‹ Anatomie pathologique du corps humain, ou descriptions ... des diverses altérations morbides dont le corps humain est susceptible (volume 5)Chapitre 18 sur 122 · FRACTURES INTRA-CAPSULAIRES DU COL DU FEMUR. R · texte numérisé non relu

FRACTURES INTRA-CAPSULAIRES DU COL DU FEMUR. R

qu'elle ne se soude pas aux parties voisines : tous les jours ne voit-on pas des esquilles presque complètement séparées , peut-être même complètement séparées des parties voisines, englobées au milieu du cal; n'est-ce pas d'ailleurs une preuve de vitalité que cette transformation du tissu spongieux en tissu compacte qu’on observe très souvent sur cette tête lorsqu elle est soumise à un frottement ou à une pression de la part du fragment inférieur ? Le ligament rond suffirait d'ailleurs à l'entretien de cette vitalité.

En outre , la fracture intra-capsulaire m'a constamment présenté la persistance dans une partie de sa circonférence, du repli fibro-synovial qui revêt le col : et ce repli peut être considéré comme un moyen puissant des communication entre la tête du fémur et le fragment inférieur. |

Lorsque les deux fragmens de lafracture intra-capsulaire ne sont pas en contact immédiat, il s'établit une fausse articulation, et cette fausse articulation présente deux modes: tantôt elle est serrée, tantôt elle est lâche. Dans le premier cas, les deux surfaces articulaires frottant l’une contre l’autre deviennent lisses, polies, éburnées. Dans le cas de fausse articulation lâche , la tête fémorale reste ensevelie dans sa cavité; le col s'émousse, s’arrondit en tête; la capsule fibreuse, devenue très lâche permet de ana mouvemens au fragment tuféridué sibien que le Dos al de ces mouvemens est non-seulement la surface de la tête, mais encore la partie supérieure du pourtour de la cavité cotyloide.

Quel que soit le mode de guérison de la fracture intra-capsulaire fe col du fémur, la tendance à. l'union des deux surfaces par cicatrice se manifeste par la formation de brides très souvent fibreuses, étendues des surfaces des fragmens à la capsule articulaire. Plusieurs planches seront consacrées à la représentation des variétés que présente à fracture intra-capsulaire du col du féinur et de ses divers modes de guérison.

Fracture intra-capsulaire du col du fémur étudiée avant le travail de réparation.

Les fig. 1 et 1’ représentent une fracture du col du fémur observée chez une vieille femme de la Salpétrière qui mourut 24 jours après la fracture, d’une maladie étrangère. Voici l'observation qui a été recueillie par M. Levaillant, externe très laborieux de mon service.

Fracture transversale du co du fémur au niveau de l'union du col avec la téte. = Décollement du repli

fibro-synovial.

Femme Leroy, âgée de 72 ans, a été portée salle St.-Luc, n. 7 (service dit des gàäteuses), le 4 octobre 1835. Quinze jours auparavant, elle avait fait une chute sur le grand trochanter du côté droit, et depuis cette époque éprouvait une douleur très vive à la cuisse droite. Symptômes: raccourcissement. du membre avec déviation du pied en dehors, rapprochement du grand trochanter de la crète iliaque ; saillie de ce même trochanter qui forme une tumeur sphéroïdale , beaucoup plus volumineuse que de coutume. Flexuosités de l'artère fémorale sensibles à l’aine : l'existence de ces flexuosités m'a paru constante, et résulte du raccourcissement de la cuisse : le triangle formé en dedans par les adducteurs, et en dehors par le couturier n’est plus applicable.

L'état général annonce une fin prochaine : ee. abondante ; perte Le l'appétit et dbs forces : telle gence affaiblie. Mort le 28 octobre, 39° jour de la fracture.

Ouverture du cadavre. — Me unte de l'artère crurale au-dessous de l’arcade fénorale. Por une anomalie assez. fréquente, l'artère fémorale était bifurquée sous l’arcade fémorale, a six lignes au dessous de l'origine de l'artère épigastrique. Les deux branches de division étaient accolées : la profonde était en dehors. Deux travers de doigt seulement séparaient le grand trochanter de la crête iliaque du côté malade; quatre travers de doigt séparaïent le grand trochanter de la crète iliaque de l'autre côté.

La capsule fibreuse (fig. 1), CF, CF contenait une certaine quantité de sang : sa face interne en semblait pénétrée.

La fracture avait lieu . le point hrécis où la tête ne fémur s’unit au col de cet os. Elle était transversale, nullement anguleuse: le cartilage articulaire, brisé à la circonférence de la tête, était dentelé ; et comme il était en même temps décollé à cette même circonférence il avait été renversé sur la surface 7 la

fracture, en sorte que si la coaptation avait été parfaite, une ae de ee cartilage articulaire aurait été intermédiaire aux deux sufates de la fracture, | |

Le repli fibro-synovial qui entoure le col du fémur avait été ete déchiré en avant : en bas, il présentait une bride BP décollée, étendue du petit trochanter à la tête du fémur. :

En arrière, le repli fibro-synovial P,P (f id. 1’), avait Êté décollé. Plusieurs fragmens osseux FO, FO étaient restés adhérens à ce repli. La partie inférieure et la partie postérieure du col du fémur étaient dé-

pourvues de périoste. Du reste, il n’y avait aucun travail de consolidation. )

Fracture intra-capsulaire du col du fémur observée le 15° jour. Engrènement des fragmens.— Décollement

du repli fibro-synovial (fig. 2 et 2°).

Femme Mathieu, 82 ans , le 5 mai 1836, chüte sur le grand trochanter du côté gauche par suite d’un étourdissement. Observée un quart d'heure après l’accident, la malade présente tous les symptômes de la fracture du col du fémur. Douleurs vives à la région trochantérienne; raccourcissement de 18 lignes du membre inférieur avec forte déviation du pied en dehors et abaissement de la pointe du pied : ascension et saillie sphérgigule de l’éminence trochantérienne.

Une saignée est pratiquée pour dissiper la congestion cérébrale manifestée par la rougeur de la face et un léger trouble dans les idées : la douleur trochantérienne est combattue par des cataplasmes émolliens.

Le 13 mai, mouvement fébrile, rigidité des membres ; tendance à l assoupissement : vaste eschare au säcrum. Le 18 mai, stupéur ; le 19 respiration stertoreuse. Mort le 20 mai. |

Ouverture du chdisré — Le raccourcissemént du membre est de deux pouces: je fais remarquer aux assistans la saillie sphéroïdalte formée du côté de la fracture par la région trochantérienne. J'aurais cru que l'intervalle qui séparait la symphyse pubienne de la partie la plus excentrique de cette saillie avait plusieurs lignes de plus que le même intervalle du côté opposé; la différence n’était que d’une ligne, en faveur du côté malade. Cette mesure a été prisé par trois fois avec une attention scrupuleuse.

Plusieurs épanchemens sanguins d’une teinte jaunâtre se voyaient dans les espaces intermusculaires de la cuisse. La fracture était intra-capsulaire fig. 2, 2: elle était oblique fig. 2. En haut, elle avait lieu à la réunion de la tête et du col ; en bas elle portait sur le col lui-même.

Le deplacement a lieu MENU suivant le sens vertical : il est très considérable; on peut en juger en prenant le niveau de la partie la plus élevée de la tête du fémur TF qui est de Hédeaus au-dessous du niveau de la partie la plus élevée du grand trochanter.

Il ya engrènement des fragmens. Le fragment supérieur présente une cavité qui reçoit une espèce d’apophyse conoïde formée par le bord inférieur du col du fémur : les dimensions de cette apophyse sont marquées sur la fig. 1 par une ligne ponctuée. Il résulte de cette disposition, que le fragment inférieur déborde de beaucoup en haut le fragment supérieur, tandis que le fragment supérieur déborde de beau- Est en bas le fragment inférieur. — Une bride BP, formée par le repli jé est étendue de l’un à l’autre fragment. |

La fig. 2 représente la fracture vue ‘en arrière. On voit que le repli fbro- -synovial a été réspecté dans la moitié postérieure -du repli fibro-synovial, P,P déchirure en TR.

Du reste, aucun travail de consolidation. |

Réflexions. — Rien de plus facile à reconnaitre que les fractures du col du fémur par l’examen de la région trochantérienne : la saillie sphéroïdale de cette région, qui est notablement rapprochée de la crête iliaque, voilà un des signes les plus importans; je l'a1 observé dans deux autres circonstances: 1° dans le cas de luxation ; 2° dans le cas d'usure des cartilages de l’articulation coxo-fémorale avec hypertrophie de l'articulation dont la tête avait acquis un volume considérable et la cavité une profondeur proportionnelle. Je n'ai point encore assez de données pour exposer les caractères différenciels de ces trois ordres de lésions sous le rapport de la

saillie trochantérienne : je dirai seulement que dans l'hypertrophie articulaire, la saillie est au niveau de l'articulation et par conséquent moins rapprochée de la crête que dans la fracture; que dans la luxation la forme de la saillie n'est pas la même.

Pour apprécier mérilioment, dans la fracture du col du fémur, l'élévation du grand trochanter qui est toujours en raison du raccourcissement, on pourrait faire construire un instrument composé de deux tiges paralièles, réunies par deux tiges verticales oraduées.

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