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Bassin et membres inférieurs vus par leur face postérieure; bassin et os ilium étalés, et, sur la ligne médiane, sacrum et coccyx; orifice inférieur du bassin OIB, qui représente à-la-fois le détroit supérieur et le détroit inférieur ; fusion des deux tubérosités de l’ischion TO; crête arrondie RP, formée par la réunion des pubis et largement perforée par le trou sous-pubien, qui est double en arrière et simple en avant. Sur cette face postérieure, la rotation inégale des deux fémurs et à-peu-près égale des os des jambes apparaît dans tout son jour. Au tarse, les deux calcanéums sont confondus en un seul os; mais,
d'ailleurs , tous les autres os du tarse sont parfaitement distincts.
Fig. 6.
La figure 8 représente le bassin vu latéralement. Cette figure a surtout pour objet de montrer le tarse obturateur, qui perfore de part en part la crête pelvienne RP. GC est la cavité cotyloïde.
Réflexions. Le rapprochement du fait dont on vient de lire la description détaillée et des faits représentés planches 5 et 6, xxxui° livraison, me parait devoir compléter l'histoire anatomique de la syrénie ou monopodie (1). Il résulte de ces faits que, dans ce vice de conformation , à quelque faible degré quil soit porté, on rencontre toujours deux élémens bien distincts, savoir, l'inversion des membres ou la rotation sur leur axe, et leur rapprochement qui peut aller jusqu’à la fusion. Un seul élément existe pour ie bassin: c'est la fusion des deux moitiés du bassin ou plutôt des portions connues sous le nom de pubis et d'ischion. Or, il est bien évident que la lésion du bassin domine toutes les lésions des membres pelviens ; car on l'observe dans les syrénies les moins développées, et à un degré d'intensité relativement beaucoup plus considérable que dans les membres inférieurs proprement dits. Ainsi, dans la planche vr, xL° livraison , qui présente la syrénie à son premier degré, les fémurs, les os des jambes sont parfaitement distincts, ainsi que les orteils, le métatarse et les os du tarse, sauf le calcanéum, et pourtant les os du bassin ont subi une altération aussi prononcée que dans les monopodies les plus complètes. | |
Ce fait vient à l'appui de la théorie que j'ai adoptée, et qui me parait devoir prévaloir plus tôt ou plus tard dans l'explication de toute syrénie ou monopodie, savoir que ce vice de conformation est le résultat d'une pression latérale, qui, à une époque très peu avancée de la vie embryonaire , agissant à-la-fois sur le bassin etsur les grands trochanters,écraserait en quelque sorte la partie pubienne et ischiatique du bassin, et en même temps imprimerait aux fémurs, et par conséquent aux membres inférieurs, un mouvement de rotation qui peut aller jusqu'à un demi-tour, mais qui ne peut pas le dépasser : or, le mouvement de rotation, qui semble au premier abord échapper à toute théorie, est on ne peut plus facile à expliquer, par le seul fait de la pression latérale, vu l'obliquité d'avant en arrière et de dedans en dehors du col du fémur; il suit de cette obliquité, que le premier effet de cette pression bilatérale, c’est la rotation; que le second effet, c’est la fusion. On concoit que la pression bilatérale puisse s'épuiser dans la production d'un demi-quart de mouvement de rotation, à plus forte raison dans celle d'un quart, trois huitièmes de mouvement de rotation ; et alors le vice de conformation ou la fusion toujours considérable pour le bassin, reste incomplète et comme seulement indiquée pour les membres inférieurs; mais un fait bien remarquable, c'est que la fusion des membres inférieurs n'ait jamais lieu que parla rencontre des parties homologues: ainsi le péroné ne se confond jamais avec le tibia; le bord interne du tarse, du métatarse et des orteils du côté droit , ne se confond jamais avec le bord externe du tarse, du métatarse et des orteils du côté gauche; c'est ce fait qui a été exprimé d'une manière aussi pittoresque que vraie par M. Geoffroy-Saint-Hilaire père, sous le nom d’affinité de soi pour soi.
(x) Voyez Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, Histoire des anomalies de l’organisation chez l’homme et les animaux , Paris , 1836, tome 11, pag. 237 et suivantes.