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La deuxième proposition avait déjà été justifiée par les expériences pratiquées sur l'iris, lorsque le professeur Masse (de Bordeaux) entreprit ses remarquables expériences sur la production expérimentale des kystes dermoïdes. Insister sur la belle série des expériences entreprises sur l'iris, tendant à vérifier la théorie de Rothmund, par Dooremale (1873), Goldzieher (1874), Schweninger (1875), Hosch (1880-1881), Masse (1881-1885) serait sortir du cadre de notre travail; il nous suffira de rappeler que la théorie traumatique des tumeurs perlées et des kystes épidermiques de l'iris était définitivement fondée sur les résultats indiscutables obtenus par ces auteurs. Le professeur Masse montrait, d'autre part, qu’en introduisant des membres de rats nouveau-nés dans la cavité péritonéale de rats plus âgés, on obtenait des kystes dermoïdes; cet expérimentateur habile, étendant le champ de ses expériences, confirmait la théorie traumatique des kystes épidermiques de la main avancée par Gross, en faisant de l'inclusion épidermique sous-cutanée et en obtenant consécutivement des kystes de même nature. Ces résultats recevaient des recherches de Kauffmann (de Breslau), une éclatante confirmation en 1884.
L'auteur allemand, pratiquant ce qu'il appelait d’un terme étrange l'enkatarraphie, circonscrivait sur la crête et les barbes d’un coq un lambeau ovalaire de cinq à dix millimètres de longueur, laissait ce lambeau adhérent'aux parties profondes et suturait au-dessus de lui les deux lèvres de la plaie. Au bout d’un temps variable, mais qui ne dépassait pas dix jours, il obtenait un kyste épithélial. Il a pu suivre ainsi l’évolution de ce kyste, dont je cite la description, qui est peu connue :
«Dans les premiers jours, l’épithélium reste aplati par les » vaisseaux sanguins, gonflés, et seulement recouvert par » quelques cellules infiltrées de tissu conjonctif. Au bout de
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» quelques jours, la bande épithéliale prend, sur une incision » transversale, la forme d’un arc. J'avais cru au commence- » ment qu'il s'agissait seulement d’une flexion mécanique » venant après Coup; en même temps le tissu cicatriciel qui » se forme, se resserre graduellement au-dessus de l’épithé- » lium. Par des mensurations et des observations postérieures, » J'ai obtenu la conviction que la bande épithéliale s'était » accrue en largeur et que, pendant qu'avait lieu une produc- » tion active d’épithélium, il se formait au-dessus une mem- » brane propre de recouvrement. L’épithélium s'accroît » toujours et s’infléchit vers la place de la cicatrice. L’épithé- » lium forme donc au-dessous de l’incision transversale une » rigole ou une gouttière dans laquelle s’introduit un bourrelet » où une languette d’épithélium accru. Habituellement, l’épi- » thélium se referme en haut, et, au commencement de la » deuxième semaine, lorsque la cavité est complètement » fermée, il reste un kyste épithélial, un athérome. Il est un » fait particulier, c’est que dans la cavité épithéliale nouvelle- » ment formée, la couche épithéliale est plus épaisse que » l’ancienne; on trouve même que la transformation cornée » et la desquamation se produisent dans l’enveloppe épithé- » liale supérieure et dans la cavité sous une épaisseur plus » grande que dans l'enveloppe inférieure, qui est une couche » épithéliale basale. » (P. 243.) L'auteur ajoute qu’au bout de deux cent dix jours, le kyste n’était pas plus gros qu’au bout de trois ou quatre semaines, — fait intéressant à rapprocher de l’état stationnaire que présentent quelquefois les kystes épidermiques (!}. — Quant au tissu cellulaire voisin, il s’hy-
(1) Il serait intéressant, à ce sujet, de confirmer et de continuer les expériences de Verneuil et Clado sur la présence des microbes dans les kystes dermoïdes et de voir si l’état stationnaire ou l’accroissement des kystes épidermiques de la main ne sont pas soumis à l'influence de ces micro-organismes. (V. Compte-rendu Acad. des Sc., 1888.)