‹ Anatomie pathologique du corps humain, ou descriptions ... des diverses altérations morbides dont le corps humain est susceptible (volume 5)Chapitre 53 sur 122 · ET DU BULBE RACHIDIEN · texte numérisé non relu

ET DU BULBE RACHIDIEN

2 1 RCE & (PLANCHE III, XXXVe LIVRAISON.) HESTÉ

igures de la planche 3, xxxv° livraison, représentent des protubérances et des bulbes rachidiens appartenant à des sujets sur lesquels je n'ai aucun renseignement : elles ne peuvent donc nous intéresser que sous le rapport de l'anatomie pathologique. Encore ne puis-je donner sur plusieurs de ces lésions que des détails descriptifs fort incomplets.

La fig. 1 représente une tumeur de nature cancéreuse comprimant le bulbe rachidien à droite. Ce bulbe s'était , en quelque sorte , creusé pour la recevoir. Il n’était point altéré dans sa structure.

On pourrait admettre, dans les lésions des centres nerveux par compression, deux périodes bien distinctes: une première période, dans laquelle le tissu déprimé n'a subi aucune altération dans sa structure ; une seconde période , dans laquelle ce tissu est le siège de ramollissement, d'inflammation. Il arrive souvent que les accidens propres à donner l'éveil sur la présence de ces tumeurs ne se manifestent qu'au moment du ramollissement. Quant aux phénomènes qui résultent de la compression exercée par la tumeur, ils sont extrémement variables, ce qui tient non-seulement au volume et au siège de la tumeur, mais encore à la direction suivant laquelle s'exerce la compression; c'est parce qu'on n'a pas tenu compte de cette dernière circonstance, qu'on n'a pu concilier un certain nombre de faits , dont les uns semblaient établir que le cerveau avait supporté impunément, sans qu'il y eüt paralysie, une compression extrêmement forte, si on a égard au volume de la tumeur, et dont les autres constataient, au contraire , qu'une compression médiocre avait, toutes choses égales d'ailleurs, amené une paralysie. |

La fig. 2 représente une apoplexie capillaire de la protubérance et du bulbe. On voit qu'indépendamment de l’extravasation du sang, il y a augmentation notable de volume et ramollissement blanc ,sans changement de couleur des parties malades. Il y a donc à-la-fois, chez ce sujet, apoplexie capillaire ou ramollissement rouge des auteurs et ramollissement blanc. La coïncidence de ces deux lésions n'établit-elle pas de la manière la plus positive qu’elles sont tout-à-fait distinctes l’une de l’autre. On pourrait à la rigueur objecter que le ramollissement blanc et l’'apoplexie capillaire ne sont autre chose que deux périodes de la même altération ; mais je prie de remarquer qu'il n’est nullement démontré que le ramollissement rouge devienne plus tard ramollissement blanc ; que, dans tous les points où a existé une extravasation sanguine, on rencontre toujours des traces indélébiles de cette extravasation dans une coloration brune, jaune orangé des tissus qui en ont été le siège, et que c’est surtout dans le cerveau que les moindres nuances de coloration sont appréciables.

La fig. 3 représente une protubérance annulaire, qui m’a été remise par M. le docteur Lenoir, agrégé de la faculté. La déformation qu'ont subie la protubérance et le bulbe est vraiment extraordinaire. Il est malheureux que nous soyons privés de toute espèce de renseignemens sur les symptômes observés au hit du malade.

La figure 3’ représente la coupe de cette protubérance et de ce bulbe. On ne voit autre chose qu'un tissu blanc homogène. J'ai eu quelque idée que cette altération pouvait bien être une dégénération encéphaloiïde mais j'avoue n'avoir aucune certitude à cet égard.

La fig. 4 représente une apoplexie capillaire légère et très circonscrite de la protubérance.

L'anatomie pathologique, non moins que la clinique des maladies de la protubérance annulaire et de celles du bulbe rachidien., est encore à faire, ce qui tient sans doute en grande partie à la rareté des lésions de ces organes. Le bulbe rachidien est tantôt affecté isolément; tantôt 1l est lésé en même temps que la moelle épinière. (x)

Le fait suivant , que j'ai observé en 1822, et déjà publié (2), concourra peut-être à éclaircir ce point obscur de la science. |

(1) Voyez Ch.Billard, Traité des maladies des enfans nouveau-nés , 3° édition , augmentée par M. Ollivier (d'Angers), Paris, 1837, in-8 , page 641.

(2) Nouvelle Bibliothèque médicale, 1825 , tome 1x, page 314. XXXV® LIVRAISON.

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