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Je terminerai en disant, pour mieux appuyer cette opinion, que l’expérimentation rend très bien compte de la forme et de la situation des kystes épidermiques. L’invagination sousaponévrotique de fragments d’épiderme sur le cadavre nous explique l'existence du prolongement sous-aponévrotique dans le cas de Poulet. La portion d’épiderme attenant à la peau après éraillure de celle-ci par linstrument contondant ou piquant nous donne la solution de la forme glandulaire du kyste de Gross (Obs. IT). Les deux portions de peau disjointes se sont réunies après un temps plus ou moins long, et, dans le eul-de-sac formé, s’est produite la desquamation épithéliale qui, peu à peu, à amené la formation du kyste.
2° Kystes épidermiques non consécutifs à un traumatisme avec plaie. — La non-existence du traumastisme au niveau de la tumeur dans les antécédents du sujet, avait permis à MM. Lalitte et Guermonprez de fonder la théorie dermoïde et de l’étendre, comme nous l'avons déjà vu, aux kystes qui étaient bien consécutifs à une action traumatique. Inversement, les partisans de cette dernière opinion ont cru devoir appliquer cette proposition à tous les cas dans lesquels n’ést pas signalé le traumatisme, à leur donner à tous la même pathogénie. Si la première opinion est exagérée, la seconde ne l’est pas moins.
Quelles sont donc les objections formulées contre la théorie dermoïde?
Les premières sont d'ordre purement spéculatif.
Les doigts, disent les partisans de cette théorie, sont fréquemment le siège de traumatismes nombreux dont on perd facilement le souvenir. Les kystes épidermiques seraient consécutifs à toutes les plaies, toutes les blessures survenues à une époque plus ou moins éloignée de la vie et dont l’existence antérieure échappe à notre mémoire. Que quelques cas ana-
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logues se soient présentés, je veux bien l’admettre; mais généraliser l'hypothèse à toutes les observations serait vraiment un argument trop commode. D'ailleurs, relier la production d’un kyste épidermique à un traumastisme survenu quinze, vingt, vingt-cinq ans auparavant est, je crois, forcer un peu les coincidences ; c’est la raison qui ne m’a permis d'accepter le cas de Gross (Obs. D) qu'avec réserves.
D'autre part, n’y eût-il qu’un cas plaidant en faveur de l'existence des kystes dermoïdes de la main, cela suffirait pour fonder la théorie; or, l'observation d’'Heydenreich est une preuve d’un grand poids. Sa structure anatomique rappelle celle d’un kyste dermoïde de la deuxième variété et il est difficile de comprendre un kyste d’origine traumatique, s’organisant de manière à produire la peau avec tous ses caractères (corpuscules du tact, papilles, etc.). L’expérimentation a pu déterminer jusqu'ici le kyste épidermique avec une paroi cutanée et une gangue conjonctive, mais jamais on n'a vu cette paroi kystique prendre la structure complète de la peau.
Je passe à un second ordre d’objections qui a plus de valeur : c’est l’âge des malades. Traiter cette question est peut-être empiéter un peu sur le domaine de la clinique, mais je crois pourtant la discussion nécessaire pour résoudre le problème.
Le kyste dermoïde, a dit Lücke, dans l’encyclopédie de Pitha et Billroth, à son maximum de développement dans la puberté, non dans l’âge adulte. Or, les malades porteurs de kystes épidermiques (non consécutifs à des traumatismes) ont un âge variable entre trente et quarante-cinq ans. Reverdin en conclut que « l'argument tiré de l’âge, bien loin d'amener à considérer ces tumeurs comme des kystes dermoïdes, tend, au contraire, à les en séparer ».
Je ferai tout d’abord observer que certains kystes (indépen-
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dants de toute blessure) se sont manifestés chez des individus jeunes. Témoins : 3 cas sur 12 (l’âge, dans le kyste de Muron, n'est pas signalé), qui sont ceux de Gibier (dix-sept ans), Guermonprez (vingt-deux ans), Chavasse (vingt-deux ans).
D'autre part, si M. Reverdin rejette comme dermoïdes les kystes épidermiques de la main survenus après trente ans, il doit également éliminer, pour la même raison, tous ceux qui, dans d’autres parties du corps, se présentent après cet âge; et cependant ce sont des kystes dermoïdes bien reconnus. Or, voici ce que nous apprennent les statistiques :
Kystes dermoïides de l'ovaire.
LEBERT n PauLy LANNELONGUE (Stat. person.) Sur 57 cas : Sur 105 cas : Sur 26 cas:
Entre 30 et 40 ans.. 12. Entre 30 et 40 ans.. 91. Entre 30 et 40 ans... 8. Entre 30 et 50 ans.. 95. Entre 30 et 50 ans.. 39. Entre 30 et 50 ans... 9.
Pour le plancher buccal, nous trouvons 3 cas au-dessus de trente ans sur 25 observations, etc.
La question nous paraît donc jugée sur ce point.
Un troisième genre d’objections a été formulé par Poulet. Les professions auxquelles se livrent les individus porteurs de ces kystes les exposent à des heurts fréquents, à des frottements répétés au niveau de la paume de la main; on peut, suivant Poulet, assimiler ces frottements, ces heurts (sans plaie) à une blessure. Cette hypothèse n’est pas soutenable. Les frottements répétés, au niveau de la main, chez les ouvriers, les manœuvres, etc., n’entrainent des lésions que dans la superficie de la peau. Ce sont des épaississements de la couche cornée, des durillons, ou bien des hygromas (j'en ai cité un cas à la face dorsale du pouce) (!), mais jamais des
(t) Labougle et Sabrazès. (Bull. Soc. Anat. Bordeaux, 1889.)