XI. Tubercules
Des recherches continuées pendant cinq ans sur cette altération, ne m’ont pas encore donné un résultat satisfaisant, soit par rapporta la structure, soit par rapport au développement des tubercules. J’espère pouvoir en donner plus tard l’histoire anatomique plus complète. Voici, en attendant, quelques observations isolées.
Les différents degrés du développement des tubercules sont encore peu connus quant à la structure intérieure, et, dès à présent déjà, il me paraît probable que des maladies, semblables seulement par leurs caractères extérieurs, sont confondues sous le nom générique de tubercules.
I. Je dois à M. Lebeau la communication d’un poumon qui contenait des petites cavernes dans son lobe supérieur, et dont le reste était parsemé, à sa surface comme à l’intérieur, de petits tubercules miliaires, de la grosseur d’une tête d’épingle, d’un blanc mat et assez durs. Aucun de ces tubercules n’était entouré d’un kyste (1).
Soumise au microscope et étendue sur une lame mince, la matière tuberculeuse présente une masse compacte dont la surface est composée de petits grains : ceux-ci sont blancs, irréguliers , et se laissent facilement isoler; ils ont 0,0002 à 0,0006 pouces de France de diamètre (2).
(1) Si l'existence d’un kyste dans les tubercules miliaires ne peut pas être niée, je suis cependant loin de le considérer, comme on le fait ordinairement, comme précédant le développement de la matière tuberculeuse ; ces kystes me paraissent dans beaucoup de cas le résultat d’une exsudation occasionnée par la présence de la matière tuberculeuse même.
(2) M. Cerutti, le dernier auteur qui se soit occupé de l’anatomie microscopique des tubercules, dit qu’ils sont composés de petits grains de ljMOO ligne de diamètre, ce qui s’accorde assez avec notre analyse. Quant à l’assertion de ce médecin distingué que la matière tuberculeuse se dépose dans les cellules pulmonaires mêmes, j’avoue que mes recherches me laissent jusqu’ici dans le doute le plus complet.
On trouve mêlées à ces grains des arborisations blanches, semblables à celles qu’on observe dans la fibrine coagulée. Il se trouve, en outre, entre les petits grains des cellules arrondies ou angulaires , renfermant plusieurs noyaux de 0,0002 pouces de France de diamètre. Je les considère comme entièrement étrangères à la matière tuberculeuse, quoique plusieurs anatomistes paraissent les avoir prises pour des éléments de tubercules. En voici les raisons :
D'abord on trouve dans la substance intermédiaire des poumons qui ne présentent pas des tubercules, les mêmes cellules en plus grand nombre que dans les tubercules miliaires mêmes. De même, en examinant quelques tubercules qui renferment encore quelques points de tissu pulmonaire, visibles à l’œil nu, ils contenaient un nombre très-considérable de ces cellules, que je considère comme des débris des cellules pulmonaires, opinion qui est fondée sur la structure du tissu pulmonaire à l’état sain. Outre ces cellules, la matière tuberculeuse contenait encore des fragments de vaisseaux de tissu cellulaire qui est, comme on le sait, interposé entre les cellules pulmonaires; mais ces fibres étaient comme comprimées par la substance tuberculeuse et avaient perdu leurs contours réguliers et leur forme cylindrique.
2. Voici une seconde analyse des tubercules miliaires. Ils provenaient d’un soldat mort à l’hôpital militaire. Le péritoine et les poumons en étaient parsemés; leur forme extérieure était analogue à celle de l’observation précédente; cependant les tubercules étaient plus nombreux dans le péritoine où ils paraissaient avoir déterminé une péritonite chronique, s’il faut en juger d'après les nombreuses adhérences que les intestins avaient contractées entre eux. Placés sous le microscope, ils sont, dans les poumons comme dans le péritoine, composés de petits grains analogues, en tout point, à ceux décrits dans l’observation précédente. En outre, une petite quantité de matière amorphe et blanchâtre s’y trouve mêlée. (Je communiquerai, dans une autre occasion, l’anatomie des tubercules plus avancés) (4).
(t) Des tubercules du péritoine que j’examine dans ce moment contiennent outre les corpuscules arrondis particuliers aux tubercules des formations de