Anatomie pathologique du corps humain, ou descriptions ... des diverses altérations morbides dont le corps humain est susceptible
OrGANE de la voix, tuyau de passage pour l'air dans l'acte de la respiration, le larynx est sujet à un grand nombre de lésions, dont l'effet commun le plus grave est l'interruption plus ou moins complète de l'entrée et de la sortie de l'air. Sous le rapport de leur siége, je divise les maladies du larynx en celles de la portion sus-glottique, en celles de la portion sousglottique et en celles de la glotte proprement dite. L'inflammation , la plus fréquente et la
plus grave de toutes ces maladies, se présente tantôt sous le mode aigu, tantôt sous le mode
chronique; et dans l’un et l’autre cas, ou bien elle envahit le tissu cellulaire sous-muqueux, ou bien elle verse ses produits à la surface libre de la muqueuse.
Laryngite sous-muqueuse de la région sus-glottique du larynx (æœdème de la glotte) (fig. :) (7)
Prerre VRAIN, cinquante-six ans, ancien militaire , adonné à la boisson, d’une constitution sèche, d’une bonne santé habituelle , est pris, le 26 avril 1829, de lassitude, d’abattement et même de défaillances. Le lendemain il se plaint de mal à la gorge et de fortes douleurs dans les membres. Le pouls est fréquent; la peau brûlante. — Le troisième jour, grande douleur à la gorge; déglutition et articulation des sons difficiles. Fièvre. L’exploration de l’arrière-bouche fait reconnaitre de la rougeur et du gonflement au voile du palais. (Saignée de trois palettes; gargarisme composé d’une infusion de fleurs de roses et d’acide hydrochlorique. ) Le soir, respiration extrêmement difficile, rapide, sifflante, avec menace de suffocation. La voix ne s'entend presque pas ou seulement par intervalles ; elle est rauque, aiguë, croupale. Le voile du palais présente une rougeur et une tuméfaction plus considérables ; les piliers antérieurs sont tellement tuméfiés qu'ils semblent obturer l'isthme du gosier. (Trente sangsues au cou qui donnent beaucoup.) Le malade est soulagé ; la respiration est plus facile; la voix moins rauque; la tuméfaction du voile du palais moins considérable. On peut distinguer trois plaques blanches sur les piliers postérieurs. — Le quatrième jour au matin , la douleur à la gorge et la difficulté de respirer n'existent plus. La voix est à peine enrouée. Le gonflement et la rougeur de l’arrièré-bouche ont presque complètement disparu. Le malade se croit guéri. Ge mieux apparent continue toute la journée ; mais, le soir, recrudescence des symptômes. La respiration redevient difficile, sifilante; la voix rauque. A ces symptômes se joint du délire. — Le cinquième jour, respirauon très-difficile et bruyante; voix rauque; pouls très-fréquent, presqu’imperceptible : regard inquiet; réponses brusques : mort à midi.
Ouverture du cadavre. Les deux replis muqueux qui forment les côtés de l’orifice supérieur du larynx, la muqueuse qui revêt la région postérieure de cet organe, celle qui tapisse les deux gouttières profondes latérales de cette région postérieure, la partie voisine du pharynx, la base de la langue, la face antérieure et le bord supérieur de l’épiglotte, présentent une couleur d’un blanc jaunâtre et sont comme infiltrés de pus. Les deux replis muqueux PSM, PSM, et principalement le gauche , sont énormément tuméfiés en
{orme de gros bourrelets saillans en dehors, mais surtout en dedans, où ils arrivent au contact : seulement
à \ - = e ° , a OL ° Q L (*) Observation et pièce pathologique communiquées à la Société anatomique par M, le docteur Fisher, l’un de ses membres.