MALADIES DES ARTICULATIONS DE LA MAIN
douches, on pourra guérir un très grand nombre d'individus, qui ,sans le secours de l'art, auraient été condamnés à un état permanent d'infirmité.
Mais il ne faut s'attendre à un succès complet que lorsque la maladie n’est pas ancienne ; car, si la lésion articulaire date de longues années, des changemens de rapports et de formes s'établissent entre les extrémités osseuses; les muscles passent à l'état graisseux ; les nerfs musculaires s'atrophient, et les vaisseaux artériels et veineux perdent de leur calibre.
La déformation des surfaces articulaires dans les nouveaux rapports qu'elles affectent peut ètre telle qu'il en résulte un déplacement incomplet ou même complet dont le véritable caractére est souvent bien difficile à établir. Ainsi à la Salpétrière, sur plusieurs femmes paralysées du membre supérieur depuis leur enfance, à la suite de convulsions, et chez lesquelles la main était restée fortement fléchie sur l'avant-bras, j'ai eu occasion de voir un déplacement tel que, si javais ignoré les antécédens, j'aurais pu croire à une luxation ancienne. Tel était le cas de la jeune fille dont j'ai fait représenter l'avant-bras, 1x° livraison. Je croyais à une luxation, et Dupuytren croyait à une fracture suivie de déplacement. Eh bien il résulte de la comparaison de ce cas avec d’autres cas tout-à-fait semblables, que nous avions affaire à un déplacement consécutif à une flexion forcée paralytique ou convulsive de la main sur l'avant-bras. Dans ce cas, figuré 1x° livraison , plusieurs os du carpe étaient soudés. Quelques-uns étaient à l'état de vestige.
La rigidité articulaire me parait devoir être étudiée ex professo à côté de l’ankylose. C'est contre la rigidité articulaire et nullement contre l’'ank ylose que peut s'appliquer avec quelques espérances de succès la méthode nouvelle, par laquelle M. Louvrier redresse en quelques secondes, à l'aide d'un appareil de son invention et sans fractures, des articulations qu'on croyait ankylosées depuis long-temps. Or, on concoit qu'il n'est pas nécessaire d'une force égale à celle de quatre chevaux, ainsi que parait l'être celle du levier employé par ce médecin, pour redresser l'articulation du genou rigide. J'isgnore ce que démontrera l'expérience à l'égard de ces tentatives hardies ; mais la théorie repousse, même dans le cas de simple rigidité, tout moyen de redressement qui agit d'une manière aussi instantanée; car, je ne saurais assez le répéter, toutes les parties molles qui entourent une articulation rigide, et nommément les ligamens, ont éprouvé un retrait graduel et n’ont juste que la longueur nécessaire pour aller d'une extrémité articulaire à l’autre dans la nouvelle position qu'aflectent les os.Je ne connais de redressement subit possible qu'avec des ruptures de ligamens, et par conséquent avec des accidens consécutifs, qui, dans les cas les plus heureux, amèneront une rigidité nouvelle plus considérable peut-être que la première, mais dans une autre position du membre. Cette rigidité , si elle peut être vaincue, ne saurait l'être que par des moyens qui agissent lentement, insensiblement , comme les causes qui l'ont produite. |
Les appareils de redressement instantané peuventencore bien moins s'appliquer à l'ankylose proprement dite, dont j'ai cru devoir distinguer quatre espèces bien distinctes: 1° L'ankylose périphérique ou par invagination , dont l'ankylose par jetées ou trabées osseuses n'est qu'une variété. Dans cette espèce d'ankylose, les deux os sont soudés entre eux , non par un travail existant dans Les surfaces articulaires, mais par une gaine osseuse , espèce de fourreau étendu d'un os à l'autre, indépendamment de tout travail dans les surfaces. 2° L'anfylose par juxtaposition ou accolement , lorsque les deux surfaces articulairessont adhérentes eatre elles, de telle façon qu'on ne peut distinguer ce qui appartient à l'une de ce qui appartient à l'autre. Il importe de faire observer que cette ankylose n'a jamais lieu tout le temps que les surfaces articulaires sont incrustées de cartilages. L'ankylose suppose la disparition des cartilages. La présence de ces cartilages ne peut se concilier qu'avec l'adhésion pseudo-membraneuse ou l'adhésion fibreuse des surfaces articulaires, qui établitune espèce de rigidité articulaire , et non une ankylose proprement dite. 3° L'ankylose par intermède, lorsqu'un disque osseux, plus ou moins étendu, est interposé aux surfaces articulaires. 4° L'ankylose par fusion, lorsque les extrémités osseuses sont unies entre elles, non à la manière des synarthroses, dans lesquelles, à moins de soudures , il est
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toujours possible de faire la part de ce qui appartient à chaque os; mais à la manière des divers points d'ossification d’un même os soudés entre eux. Dans l'ankylose par fusion , 1l y a impossibilité de distinguer les limites qui séparent les deux extrémités osseuses. Presque toujours il \ a perte de substance, et les deux extrémités osseuses réunies n'ont pas quelquefois en hauteur et en épaisseur la hauteur et l’épaisseur de l’une des extrémités articulaires. 5° On pourrait admettre une cinquième espèce, dans laquelle il y aurait réunion des deux modes d'ankylose, par exemple, ankylose par invagination et ankylose par accolement ou par fusion.
Il est bien évident que, dans l’une ou l’autre espèce de ces ankyloses, le redressement par une machine ne pourra s'effectuer sans fracture, et la fracture aura bien plus souvent lieu dans la continuité des os qu’au point de jonction des extrémités articulaires.
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