PREMIÈRE PARTIE
Étude historique.
L'étude histologique des kystes épidermiques de la main remonte à une vingtaine d'années. C’est en 1868 que Muron publie, pour la première fois, dans les Bulletins de la Société anatomique de Paris, l'observation d’un kyste dermoïde de la main avec un examen microscopique. Avant lui, il n’est point fait mention, dans les auteurs, de ce genre de tumeurs. Dans les recherches bibliographiques que nous avons entreprises à ce sujet, nous avons rencontré cà et [à quelques rares observations de tumeurs de la main s’éloignant par certains points des descriptions classiques, mais si obscures, si incomplètes, qu'il serait illogique d'établir entre elles et les kystes épidermiques une analogie quelconque.
Mayor, dans sa thèse sur les Tumeurs épidermiques, ne parle point de cette catégorie de kystes. Boyer, dans sa Pathologie
externe, et les auteurs du Dictionnaire en trente volumes n’en disent mot.
Velpeau, cité par Rizet (Gazette des hôpitaux, 1881), ne paraît pas non plus avoir connu cette affection. Les kystes décrits par cet auteur dans ses Leçons orales de clinique chirurgicale (18%1, t. IE, p. 450), sont des kystes synoviaux. Velpeau parle bien (p. 451) de kystes contenant des « matières solides », mais il s'agit de concrétions, et comme, ajoute ce chirurgien, « ces kystes se rencontrent surtout dans la bourse prérotulienne, » on ne saurait conserver le moindre doute à cet égard.
M. Rizet cite encore un article de la Gazette des hôpitaux de 1828 où serait discuté le diagnostic des kystes dermoïdes de la paume de la main. Jai consciencieusement recherché l'article indiqué, mais en vain; je dois ajouter que M. Lalitte et M. Guermonprez n'avaient pas déjà été plus heureux que moi dans ces recherches.
Toujours victime des mêmes illusions bibliographiques, M. Rizet prétend que Nélaton, dans sa Pathologie externe de 1859, a donné aussi une observation de kyste dermoïde. Or, il existe un ouvrage de Nélaton, paru en 1859 à Paris, et qui porte le titre de Éléments de pathologie chirurgicale (t. V); c’est sans doute de ce volume qu'a voulu parler M. Rizet. A la page 955, il existe, 1l est vrai, une description de trois tumeurs de la face palmaire de l’annulaire gauche, mais il ne s’agit certainement pas de kystes dermoïdes. L'examen microscopique qui fut fait par Ch. Robin révéla la présence dans ces tumeurs de cellules et de fibres conjonctives et permit au savant micrographe de porter le diagnostic de tumeurs fibroplastiques ; il n'existait point de contenu. Il y avait lieu de songer, selon nous, à un fibrome ou plus vraisemblablement à un myxome.
Je dirai, pour terminer, que dans la thèse de Vermont,