinacés.

En résumé, le point de départ de l’ossification de la cavité capsulaire du cristallin parait avoir été ici le tissu des procès ciliaires en voie de bourgeonnement. Ce fait n’a rien d’étonnant, d’ailleurs, lorsqu’on songe que la choroïde, qui en est la continuation, devient le siège si fréquent et pour ainsi dire de prédilection des ossifications intra-oculaires.

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